Re: Basic Instinct
Posté : 25 juil. 2026 04:00
Andrews resta silencieux un instant, le temps de digérer la requête. Wayne Knight, toujours tétanisé dans son coin, retenait son souffle, n'osant pas esquisser le moindre geste qui aurait pu attirer l'attention sur lui.
« Harmon, » répéta finalement Andrews, comme s'il testait le mot dans sa bouche. Il connaissait Nick depuis des années, savait à quel point son inspecteur pouvait se montrer tenace, obstiné... et visiblement, incapable de garder son sang-froid face à cette femme. C'était précisément pour cette raison qu'il hésitait.
« Madame Duhamel, je crains que l'inspecteur Harmon ne soit pas dans les meilleures dispositions pour mener cet interrogatoire. Vous avez pu le constater vous-même il y a quelques instants. »
Réalisant que son interlocutrice était déterminée, Andrews ne put que se soumettre.
« Enfin, si vous insistez… »
Andrews serra la mâchoire. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait la situation, mais il savait aussi qu'ils n'avaient rien de concret contre elle. Aucune preuve tangible, aucun mobile clairement établi, rien qu'un parallèle troublant avec un roman et l'attitude étrange d'une femme qui, de toute évidence, maîtrisait parfaitement ses droits.
Il pesa le pour et le contre. Refuser, c'était risquer qu'elle change d'avis, qu'elle appelle son avocat, et qu'ils perdent toute chance d'obtenir quoi que ce soit d'elle, même volontairement. Accepter, c'était remettre Nick dans l'arène, avec le risque qu'il perde à nouveau ses moyens.
« Très bien, » finit-il par dire, la voix tendue. « Mais cette fois, ce sera différent. L'inspecteur Harmon posera les questions liées au protocole du détecteur de mensonges, sous ma supervision directe. Le moindre débordement, et j'arrête tout. C'est clair ? »
Andrews sortit dans le couloir pour aller chercher Nick, qui faisait toujours les cent pas, la respiration encore saccadée par la colère.
« Harmon. » Andrews le fixa droit dans les yeux. « Elle vous veut, vous, pour l'interrogatoire du polygraphe. »
Nick cligna des yeux, surpris. « Quoi ? »
« Vous m'avez très bien entendu. Et avant que vous ne disiez quoi que ce soit : oui, j'ai accepté. On n'a rien sur elle, Harmon. Rien de solide. Si on la laisse partir maintenant, on ne la reverra plus. Alors vous allez retourner là-dedans, et cette fois, vous allez garder votre calme. Compris ? »
Nick passa une main sur son visage, tentant de retrouver contenance. « Compris, chef. »
« J'espère bien, » grommela Andrews en le précédant vers la salle. « Parce que la prochaine fois que vous perdez les pédales devant elle, c'est moi qui perds mon poste. »
La salle avait été réaménagée. Un technicien du département, un certain Ferguson, était venu installer l'appareil : trois capteurs — respiration, tension artérielle, réponse galvanique de la peau — reliés à une petite machine crachant un tracé sur du papier millimétré. Katherine observa l'installation avec la curiosité amusée d'une femme qui regarde un enfant monter un jouet compliqué.
Nick s'assit en face d'elle, un dossier fermé posé devant lui. Andrews se tenait debout contre le mur du fond, bras croisés, silencieux mais attentif. Bob avait pris position près de la porte. Wayne Knight, lui, avait été chargé de surveiller le tracé du polygraphe aux côtés de Ferguson — une excuse commode pour ne pas avoir à croiser le regard de Katherine.
Ferguson fixa les capteurs sur ses doigts, puis autour de sa poitrine, par-dessus son chemisier. Katherine ne broncha pas, même quand la main du technicien effleura sa peau.
« On va commencer par des questions de calibrage, » annonça Ferguson d'une voix neutre. « Répondez simplement par oui ou par non. Vous appelez-vous Katherine Duhamel ? Êtes-vous née à Los Angeles ? »
Le stylet traçait des lignes régulières sur le papier. Ferguson hocha la tête, satisfait de la ligne de base, puis fit un signe à Nick.
Nick ouvrit son dossier, prit une inspiration, et commença.
« Le pic à glace décrit dans votre roman — celui qui a servi à tuer Boz — d'où vous est venue l'idée ? »
« Harmon, » répéta finalement Andrews, comme s'il testait le mot dans sa bouche. Il connaissait Nick depuis des années, savait à quel point son inspecteur pouvait se montrer tenace, obstiné... et visiblement, incapable de garder son sang-froid face à cette femme. C'était précisément pour cette raison qu'il hésitait.
« Madame Duhamel, je crains que l'inspecteur Harmon ne soit pas dans les meilleures dispositions pour mener cet interrogatoire. Vous avez pu le constater vous-même il y a quelques instants. »
Réalisant que son interlocutrice était déterminée, Andrews ne put que se soumettre.
« Enfin, si vous insistez… »
Andrews serra la mâchoire. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait la situation, mais il savait aussi qu'ils n'avaient rien de concret contre elle. Aucune preuve tangible, aucun mobile clairement établi, rien qu'un parallèle troublant avec un roman et l'attitude étrange d'une femme qui, de toute évidence, maîtrisait parfaitement ses droits.
Il pesa le pour et le contre. Refuser, c'était risquer qu'elle change d'avis, qu'elle appelle son avocat, et qu'ils perdent toute chance d'obtenir quoi que ce soit d'elle, même volontairement. Accepter, c'était remettre Nick dans l'arène, avec le risque qu'il perde à nouveau ses moyens.
« Très bien, » finit-il par dire, la voix tendue. « Mais cette fois, ce sera différent. L'inspecteur Harmon posera les questions liées au protocole du détecteur de mensonges, sous ma supervision directe. Le moindre débordement, et j'arrête tout. C'est clair ? »
Andrews sortit dans le couloir pour aller chercher Nick, qui faisait toujours les cent pas, la respiration encore saccadée par la colère.
« Harmon. » Andrews le fixa droit dans les yeux. « Elle vous veut, vous, pour l'interrogatoire du polygraphe. »
Nick cligna des yeux, surpris. « Quoi ? »
« Vous m'avez très bien entendu. Et avant que vous ne disiez quoi que ce soit : oui, j'ai accepté. On n'a rien sur elle, Harmon. Rien de solide. Si on la laisse partir maintenant, on ne la reverra plus. Alors vous allez retourner là-dedans, et cette fois, vous allez garder votre calme. Compris ? »
Nick passa une main sur son visage, tentant de retrouver contenance. « Compris, chef. »
« J'espère bien, » grommela Andrews en le précédant vers la salle. « Parce que la prochaine fois que vous perdez les pédales devant elle, c'est moi qui perds mon poste. »
La salle avait été réaménagée. Un technicien du département, un certain Ferguson, était venu installer l'appareil : trois capteurs — respiration, tension artérielle, réponse galvanique de la peau — reliés à une petite machine crachant un tracé sur du papier millimétré. Katherine observa l'installation avec la curiosité amusée d'une femme qui regarde un enfant monter un jouet compliqué.
Nick s'assit en face d'elle, un dossier fermé posé devant lui. Andrews se tenait debout contre le mur du fond, bras croisés, silencieux mais attentif. Bob avait pris position près de la porte. Wayne Knight, lui, avait été chargé de surveiller le tracé du polygraphe aux côtés de Ferguson — une excuse commode pour ne pas avoir à croiser le regard de Katherine.
Ferguson fixa les capteurs sur ses doigts, puis autour de sa poitrine, par-dessus son chemisier. Katherine ne broncha pas, même quand la main du technicien effleura sa peau.
« On va commencer par des questions de calibrage, » annonça Ferguson d'une voix neutre. « Répondez simplement par oui ou par non. Vous appelez-vous Katherine Duhamel ? Êtes-vous née à Los Angeles ? »
Le stylet traçait des lignes régulières sur le papier. Ferguson hocha la tête, satisfait de la ligne de base, puis fit un signe à Nick.
Nick ouvrit son dossier, prit une inspiration, et commença.
« Le pic à glace décrit dans votre roman — celui qui a servi à tuer Boz — d'où vous est venue l'idée ? »