Il était grand temps de descendre à la rencontre des mortels. Les voix dans sa tête ne lui en avaient pas donné l'ordre - nuance ! : la Peintresse n'obéissait jamais à personne d'autre qu'elle ; elles s'évertuaient simplement à la conseiller, à lui prodiguer leurs sombres lumières. En cette belle journée, Cléa Néveron se trouvait être d'assez bonne humeur pour les écouter patiemment. Elle prêtait une oreille à ces quelques murmures tout en parachevant sa dernière création. Une... chose sinistre - un mot qu'elle affectionnait, en l'occurrence. Un bipède, plutôt court-sur-pattes, monté sur deux extensions pointues que l'on discernait à peine sous le drap noir qui le recouvrait et ses énormes mains cadavériques qu'il avait de mollement jointes sur un noyau de Chroma.
La Chroma, oui... cette énergie que Cléa seule en ce monde était en mesure de prélever sur un cadavre ou de générer à partir de sa propre essence, puis de raffiner à des fins tout autant artistiques que militaires. Un art stupéfiant, oui... qui avait effrayé moult individus du temps de sa première vie d'Eldoise. Des soi-disant guerriers et magiciens qui n'avaient pas valu grand chose, au final...
Pinceau en main, complètement nue, la Peintresse se leva de son tabouret et se détourna lentement de sa toile.
Aujourd'hui, la Cléa Néveron ressuscitée allait refaire parler d'elle en ces contrées montagneuses. Peuplées par un peuple ami des dragons. Aux portes de l'Empire. Dans le royaume de Sylvandell, lui-même ! Une terre sinueuse. Des monts difficiles d'accès. Un endroit prétendument bien protégé. Un terrain isolé, et donc tout désigné pour un assaut ciblé de grande envergure.
Nul ne viendrait les aider, parce que nul n'en aurait le temps.
Ses yeux d'un bleu limpide survolèrent ses autres œuvres. Les représentations pures et dures de différents Néverons. Les composantes de sa seule et vraie famille, liées à son sang par la Chroma. Toute une collection qu'elle avait peinte pour mieux tromper son ennui...



Plantée au beau milieu de son atelier, elle écarta sereinement les bras. Un halo de lumière noir et blanc illumina sa personne. Une robe sombre et chic se matérialisa à même son enveloppe, recouvrant l'essentiel de son épiderme clair, la conservant à l'air libre par endroits comme pour mieux en faire ressortir tout l'éclat.
Elle souleva son pinceau - une arme dont on ne soupçonnait point la puissance, à première vue.
Cléa eut un très léger sourire en coin.
- Que la Conquête commence !
Et que le monde accueille les froide plaintes de ses dévoués serviteurs !
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A l'approche du Manoir Suspendu, le ciel des montagnes, pourtant jusque là si dégagé, se voila comme un jour d'orage. L'on n'entendit pourtant point le tonnerre, au loin. Au lieu de cela, c'était un tout autre bruit qui résonnait dans l'atmosphère. Un son difficilement transcriptible. Presque continu. Une sorte de roulement aérien. Comme une énorme masse qui se déplaçait lentement mais sûrement, et ce au mépris de la gravité et du vent. Une lourde demeure qui échappait toutefois à la logique des éléments, et qui avait manifestement fait l'objet d'un sortilège incroyablement puissant.
Ce sinistre bâtiment se déplaçait encore que l'on vit des choses s'en détacher, des curiosités en tomber. On eût dit que la base flottante du monument s'effritait.
Mais ce n'était pas le cas...
Le Manoir Suspendu évacuait ses Néverons comme autant de grains de poussière dans l'air !
Certains se rattrapaient au vol, là où d'autres se laissaient tout simplement chuter. D'aucuns avec force fracas ! Ils étaient étudiés pour faire office de projectile, après tout. Ou pour ne pas carrément parler de météorite.
Que retentisse la cauchemardesque destruction !

Pinceau en main, complètement nue, la Peintresse se leva de son tabouret et se détourna lentement de sa toile.
Aujourd'hui, la Cléa Néveron ressuscitée allait refaire parler d'elle en ces contrées montagneuses. Peuplées par un peuple ami des dragons. Aux portes de l'Empire. Dans le royaume de Sylvandell, lui-même ! Une terre sinueuse. Des monts difficiles d'accès. Un endroit prétendument bien protégé. Un terrain isolé, et donc tout désigné pour un assaut ciblé de grande envergure.
Nul ne viendrait les aider, parce que nul n'en aurait le temps.
Ses yeux d'un bleu limpide survolèrent ses autres œuvres. Les représentations pures et dures de différents Néverons. Les composantes de sa seule et vraie famille, liées à son sang par la Chroma. Toute une collection qu'elle avait peinte pour mieux tromper son ennui...




Elle souleva son pinceau - une arme dont on ne soupçonnait point la puissance, à première vue.
Cléa eut un très léger sourire en coin.
- Que la Conquête commence !
Et que le monde accueille les froide plaintes de ses dévoués serviteurs !
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A l'approche du Manoir Suspendu, le ciel des montagnes, pourtant jusque là si dégagé, se voila comme un jour d'orage. L'on n'entendit pourtant point le tonnerre, au loin. Au lieu de cela, c'était un tout autre bruit qui résonnait dans l'atmosphère. Un son difficilement transcriptible. Presque continu. Une sorte de roulement aérien. Comme une énorme masse qui se déplaçait lentement mais sûrement, et ce au mépris de la gravité et du vent. Une lourde demeure qui échappait toutefois à la logique des éléments, et qui avait manifestement fait l'objet d'un sortilège incroyablement puissant.
Ce sinistre bâtiment se déplaçait encore que l'on vit des choses s'en détacher, des curiosités en tomber. On eût dit que la base flottante du monument s'effritait.
Mais ce n'était pas le cas...
Le Manoir Suspendu évacuait ses Néverons comme autant de grains de poussière dans l'air !
Certains se rattrapaient au vol, là où d'autres se laissaient tout simplement chuter. D'aucuns avec force fracas ! Ils étaient étudiés pour faire office de projectile, après tout. Ou pour ne pas carrément parler de météorite.
Que retentisse la cauchemardesque destruction !



