« La guerre révèle toujours la vérité sur les gens. C’est probablement pour ça que tant de mortels prétendent la craindre. »
ARÈS
« Cœur hardi, porteur de bouclier sauveur des cités, coiffé d'airain,
Aux mains robustes, infatigable, fort par la lance, rempart de l'Olympe,
Père de la Victoire, heureuse conclusion des guerres, auxiliaire de Thémis ;
Maître absolu de l'adversaire, guide des hommes les plus justes... »
« C’est prétentieux… J’aurais probablement dit la même chose. »
Aux mains robustes, infatigable, fort par la lance, rempart de l'Olympe,
Père de la Victoire, heureuse conclusion des guerres, auxiliaire de Thémis ;
Maître absolu de l'adversaire, guide des hommes les plus justes... »
« C’est prétentieux… J’aurais probablement dit la même chose. »
Le Sourire de la Guerre :
Arès naquit donc de Zeus et d’Héra, oui. Mais il fut aussi enfanté par la peur, par le désir, par l’orgueil et par cette étrange chaleur qui monte au cœur des hommes quand le monde leur refuse ce qu’ils estiment mériter.
Il fut un enfant splendide.
Et déjà, il souriait trop.
I : Le fils que l’Olympe ne savait pas aimer
À l’Olympe, Arès fut rapidement considéré comme un problème.
Il n’avait pas la patience d’Athéna, ni la majesté de Zeus, ni la froide autorité d’Héra. Il était trop vivant, trop bruyant, trop proche des passions humaines. Il aimait les cris des entraînements, l’odeur du cuir, le vin après la bataille, les serments murmurés dans les tentes, les jalousies, les défis, les amants qui se déchirent et reviennent l’un vers l’autre comme deux armées incapables de déposer les armes.
Les autres Dieux observaient les mortels depuis les hauteurs. Arès, lui, descendait. Il parlait aux soldats, il riait avec les mercenaires, il séduisait les reines, provoquait les rois, encourageait les héros, perdait volontairement des parties d’échecs contre des généraux trop fiers, puis leur soufflait à l’oreille l’idée qui ferait tomber une cité.
Arès n’était pas seulement le Dieu de la Guerre. Il était le Dieu des vérités que les hommes n’avouent qu’avec une lame sous la gorge. La paix leur permettait de jouer à la vertu. La guerre, elle, avait toujours eu le mauvais goût d’être honnête.
II : La Titanomachie
Durant la Titanomachie, Arès combattit pour l’Olympe.
Il n’était pas encore ce Dieu raffiné, insolent et dangereux que les siècles allaient façonner. Il était plus jeune, plus brûlant, plus direct. Il riait au milieu des batailles comme d’autres rient au milieu des fêtes. Les Titans le méprisèrent d’abord, voyant en lui une fureur sans discipline.
Ils apprirent vite leur erreur. Arès n’était pas Athéna. Il ne gagnait pas parce qu’il devinait parfaitement les mouvements de l’ennemi. Il gagnait parce qu’il comprenait le cœur de celui qui tenait l’épée. Il savait quand un guerrier allait céder, quand un roi allait trahir, quelle insulte pousserait un champion à sortir de ses rangs, quel espoir donner à une armée épuisée pour qu’elle continue encore une heure.
Et parfois, une heure suffit à changer l’histoire.
Lorsque Cronos fut vaincu et que les Titans furent jetés au Tartare, Arès ne célébra pas la paix nouvelle avec autant de ferveur que les autres. Il savait déjà que la paix n’était jamais qu’une bataille qui retient son souffle.
III : Le Dieu des hommes
Avec l’apogée des cités grecques, le culte d’Arès prit de multiples visages. Les soldats le priaient avant la bataille, les veuves le maudissaient après, les jeunes guerriers lui demandaient la gloire et les vieux survivants lui demandaient seulement de dormir sans cauchemars.
Arès acceptait tout cela. Les prières, les insultes, les offrandes, les malédictions. Il avait cette vanité étrange des Dieux qui préfèrent être haïs plutôt qu’ignorés.
On le disait cruel, et il l’était. On le disait séducteur, et il l’était davantage encore. On le disait manipulateur, mais Arès aurait répondu que les mortels n’avaient jamais besoin qu’on invente leurs désirs à leur place. Il suffisait de les écouter assez longtemps.
Il ne forçait pas toujours les hommes à prendre les armes. Le plus souvent, il se contentait de leur rappeler qu’ils en avaient envie.
IV : La Gigantomachie
La Gigantomachie ne ressemblait à aucune guerre qu’il avait connue. Face aux Titans, il y avait encore de l’orgueil, de la haine, des lignées, des trônes à prendre et des pères à renverser. Face aux Grands Anciens, il n’y avait rien de tout cela. Pas d’honneur, pas de gloire ni même de haine.
Seulement l’immensité froide de choses qui n’avaient jamais eu besoin de comprendre les Dieux pour les détruire.
Arès combattit. Bien sûr qu’il combattit. Il aurait préféré être déchiré plutôt que de reculer devant les autres Olympiens. Mais cette guerre là lui laissa une marque qu’aucune amante, aucun vin capiteux, aucun massacre ne put entièrement effacer.
Il avait découvert quelque chose de pire que la défaite. Une guerre sans passion. Une guerre qui ne révélait rien, sinon l’insignifiance de ceux qui mouraient. Depuis ce jour, Arès déteste les Grands Anciens avec une sincérité presque pure. Non parce qu’ils menacent l’Olympe, non parce qu’ils menacent les hommes mais parce qu’ils insultent la guerre elle-même.
V : Terra
Alors que certains Olympiens se repliaient dans les temples, Arès continua de descendre parmi les mortels. Il fut vu dans des casernes olympiennes, dans des arènes, dans des palais, dans des auberges où personne ne savait vraiment pourquoi les hommes se battaient à la fin de la nuit. Il n’était pas toujours reconnu. Parfois, il prenait l’apparence d’un capitaine, d’un conseiller militaire, d’un inconnu vêtu de cuir noir qui souriait dans l’ombre et payait sa tournée avant de déclencher une guerre privée entre deux frères.
Il ne cherchait pas seulement le chaos, il cherchait les êtres rares. Les âmes capables de violence, mais aussi de choix car Arès n’a jamais aimé les pantins. Il préfère les résistances. C’est sans doute pour cela qu’il fut si souvent attiré par celles et ceux qui refusaient de lui appartenir.
VI : Le silence de l’Olympe
Il se moqua des conseils, des attentes, des équilibres fragiles. Il affirmait que les mortels n’avaient jamais cessé d’appeler les Dieux ; simplement, les Dieux avaient cessé d’aimer le bruit de leurs prières. La Chute de l’Eld et l’appel du Cor de Gilead laissèrent en lui une rancune tenace.
Non qu’Arès soit compatissant au sens où les prêtres l’entendent mais il méprise l’abandon. Un Dieu peut exiger du sang, il peut punir, il peut mentir, il peut séduire, trahir, manipuler mais s’il accepte d’être prié, alors il doit répondre lorsque la guerre frappe à la porte. Même si cette réponse est terrible. Surtout si elle est terrible.
VII : L’Olympomachie
Et, chose plus inquiétante encore, il comprit Zeus. L’humanité pouvait devenir une menace. Les Grands Anciens pouvaient revenir. Les mortels étaient capables de tout détruire en appelant cela progrès, foi ou liberté. Mais comprendre n’est pas obéir.
Arès vit surtout que Zeus n’était plus guidé par la force, mais par la peur, et la peur, lorsqu’elle porte une couronne, devient plus dangereuse que n’importe quelle armée.
Durant l’Olympomachie, Arès ne fut ni innocent, ni pur. Il combattit, mentit, manipula, sauva parfois ceux qu’il aurait dû tuer et abandonna parfois ceux qu’il aurait pu sauver. Il servit l’Olympe, mais jamais aveuglément. Il servit la guerre, mais pas la folie.
Lorsque Zeus ordonna l’invasion de Mijak, Arès prit naturellement la tête des armées olympiennes. Qui d’autre l’aurait fait ?
Les provinces impériales brûlèrent, les murailles tombèrent et les légions d’Arès avancèrent jusqu’au cœur même de la capitale.
Il y retrouva sa soeur, Bellone. Bellone l’insoumise. Bellone qui comprenait la guerre presque aussi bien que lui, mais qui refusait encore de lui trouver la moindre noblesse.
Ils s’affrontèrent une première fois au milieu des ruines. Puis une seconde dans le Palais Impérial, tandis que les dragons de Sylvandell incendiaient les armées olympiennes et que le monde semblait littéralement se fissurer autour d’eux.
Le combat fut d’une violence monstrueuse. Les murs du palais s’effondrèrent, les statues sacrées furent réduites en poussière et des hommes moururent simplement pour avoir été trop proches des deux Dieux.
Et, pendant un instant, Arès comprit enfin ce qu’il haïssait tant dans cette guerre. Elle n’avait plus rien de vivant. Plus rien de vrai.
Bellone finit par le tuer au cœur du Palais Impérial. Une mort brutale, pas héroïque, pas glorieuse. Une mort de Dieu de la Guerre. Dans le feu, les cris et les ruines.
VIII : Après Zeus
Mais les Dieux meurent rarement tout à fait…
Arès réapparut finalement sur Terra comme réapparaissent toujours les guerres, les incendies et les très mauvaises décisions : sans prévenir et avec une assurance profondément irritante.
Si la mort de Zeus changea l’Olympe, elle changea aussi Arès, même s’il aurait arraché la langue de quiconque l’aurait dit devant lui. Il ne pleura pas, ne fit pas de grand discours et se contenta de disparaître quelque temps.
Certains prétendent l’avoir vu sur les routes de Terra, dans des tavernes de soldats, auprès de champs de bataille qui n’intéressaient aucun Dieu. D’autres disent qu’il passa plusieurs nuits devant une statue brisée de Zeus, un gobelet de vin à la main, sans jamais boire.
À son retour, Héra était régente, le Conseil de l’Olympe se mettait en place, et les Dieux parlaient d’équilibre, de reconstruction, de responsabilités nouvelles.
Arès sourit. Ce sourire-là inquiéta beaucoup de monde. Car Arès respecte Héra, à sa manière. Il respecte sa force, sa rancune, son intelligence. Mais il n’aime pas les Conseils. Les Conseils sentent la peur polie. Ils transforment les décisions en cérémonies et les lâchetés en compromis.
Depuis, Arès assiste parfois aux réunions. Parfois seulement. Le reste du temps, il fait ce qu’il a toujours fait. Il descend parmi les mortels. Il cherche les héros avant qu’ils ne sachent qu’ils le sont, murmure aux ambitieux, éprouve les vertueux, séduit les dangereux et rit avec les condamnés.
Et il attend. Non pas passivement. Arès n’attend jamais sans préparer quelque chose… Arès méprise les histoires paisibles.
IX : Aujourd’hui
Depuis sa réincarnation, Arès évite soigneusement de parler de Bellone. Ce qui, venant de lui, revient pratiquement à admettre une obsession. Il ne lui a jamais vraiment pardonné de l’avoir tué. Pas tant pour la mort elle-même. Mais parce qu’au fond, Bellone avait probablement raison au moment de le faire.
Malgré cela, Arès demeure l’un des rares Olympiens prêts à aider Héra à retrouver la réincarnation de Zeus. Pas par nostalgie et encore moins par innocence. Mais parce qu’il refuse de croire que l’Olympe puisse survivre éternellement sans Roi. Arès n’a jamais prétendu que Zeus était un bon père. Seulement qu’il était Zeus.
Et, au fond, cela avait toujours suffi.
Le Dieu de la Guerre n’est pas un démon. Il n’est pas un Titan, il n’est pas Chaos. Il est pire, parfois. Il est un Dieu qui aime sincèrement le monde, mais seulement lorsqu’il brûle assez fort pour révéler ce que chacun porte en soi. Et si on lui demande ce qu’il veut vraiment, il répondra sans doute par un sourire, un regard trop proche, une main posée sur la garde d’une épée.
Puis il dira : « Rien que tu ne veuilles déjà. »
LE CULTE D’ARÈS
Arès n’est pas seulement le Dieu de la Guerre. Il est le Dieu des passions que les hommes dissimulent sous la civilisation. La peur, la colère, le désir de vaincre, l’orgueil ou la jalousie. Cette passion dévorante qui pousse les mortels à aimer, conquérir, protéger ou détruire avec une intensité qu’ils prétendent souvent condamner chez les autres. Car Arès sait une chose que beaucoup préfèrent oublier : tant que les hommes convoiteront quelque chose, ils finiront toujours par se battre pour l’obtenir. Que ce soit une terre, un royaume, une idée, un corps, un regard ou un Dieu.
La civilisation ne change pas cela. Elle se contente généralement de donner de plus beaux noms à la violence.
À travers les Âges, son culte a souvent entretenu des rivalités avec celui d’Athéna. Là où Athéna enseigne la discipline, la stratégie et la guerre civilisée, Arès encourage une approche plus instinctive et émotionnelle du combat. Pourtant, beaucoup de vétérans savent qu’une bataille se gagne rarement sans les deux.
Arès entretient également des liens étroits avec le culte d’Aphrodite. Les anciens Grecs savaient déjà que l’amour et la guerre partagent de nombreux visages : passion, désir, jalousie, possession, sacrifice. Il n’est d’ailleurs pas rare que certaines fêtes dédiées à Aphrodite se terminent en duels, tandis que certaines célébrations d’Arès finissent dans des lits.
Le Dieu lui-même semble trouver cela parfaitement logique.
Ah. On représente souvent Arès chevauchant Phobos et Deimos, sa grosse et prodigieuse longue lance dressée fièrement au milieu des batailles. Le Dieu affirme depuis des siècles qu’il s’agit d’une profonde allégorie guerrière. Ceux qui le connaissent le mieux soutiennent depuis tout aussi longtemps qu’il parle simplement de ses deux couilles et de sa bite avec un enthousiasme mythologique absolument fascinant.
Pouvoirs : (outre le classico force, immortalité etc..)
Le petit mot de la fin :
« Est-ce vrai ce que l’on dit de vous ? Que sous votre air charmant, vous êtes manipulateur, arrogant, jaloux, possessif, incapable d’accepter un refus, mauvais perdant, dangereusement susceptible, égoïste, violent… et que vous prenez beaucoup trop de plaisir à pousser les gens à révéler le pire d’eux-mêmes ? »
« Ah vraiment ? Les gens me trouvent charmant ? »
« Ah vraiment ? Les gens me trouvent charmant ? »
PS : De rien pour la nostalgie !






















