Yoake est "La Nouvelle Aube" du Japon. Symbole du renouveau économique nippon, Yoake est une commune maritime de premier plan dans la politique du Japon.
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Soins médicaux de première nécessité [Anouchka]

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Alexandre Dowell
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Ils lui tombèrent dessus à la sortie du bureau, dans le parking souterrain de l’immeuble où Alexandre avait son cabinet d’avocats sur Terre. Il n’eut pas le temps de réagir qu’une matraque lui frappa l’arrière du crâne, et qu’on le jeta dans une voiture. Des hommes cagoulés, dangereux. Alexandre sut très rapidement qui les employait… L’un de ses propres clients. Un criminel qui souhaitait qu’Alexandre commette des actes illégaux pour lui. Le classique était par exemple qu’un avocat assiste les hommes d’un réseau pour avertir les autres quand ils étaient arrêtés. Quand un dealer se faisait arrêter, un avocat pouvait ainsi prévenir son supérieur pour qu’il s’empresse de fermer le point de deal, ou pour déménager les stocks de drogue. Une telle chose était déontologiquement et pénalement répréhensible, elle vous exposait à une radiation à vie de la profession d’avocat, et à des poursuites pénales. Alors, Alexandre avait refusé ce petit jeu. De ce fait, son client l’avait menacé. Alexandre avait tenu bon, alors ledit client, qui devait sentir l’étau se resserrer autour de sa gorge, avait décidé d’agir rapidement.

Son plan était parfait, à une exception près : Alexandre était un vampire. Il était donc plus résistant qu’un humain normal, mais se laissa faire. On l’extirpa du coffre pour le traîner dans une cave, on le déshabilla, avant de l’attacher à des chaînes. Les malfrats portaient des cagoules et des modulateurs de voix. Ils présentèrent à Alexandre via un ordinateur portable une webcam avec le visage de son client. Officiellement, Tohoro Misoshi était un homme d’affaires international, voyageant d’un pays à l’autre pour conclure des contrats, et vérifier les investissements de sa compagnie. Officieusement, il profitait de ces voyages pour importer de la drogue.

« Je suis très déçu que mon propre avocat refuse de me suivre, Monsieur Dowell. N’avez-vous pas prêté serment de défendre vos clients ?
- Je n’ai pas prêté serment de commettre des crimes, Misoshi-san. Soyez raisonnable, à quoi vous attendez-vous ?
- Nous allons informer votre cabinet que nous vous avons capturé, je pense que cela rendra vos associés plus loquaces pour coopérer avec nous. Mais, comme il faut se montrer persuasif, je suis au regret de vous informer que mes associés vont devoir… Vous molester un peu. »

C’était un plan simple et désespéré. La connexion se termina ensuite. Alexandre usa ensuite de ses pouvoirs vampiriques. Il parvint ainsi à densifier sa force musculaire pour arracher ses menottes l’une de l’autre, et égorgea son premier ennemi. Surpris, les autres malfrats finirent par réagir. Une batte de base-ball se fracassa sur le dos d’Alexandre. Un coup suffisant pour neutraliser un humain normal, mais pas un vampire. Dowell réagit, et continua à se battre, plutôt salement. L’un des malfrats finit par lui tirer dessus. Alexandre lui brisa le cou, récupéra les clefs des menottes pour les retirer. Dans le couloir de la cave, d’autres bandits l’attaquèrent. On utilisa un taser sur lui, et Alexandre vacilla au sol. On le roua alors de coups, et il finit par frapper avec ses griffes les genoux d’un ennemi, le clouant au sol. Alexandre attrapa ensuite la tête d’un ennemi, et la fracassa violemment contre le mur, fissurant ce dernier. Une chaîne métallique lui fouetta le dos, lacérant sa chair. Il retomba au sol, et on tenta de l’étrangler avec cette chaîne. Pour se sortir de ce mauvais pas, Alexandre utilisa ses griffes pour les planter dans les flancs de l’homme. Le sang ruissela de ses plaies, et Alexandre put ainsi se retourner. Il émascula violemment l’homme, lui arrachant son sexe, avant de le planter dans la bouche de son agresseur.

Alexandre grognait comme une bête en furie, et laissa derrière lui une demi-douzaine de cadavres avant de sortir. Il rampa péniblement hors de l’escalier, jusqu’à rejoindre la rue. Nu, couvert de sang, la vision floue, il parvint à traverser la rue, rejoignant de l’autre côté une supérette qui était en train de fermer. Il sentait un groupe sanguin, et avait besoin de se nourrir. Il n’entendit pas la femme en tombant sur elle. Il chercha à viser son cou… Mais sa tête heurta la poitrine d’Anouchka, et Alexandre s’écroula contre elle.
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Re: Soins médicaux de première nécessité [Anouchka]

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Anouchka
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La journée s’était déroulée à la perfection pour Anouchka. Elle ne s’était pas ennuyée une seule seconde. De nouveaux clients étaient passés et, à voir les yeux de certains hommes s’attarder sur son corps, elle savait qu’elle venait probablement de gagner quelques nouveaux clients réguliers.

Un étudiant de l’université voisine était passé plusieurs fois dans la journée et avait même mangé sur place le midi. Pour le remercier de sa fidélité, l’Ukrainienne lui avait fait le cadeau de lui montrer son string en dentelle noire qui se cachait sous sa jupe en vinyle rouge. Elle s'était penchée longuement en avant pour ramasser quelques papiers qui avaient malencontreusement glissé de ses mains. Elle n’avait pas pu s’empêcher de sourire en l’entendant s’étouffer avec ses nouilles. Elle aimait bien le taquiner.

Un autre client habituel était également passé dans la journée. Un petit homme rondouillard qui arrivait juste au niveau de sa poitrine. Le veinard. Et il n’en perdait jamais une miette. Il avait compris le jeu d’Anouchka depuis un moment déjà et ne prenait même plus la peine de la regarder dans les yeux. Il se postait en face d’elle, lui parlait de sa journée dans son entreprise tout en laissant son regard s’égarer régulièrement sur ses volumineuses mamelles. Son crâne, garni de quelques cheveux qu’il rabattait soigneusement sur le côté, se couvrait rapidement de transpiration. C’était probablement son petit bonheur de la journée. Aujourd’hui, il était servi. Anouchka avait sorti son nouveau top qu’elle avait trouvé sur Internet. De la dentelle noire recouvrait ses bras jusqu’aux poignets, tandis qu’une petite lanière entourait son cou. Le tissu descendait également sur son ventre, donnant à l’ensemble un style particulièrement élégant. Mais le plus remarquable restait son décolleté plongeant. Le pauvre client semblait presque y avoir perdu son âme. Le tissu noir opaque cachait sa poitrine, mais aucun bonnet n'était là pour retenir la masse impressionnante. Surtout qu'elle  n’hésitait pas à accentuer certains mouvements lorsqu’elle lui parlait. Elle le trouvait mignon à sa façon. Et, finalement, c’était un véritable plaisir pour elle d’être son petit rayon de soleil. Malheureusement pour lui, le temps passait et l’homme dut retourner à son travail. Anouchka, par la même occasion, retourna à ses occupations.

Le reste de la journée se poursuivit entre clins d’œil charmeurs, sourires et petites provocations. Pendant ses temps libres, elle s’occupa de sa boutique, rangeant les rayons, vérifiant les stocks et remettant un peu d’ordre ici et là. Et l’heure de la fermeture arriva bien plus vite qu’elle ne l’aurait imaginé. Il était temps de fermer boutique. Anouchka fit le solde de sa caisse, puis rangea soigneusement l’argent dans son coffre-fort. On ne savait jamais. Elle éteignit ensuite les lumières des rayons, ne laissant allumée que celle située au-dessus de la porte d’entrée. Dans sa tête, elle passa rapidement en revue tout ce qu’elle avait fait. Tout semblait en ordre. Elle s’approcha de la porte en verre et l’ouvrit pour sortir. Elle allait mettre l’alarme lorsqu’un bruit étrange parvint à ses oreilles. À cette heure-ci, elle était toujours un peu plus sur ses gardes à cause des voleurs. Elle se retourna rapidement pour voir ce qui se passait.

Un homme s’effondra sur elle. L’Ukrainienne eut tout juste le temps de tendre les bras pour le rattraper.

"Monsieur ? Monsieur, vous m’entendez ?"

Elle pencha légèrement la tête sur le côté en découvrant son état. L’homme était nu, couvert de sang et marqué par de nombreuses blessures.

"Monsieur ? Vous êtes avec moi ?"

Anouchka ne remarqua même pas que la tête de l’inconnu se trouvait contre sa poitrine. À cet instant, elle avait autre chose en tête. Le plus important était de le mettre en sécurité. Elle le tira à l’intérieur de la boutique et le laissa glisser sur le sol avec autant de délicatesse que possible. L’Ukrainienne s’empressa alors d’éteindre les dernières lumières de la supérette, de verrouiller le rideau métallique de l’entrée et de fermer la porte en verre. Son cœur battait la chamade. Elle avait peur d’être vue. Elle savait qu’elle n’avait probablement aucun intérêt à appeler immédiatement les pompiers ou la police. Cet homme faisait peut-être partie de la mafia ou d’un quelconque gang de la ville. Le livrer aux forces de l’ordre, même avec les meilleures intentions du monde, risquait de lui retomber dessus. Le plus important était donc de le sécuriser. Elle seule.

"Accrochez-vous, monsieur. Je suis là. Je vais vous tirer jusqu’à la réserve. On ne sait jamais… Ça risque peut-être de vous faire mal."

Il devait déjà souffrir le martyre. Dans le noir, Anouchka l’attrapa par les bras afin de faciliter son déplacement. Son corps nu glissant sur le carrelage rendait malgré tout le transport un peu plus facile. Elle parvint finalement à rejoindre la réserve et alluma la lumière. D’ici, elle savait que personne ne pourrait voir ce qui se passait depuis l’extérieur. Elle attrapa rapidement un torchon propre qui traînait à proximité et le déposa sur son entrejambe. Elle avait quand même une certaine éthique.

"Je reviens, monsieur. Je fais le plus vite possible. Je vais chercher de quoi vous…"

Elle s’interrompit. Il n’y avait pas vraiment le temps de tout expliquer. Vu la quantité de sang, elle n'avait pas le temps de faire un monologue. Elle repartit dans le magasin et prit un panier dans lequel elle commença à entasser tout le matériel médical qu’elle trouvait dans les rayons. Elle ne réfléchissait plus. Elle rafla presque tout sur son passage : de l’alcool, du coton, des lingettes stériles, des pansements, un thermomètre rectal, des préservatifs, des bandages, de l’eau, des médicaments contre la douleur, des pinces et tout ce qui pouvait, de près ou de loin, lui être utile. Elle revint rapidement dans la réserve et se mit à genoux à côté de l’homme.

"Je vais commencer par enlever le sang avec de l’eau. Ensuite, je vais désinfecter vos blessures."

Sans attendre davantage, elle versa de l’eau sur un chiffon propre et commença à nettoyer son visage et les parties de son corps couvertes de sang. Elle essayait de faire vite, mais ses mains tremblaient. Puis elle attrapa le désinfectant et commença à nettoyer les plaies qu’elle pouvait atteindre, sans réellement savoir si elle s’y prenait correctement.Elle improvisait complètement. Ses mains tremblaient tellement qu’elle devait parfois s’arrêter quelques secondes pour reprendre son souffle. Mais elle continuait de lui parler. Sans arrêt. Peut-être pour le rassurer. Ou peut-être simplement pour se rassurer elle-même.

Re: Soins médicaux de première nécessité [Anouchka]

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Alexandre Dowell
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Il eut le tournis, et s’effondra contre Anouchka. Tout était ensuite flou. Tous les éléments récupérés par Anouchka ne servaient en soi à rien (même les préservatifs !), car Alexandre restait un vampire. Il pouvait donc se soigner bien plus vite que n’importe quel humain, et avait besoin pour cela d’une seule chose : du sang. Il se retrouva sur une sorte de lit, et sentit les mains de la femme sur son visage. Il percevait surtout son sang, et elle, paniquée, était loin de s’attendre à ce qui allait suivre. Elle lui essuya le visage, frottant ses lourds seins contre son torse. Alexandre soupira, et quand ses lèvres s’ouvrirent, ses canines perlèrent.

« S-Sang… Du sang… »

C’est par instinct qu’il agit. Il se redressa brusquement, et planta ses canines dans le cou de la femme. Anouchka aurait beau se débattre, la prise était faite. Le vampire se pressa contre elle, et la renversa. Anouchka tomba au sol, et lui tomba sur elle, et continua à boire. Il avala son sang, généreusement, prenant de longues gorgées. Les plaies d’Alexandre se mirent à cicatriser rapidement, ses plaies se réduisant, sans même laisser de cicatrices. Petit à petit, Alexandre reprenait le contrôle de lui-même, et finit par se redresser. La bouche pleine de sang, il croisa le regard fatigué de la jeune femme.

« Merci pour ton don, humaine… Ne cherche pas à lutter contre le sommeil… »

Il avait bu trop de sang pour que cela soit sans conséquence pour la jeune femme. Elle aurait eu beau résister, Alexandre restait un vampire. Avec le manque de sang, la jeune femme finit par s’endormir, un sommeil dont elle risquait de ne pas revenir, car son organisme n’avait plus suffisamment de sang pour fonctionner.

Cependant, Alexandre ne comptait pas la laisser mourir. Il attrapa la jeune femme entre ses bras, et se déplaça ensuite. Alexandre la déposa sur une table de la réserve,, puis l’embrassa. Un bouche-à-bouche très spécial. Les yeux d’Alexandre virèrent au rouge tandis qu’il utilisait sa magie pour redonner à Anouchka le surplus de sang qu’il avait bu en elle. Un sang qui restait encore celui de la jeune femme, un sang qui n’avait pas rejoint son cœur. Autrement dit, il n’y avait pas de risques que la jeune femme devienne une vampire. Alexandre lui en donna assez pour qu’elle se reprenne, puis se redressa ensuite.

La jeune femme ne tarda pas à éternuer, tout en restant dans le sommeil. Elle risquait de dormir environ une bonne heure avant que son organisme ne soit suffisamment réalimenté en sang pour qu’elle émerge.

Quand Anouchka se réveillera, ce sera pour se trouver sur un sofa, dans la partie habitable de la supérette, soit un appartement à l’étage. Elle pourrait constater qu’elle allait bien, mais, en touchant son cou, elle sentirait deux petites marques, signe évident qu’elle n’avait pas rêvé… Ainsi que le son de la douche. Alexandre prenait une douche, et, quand elle finit par émerger, le vampire en sortit. Il s’était enroulé dans une serviette, et semblait presque rétabli. Comme il avait redonné à Anouchka son sang, son processus de guérison avait ralenti, laissant encore quelques ecchymoses et marques sur son corps.

« Désolé de vous avoir agressé, jeune femme, votre sang palpitait trop près… L’instinct de survie a pris le dessus. Rassurez-vous, je vous ai redonné votre sang… Si vous avez envie d’éternuer, c’est normal. Si vous avez la migraine, c’est normal aussi, vous devez avoir du paracétamol, non ? Sachez que je vous dédommagerai pour vos pertes de matériels. En tout cas, permettez-moi de vous remercier. Sans votre aide, je ne sais pas si j’aurai pu me remettre de mes blessures sans qu’ils me retrouvent. Je m’appelle Alexandre Dowell. »

Si Anouchka était du genre à lire les faits divers dans les journaux, le nom d’Alexandre aurait pu émerger, vu qu’il était avocat. Sinon, une recherche Google confirmerait son identité, car son cabinet disposait d’un site Internet.

« Et… Oui, je suis un vampire. Mais vous n’avez pas à avoir peur, je ne vous veux aucun mal, bien au contraire. Vous avez eu la présence d’esprit de ne pas appeler la police, et je vous en suis gré. »
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Re: Soins médicaux de première nécessité [Anouchka]

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Anouchka
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Anouchka faisait son possible pour ne pas perdre pied, mais l'homme avait beaucoup trop de blessures. Elle se pencha sur lui pour essayer d'en désinfecter une sur son flanc quand elle l’entendit murmurer.

"Oui, vous perdez beaucoup de sang..." Le mot était faible, tous ses vêtements étaient tachés. "Mais s'il vous plaît, ne dites rien, il faut que vous..." Elle ne finit pas sa phrase, un cri perçant sortie plutôt de sa bouche. Elle hurla jusqu'à vider l'air de ses poumons, que sa peau pâle vire au rouge.

L'homme venait de se redresser pour l'attraper, la maintenir pour éviter qu'elle ne s'échappe. La renversant ensuite sur le sol et cette douleur qui lui lançait dans le cou, Anouchka n'avait jamais ressenti ça avant. Sur le dos, elle se remit à hurler après avoir repris un peu son souffle, elle frappait ses pieds contre le sol à défaut de pouvoir faire autre chose pour se défendre avec le haut de son corps. Sauf que petit à petit, elle sentait sa force la quitter, bouger devenait presque douloureux. Anouchka ne criait presque plus et le froid... Il faisait si froid. Sa vision se brouillait alors qu'elle regardait l'homme, son visage était flou, elle distinguait vaguement les formes.

"Qu'est-ce que..." Sa voix était faible. Ses lèvres pulpeuses bougeaient à peine. "... vous m'avez fait ?" Elle ne savait même pas si elle allait réellement entendre la réponse. Elle pensait à une chose : sa mort. Comme ça dans la réserve en voulant aider un homme. Elle aurait finalement dû appeler la police et les pompiers. C'est ça de vouloir jouer les héroïnes, on finit par perdre... Seule dans le noir et le froid. Anouchka finit par fermer les yeux et s'abandonner au froid qui la parcourait. Au vide.

Et elle se trompait, ce n’était pas sa dernière heure. Des images oniriques vinrent la réveiller brutalement, du sang, l’homme aux longs cheveux gris, elle ouvrit les yeux en grand alors qu’elle était allongée sur un canapé. Elle éternua en se redressant tout en se tenant les tempes sentant une douleur vive. Anouchka semblait se réveiller d’un lendemain de cuite avec ce mal de tête. Qu’est-ce qui s’était passé ? Elle n’eut pas besoin de réfléchir longtemps avant de tout se rappeler et aussitôt elle se leva du canapé, l’ukrainienne regarda ses mains en éternuant encore. Du sang sec sur sa peau, sur ses vêtements, sur… Elle sursauta quand elle sentit une présence derrière elle, c’était l’homme qu’elle avait sauvé puis qu'il l'avait attaqué. En serviette ? Il sortait de la douche ? Anouchka n’avait pas du tout fait attention aux bruits avant ça.

“Vous ! N'approchez pas qui ou plutôt quoi que vous soyez !” Gémit Anouchka en se reculant dans l’appartement, cognant son postérieur au poste de télévision d’un autre âge.

Les mains dans le dos, elle ouvrit un tiroir cherchant de quoi se défendre alors qu’elle l’écoutait à moitié parler. Il faut dire que la panique prenait le dessus, elle avait bien cru mourir une heure avant. Et avec ce mal de tête, elle n’arrivait pas à avoir les idées bien claires.

“Alexandre Dowell ? Ça ne me dit rien.”

Anouchka ne faisait pas beaucoup d’efforts pour vraiment chercher ; en gérante de supérette, elle recevait les journaux tous les jours et elle prenait le temps de les lire avec un café quand elle avait du temps libre dans la journée. Donc elle avait bien dû voir son prénom passer.

“Un vampire ?” Un hoquet vient finir sa phrase. Elle se souvient qu’elle s'était fait mordre, elle le sent encore, sauf que. “Les vampires, ça n’existe pas !” C’est dans les livres pour faire peur, dans les histoires qu’on raconte à halloween. Et pourtant, l’ukrainienne voyait bien qu’il n’avait plus toutes ses blessures qu’elle avait tenté de soigner. Elle se refusait quand même d’y croire. Son esprit était trop encombré à ce moment pour se poser réellement les bonnes questions. Elle était trop occupée à chercher dans le tiroir qu’elle avait ouvert un objet pour se défendre.

“J’aurai dû appeler la police, vous avez failli me tuer ! Je ne sais pas par quel miracle je suis encore en vie.” Si Anouchka avait écouté, elle l’aurait su, il l'avait expliqué juste avant…

Ses doigts croisèrent enfin un objet dans le tiroir et une télécommande traversa la pièce, elle s’était trop précipité et celle-ci passa à un bon mètre d’Alexandre, pas de quoi faire peur.

“Et qui me dit que vous n’allez pas m’attaquer encore une fois ? Une petite soif ? Une envie incontrôlée et vous allez me sauter à la gorge ! Et cette fois, je vais vraiment y passer.” Un nouvel objet arrive à sa portée, cette fois, elle n’allait pas faire la même erreur en le jetant n’importe comme.

Anouchka se saisit de l’objet pour le dresser devant elle en guise de couteau pour se défendre... Et quel couteau… Un sex-toy ! Le tenant par les testicules, l’objet légèrement flasque s’agitait devant Alexandre. Une imitation parfaite d’un pénis masculin aux veines marquées. Il se pourrait bien que parfois la délicieuse ukrainienne vennait à l’étage pour se détendre sur le canapé devant un film coquin. Et qu’elle avait oublié que c’était ici qu’elle rangeait son jouet à cause de la pression. Le sex-toy continuait de s’agiter dans sa main et pourtant, elle ne le lâchait pas malgré la prestation honteuse qu’elle produisait. C’était tout ce qui lui restait sous la main.

“Vous… Voulez quoi de moi ? Me payer pour que je ne parle de cette affaire à personne ? Je refuse d'office.” Anouchka essayait de garder son sérieux et d’éviter de bégayer à présent.
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