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Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 28 mars 2026 20:55
par Camille Marquise
« Wow !... »

Les larmes coulèrent le long des joues de Camille.

« Je… Tu… C’est magnifique, Korë ! »

Il ne comprenait pas. Il n’était pas sur de jamais comprendre. Mais son amante, après avoir pondu un dragon immaculé de lumière, venait de se voir dotée par la Vie d’une paire d’ailes lapis-lazuli et améthyste.

« Je ne suis pas grand-chose. Mais je suis tellement content d’avoir été un des éléments de cette alchimie incroyablement magique : ah ah ah ! »

Un rire nerveux. Il n’y avait que ça comme réaction lorsqu’on faisait face à quelque chose qui tenait du miracle. Camille se sentait incroyablement petit et banal. Et pourtant, il était là. Présent. Acteur de cette transformation. Son petit égo caressé par le fait qu’il avait participé à sortir Korë de son cocon pour devenir une sorte de papillon incroyable.

Rapidement, il l’aide à se redresser. Donc il se rapprocha d’elle comme elle le lui avait demandé. Faisant attention, prenant mille précautions, il l’aida à s’asseoir sur le lit, jambes tendues devant elle.

« Je suis désolé de te faire faire tant d’efforts après la naissance de, et bien, de cette créature si sage et si patiente sur le toit de mon manoir. Mais je ne voudrais pas que tu te blesses. Que tu blesses tes, euh, nouveaux organes, euh, extérieurs ? »

S’il avait pu avoir des étoiles dans les yeux, il les aurait eu. Mais ce n’était pas le cas. Et tout l’être de Camille vibrait pour Korë. Il n’était pas grand-chose. Mais il existait aux yeux de cette « Déesse ». Peut-être que le mot n’était pas le bon. « Sainte » ? Ca lui paraissait mieux. Et en découvrant ce mot dans son esprit, il ne put s’en empêcher.

Il quitta le lit. Posa un genou à terre et inclina la tête. Camille était tel un petit prêtre se trouvant soudainement face à l’avatar de Dieu.

« Je suis à ton service, Korë. Quoi que tu aies besoin, tu l’auras. Jamais je n’aurais cru que ma vie tournerait en ce sens. Je…je pleure encore, oui. Mais pas de tristesse ! C’est ma faiblesse qui s’exprime face à tant de beauté, de pureté, de lumière. C’est-c’est incroyable ! AH ah ah ! »

Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 05 avr. 2026 10:28
par Korë Grémorya
Korë ramena lentement les yeux sur le visage de son amant. Il pleurait - de déception ? d'horreur ? Aucunement ! Il pleurait d'émerveillement à son endroit. Et il la trouvait magnifique. Encore plus qu'avant.

- Je...

C'était incroyable. Impensable de découvrir que cette ponte-ci lui avait donné autre chose que des épines capable de transpercer n'importe quelle matière, une gorge suffisamment puissante pour imiter le cri d'une banshee ou des cristaux susceptibles de faire plonger n'importe quel être vivant dans les bras de Morphée.
Korë n'en croyait pas ses ailes qui, pourtant, étaient on ne peut plus réelles.
Puis elle comprit que l'étonnante positivité de cette transformation était le fruit de cette triple union avec Vi et Camille.
La Wyvérienne sentit et entendit son cœur battre plus fort quand l'homme de ce trouple la régala de son assistance.
Un homme si doux et passionné, mais qui se mésestimait tellement...
Elle ne vit aucun inconvénient à l'écouter, à le laisser la manipuler.
Elle lui sourit. Malgré ses cuisses lourdes et ses petits pieds tremblants.
Et cette chaleur qui ne voulait pas la quitter.

- Tu n'as pas besoin de t'excuser...

Pourtant, l'homme frêle fit encore mieux que cela. Il était descendu du lit pour s'incliner devant elle comme n'importe quel sujet l'aurait fait devant sa reine. Korë, surprise, papillonna bêtement des yeux. Ce qui, du même coup, fit légèrement remuer ses nouvelles ailes dans son dos. Elle allait sans doute devoir apprendre à s'en servir. Mais avant d'en venir à ces exercices...
Elle voulut se mettre debout, mais elle dut s'en abstenir ; il était encore trop tôt pour ses jambes flageolantes et son estomac contrarié.

- Non, répondit-il en secouant gentiment la tête. Je suis contente que tu m'estimes autant mais... je ne veux pas que tu soies à mon service.

Point de fatalité il y avait dans ses mots. Point de peine non plus. Korë limitait ses émotions pour parler le plus distinctement possible. Elle ne pouvait guère abuser de ses forces, somme toutes fébriles. Elle prit une nouvelle inspiration, puis...

- Je souhaite seulement que Camile reste Camille, poursuivit-elle. Que l'homme qui m'a sauvée garde la tête haute quand il me regarde avec ses yeux pétillants. Qu'il demeure le petit homme qui m'a aidée à pondre par deux fois... Celui avec qui j'ai partagé un de mes pouvoirs et que, par-dessus tout, j'aime autant qu'il m'aime.

Elle remua légèrement sur le lit. Pour se rapprocher du rebord, et tendre la main à sa rencontre la plus précieuse.

- Relève-toi, Camille.

Et ce n'était pas un ordre.

- Relève-toi et reposons-nous ensemble. L'un à côté de l'autre. Sans avoir à penser de quoi sera fait le lendemain...

Dormir en bonne compagnie. Voilà tout ce qui lui faisait de l'œil pour l'instant.
Korë allait sans doute devoir s'allonger sur le flanc. A cause de ses magnifiques ailes.
Elle serait réconfortée de l'avoir en face, son aimé.

Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 11 avr. 2026 07:59
par Camille Marquise
« Oh ! Oui bien sur, j’arrive tout de suite ! »

Camille se releva un peu trop rapidement. Un peu trop maladroitement pour que cela soit fait avec grâce ou charisme. Mais il combla ses « défauts » par son énergie et son sourire. Ce qui était tout ce que demandait cette Sainte. Non…elle restait Korë. Elle le lui avait dit. Avec sa bouille fatiguée et ses ailes incroyables. Quoique…elle l’avait traité de « petit » homme. Un lapsus révélateur d’une élévation ? Peut-être. Camille s’en ficha. Il comptait dans ses yeux. Et cela lui suffit.

Alors il alla se coucher à côté d’elle. Peu lui importait que ses enfants puissent faire irruption ou qu’il se retrouve sur une surface moite, souillée. Allongé contre elle le remplissait d’un immense bonheur. De soulagement aussi. Elle allait bien !

« Je suis là. Tu peux fermer tes paupières. Tu es chez moi. Dans un lieu qui a toujours eu pour fonction de mettre à l’abri ses occupants. Dors en paix, Korë. »

Il avait réussi à le dire en le pensant à 100%. Puis il réalisa après coup qu’il venait de lui mentir. Ou, tout du moins, que l’inviolabilité du lieu n’était plus aussi efficace qu’auparavant. Car il y avait eu Vi dans le petit kiosque. Et la petite Belle ayant fait irruption à la porte de la chambre.

En pensée, Camille se projeta alors dans l’immense terrain du manoir. Se demandant qui d’autre encore peuplait ses terres. Sachant que les airs étaient déjà conquises ( ?) par une magnifique Wyverne Cristalline.

***

Belle avait du plusieurs fois modérer son enthousiasme qui avait tendance à la faire courir pour se déplacer. C’est qu’elle n’était pas seule et l’imperturbable Vi progressait à un rythme de marche.

Vi : « Mademoiselle Belle, où se trouve votre grand frère ? »

Belle : « Je t’ai déjà dit de ne pas me donner du mademoiselle. Sinon, Lancelot doit toujours être dans la forêt là-bas. Sauf s’il a vu quelque chose avec la créature qui s’est perchée tout là-haut. »

Vi : « En quoi serait-ce exactement un problème ? »

Belle : « Toute sa vie, il a combattu des monstres. Alors s’il y en a un autre qui- Oh ! Mais c’est qui ces deux-là, là-bas ? »

Vi : « Ce sont les enfants de monsieur Camille. Monsieur Adam et mademoiselle Eve. »

Soudain, Adam pila net et tendit son bras pour empêcher sa curieuse petite sœur de se rapprocher de Belle et Vi. Il tremblait un peu. Décidément, il y avait beaucoup de filles nouvelles pour le seul garçon qu’il était.

Adam : « Partez de chez moi ! »

Eve : « Mais non ! Pourquoi ? C’est parce que ce sont des filles ? »

Adam : « Quoi ?! Mais non ! Je- ! Rhaa ! HEY ! »

Trop tard. Eve avait réussi à passer sous le bras et sprinta vers la nouvelle dame en tenue bleue et papillon.

Eve : « Moi c’est Eve. Tu as mangé ? »

Belle : « Moi c’est Belle. Alors, même si c’est très gentil, je crois que je devrais d’abord aller voir mon grand frère. »

Eve : « Toi aussi tu as un grand frère ! Cool. Comme ça on a un point commun. »

Vi : « Monsieur Adam, veuillez venir me prendre la main s’il vous plaît. Il me semble préférable que je garde une surveillance sur vous pour les événements à venir. Il serait préjudiciable qu’il vous arrive malheur sous ma surveillance. »

Adam : « Pff ! J’ai pas besoin que tu me prennes la main comme un bébé. »

Eve : « Il va bouder et rester derrière. Mais je pense qu’il va suivre quand même. Je peux te prendre la main, Belle ? »

Belle : « Oui. Tu es trop mignonne, toi. »

Eve : « Dis, pourquoi tu as gribouillé un cœur sur ta joue ? »

Belle : « Ca ? C’est parce que c’est joli. Mais c’est aussi pour me souvenir que nous n’avons qu’une seule vie. »

Eve : « Woaw ! Tu en dis des belles choses. Donc ton grand frère il est où ? Il a un cœur aussi sur la joue ? Et des papillons sur ses vêtements ? Je peux essayer ton chapeau ? Et comment tu as fait pour venir ? Je croyais qu’il n’y avait que papa et maman qui pouvaient faire des allers retours entre ici et les autres mondes. Et-… »

Adam : « Eve ! Tu poses trop de questions trop vite, tu-… Rhaa… »

Voilà qu’il avait diminué la distance et rattrapé sa petite sœur pour lui reprendre la main. Il se trouvait maintenant entourée de toutes les femmes du dehors.

Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 12 avr. 2026 13:45
par Korë Grémorya
Il lui avait menti, certes, mais ce n'était pas pour lui déplaire. Korë était beaucoup trop épuisée pour penser correctement, pour penser danger. Elle se blottit donc contre Camille et, sous sa bienveillance, bercée par son aura de pure sérénité, piqua gentiment du nez.
Elle s'endormit rapidement...

Et elle se surprit à rêver d'un monde qu'elle ne connaissait pas. Qu'elle n'avait jamais vu de son vivant. D'un lieu mystique qui sentait l'humidité et, bien sûr, la magie. Une magie colorée qu'elle savait en rapport avec sa récente ponte. Avec le fruit de Vi, de Camille et de ses propres entrailles.

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Tous ces joyaux éparpillaient son attention. La Wyvérienne s'émerveillait de leur pureté quand elle sentit le présence de son Enfant Crépusculaire. La créature brillait de mille feux ! Elle était là, installée sur son postérieure, les ailes repliées autour de ses pattes...
Korë n'avait plus d'yeux que pour elle. Elle fit un pas dans sa direction. Deux. Puis trois. Tendit la main.

- Ils arrivent.

Elle arrêta son geste.
La wyverne s'était exprimée - elle en était certaine !
Sa gueule n'avait pas bougé mais ses yeux luminescents la fixaient avec intensité.

- Ils arrivent, répéta-t-elle à travers le canal de la pensée.

- Ils ?

Elle éprouva une subite sensation de malaise qui, à l'instar de ce « ils », la laissait dans le flou.

- Ils en ont après vous, poursuivit la Wyverne Cristalline en dépliant ses grandes ailes. Après nous. Après les Couleurs. Ils nous ont senti, et ils ont faim.

Elle se dressa sur ses pattes, puis commença à s'élever.

- Attends...

Son Enfant ignora sa demande.

- Ils sont nos ennemis. Et ils seront nombreux à converger vers leur fin.

Le rêve - ou plutôt la vision ? - s'épaissit. Korë eut l'impression de nager à contrecourant. Elle se débattit mais l'eau claire, devenue mélasse, l'emporta dans un sommeil si profond qu'elle n'allait sans doute pas se réveiller avant la prochaine levée du jour.

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En parallèle de cette annonce onirique, le quatuor presque essentiellement féminin perçut comme un bourdonnement en provenance de la forêt. Au sein de ce groupe, Vi fut sans doute la seule à en comprendre la nature exacte, à en capter les sinistres effluves.
Sous couvert de la sylve, l'ennemi apparaissait. L'ennemi approchait. Une adversité variée, capable de se déplacer aussi bien sur terre que dans l'air. Elle se dirigeait vers le manoir, aiguillée par ce phare atypique dont la riche lumière brillait en son fier sommet.
La Wyverne Cristalline partageait les sensations de Vi. Elle lui était liée, d'une certaine façon. Par un lien qu'il leur faudrait sans doute étudier en temps voulu. Peut-être au sein de cette mystérieuse Académie ? Quoi qu'il en fût, elle s'était redressée avant de bondir dans les airs et de battre des ailes. Ses yeux couleur saphir avisèrent ces quelques points noirs, dans le lointain, qui survolaient la frondaison. Elle poussa un rugissement aigu et sonore, suffisamment puissant pour résonner en écho entre les oreilles de son proche auditoire. Un cri d'avertissement ? Seule Korë en fut épargnée. Korë et probablement l'homme qui avait refermé ses bras sur elle. Ceux-là bénéficiaient de son ésotérique protection. D'une immunité passagère, mais tenace.
L'Enfant Crépusculaire descendit en flèche, frôlant le sol pour se redresser suivant une courbe ascendante qui la rapprocha des arbres.
L'ennemi progressait, lui aussi. Et, comme soufflé à la Wyvérienne, il était venu en nombre.
Plusieurs essaims inhumains !

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Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 24 avr. 2026 20:57
par Camille Marquise
La tombée dans le sommeil n’avait pas été naturel. « tomber », rien que le verbe d’action en était un indice. Camille chut à son tour dans les bras de Morphée, ce Dieu inconnu et par trop avide d’attentions câlines. Il sentit qu’il se trouvait dans un endroit telle une grotte. Mais pas une mauvaise. Il n’aurait su dire pourquoi étant donné que tout était flou et incertain de son point de vue. Il y eut aussi une voix. Elle lui parut familière et fut incapable de la comprendre. Par contre, cette seconde ? C’était celle de Korë. Et il put la comprendre en grande partie.

*Des gens au pluriel ? Avec une notion de menace ? Elle demande d’attendre. A qui ? Mais…je pense tout de suite à des personnes. Mais ce pourrait être des monstres. Des entités. Ou même…des Dieux ?! *

Camille n’avait de contrôle sur rien. A nouveau, il était l’élément faible du groupe. Celui qui suivait. Et il suivit. Même quand la rêveuse s’enfonça dans les profondeurs d’un sommeil dont elle ne reviendrait pas de sitôt. Même à cause d’un état d’alerte mystérieux…

***

Belle devrait se débrouiller un temps sans son grand frère Lancelot. Ce dernier étant occupé à endiguer une partie de cette impossible vague belliqueuse. Comment ? Ou qui avait pu jeopardiser la protection de ce lieu ? Un lieu tout spécial qui avait permis à la famille de Camille de se replier du monde (des mondes, au pluriel !) sans avoir à se soucier de rien (ou presque).

Peu importait au final car il y avait bataille dont l’issue était binaire : vivre ou mourir.

Belle : « Donnez-moi un instant ! »

Vi : « Comment, mademoiselle Belle ? Mais notre temps à tous les quatre est précieux. Il me semble que nous devrions faire repli dans le manoir de monsieur Camille. »

Belle : « J’ai dit quelques instants ! »

Et Belle disparut derrière les premiers arbres. La Poupée fut perturbée dans son observation et dans sa prise de décision par une petite main qui la tirait.

Eve : « Je crois que je commence à avoir peur. »

Adam : « Et quand elle gigote comme ça, c’est qu’elle a envie de faire pipi. »

Eve : « Mais-euh ! »

Adam : « Quoi ! Ce n’est pas la vérité ? »

Eve : « … »

Vi : « Voyons, mademoiselle Eve, monsieur Adam, vous-… »

Belle : « Me voilà de retour ! Hey hey ! »

Eve : WOW ! »

Il avait fallu si peu de temps à Belle pour changer d’équipement. Etait-il dissimulé dans un endroit précis de la forêt ? Quelle que fut la solution, les habits plutôt « comtesse » et bleue firent place à une tenue de guerrière toute orange. Sa lame qu’elle tenait dans une main semblait être sorti tout droit d’une rivière de lave. Tandis que sa main droire donnait l’étrange impression d’avoir scalpé une wyverne. Un Rathalos, pour les wyvernologues.

Eve : « J’ai même plus trop peur maintenant ! »

Puis Adam se rapprocha, paume et doigts dressés posés contre le bord de ses lèvres et dit à voix basse « Mais tu dois toujours avoir envie de faire pipi, je suis sur. »

Mais Belle fit quelques passes d’armes d’échauffement puis vint se placer en bouclier humain devant Vivi et les deux enfants de Camille.

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Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 30 avr. 2026 16:32
par Korë Grémorya
Tandis que Belle avait endossé son armure taillée dans les écailles d'un grand et célèbre reptile rouge et que les autres la fixaient avec autant d'étonnement que d'admiration, la Wyverne Cristalline dépassa le groupe dans ce qui s'apparentait, du point de vue de ses membres, à un éclair multicolore. Elle rugit derechef, tel un cri de guerre à l'adresse de la racaille volante, puis battit des ailes plus fort encore. D'horribles globes oculaires se précipitèrent à sa rencontre. Des mâchoires effroyablement dentelées se refermaient sur une pupille aussi fendue que celle d'un fauve. Ces yeux maléfiques, propulsés à suffisamment grande vitesse, avaient le pouvoir de traverser presque n'importe quel matériaux ! L'enfant de Korë, Vi et Camille n'avait pas les écailles suffisamment solides pour leur résister mais cela ne changeait rien. Elle freina dans les airs, ses ailes déployées au maximum comme pour faire écran à la meute, sa brillante poitrine bombée, puis évacua un souffle chargé d'une magie scintillante. A son contact, les globes dévoreurs se couvrirent instantanément de cristal et s'échouèrent en contrebas. Les zygotes, qui assistaient à cette averse, ne perdirent pas de temps et chargèrent un rayon. Le regard de la Wyverne Cristalline étincela. Forte d'une froide intelligence, la splendide créature ramena ses ailes autour de son enveloppe de verre. Lorsqu'elle les écarta tout aussi rapidement, de longues écailles de toutes les couleurs s'en détachèrent pour aller se ficher avec adresse en travers de la poitrine des futurs tireurs. Deux rayons fusèrent avant que leurs responsables ne churent avec les autres ; aucun n'atteignit sa cible, qui s'était remis en mouvement.

La Wyverne Cristalline dominait les airs, pourtant elle ne pouvait guère être partout à la fois.
Sous la frondaison, les Serres-Plumeuses se frayaient un chemin jusqu'aux mortels. Insaisissables, elles disparaissaient sous le sol avant d'attaquer depuis l'ouverture d'un faille ténébreuse. Belle aurait certainement besoin d'assistance pour éviter de se faire attraper par ces ignobles créatures, qui n'hésiteront pas à la broyer entre leurs griffes.

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La Wyvérienne ouvrit les yeux. Elle se découvrit alors en plein ciel, au-dessus d'une forêt qui lui était étrangement familière. Encore plus haut, la voûte céleste était d'une couleur franchement atypique ; les étoiles elles-mêmes semblaient briller d'un éclat... différent.
Qu'est-ce qui se passe ?
Elle observa la végétation. Comme instable, cette dernière changeait de coloris à chaque fois que la Wyvérienne battait des paupières.
Serais-je... ?
Le bruit ne tarda point à venir la déranger pendant son interrogation. D'abord un sifflement dans ses oreilles. Désagréable. Intermittent. Puis ce son devint une sorte de bourdonnement de plus en plus embêtant. Korë, surprise, entendit rugir en même temps qu'elle se sentit virer brusquement de côté ! Elle se plia instinctivement en avant pour se rattraper, mais c'était inutile ; elle s'aperçut, avec un temps de retard, que le bas de son corps ne faisait plus qu'un avec son support aux écailles de verre.
La Wyverne !
Une exclamation qui la fit grimacer. Comme amplifiée, sa propre voix résonnait douloureusement dans sa tête. Et ce qu'il restait de son corps était tout transparent, en plus d'être auréolé d'un fin halo de lumière couleur bleu cyan.
Un corps astral... ?
Son corps astral.
C'est impossible.
Elle tenta de se dégager. En vain, puisque ses mains ne pouvaient se fermer sur quoi que ce fût.
Je suis... coincée ?
Elle releva les yeux. Partout autour d'elle, des monstres ! Elle reconnut les zygotes et songea tout de suite à Elfrydd.
Pétrifiée de peur, elle vit sa descendance reptilienne en déchirer un de ses crocs avant d'en pulvériser un autre d'un violent coup de queue !
Suis-je en train de rêver ?
Une multitude de petites choses rondelettes percuta le flanc de son hôte, fendillant sa surface lisse. La douleur la fit hurler en même temps que la Wyverne Cristalline, qui se rebiffa en soufflant sur la nuée de globes dévoreurs. Ceux-là devinrent des cristaux qui disparurent, engloutis par la cime.
Nous ne faisons plus qu'une ?!
Ce monde n'était pas une chimère. La présence du manoir de Camille, par-delà la forêt dense, en prouvait l'authenticité.
Korë vivait simplement la scène depuis un autre plan.

Re: Loin de la cage d'oiseau dorée [avec Korë]

Posté : 08 mai 2026 15:07
par Camille Marquise
Camille était à la traîne. Alors que Korë s’envolait là-haut dans un autre plan, lui avançait laborieusement en se cognant encore et encore contre des obstacles invisibles. Tout était si sombre… Et puis, petit à petit, peut-être à force de prudence et d’expérience, ses mains lui permirent de ne plus cogner sa tête. Et ses yeux virent un tunnel hérissé de cristaux.

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*Je ne comprends pas. Qu’est-ce que je fais là ? C’est où, là ? Et Korë ! Où est-elle ? *

« Korë ! » cria-t-il en mettant ses mains en porte-voix

Il n’aurait su expliquer pourquoi. L’intuition de Camille était persuadé qu’il était dans le sillage de Korë. Il n’avait aucune idée s’il se souviendrait de quoi que ce soit au réveil. A cette réflexion, il réalisa qu’il dormait. Mais d’une façon différente de d’habitude.

Soudain, les couleurs jaillirent ! Au détour d’un couloir de roche, de grands barreaux de lumière et de couleurs lui donnèrent la fugace impression qu’il allait se retrouver derrière la grille d’une porte de prison. Quelques pas plus tard, le trompe-l’œil ne fut plus. Le changement de perspective lui permit de voir que le chemin continuait toujours plus loin. Camille y alla, étrangement, sans crainte. Et sans notion de fatigue aussi.

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Ce n’est que plus tard qu’il réalisa que la couleur n’avait pas été très intense. Surtout à la première découverte des fausses grilles de la prison. Car dans cette caverne, les petits cristaux étaient grands. Mais pas grands au point de se perdre à traverser les strates du dessus. Camille pensa que c’était une évolution. Après trop monté, recherché, essayé : redescendre et se stabiliser devenait une bonne chose. A nouveau, il réalisa qu’il rêvait. Aussi qu’il se sentait au calme.

« Korë ! » cria-t-il à nouveau. Mais plus pour la forme que par la connaissance de la toucher

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La magnificence !

Des cristaux à foison. Des couleurs d’une intensité que ses nouveaux yeux astraux découvraient. Un spectre de couleur impossible à concevoir pour le Camille « terrien ». C’était magnifique. Il réalisa qu’il pleurait de joie tout comme il réalisait qu’un vent léger s’était engouffré pour passer à travers les cristaux, les faire vibrer et ainsi produire une musique « cristalline ».

« Euh !... »

Du mouvement.

*Les cristaux sont vivants ?! *

Non, pas les cristaux. Il y avait une créature au-dessous. Les cristaux se trouvaient sur (dans !) le dos de cette créature qui avait un aspect draconique. Un nouvel indice du passage de la pondeuse ? Un de ses enfants ? A venir, peut-être ? Camille n’en savait rien. Mais il s’approcha sans crainte de la Bête de Rubis. Il lança sa main vers le museau, détournant la tête, attendant, fébrile, de savoir s’il y aurait contact.

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Belle sauta en l’air en levant le poing au passage de la Wyverne Cristalline.

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Et puis elle se concentra, son arme d’un feu comme si elle était ressortie de la piscine d’un volcan actif. Axé dans un style de VITESSE, Belle fit une démonstration impressionnante de ses compétences martiales en éradiquant tous ses « Yeux » essayant de l’attaquer elle, les enfants de Camille ou même l’impassible Vi.

Belle : « Ca va aller, vous tous !? »

Eve : « AH ! Je veux rentrer ! »

Adam : « Ca va aller, Eve. »

Eve : « MAIS-AIE-e ! Tu me fais mal ! Ta main serre trop fort mon épaule. »

Adam : « Excuse-moi ! Je suis désolé… »

Adam avait peur. Evidemment qu’il avait le droit d’avoir peur dans une telle situation.

Vi : « Cela fait beaucoup d’ennemis. » constata la Poupée comme si elle était entourée d’un charme d’invincibilité au vu de son ton. (ce qui n’en était rien du tout)

Belle : « C’est vrai que c’est bizarre. » (bruit d’effort à occire un nouvel œil coincé dans une bouche ou…comme délogé d’un crâne d’un…géant ?...)

Vi : « En quoi est-ce étrange, mademoiselle Belle ? »

Belle : « Les Zygotes, je connais ! Elles viennent de mon monde. Mais les autres ? Ca ne me dit rien. Je trouve ça bizarre… »