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Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 16 févr. 2026 01:49
par Aphrodite
Il y avait quelque chose d’étrangement féérique dans la vue du Colisée, qui semblait comme transformé, ou transcendé par la voix de Molpé. Le Colisée avait d’ailleurs un peu changé de forme, car Korë marcha sur un pont suspendu menant au milieu du Colisée. Il y avait à cet endroit Molpé et ses instruments, qui s’animaient tout seul. Et, en contrebas, les spectateurs forniquaient en rythme avec la musique, ou dansaient au milieu de corps entremêlés.

Korë put prendre place à côté de la lyre, et commença à promener ses doigts dessus. La partition avait beau lui être inconnue, elle sentait dans sa tête les accords et la tonalité à employer. Cela ne pouvait pas se décrire avec des mots simples, c’était comme une sorte de transe, de délicieuse osmose. Un chant qui vous transportait, une symphonie qui accompagnait le crépuscule. C’était agréable, et beau, si beau…

Tandis que Korë se mettait à la lyre, elle put voir Servaney la suivre. Celui-ci, nu comme un ver, attrapa un instrument de musique, et lui sourit.

« Nous sommes les enfants d’Aphrodite, Korë, nous devons être polyvalents… Nous ne serions pas sa Main sinon. »

Lust avait bon nombre d’enfants, mais ces cinq constituaient sa Main. Des amants terrifiants, des aventuriers d’exception, et des artistes. Apollon leur avait enseigné la musique, et chacun avait son propre instrument de musique. Un oud se forma, ainsi qu’un piano.

« Tu sais jouer de ses instruments, ma chère Korë ? »

Molpé se retourna vers le duo, et sourit à Korë.

« Tu es la nymphe à la voix de velours… Je n’aime pas trop me mêler aux humains, mais, quand ma conque m’a rapporté ta voix, j’ai décidé de vous rejoindre. »

Molpé sortait rarement de ses eaux, si ce n’est pour coucher avec des marins. Elle embrassa Korë sur les lèvres, un baiser tendre et savoureux, qui avait de quoi faire miroiter mille pétales dans sa tête.

Entièrement instrumental, le prochain morceau était joué principalement au oud, que Servaney attrapa, avant de commencer à gratter dessus. « Tisser la Beauté » s’élança ainsi, comme un ode à Aphrodite, Déesse de l’Amour, mais aussi de la Beauté…

Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 18 févr. 2026 16:51
par Korë Grémorya
Comment s'y était-elle prise pour traverser ce pont suspendu après avoir tant encaissé ?
Korë n'aurait su l'expliquer. Elle s'était déplacée dans un état second comme si la musique l'avait envoûtée. Ce qui était probablement le cas puisqu'elle l'entendait encore et s'y accrochait sans peine. Elle joua donc, accompagnant la mélodie en effleurant fidèlement de ses doigts les cordes prévues à cet effet. La bardesse passait un moment si exquis que son esprit le compara insidieusement au plaisir que lui avaient procuré ses solides compagnons. Oubliée, sa catastrophe amoureuse de ces derniers jours ; trop heureuse de jouer pour une muse, Korë n'y pensait plus.
Elle surprit Servaney, qui l'avait suivie, avec un instrument entre les mains.
Son sourire la fit frissonner, plus particulièrement d'en bas.
Korë serra un peu les cuisses.

- J'ai appris à vous voir tels que vous êtes, répondit-elle, franche au possible. Des amants et des artistes d'exception.

Elle lui rendit son sourire, qui ne s'effaça pas à la vue de ce piano tout récemment matérialisé. Un hochement de tête plus tard pour lui signaler qu'elle savait jouer presque aussi bien du piano que du violon ou de la lyre, et Molpé lui adressait ses louanges. Venant de ses lèvres parfaites, Korë apprécia autant la flatterie que son incroyable baiser. Et pourtant, la sirène n'y avait même pas mis la langue !

- Je vous en suis infiniment reconnaissante, soupira la Wyvérienne, que son excitation éveillée ne quittait plus d'un cil. Votre présence est un cadeau inestimable, alors pour ce qui est de votre voix...

Les mots lui manquaient ; ceux qu'elle connaissait n'étaient pas suffisamment puissants pour flatter l'égo d'une femme aussi magnifique et compétente. Korë se garda de la contempler trop longtemps. Elle avait baissé les yeux en conséquence, ses oreilles en pointe bercées par la délicieuse musique jouée par Servaney.

- Je suis votre obligée, déclara Korë en inclinant très respectueusement la tête. Ma voix, mes lèvres, mes doigts... mon corps entier est à votre disposition. Aussi longtemps que vous le souhaiterez.

Au même titre que sa persistante libido, le chant de la sirène emplissait toujours ses tympans, résonnant à l'intérieur de son crâne dans un mariage parfait avec le jeu du Doigt. Les yeux rouges de « la nymphe à la voix de velours » se collèrent aux fascinantes formes de Molpé. C'était comme si les effluves sexuelles des gens d'en bas, qui baisaient à n'en plus finir, avaient empli chaque molécule d'air qu'absorbait la bardesse. A l'intérieur de sa poitrine blanche, son palpitant tambourinait chaleureusement.

Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 23 févr. 2026 01:34
par Aphrodite
Face à Molpé, pouvait-on faire autre chose que de tomber sous son charme ? Sa voix enchanteresse, sa beauté, ce baiser plein d’énergie… Fille d’une Muse et d’Aphrodite, Molpé cumulait donc le meilleur de ce que l’Olympe pouvait offrir en terme de grâce, de sensualité, et d’art. Des notions qui pouvaient habilement se combiner et se mélanger ensemble autour du sexe. La petite Korë n’était pas en mesure de lutter, elle ne pouvait que suivre le mouvement, en répétant à l’envi à quel point Molpé était belle, et à quel point elle était prête à se damner pour elle, et à faire tout ce que Molpé attendrait d’elle. Celle-ci s’en amusait, ne semblant pas si surprise que ça devant les déclarations de Korë. Ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait de tels compliments, qu’on la couvrait de louanges. Elle laissa Servaney jouer du oud. Le jeune homme était très doué, et ses notes de oud imposaient un rythme de plus en plus endiablé, qui se faisait ressentir en contrebas. Les coups de reins rythmaient en harmonie avec les notes fracassantes et énergiques du oud. La Main de Lust ne se composait pas que d’amants redoutables, elle comprenait aussi des artistes. Ils n’étaient pas ses Princes pour rien, ils se diversifiaient, et Servaney aimait beaucoup jouer de la guitare.

En réponse aux douces et soyeuses remarques de Korë, Molpé promena sa main sur son visage. Sa peau était d’une douceur infinie, qui n’était pas sans évoquer celle de sa mère.

« Toi, tu sais comment parler aux nymphes, ma belle musicienne… Je comprends pourquoi Mère t’apprécie autant. »

Quel doux compliment venant de Molpé ! Celle-ci se déplaça encore, observant la foule.

« Vois cette danse, ma chère Korë… Ressens le pouvoir que cette énergie commune procure, cette communion des corps… »

Une manière assurément poétique de définir une orgie ! Mais il fallait avouer que, vu d’en haut, le spectacle était impressionnant. Les Anges de Lust voletaient autour des différents couples et groupes qui s’étaient composés et faisaient férocement l’amour. Pour la Wyvérienne, le spectacle devait être particulièrement enivrant ! La main de Molpé glissa sur les cheveux de Korë, les caressant doucement.

« Tu sens cette énergie qui revient en toi, n’est-ce pas ? Cette force enivrante, excitante… Oh, comme j’aime ça ! Dis-moi, souhaites-tu chanter, ou danser ? Te tenir ici, ou rejoindre cette fosse de luxure ? »

Qu’est-ce qui allait motiver davantage Korë ? Son attrait pour l’art… Ou son goût pour le stupre ?

Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 24 févr. 2026 13:47
par Korë Grémorya
Effectivement : il y avait de l'Aphrodite dans cette enfant. Même après avoir tant copulé, Korë était bien incapable d'ignorer son attirance pour la chanteuse. Ses caresses l'émoustillaient. Le bout de ses doigts si doux suffisait à la plonger dans cette ambiance sexuelle. La Wyvérienne suivait du regard la séduisante Molpé qui se déplaçait sur la plate-forme avec une grâce et une légèreté qui n'avaient absolument rien à lui envier. Ce fut toutefois le concert de gémissements qui, plus bas, finit par la faire s'en détacher doucement, presque avec réticence...
Ils s'en donnent à cœur joie.
Elle s'imagina parmi eux, dansant au rythme de la musique. S'adonnant à ce sport qu'elle connaissait si bien. D'abord avec un partenaire, puis avec d'autres en se glissant amoureusement dans un groupe. Encouragée par les paroles de Molpé, ces quelques images la firent frémir. Tremblements d'excitation qui la gagnèrent d'autant plus lorsque la main de la muse profita de sa chevelure presque blanche.
Jambes serrées, elle prit un temps pour considérer les questions de la quasi divinité.
Son corps trépignait d'impatience à l'idée de basculer dans la fosse tandis que son esprit s'attachait éperdument à la présence de la sirène. Pour obtenir pleine satisfaction, il aurait donc fallu qu'elle se coupe en deux...
Sa mort n'était pas prévue au programme.

- Puisque vous me laissez le choix, reprit-elle d'une voix tout à fait charmante, je vais rester auprès de vous. Et danser sous vos yeux éclairés. Pour vous rendre hommage. A vous, mais aussi au jeu du bon Servaney~

On prétend que la passion domine la raison, mais on dit aussi que l'esprit transcende le corps. Bien que très chaude à l'idée de se mélanger avec le public, Korë opta pour une danse plus personnelle où elle se mit à bouger, à tourner, à virevolter comme une ballerine. Ses jambes graciles ne se dérobant point sous son corps souple, élastique.
Cette dépense en énergie lui procurait beaucoup de bien comme en témoignait son sourire radieux. Elle n'avait vraisemblablement pas peur du vide, car ses pas rapides et élégants l'amenaient souvent à en frôler la frontière.
L'envie de chanter lui vint aussi. Son chant naissant ne gâtant en rien la précision de ses mouvements.

Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 02 mars 2026 01:58
par Aphrodite
Que choisir ? Korë n’avait que l’embarras du choix ! Finalement, entre rejoindre la fosse ou continuer à chanter, elle opta pour le chant. Molpé sourit doucement, et lui ébouriffa les cheveux.

« Alors, optons pour une nouvelle chanson, ma jolie bardesse. »

Molpé l’embrassa alors. Un baiser savoureux, délicieux, mais aussi… Artistique. Korë put en effet sentir dans sa tête les paroles arriver. Molpé profitait de ce baiser pour lui transférer sa prochaine chanson. Elle pouvait se chanter seule, mais aussi en duo. Servaney allait encore jouer du oud, ce qui ne semblait pas lui déplaire. Comme dit, les enfants d’Aphrodite avaient tous une importante sensibilité artistique. Ils avaient même déjà été un groupe de band boys, circulant à travers les États-Unis pour chanter dans les bars de villages américains, et pour finir la nuit en baisant avec toutes les femmes du village. Sans doute avaient-ils écopé de multiples contraventions et amendes pour attentat à la pudeur, ou pour pratiques sexuelles illicites. L’Arizona et le Minnesota avaient décriminalisé la sodomie seulement à partir de 2001, la Main de Lust avait donc commis bon nombre d’actes illégaux de cette nature quand ils avaient sévi !

Servaney revint à lui quand Molpé généra une lyre qu’elle confia à Korë. La magnifique voix de velours de la jeune femme résonna ensuite, et Servaney sourit doucement, reconnaissant ce chant, très agréable aux oreilles.

Dance upon the stars tonight
Smile and pain will fade away

Sa voix continua à s’élever dans l’air, tandis qu’elle chantait « The Weeping Dawn ». Une chanson très belle, qui allait à merveille avec la venue de la nuit. Le soleil continuait en effet sa pente déclinante, et des bougies et autres flammes s’illuminaient tout autour du Colisée, tandis que les douces odeurs des cuisines s’échappaient des galeries. Le banquet s’annonçait comme très particulier, et Korë aurait naturellement droit à une place d’honneur. Après tout, elle était l’une des artistes de cette délicieuse orgie…

Re: Le Festival de Lust [Korë Grémorya]

Posté : 06 mars 2026 15:59
par Korë Grémorya
Les lèvres de Molpé possédaient les vertus de l'aimant : elles avaient le don de vous attirer et de vous y garder accrocher longuement. Korë s'avérait très faible à ce genre d'attention. Elle ne comptait pas se battre - jamais - pour s'en écarter, préférant collaborer avec autant de discipline que d'étroitesse. Avec la muse, cela lui fut on ne peut plus bénéfique ; elle lui avait injecté les paroles d'une chanson directement dans son esprit. La bardesse honora ce présent aussi bien qu'elle se devait de le faire : en jouant de sa lyre d'emprunt non sans en accompagner les notes de sa voix mélodieuse. Instrument vocal qui s'accordait merveilleusement bien avec celui de la sirène. Un charme infiniment délicieux, qui n'eut de cesse d'alimenter les oreilles des fêtards, de les motiver à se surpasser dans une ambiance tout à fait unique. Au côté de Molpé, Korë elle-même en eut plus d'une fois la chair de poule.

Avec le divin écoulement de cette chanson vint paisiblement la nuit. Le Colisée ne sombra point dans les ténèbres ; bougies et braseros, fraîchement allumés, éclaboussaient de leur lumière dansante le sanctuaire de la vie et de l'amour. A cet éclairage circulaire s'ajoutaient les appétissantes effluves des cuisines. Ces changements ne nuisirent aucunement à la concentration des artistes qui mirent un point d'honneur à clore leur chanson en beauté. Korë, qui avait fermé les yeux durant une généreuse portion de leur prestation, les rouvrit doucement avant de se tourner vers Servaney et Moplé pour, tour à tour, les remercier à travers un chaleureux baiser. La Wyvérienne n'en avait jamais assez - surtout vis-à-vis de ces deux-là dont les goûts se rapprochaient si bien des siens.

- Vos cordes vocales et vos doigts de fée sont une bénédiction pour Luxia... non, pour Terra elle-même, sourit-elle. Vous n'avez pas ce qu'il faut pour réussir : vous incarnez la réussite.

Ils l'avaient grandement inspirée. Alors qu'avant de participer à cette grande fête en l'honneur de la Déesse de l'Amour et de la Beauté, Korë s'était mis à broyer du noir. En cet instant onirique, toutes les couleurs lui étaient revenues. Et elles dansaient sous ses yeux plus éclairés que jamais.

- Combien de temps nous reste-t-il avant le repas ? s'enquit-elle, ses oreilles en pointe dressées d'excitation de chaque côté de sa jolie tête, à l'écoute de tout ce qu'il se passait autour d'eux. Assez, pensez-vous, pour parfaire la cohésion de notre groupe ?~

La voix et le jeu des artistes n'avaient guère apaisé sa libido. La Génitryx pouvait avoir ses humeurs mais son corps, lui, finissait toujours par lui rappeler ses besoins les plus intimes. En tant que Wyvérienne Crépusculaire, Korë était une fille de la nuit.