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La maîtresse d'armes [PV Le Lys]

Posté : 27 déc. 2025 12:32
par Vialyna & Féhanor
Pour une raison qui leur appartenait désormais de découvrir, une poignée d'élémentaires causait du tort dans la région. Les monstres avaient tendance à se rapprocher dangereusement des routes commerciales où circulaient des caravanes. Qu'elle fussent gardées ou non, leurs assaillants empêchaient par trop souvent les convois d'arriver à bon port, les forçant ainsi à emprunter de grand détours - et donc de coûteuses alternatives. De telles attaques bouleversaient l'économie de la région, allant jusqu'à multiplier par quatre le coût des transports et de la marchandise.
Cela ne pouvait plus durer.
Mais Féhanor et Vialyna avaient visiblement poussé leur chance bien au-delà du raisonnable en acceptant cette mission !
Les aventurières bataillaient sur un plateau rocheux. En face d'elles se dressaient non pas un mais deux élémentaires d'un niveau étonnamment supérieur à leurs congénères.

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Comble de la malchance, ces créatures s'accordaient au moins aussi bien que les humaines !
La première, un agrégat de pierres tranchantes et de terre broyée, représentait un réel défi pour la bretteuse. Il lui était impossible de la dépouiller de ses membres dans la mesure où le sable qui les reliaient à son tronc se reformait toujours. Et quand l'élémentaire complexe passait à l'offensive, sa portée de frappe avec ses griffes se révélait proprement ahurissante ! Par deux fois, Féhanor avait manqué se faire éviscérer ; elle n'avait dû sa survie qu'à ses réflexes de félin couplés à la bénédiction de rapidité que lui avait conféré Vialyna.
Cette dernière, soit la prêtresse du Rose, gérait également les agissements du second élémentaire. Un adversaire tout aussi pénible que son congénère dans la mesure où il évitait soigneusement le contact, préférant invoquer en appui des géodes cracheuses de magie que Vialyna devait constamment détruire à grand renfort de faisceaux lumineux. L'usage du Disque d'Obédience - l'artefact qu'elle manipulait à cet effet - réclamait donc une bonne partie de son attention.

- Je n'arrive pas à découper cette chose, râla Féhanor de Brazier. On dirait qu'elle est increvable !

- Il faut trouver son noyau et le détruire, riposta Vialyna.

Mais c'était plus facile à dire qu'à faire ! La magicienne du groupe n'arrivait pas à se concentrer suffisamment pour dénicher cette faiblesse inhérente à ce type d'adversaires.
La cadence se voulait infernale, alors à ce rythme là...

- Où est le soutien que l'on nous a promis ? Il s'est perdu en chemin, ou quoi ?!

Une griffe vola vers son visage. Féhanor recula la tête de justesse.

- Whouaw !!

Le monstre ne s'arrêta pas : il persévéra dans l'effort, fouettant l'air de ses deux griffes ! La Pieuse Ecarlate multiplia les acrobaties pour s'en sortir. La semelle de ses bottes crissa sur le sol sec et poussiéreux quant elle parvint à s'arrêter à côté de son alliée.
Elle porta le dos d'une main à sa joue, essuyant une petite entaille qu'un doigt crochu avait creusé juste sous son œil droit.

- Il va me le payer, grinça-t-elle en fermant le poing.

- Non, fit sa compagne. Garde ton sang-froid et retrouve ton souffle.

La bretteuse hocha fermement la tête. Vialyna avait raison. Leurs adversaires n'étaient pas complètement stupides. Une erreur de leur part ? Ils n'attendaient que ça ! La Pieuse Ecarlate prit une grande inspiration, rangea une main dans le bas du dos et releva la pointe de son fleuret dans l'axe de l'affreux griffu, sa longue queue de cheval rousse flottant derrière elle.

- Tu as bien raison.

De façon toujours aussi spectaculaire, Bénédicta explosa de nouvelles géodes par l'intermédiaire de son artefact volant.
Bien que calme en apparence, elle aussi était fatiguée. Sous sa frange d'un rose pâle, ses tempes brillaient de sueur. Fixant ses adversaires d'un œil vigilant, la magicienne du Rose évacua un petit soupir. Elles avaient visiblement droit à un petit moment de répit.

- Mes flammes sont inutiles face à ces horreurs.

- La brulure du Blanc ne les affecte pas non plus...

- Tu t'en sors, avec la localisation de leurs noyaux ?

Vialyna secoua négativement la tête.

- Quelque chose m'empêche de les localiser avec précision.

- Une interférence dans un moment pareil ?

- Je le crains.

- Je n'aime pas cette coïncidence...

- Ce n'en est probablement pas une.

Un troisième adversaire ? Mais où se cachait-il ?

Re: La maîtresse d'armes [PV Le Lys]

Posté : 05 janv. 2026 18:09
par Le Lys
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Ghislaine ajusta le lacet de son cache-œil d’un geste sec, le cuir craquant légèrement sous ses doigts calleux tandis qu’elle se regardait une dernière fois dans le miroir de sa chambre au Lys, sa tenue minimaliste de cuir moulant épousait son corps musclé comme une seconde peau, une simple sangle large couvrant à peine sa poitrine généreuse, laissant la majorité de son torse puissant et cicatrisé exposé à l’air, tandis qu’un collier de cuir se trouvait autour de son cou et qu'une lanière fine maintenait ses seins. En bas, un pantalon serrait ses hanches et ses fesses fermes, mais laissait à ses jambes longues et puissantes être entièrement libres pour le mouvement, la liberté totale étant essentielle pour son style de combat. Une veste légère, accordée aux épéistes de rang Saint et supérieur du Sword God Style, flottait dans son dos comme une marque de prestige, ouverte sur le devant pour ne pas entraver ses gestes. Ses sandales hautes robustes, renforcées pour le terrain difficile, et sa queue de tigre, de la même couleur que ses cheveux, battait l’air avec une impatience contenue, tandis que ses oreilles bestiales frémissaient sous le poids de la mission qui lui avait été confiée : une cliente influente, une riche marchande dont les caravanes étaient bloquées par des élémentaires sur les routes commerciales du sud, avait demandé expressément une aventurière capable de nettoyer la zone rapidement et sans témoins inutiles. Ghislaine, avec sa réputation de lame impitoyable et son efficacité légendaire, avait été choisie. Elle n’avait pas posé de questions, elle avait simplement hoché la tête quand on lui avait remis le contrat, ses lèvres restant closes, son regard fixe trahissant seulement une détermination froide.

Elle attrapa Hiramune, son katana long et lourd, le glissant dans son fourreau sur le côté, avec un cliquetis familier, son manteau s’écartant légèrement pour révéler la courbe de son dos musclé, puis se dirigea vers la porte dimensionnelle préparée par les mages du Lys, le portail s’ouvrit dans un tourbillon de lumière écarlate, et elle le traversa sans hésiter, le vent chaud et poussiéreux du plateau rocheux la frappant aussitôt au visage, faisant onduler son manteau et frôler sa peau nue. L’air était chargé d’une odeur de terre brûlée et de magie résiduelle, et le soleil déclinant jetait des ombres longues sur le terrain accidenté. Elle apparut à une distance raisonnable, assez loin pour observer sans être vue immédiatement, ses sandales crissant sur le gravier tandis qu’elle se postait derrière un affleurement rocheux, son corps massif se fondant presque dans le paysage grâce à sa posture immobile et silencieuse, sa lanière de cuir tendue sur sa poitrine à chaque respiration contrôlée.

À une centaine de mètres, deux femmes combattaient avec acharnement contre deux élémentaires imposants, l’une, une bretteuse à la queue de cheval rousse, dansait avec une grâce féline autour d’un monstre de pierre et de terre, son fleuret scintillant à chaque parade désespérée, tandis que l’autre, une magicienne aux cheveux rose pâle, lançait des faisceaux lumineux depuis un artefact flottant pour détruire les géodes invoquées par le second élémentaire. Elles étaient visiblement en difficulté, essoufflées, coordonnées mais dépassées par la régénération infinie de leurs adversaires. Ghislaine les observa un long moment, ses yeux dorés plissés sous son cache-œil, analysant chaque mouvement, chaque faiblesse, elle n’était pas du genre à se précipiter, même si le contrat exigeait rapidité. Elle voulait comprendre, évaluer, avant d’agir. Ses oreilles de tigre captèrent les échanges haletants des deux femmes, plaintes sur l’incassabilité des monstres, recherche vaine des noyaux et un grognement bas, presque inaudible, vibra dans sa gorge. Elles étaient compétentes, mais pas assez pour ce niveau.

Elle décida qu’il était temps. D’un bond souple et silencieux, elle surgit de sa cachette, Hiramune déjà dégainé dans un sifflement d’acier, en trois enjambées puissantes, elle couvrit la distance, sa queue battant l’air pour équilibrer son élan, sa veste légère claquant derrière elle comme une aile sombre. Le premier élémentaire, celui de pierre, tourna son torse massif vers elle, levant une griffe tranchante, mais Ghislaine fut plus rapide : elle pivota sur ses appuis, sa lame décrivant un arc parfait qui trancha net le lien de sable reliant le bras au tronc, puis remonta en une estocade fulgurante qui perça le cœur de roche où pulsait le noyau luminescent. L’élémentaire trembla, se désagrégea en un nuage de poussière et de gravats, s’effondrant en un tas inerte avant même que la bretteuse n’ait pu réagir. Sans perdre une seconde, Ghislaine bondit vers le second, évitant d’un roulé avant un faisceau de géode qui explosa derrière elle, elle sauta haut, sa veste de cuir claquant comme une aile, et abattit Hiramune de haut en bas, fendant l’élémentaire magique en deux dans une explosion de cristaux et de lumière qui retomba en pluie scintillante. Le silence retomba, lourd, seulement troublé par le souffle des deux femmes et le crissement des bottes de Ghislaine qui se redressait, rengainant son katana d’un geste fluide.

Elle resta là, immobile, son corps imposant projetant une ombre longue sur le sol poussiéreux, ses muscles encore tendus sous le vêtement minimaliste, sa lanière de poitrine se soulevant au rythme de sa respiration contrôlée, son cache-œil masquant la moitié de son visage marqué, elle ne dit rien, ses oreilles de tigre frémissant légèrement tandis qu’elle observait les deux aventurières, attendant qu’elles reprennent leur souffle. Elle n’était pas très sociable, surtout pas avec des inconnues, et la timidité qui la saisissait hors du combat lui nouait la gorge, elle se contenta de hocher la tête en direction des carcasses désagrégées, un geste bref qui signifiait « mission accomplie », avant de croiser les bras sur sa poitrine, son regard doré fixe mais fuyant tout contact prolongé. Elle avait fait ce pour quoi on l’avait payée. Le reste, les présentations, les remerciements, pouvait attendre, ou ne jamais venir.

Re: La maîtresse d'armes [PV Le Lys]

Posté : 06 janv. 2026 19:03
par Vialyna & Féhanor
Féhanor eut à peine le temps de voir bouger l'épéiste que déjà leurs adversaires se désagrégeaient. La nouvelle arrivante avait beau être pourvue d'une grande musculature que sa vitesse relevait carrément du mythe aux yeux de la bretteuse rousse !

- C'est incroyable, souffla-t-elle, sous le choc, immobile comme une statue.

- Elle les a... pulvérisé, fit Vialyna entre deux halètements. Et avec quelle... précision.

Aucun doute possible : la musculeuse hybride - un croisement entre une femme et une tigresse - avait bel et bien frappé les noyaux des élémentaires.
Seulement perturbé par les marmonnements des deux aventurières et leur respiration difficile, le silence était retombé sur le plateau.
Féhanor se redressa pour fixer la championne. Celle-ci dégageait une aura de puissance si intimidante qu'elle n'osa pas l'approcher tout de suite. Elle leva la main et la secoua doucement en un geste de salutation.

- Euhm... merci pour le coup de main, vraiment.

- Oui, grand merci ! surenchérit la prêtresse du Rose en inclinant son buste aéré. Sans votre intervention, ce combat aurait pu durer une éternité...

Ou bien s'achever dans un horrible bain de sang, compléta intérieurement la bretteuse, qui semblait soudain préoccupée.
Elle avait cessé de lorgner la guerrière pour couler un regard prudent à la ronde. En vain, puisqu'il n'y avait plus aucun ennemi dans les parages.
Entre-temps, Vialyan avait contourné la grande borgne dans l'espoir de lui échanger ces quelques mots en face à face :

- Vous êtes le renfort dont on nous a parlé, n'est-ce pas ? Je ne m'attendais pas à rencontrer quelqu'un d'aussi redoutable.

La prêtresse du Rose avait beau ne pas chercher à séduire, il se dégageait tout de même de sa silhouette comme de sa voix une énergie aussi douce qu'attractive. Alors qu'elle ne se tenait pas à côté, Féhanor parvenait à en capter les effluves. Elles étaient souvent beaucoup plus fortes que la normale après une bataille particulièrement mouvementée. Sans doute parce qu'elles avaient un lien très étroit avec la transpiration de la jeune femme aux cheveux pâles.
La bretteuse éternua.
Pas toujours évident de se concentrer.
Puis elle s'essuya le nez d'un index.

- A tes souhaits, Féh'.

- Merci, Vial'.

Celle-ci hocha la tête avant de lever à nouveau son petit nez vers la femme borgne.

- Je suis désolée de vous demander ça mais... nous allons avoir encore besoin de votre aide.

Féhanor, qui avait fini par se rapprocher d'elles, ajouta dans la foulée :

- Nous soupçonnons qu'il y a quelque chose, dans le coin, qui excite ces créatures au point de les rendre agressives avec les voyageurs.

- Ce n'est peut-être que mon intuition, continua la prêtresse du Rose, mais je suis prête à parier que si nous partons maintenant, d'autres caravanes rencontreront les mêmes déboires que les précédentes. (Elle joignit les mains comme pour une prière.) Accepteriez-vous de résoudre cette énigme à nos côtés ?

La rousse, quant à elle, ne dit plus rien. Elle observait leur renfort avec un intérêt renouvelé. Une stature impressionnante, des cicatrices sur le visage et le corps, des attributs bestiaux... sans omettre cette lame longue et effilée ! Un katana splendide, plus lourd et pourtant plus rapide que son fleuret. Féhanor était admirative, non pas à l'égard de cet outil de qualité mais bien de cette main redoutable qui le maniait.