Elles sont neutres, indépendantes, alliées ou ennemies des deux grandes nations.
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L'ange et la succube [PV : Valeria]

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Le Lys
Le Lys
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Enregistré le : 14 août 2024 09:35
Fiche
Demande de RP
Saphyriel n’avait jamais aimé les missions qui l’éloignaient du Lys. L’immense demeure close était devenue son refuge, son paradis secret où les murmures de plaisir et les parfums de désir flottaient en permanence dans l’air, où elle pouvait observer sans être vue, rougir sans être jugée, et se caresser en cachette en repensant à la succube et à l’humaine qui l’avaient si tendrement corrompue. Mais les patronnes avaient insisté : il manquait des potions de sexe particulièrement rares, celles qui prolongeaient l’orgasme jusqu’à la perte de conscience ou qui faisaient jaillir le désir comme une fontaine intarissable. La marchande qui les fabriquait vivait au cœur d’une forêt enchantée, loin des routes principales, et seule une créature ailée pouvait espérer atteindre son repaire sans se perdre dans les brumes magiques qui gardaient le lieu. Saphyriel, avec ses grandes ailes blanches et son rang de Soie qui la rendait discrète, avait été désignée. Elle avait rougi jusqu’aux oreilles en recevant la liste des potions demandées, mais elle n’avait pas osé refuser. Après tout, elle devait se rendre utile.

Elle avait quitté le Lys à l’aube, vêtue de sa robe habituelle, ce tissu ivoire translucide et vaporeux, serré sous la poitrine par une large bande dorée, s’arrêtant à mi-cuisses et laissant ses longues jambes nues. Ses cheveux platine flottaient derrière elle comme une traînée de lumière tandis qu’elle s’élevait dans le ciel, ses ailes battant avec grâce. Elle avait promis de revenir avant la nuit, la bourse remplie de pièces d’or et la liste soigneusement pliée contre sa poitrine. Mais la forêt enchantée n’était pas comme les autres. Les arbres changeaient de place quand on regardait ailleurs, les sentiers se tordaient en spirales infinies, et les brumes portaient des rires qui pouvaient être ceux du vent… ou de quelque chose de bien plus ancien et malicieux.

Saphyriel volait depuis des heures. Elle avait suivi les indications au début, « passe entre les deux chênes jumeaux », « contourne le lac aux nénuphars noirs », « cherche la clairière où les fleurs chantent », mais à un moment, elle avait cligné des yeux, et tout avait changé. Les chênes avaient disparu. Le lac s’était volatilisé. Les fleurs ne chantaient plus. Elle avait continué à voler, de plus en plus haut, espérant apercevoir un repère depuis les airs, mais la canopée était devenue si dense qu’elle ne voyait plus que des feuilles vert sombre et des lianes épaisses qui pendaient comme des serpents endormis. Son cœur battait vite. Elle n’avait aucun sens de l’orientation, elle ne l’avait jamais eu. Chaque fois qu’elle se perdait dans les couloirs du Lys, elle finissait dans une alcôve où des soupirs et des gémissements l’accueillaient. Mais ici, il n’y avait que le silence, le bruissement des feuilles et l’odeur lourde, presque animale, de la sève et de la terre humide.

Elle tenta de monter encore, espérant survoler la forêt entière, mais une rafale soudaine, ou était-ce un souffle magique ? la déporta violemment sur le côté. Elle cria, ses ailes battirent dans le vide, et elle heurta de plein fouet un enchevêtrement de lianes épaisses et rugueuses. Le choc lui coupa le souffle. Les lianes, comme animées d’une vie propre, se resserrèrent instantanément autour d’elle. Elles s’enroulèrent autour de ses poignets, de ses chevilles, de sa taille, de ses cuisses, de ses bras, formant un réseau complexe qui la maintenait suspendue entre deux branches gigantesques. Elle se débattit, paniquée, mais chaque mouvement ne faisait qu’empirer les choses : les lianes se resserraient, glissaient sur sa peau, s’insinuaient sous sa robe déjà si fine. Le tissu ivoire, fragile comme une toile d’araignée, se déchira aux endroits les plus tendus, sous ses seins, autour de ses hanches, entre ses cuisses. Sa poitrine généreuse jaillit à l’air libre, les tétons durcis par le froid soudain et la peur. Son membre, déjà à moitié dressé par l’adrénaline et la friction des lianes, se libéra complètement, palpitant contre son ventre, exposé, vulnérable.

Saphyriel haleta, les joues en feu, les larmes aux yeux. Les lianes l’avaient immobilisée dans une position obscène : bras tirés en arrière et attachés derrière la branche, jambes écartées et relevées, hanches légèrement basculées vers l’avant, robe relevée jusqu’à la taille, poitrine offerte, sexe dressé. Chaque respiration faisait bouger les lianes, qui glissaient sur ses tétons, sur ses cuisses, sur son membre, comme si la forêt elle-même la caressait. Elle tenta de se dégager, mais les lianes se resserrèrent encore, une d’elles s’enroulant autour de la base de son sexe comme un anneau vivant, serrant juste assez pour la faire gémir malgré elle.

« N-Non… s’il vous plaît… » balbutia-t-elle, la voix tremblante, les larmes roulant sur ses joues. « Je… je suis juste perdue… je ne voulais pas… »

Mais la forêt ne répondit pas. Les lianes continuèrent leur danse lente, sensuelle, possessive. Une d’elles effleura son gland, une autre glissa entre ses fesses, une troisième caressa l’intérieur de ses cuisses. Saphyriel ferma les yeux, le corps tremblant de honte et d’un plaisir qu’elle ne voulait pas reconnaître. Elle était suspendue, nue, offerte, perdue au cœur d’une forêt magique qui semblait savoir exactement ce qu’elle désirait sans qu’elle ait besoin de le demander. Et quelque part, très loin, elle entendit un rire doux, presque moqueur, ou était-ce seulement le vent ?

Elle ne savait pas combien de temps elle resterait ainsi. Elle ne savait même pas si quelqu’un viendrait la chercher. Mais une chose était sûre : elle ne pourrait plus jamais prétendre qu’elle n’aimait pas être prise au piège.
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