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Rapprochement dans la mort d'un être {PV Valeria}

Posté : 04 févr. 2026 11:32
par Nebethysia
Assise dans son temple sur son trône Nebethysia attendait comme tous les jours de savoir où elle allait se rendre pour faucher une âme. Pour cette matinée s'était dans des contrés où elle voyageait peu qu'elle avait fauché plusieurs âmes. Jouant avec une de ses boucles d'oreilles, surtout celle ressemblant à sa faux, elle attendait que l'un de ses animaux la prévienne. Elle se lassait de toujours devoir faucher les gens sans connaître autre chose, ses sentiments se faisaient rares à vrai dire. Elle éprouvait de l'amour envers sa cousine, comme une grande sœur, mais il n'y avait rien d'autres qui rendaient ses journées plus « vivante ».

Recevant par télépathie un message de l'un de ses animaux se trouvant sur terre lui disant qu'une âme était prête à être faucher. La faucheuse se leva et prit sa forme de travail, une longue tunique noir, ainsi que son voile qui se posait sur sa tête, le tout traînait derrière elle. Faisant apparaître sa faux dans sa main, elle fit apparaître un portail qui la conduisait directement à la personne. Elle se retrouva alors dans un logement où se trouvait deux personnes une femme aux cheveux noires comme l’ébène et une personne âgée qui était allongé sur un lit.

Marchant doucement vers les deux personnes, Nebethysia avait l'air de flotter dans les air, alors qu'elle marchait sur le sol avec ses petites chaussures caché par sa longue robe. C'était le silence qui suivait la Mort comme toujours.

Doucement elle regarda la personne allongé sur le lit, ses yeux jugeant si il était digne de devenir l'un de ses animaux de compagnie. Elle revoyait pratiquement toute se vie, faisant son choix, il pouvait le devenir, mais avant qu'elle ne puisse poser la question, la femme aux cheveux noires l'arrêta en se mettant entre elle et la personne âgée, ayant l'air de vouloir lui parler. Le visage ferme et c'est d'une voix neutre qu'elle prit la parole.

-Je te prie de te pousser, je dois lui parler avant de le faucher.

Elle ne cacha pas du tout qu'elle devait faucher cette personne, de cette façon elle mettrait fin à ses souffrances de plus. Sauf que pour le moment elle était bloqué par une femme qui n'avait vraiment pas l'air d'accord. Cela irrita un peu Nebethysia, elle n’aimait pas qu'on lui bloque le chemin lorsqu'elle était en plein travail. Elle ne comprenait surtout pas pourquoi on lui bloquait le passage, certes perdre une personne pouvait faire mal, mais la faire attendre ne l’aidait pas à vrai dire. Il était préférable qu'on fauche rapidement la personne pur abréger ses souffrances, c'était comme ça que voyait les choses la faucheuse.

Elle était un petit peu surprise au fond d'elle que quelqu'un puisse la voir, après avoir passé du temps avec deux hommes pour le travail, elle avait oublié que personne ne pouvait la voir habituellement. Alors comment ça se faisait que cette femme pouvait la voir la tout de suite et surtout qui cherchait à parler avec elle. Cela lui faisait perdre son temps inutilement, pour ça qu'elle avait l'habitude de faucher discrètement les personnes pour éviter ce genre conversation.

Peut-être le fait de perdre ses sentiments au fil du temps, lui faisait pensé autrement et qu'elle ne comprenait plus les sentiments des autres et que cela rendait la tâche difficile à eux de dire au revoir leurs proches. v

Re: Rapprochement dans la mort d'un être {PV Valeria}

Posté : 05 févr. 2026 14:45
par Valeria
Saloperie. Le temps ne s’arrêtait jamais. Il ne se connaissait ni amis ni ennemis, ne connaissait pas plus le repos. Il était inexorable, inéluctable, impitoyable. Rien n’était à l’abri de son œuvre, sauf l’immortalité car elle était infinie et dans ce cas-là, seule une forme d’usure pouvait survenir.

Gioacchino arrivait au bout de son cycle. Il avait vécu bien des expériences aux côtés de Valeria. Au fil du temps, il avait gravi les échelons, gagné pouvoirs, faveurs, confiance. Sa fidélité n’avait jamais été remise en question, jamais prise en défaut.

Après plus de mille ans de service, il avait demandé une faveur. La première. La seule. Valeria avait refusé. Il n’avait jamais renaclé ni comploté. Il avait juste persévéré. Et quatre cents ans plus tard, après une nouvelle éclatante preuve de loyauté, il avait réussi à ce que sa Maîtresse lui offre sa récompense.

La mortalité.

A contrecœur, elle la lui avait accordée, pour services rendus, fidélité, amitié… tout ce qu’on voulait, il l’avait fait. Il désirait pouvoir retrouver sa femme et sa fille, mortes depuis longtemps. Il n’avait jamais essayé de les retrouver mais la nostalgie s’était ajoutée à l’usure du temps. Tout le monde, surtout quand on n’était pas né démon mais l’était devenu, n’aspirait pas à l’éternité. Il avait vécu. Bien vécu. Il avait servi. Bien servi.

Valeria était restée proche de lui alors qu’il vivait sa vie de mortel, une vie sans aucun acte délictueux, droite et respectable, autant pour veiller sur lui (il s’était fait de nombreux ennemis à son service) que par amitié.

Maintenant qu’il était arrivé au crépuscule de sa vie, la succube s’interrogeait et s’inquiétait. Ce qu’il avait fait durant sa mortalité pourrait-il racheter la corruption millénaire de son âme ? Rien n’était moins sûr. Or, il le fallait pour que son âme puisse rejoindre ses êtres tant aimés. Elle devait en avoir le cœur net et, si possible, le faire arriver à bon port. Lui rendre sa mortalité avait été un déchirement mais il l’avait plus que mérité. Ne pas se préoccuper du sort de son âme revenait à ne pas lui avoir accordé la faveur. Impensable.

Gio râlait et s’essoufflait, inconscient depuis plusieurs jours à présent. Il n’en avait plus pour longtemps, ça se comptait en heures, en dizaines de minutes peut-être. Malgré sa vie probe, il était seul. Pas de proches à ses côtés pour ses derniers instants. Il n’avait jamais fondé une nouvelle famille. Val était tout ce qu’il avait. Concentrée, la succube le veillait.

Soudain, une présence se manifesta. Une magnifique femme à la crinière d’ébène, portant une longue robe noire dont la capuche était un peu rabattue sur son visage, tenant une grande faux à la main, apparut. Sans bruit, elle s’avança vers le lit où reposait Gio.

Valeria se leva et se plaça sur le chemin de la mort.

« Je te prie de te pousser, je dois lui parler avant de le faucher. »

Elle semblait agacée. Forcément. Elle avait sans doute beaucoup d’âmes à faucher et aucun temps à perdre ici. Ni ailleurs, d’ailleurs.

« Pardonne-moi mon audace, mais je dois te parler avant. Je dois savoir où tu vas emmener son âme. C’est contraire aux règles et tu n’es pas tenue de me répondre. Mais je ne suis pas tenue de te le livrer, alors ta réponse est déterminante. Comme tu peux le constater, je te vois. »

Tacitement, le message était limpide : « Je te vois, donc je ne suis pas n’importe qui. Et je ne me suis jamais interposée entre ton travail et toi, donc j’ai une bonne raison. »

Valeria attendit patiemment, mais sa tension était à son comble. La mort restait la mort et même si son heure n’était pas venue, elle pouvait très bien décider de la faucher si elle l’agaçait trop.