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La Secte de Lycaon [Arlinn Kord]

Posté : 01 juin 2026 01:35
par Cirilla Riannon
Kelpie était nerveuse. Cirilla le sentit en observant l’orée de cette forêt maudite, Ulvenwald. Sa licorne blanche sentait la magie maléfique émanant de ces lieux. Cirilla se pencha sur son cheval, et tapota sa crinière, comme pour l’inviter à se calmer.

« Là, là… Tu as connu bien pire qu’une forêt, Kelpie. »

L’ancienne sorceleuse observa encore la forêt. Elle se trouvait depuis plusieurs jours au sein du comté de Kessig. Cirilla avait rejoint des villages où elle avait constaté que des attaques de Lycans avaient fait rage, notamment dans des hameaux isolés. C’est en étudiant ces hameaux qu’elle avait fini par retrouver sa cible. Une cible qu’elle traquait depuis Lumen, et qui laissait derrière elle un sillage de cadavres, de corps déchiquetés. Un monstre rescapé de l’Olympomachie. La Reine de Lumen avait demandé à Elena de retrouver cette bête, et de la renvoyer en Enfer. Lycaon, comme on l’appelait, était jadis un homme, qui fut maudit par les Dieux en créant une secte cannibale au sein de l’Arcadie. Entre le mythe et la réalité, il était difficile de savoir comment Lycaon était devenu un Lycan, mais, si on se fiait aux mythes, Cirilla pensait qu’il avait sans doute cherché à mener une révolte contre les Dieux, en transformant ses hommes en monstres-loups. On disait de lui qu’il était le premier Lycan de l’Histoire, qu’il avait conçu la lycanthropie. Un mythe qui se heurtait à d’autres mythes, comme ceux voulant que les Lycans soient des créations vampiriques. Cirilla n’était pas vraiment là pour retracer l’origine des Lycans.

Elle avait suivi Lycaon à travers ses cadavres, et en combattant les Lycans qu’il laissait derrière lui. Si les Lycans pouvaient faire preuve d’humanité, ceux de Lycaon semblaient décidés à n’être que des monstres assoiffés de sang. Ils avaient donné lieu à quelques rudes affrontements. En remontant la trace de Lycaon, Cirilla avait compris qu’il faisait route vers l’Eld. La présence des monstres hantant l’Eld l’avait conduit à s’éloigner, à contourner l’Eld pour rejoindre le duché d’Innistrad. Un territoire libre, que Cirilla n’avait encore jamais eu l’occasion de traverser. Elle ne savait donc pas grand-chose sur Innistrad, et ses principaux souvenirs dataient de l’époque où elle était une Princesse, à Cintra. Elle avait entendu parler par sa famille du duché d’Innistrad, qui était somme toute assez proche de Cintra, et de la volonté de sa mère de former une alliance avec les Innistradis. Finalement, l’attaque de Mijak sur Cintra avait mis fin à tout espoir d’un quelconque pacte.

En arrivant à Innistrad, Cirilla avait remonté la trace de Lycaon, et avait traversé le comté de Kessig. Elle avait vu les traces de Lycaon, qui avait attaqué des convois, des hameaux isolés. Étant une sorceleuse, elle était aisément reconnaissable, et avait ainsi appris que des villageois étaient capturés lors de raids de Lycans. Cirilla était justement sortie d’un hameau de fermiers. Des corps déchiquetés et dévorés avaient été laissés là, et d’autres emmenés. Cirilla pouvait remonter leur trace, ce qui l’amena de l’orée de la forêt d’Ulvenwald.

« Allez, ma grande, on y va ! »

Cirilla éperonna Kelpie, qui hennit doucement, puis le duo pénétra dans la forêt, Ciri’ ayant l’impression que des yeux invisibles l’observaient dans tous les angles…

Re: La Secte de Lycaon [Arlinn Kord]

Posté : 02 juin 2026 18:56
par Arlinn Kord
L’Ulvenwald était bien agité ces derniers temps. Les habitants était fort peinés : les attaques de loup-garous étaient bien plus présentes et plus sauvages qu’elles ne l’ont jamais été. Et pour cause, une nouvelle hurlemeute avait émergée, et pas une de bas étage. Même pour les Mondronen, la sauvagerie des attaques était incroyable. Répugnante, même. Comme si seule la violence et la faim dictait tout, sans conscience de l’équilibre fragile de Kessig entre humains, nains et elfes d’un côté, et les bêtes sauvages de l’autre. C’est pourquoi une partie des Mondronen était dépêchée dans les bois pour tenter de trouver des pistes, une autre pour attaquer les nouveaux lycans lorsqu’ils étaient trouvés.

C’est ainsi qu’Arlinn parcourait les bois inlassablement, tantôt de jour, tantôt de nuit. Arès tout, elle n’était pas limitée à l’influence du disque d’argent céleste pour utiliser sa forme lupine, et sa forme humaine lui permettait d’aller demander des renseignements sans éveiller des soupçons. La rousse avançait donc en ce milieu de journée entre les arbres, les griffant à son passage alors qu’elle les utilisait pour avoir un peu plus d’élan. Après tout, en Ulvenwald, les arbres guérissaient relativement rapidement, car c’était une forêt magique et ténébreuse. Elle retrouva par la suite les restes d’un convoi qui s’était approché de l’orée d’Ulvenwald, non loin des Marches. Des touristes ayant mal choisit leur destination, en somme.

Eh beh, c’est pas beau à voir. Ni à sentir, d’ailleurs, ça empeste ! Je reprends donc forme humaine pour soulager un peu mon odorat, un désavantage de la forme lupine. Ils les ont massacré comme un chien se jette sur une belle pièce de chevreuil. Un détail, et non des moindres : un cadavre de loup-garou. Simple à reconnaître de quelle hurlemeute il vient : les nouveaux ne reprennent pas forme humaine lorsque le soleil se lève pour la première fois sur leur cadavre. Eh oui, un vrai loup-garou de Kessig mort redevient humain aux premiers rayons, et ce jusqu’à ce que son cadavre se fasse bouffer. Là en plus, il n’était pas mort par un loup-garou. Ni par un Cathar, ils sont incapables de tuer un lycan sans perdre un des leurs. Et là, pas de cadavre de Cathar, surtout qu’on est dans les Marches, donc loin de la Gavonie.

Mystère donc. D’autres ont rapporté ça, c’est étrange. Allez, on reprend la piste... et ma forme de loup-garou une fois hors de portée du charnier. Quelque chose attire mon regard : des traces de sabots. Trop régulières pour un galop. Trop profondes pour un petit trot. Qui peut donc s’aventurer comme ça dans Kessig, aussi calmement ? Il faut que je les suive. Je m’élance donc, Patience suivant derrière. Même Croc-rouge, un autre loup, me suivait pour aujourd’hui. On continue, jusqu’à ce que j’entende des sabots clopiner. Je crois que j’ai trouvé mon anomalie. Je grogne faiblement, mais Croc-rouge et Patience comprennent : faire le tour pour surveiller... et couper la route si besoin. Je les laisse s’élancer avant de poursuivre moi aussi.


Quelques minutes plus tard, l’odeur se fit plus précise : un cheval unique, empreint de magie ; et un humain. Une femelle, si Arlinn faisait confiance à son odorat. Quelques mètres effectués en discrétion lui permirent d’avoir un visuel sur sa proie : deux épées dans le dos, des cheveux blancs... Se basant sur son odorat, la rousse identifia la personne sur la licorne comme une femme. Mais pas une odeur qu’elle connaissait : une étrangère. Quelque chose de rare déjà dans les Marches, encore plus dans Kessig, et enfin, unique dans le sens où elle voyageait seule sans galoper pour éviter des attaques. Arlinn était intriguée, donc elle suivit pas à pas, se lovant contre les arbres pour se cacher un peu.

Un hurlement, au loin. Croc-rouge venait d’indiquer qu’il était prêt à l’action au moindre ordre. Les loups de l’Ulvenwald écoutaient bien patiemment les ordres lorsque des lycans menaient la traque. Sur ce point, les nouveaux venus étaient différents aussi : les loups ne les écoutaient pas : ils attaquaient, point. Comme des sauvages, en somme. Un deuxième hurlement quelques instants après : Patience. Le vent se leva depuis le nord-ouest, secouant les arbres, mais surtout charriaient l’odeur d’Arlinn vers sa cible. Dommage, le cheval devait avoir sentit sa présence. La jeune loup-garou émit un long hurlement, où un ordre simple s’y tenait : bloquer la route sans attaquer.

Le seul problème de faire comme ça, c’est que les hurlements de loup-garous sont plus gutturaux. Enfin, pour ceux qui savent. Pas grave. On va pas attaquer, je veux savoir ce que cette femme fait ici. Pourquoi elle est folle en s’aventurant comme ça dans la forêt sans se préparer, surtout qu’on a des problèmes de nouveaux lupins mal finis à la pisse dans le coin... Bon, j’avance à découvert maintenant, calmement. Je suis grillée, de toute façon.Qui êtes-vous...? Que faîtes-vous là...?demandais-je entre mes crocs, ayant oublié de repasser en forme humaine. Oups.

Re: La Secte de Lycaon [Arlinn Kord]

Posté : 08 juin 2026 01:16
par Cirilla Riannon
Cirilla prit assez rapidement conscience qu’on la suivait. De base, il ne fallait pas espérer pouvoir pister un sorceleur sans se faire remarquer, mais, avec Ciri’, il fallait aussi tenir compte de ses instincts magiques, et de Kelpie, qui perçut très rapidement l’odorat de la Lycane qui les suivait. Cirilla s’efforçait de rassurer Kelpie, qui était inhabituellement nerveuse. Elle remontait le sentier lentement, essayant de s’imprégner de l’aura des lieux. La magie était puissante ici, puissante, forte, et… Dangereuse. Les arbres étaient très développés, formant une végétation étouffante, coupant la lumière du soleil. Fugacement, Cirilla pensa à la forêt de Grand’Peur du Hobbit, une forêt maudite où la compagnie de Thorin errait en vain sous l’effet d’un sortilège, et où ils étaient ensuite cueillis par des araignées.

« Ne t’inquiètes pas, Kelpie, moi, je ne suis pas une naine, ni un Hobbit. »

La jeune femme sentait la présence derrière elle. Si cette présence ne cherchait pas à l’attaquer, Cirilla n’avait aucune raison de se manifester. Mieux valait donner l’impression à son poursuivant qu’il avait la main, elle avait appris cela auprès de Geralt. Quelque chose lui disait que cette forêt avait sans doute de quoi alimenter des fantasmes. Elle s’attendait à y trouver des Lycans, mais sûrement aussi d’autres monstres.

*Faites qu’il n’y ait pas de fiellon…*

Tout en y songeant, elle entendit un premier hurlement. Un cri guttural, un hurlement furieux de loup. Kelpie s’ébroua, tandis qu’un deuxième hurlement résonna ensuite. Cirilla n’était pas le Merlin de Kaamelott. Un jeune Perceval l’avait jadis confondu avec la Dame du Lac lorsqu’elle avait commencé à expérimenter ses voyages dans le Multivers, mais sa seule interaction avec la légende arthurienne se limitait à cela… Ainsi qu’aux films qu’elle avait visionnés en rejoignant à nouveau la Terre ensuite.

Kelpie cessa d’avancer, et Ciri’ se tint prête. Ses épées étaient croisées dans son dos. On ne pouvait pas les dégainer naturellement. En effet, les épées étaient trop longues. C’est pour ça que les gens les portaient plutôt à la ceinture, car, de dos, on ne pouvait pas tirer le bras assez loin pour sortir l’épée de son fourreau. Seule solution morphologique typique des sorceleurs : retirer l’épée en la faisant glisser lors d’une roulade, ou se servir de la magie. C’est ce que Ciri’ envisageait de faire quand la créature se rapprocha d’elle.

Elle émit un grognement, et Ciri’ sauta de Kelpie. Elle atterrit au sol, sur un chemin recouvert de feuilles, de végétation, avec des racines noueuses. Elle plia légèrement les genoux pour se relever, et approcha sa main de la paume de son épée. Tout sorceleur avait deux épées : une épée en acier pour les humains, une épée en argent pour les monstres. L’épée en argent de Cirilla était Aerondight, une épée magique que Geralt avait récupéré lors d’une aventure à Eaux-Troubles, un village paumé situé près d’un lac avec une cité engloutie, et où une nymphe lui avait donné cette épée. Face à elle, en effet, un Lycan se rapprochait. Hostile ? Kelpie hennit, mais ne percevait pas d’agressivité.

Par mesure de précaution, Cirilla déploya Aerondight. Les runes de l’épée s’illuminèrent, et elle se mit sur la défensive.

« J’ignore si tu comprends ce que je te dis, mon gros, mais je ne suis pas venue t’attaquer. Sache que je suis prête à me défendre si tu tentes de m’attaquer… »