Yoake est "La Nouvelle Aube" du Japon. Symbole du renouveau économique nippon, Yoake est une commune maritime de premier plan dans la politique du Japon.
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Ce qui n'était qu'un jour banal [PV. Saphiru]

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Penthésilée
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Enregistré le : 13 avr. 2026 11:46
Atarashï Yoake - Zone portuaire - 14h20

La ville d'Atarashi Yoake est le centre de tout un réseau logistique pour alimenter sa population en produits. Elle est une ville où la concentration de supers est parmi la plus forte de tout le Japon. Les étrangers y sont également assez courants. Tout un réseau de transports en commun sillonne la ville, permettant aux habitants de s'y déplacer facilement. Des armées d'ouvriers l'utilisent en permanence, formant une véritable fourmilière grouillante.

Penthésilée, ou plutôt Thétis, fait partie des insectes qui utilisent les métros et lignes de bus. Elle venait de finir son travail et a 50 minutes de trajet quotidien pour rejoindre son lieu de vie. Une migration pendulaire qui lui permet de faire une longue distance rapidement. Une amazone de l'Antiquité qui n'est pas bien différente de tous les employés et ouvriers. Le métro, boulot, dodo habituel. La jeune femme est habillée d'une tenue d'ouvrier des plus classique : un pantalon cargo et un simple tee-shirt noir sans logo, encore chaussée de ses chaussures de sécurité ; à la limite, elle aurait encore son gilet de sécurité de l'entrepôt que cela ne semblerait pas étonnant. Elle ressemble presque à une femme banale, entre cet employé de bureau à sa senestre et cette mère tenant sa fille à sa dextre.

Une journée de plus, Thétis observe dans le vide, plongée dans ses pensées, ou plutôt dans son absence. Un jour comme un autre, un jour banal. Elle pense plutôt à ce qu'elle va manger ce soir, se demandant si elle peut prendre un truc moins ordinaire que des pâtes. Elle fait partie de ces chanceux, ou de ces arrogants, qui peuvent manger de la nourriture grasse sans prendre un gramme. Il faut dire que son travail est plutôt physique : elle porte du poids tout le temps et se déplace dans tout l'entrepôt pour préparer les commandes. Sa divine constitution lui aurait permis de réaliser bien plus. Même les machines ne peuvent pas porter des charges aussi lourdes que celles qu'elle peut porter. Mais Penthésilée se cache derrière l'identité de Thétis, une femme morte dans un accident et qui n'avait aucun pouvoir. Elle essaie de dissimuler sa nature de super au plus grand nombre afin de ne pas attirer l'attention. On aurait tôt fait de découvrir toute la vérité sur elle. Thétis, accrochée à sa barre de maintien, regarde juste le vide ; elle lève brièvement la tête pour vérifier combien d'arrêts, il lui reste, un calcul qui est juste là pour tuer le temps, elle sait bien qu'elle est encore loin de son objectif, puis elle revient à sa position initiale, attendant que le temps passe.

C'est alors qu'une étrange impression survient, sortant Thétis de sa rêverie, comme tous les autres passagers. Un étrange sentiment flotte dans l'air, comme avant qu'une catastrophe arrive. Tout le monde s'observe, dans un moment de flottement, avant que la carlingue du bus vole en éclats sous l'impact de quelque chose de lourd. Penthésilée, avec des réflexes surhumains, se jette devant la mère et sa fille, lui épargnant le gros des dégâts. Elle n'y a pas réfléchi, elle a juste agi selon la pure logique amazone : toujours protéger les enfants. La mère n'est qu'une conséquence collatérale de ses gestes.

Tout n'est que Chaos, Thétis ne comprend pas ce qui se passe. Une explosion vient d'avoir lieu, une attaque dont le bus n'est pas la cible, mais plutôt le bâtiment juste à côté. L'étage au-dessus du bus venait d'exploser et les fragments du mur projetés venaient de s'écrouler sur la carlingue du véhicule. Le bus est ouvert en deux, deux parties séparées ; des gravats et de la fumée tout autour d'eux obstruent la vue et attaquent les poumons.

Thétis, sous les gravats, retient, à elle seule, un large morceau de béton ; une des barres métalliques servant à armer le béton traverse sa cage thoracique. Un de ses poumons se remplit de sang, rendant sa respiration difficile. Même pour elle, cette situation est difficile à tenir, mais son corps, qui ne veut pas mourir, se montre pour une fois utile. La petite l'observe, apeurée, sa mère la tenant contre elle, tétanisée elle aussi. Penthésilée ne peut pas bouger, elle ne peut rien faire de plus que tenir le morceau de béton. Elle ne voit pas bien dans toute cette fumée, alors que le goût métallique du sang lui monte à la bouche. Ce même sang qu'elle finit par recracher. Faisant au moins en sorte que l'enfant ne se prenne pas la rafale, alors que sa respiration reste difficile avec tout le sang qui obstrue ses poumons. Mais elle doit tenir ; elle sait qu'elle survivra quoi qu'il arrive, mais si elle lâche, la mère et sa fille se feront écraser. Ses mains se serrent sur le morceau de façade qu'elle retient, elle ne peut même pas le projeter, il est accroché à elle. Il faudrait que quelqu'un retire l'enfant et sa mère avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit.
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