Il faut savoir souffrir au nom de sa Déesse [PV Estia]
Posté : 16 juil. 2026 17:09
par Valeria
Les temps étaient durs. Les marchands se méfiaient, il y avait plus de gardes qu’à l’accoutumée.
Throm et ses compagnons avaient de plus en plus de mal à vivre de leurs rapines. Certains téméraires tentaient malgré tout leur chance, mais rares étaient ceux que les mailles de leur filet laissaient passer.
La milice de la bourgade avait bien tenté de les débusquer, mais leurs efforts s’étaient jusqu’à présent révélés vains.
Faut avouer que c’est un ramassis d’incapables !
Cela dit, outre les convois, le groupe se faufilait parfois en ville pour cambrioler l’une ou l’autre boutique, mais c’était ardu et relativement peu dans leurs cordes. Seuls
Khael’riel,
Drevaar et
Gerk’Davro avaient des compétences dans le domaine du cambriolage. Les autres ne servaient que de gros bras. Or il fallait de la discrétion. A moins de braquer un entrepôt, mais là, c’étaient les moyens qui manquaient…
Les hommes traînaient leur ennui dans le campement de fortune qu’ils occupaient.
Mierlor venait de ramener du bois tandis que les autres jacassaient.
Soudain, un sifflement retentit. Imitation de grive.
Caralis était doué pour ça. Les hommes relevèrent la tête,
Savram sortit de la petite grotte qui leur servait d’abri et de dortoir, les cheveux hirsutes.
Ils rejoignirent discrètement le poste d’observation de Caralis. Par signes, ils comprirent qu’une seule personne avançait sur la route en bordure de la forêt et qu’elle allait bientôt y pénétrer. Throm donna ses ordres, les gars partirent en courant prendre position au lieu d’embuscade.
Dans une petite demi-heure, si tout allait bien, ils auraient fait son affaire à l’imprudent voyageur.
Re: Il faut savoir souffrir au nom de sa Déesse [PV Estia]
Posté : 17 juil. 2026 02:09
par Estia
Je venais de quitter une auberge où l’on avait bien voulu que je donne un coup de main pour payer le logement. Mon corps avait des atours qui plaisaient, bien que cela ne soit guère agréable d’être vue comme une femme de petite vertu, il n’en restait pas moins que cela ne faisait de mal à personne et arrangeaient tout le monde.
Avec cette semaine, j’avais appris un peu plus sur mes pouvoirs. Les personnes semblaient être plus calme en ma présence, les personnes avaient une tendance à être davantage motivé et donc être un peu plus performant. Peut-être avais-je un pouvoir qui donnait de la volonté ? Je ne pouvais pas encore bien définir la réelle capacité que la déesse avait offerte. Tout ce que le parchemin avait parlé était la restriction de temps et aussi la notion que mon corps n’avait plus l’emprise du temps. Peut-être que je devais convertir une parie de mon énergie pour offrir une sorte de bénédiction ? Cela expliquerait pourquoi je ne pouvais rester plus d’une semaine, l’auberge avait servit de teste, ayant senti mon corps devenir moins résistant.
Je caresser le cou du cheval. Cet animal servait dans les champs autour de l’auberge et il avait été jugé trop vieux pour continuer. Comme je ne pouvais accepter que l’on tue cet animal qui avait passé toute son existence à labourer les terre, j’avais demandé à pouvoir l’utiliser. Opportunité ou alors réelle empathie envers mes propos, on me laissait cette monture, la personne en charge des bêtes prenant même quelques heures à répondre à mes interrogations.
Aussi à l’entrée de cette forêt, je me tenais en amazone. Je pouvais me permettre cette posture car la monture n’était pas du genre nerveuse et comme je ne la pressais pas, elle avançait à son allure, une allure que beaucoup jugeraient lente, mais pour cette vieille âme, c’était la vitesse normal pour labourer les champs. Je devais dire que n’ayant pas spécialement d’itinéraire en tête, je n’étais pas pressée et cela m’aurait fendue le coeur de devoir forcer cette créature, tant qu’à avoir une mort autant que cela soit après un long voyage et dans la tendresse. Par précaution j’avais allumé ma lanterne magique, pendant sur le bâton qui contenait aussi mon baluchon, sa lueur allait certainement le rassurer et écarter tout danger.
Le chemin était peu emprunté, cela se voyait à l’état assez délabré. Je pouvais comprendre que traverser n’avait rien de rassurant. Après ce n’était pas ma première fois de traverser un tel endroit, les animaux semblaient sentir que je n’étais pas une menace, les prédateurs ne semblaient pas me trouver trop appétissante. J’avais dans une autre forêt entendu le grognement de loup, mais jamais cette meute ne vint à m’attaquer. Ma penser fut perturbée par un petit piaillement, mon regard cherchait l’origine de ce bruit, trouvant un oisillon tombé de son nid.
Je descendis du cheval, m’approchant du pauvre petit oiseau, le prenant délicatement.
- Ne crains rien, je vais te ramener à ta famille.
J’entrepris de monter sur le tronc, ce n’était pas facile et prit du temps, mais je parvins à remettre l’oisillon dans le nid, sa mère étant perchée en hauteur m’observant, le bec prêt à s’abattre si je venais à blesser les autres rejetons. Quand je redescendit je vis la mère venir nourrir tout le monde y comprit celui que j’avais sauvé d’une mort certaine, cela me rassurais.
Je remontais sur ma monture, venant à tapoter un peu le flanc pour qu’elle reprenne sa route. Je n’avais pas spécialement peur dans cet endroit, mon corps éprouvait peu ce genre de chose, je ne savais pas trop comment interpréter cela. Après un petit temps, le cheval se mit à stopper net. Ce n’était pas normal, caressant son encolure et remarquant que même la forêt était étrange par ici, très calme. Un prédateur ? Je vins à parler à son oreille pensant être seule.
- Tu t’inquiètes pour moi Péno ? Tu ne souhaites pas avancer plus ?
L’animal frappait du sabot, il y avait quelques chose qui alertait ses sens quand bien même j’étais présente et apaisait, il était terriblement nerveux. Il n’y avait pas de grognement, pas de feuille qui bougeait, ce qui aurait trahit la présence d’un prédateur. Qu’est-ce qui pouvait bien rendre cette monture si nerveuse. Je pris le choix de descendre pour enlacer son encolure, essayer de le calmer.
- Calme toi, d’accord ?
J’ouvrais le baluchon, sortant un peu de légume pour l’animal. J’aurais préféré le faire lors de la halte pour la nuit, mais Péno avait besoin de se calmer, je ne saurais dire ce qui lui arriverait s’il partait d’un coup. Je pris une carotte et vins à le mettre à porté de dent, sans pour autant le laisser mordre, le faisant avancer de cette manière, faisant face à l’animal. Je tenais la lampe magie assez haute, les flammes avaient tendance à effrayer les bêtes, cela est d’autant plus vrai avec les flammes née par magie.
- C’est ça Péno. En sortant de la forêt on campera pour la nuit et tu pourras brouter toute l’herbe que tu souhaites.
Pour chaque pas qu’il faisait, j’en faisais deux en arrière . Même si c’était un cheval de trait, il restait massif, je ne donnais pas cher de la peau d’un prédateur qui subirait une de ses charges.
- C’est bien Péno. On sortira de cette forêt avant le couché du soleil, je te le promet.