Continuant l'exploration de l'école abandonnée, même si vu ce qui s'y passait, Velma se demandait s'il n'y avait pas une barrière, les plaçant sur un autre plan ? Là, c'était partir loin, elle n'était pas si calée que ça pour ce genre de choses, mais à force de côtoyer des spécialiste des forces occulte comme le Docteur Strange ou John Constantine, c'était des choses qu'elle avait entendu plus d'une fois. Ne pas s’emballer, ne pas paniquer, il fallait garder la tête froide, c'est ce qui leur permettrait de s'en sortir, elle le savait. Paniqué, ça ne menait à rien, ça rendait même les forces occultes plus fortes en général, d'où l'importance que Camille soit apaisé.
Ce dernier pointait une carte, c'était une bonne chose même si ici, ça pouvait leur jouer des tours. Par chance, Velma avait une bonne mémoire donc, sauf si l'erreur était minime, elle pouvait voir si une pièce avait disparu ou était beaucoup plus grande que prévue. Sur un plan fait à la va-vite, elle comprenait que ce n'était pas forcément à l'échelle, mais sur une véritable carte d'un lieu public, tout devait être clair comme de l'eau de roche. Elle notait tout cela de tête, pour le moment, ça semblait évident même si la sortie, en tout cas pour revenir là d'où elles venaient, ce n'était pas vraiment indiquer. Mais il faut chercher et si ça n’apparaît pas, c'est qu'il y a une chose à faire.
C'était une mécanique très film/livre/jeux vidéo, mais c'était vrai. Si quelque chose contrôlait cet endroit, il fallait le vaincre à son jeu ou le distraire pour que la sortie soit là. Pour être vraiment prisonnier de cet endroit, il fallait perdre un jeu, signer un pacte ou éventuellement briser le sceau d'un endroit. Rien de tout cela n'a été fait et vu que les « amis » de Camille semblent possédé, c'est qu'ils sont sur le terrain de jeux de l'entité. Malheureusement, les règles n'étaient pas dites ou inscrites quelque part, il fallait le deviner. Rares étaient les entités à tout indiqué clairement. Camille tentait de vaincre son malaise, bavardant un peu, soulignant qu'elle était belle.
En d'autres lieux, ce serait gentil et mignon, mais il y avait plus urgent. Elle ne lui en voulait pas, il se rassurait comme il pouvait, elle ne pouvait pas le rembarrer, il en allait de leur sécurité à tous les deux.
« C'est gentil quand même, ça fait toujours plaisir à entendre. »
Dit-elle simplement en souriant, toujours en guettant le chemin. Trouvé des escaliers pour aller vers le toit, c'était un bon début, le bureau du directeur devrait leur en apprendre un peu plus. Elle l'espérait en tout cas. Camille continuait de bavarder, doucement, se demandant ce qu'elle aimait comme matière, du temps où elle était à l'école ? Le concernant, il aimait la couture même si ce n'était pas très bien vu.
« C'est pas une honte. Beaucoup de grands créateurs de mode sont des hommes après tout. »
Peut-être que certains étaient du genre à aimer les autres garçons, mais à notre époque, c'était loin d'être choquant, c'était aussi commun que de dire qu'on était brun, blond ou roux. Presque banal.
« Le regard des autres importe peu, du moment que ce que tu fais ou aime, n'est pas illégal. »
Vouloir coudre, alors qu'il était un homme ? Bah, ce n'est rien. Elle, sa passion pour le faire avec des animaux, c'était plus discutable... Même si, selon les lois des différents pays, ça dépendait. En tant que femme, si un animal lui montait dessus, c'était autorisé, mais si elle inversait les choses et que c'était elle qui irait pénétrer l'animal, là, ce serait interdit. Après voilà, tout dépend du pays, mais autorisé ou non, ce n'est pas le genre de choses qu'elle pouvait partager en public, non plus à Camille pour le moment.
« Donc une fois sortie d'ici, oublie les préjugés et fait ce qui te plaît, ok ? Et pour répondre à ta question, je dirais que ce que j'aimais à l'école, c'étaient les langues étrangères. Pouvoir voyager dans d'autres pays sans être si perdu, pouvoir échanger avec les gens, c'est pratique et bien mieux que voyager avec deux ou trois mots de vocabulaires en espérant que ça suffira. »
C'est pour ça aussi qu'elle s'en sortait bien, Japonais, Anglais – c'était sa langue natale après tout – le français, l'allemand, bref, sans maîtriser toutes les langues parfaitement, elle s'en sortait plutôt bien. Elle ne voulait pas se dire polyglotte, mais elle était à l'aise dans bien des pays, au moins pour les petites choses. Elle n'irait pas tenir de rendez-vous politique en allemand par exemple, elle serait perdue... mais trouver une adresse ou un endroit précis, c'était dans ses cordes.
Atteignant le premier étage – qui était noté comme le second, au Japon, le rez-de-chaussée est considéré comme le premier étage – elle se rendait vite compte que le couloir menant au bureau du directeur était bouché. Mur effondré et diverses tables, chaises et autres, empêchant d'y aller simplement dans la bonne direction. Ça ne lui faisait rien.
« Voyons en passant par les salles de classe, il y a peut-être un moyen, si les tables sont réunies ici, ça doit être logique que certaines salles soient vide ? »
Voir même que la salle soit simplement un couloir pour passer cet obstacle, le mur du fond devait être détruit ou alors, c'était possible de le faire pour passer ? Elles le sauront vite...
« D'ailleurs, excuse-moi, mais je ne suis pas habitué à ça donc... est-ce que je dois te désigner comme une fille ou un garçon ? »
Elle ne jugeait pas, si Camille aimait s'habiller comme ça et être désigné comme une fille, très bien. Mais Velma ne voulait pas se montrer irrespectueuse justement en le désignant comme un homme ou une femme, alors qu'il préférait l'autre ?