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Kalima Maestre, votre plus délicieux désastre en devenir [Valiobservée !]

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Kalima Maestre
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Enregistré le : 29 janv. 2026 02:57
Fiche
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Nom complet : Kalima Maestre
Âge : 20 ans
Genre : Féminin (et ouverte à l’expérimentation)
Race : Métisse démone-elfe-humaine
Orientation : Pansexuelle
Fonction : Bourgeoise itinérante
Monde d'origine : Terra (Empire de Mijak)

Physique :

Kalima est une jeune dame issue de la haute société de Braavos, et cela paraît facilement autant dans son apparence que dans son attitude. D'un certain côté, elle évoque le summum de toutes les caractéristiques que l'on s'attend à trouver chez une femme de son statut et de sa provenance ; son teint basané évoque ses origines insulaires, prises entre la mer et le désert, autant que ne le font ses cheveux d'un blanc lumineux aux reflets crème, encadrant son visage en mèches souples et ondulées, tombant avec nonchalance autour de ses tempes et de sa nuque comme pour mieux contraster avec la chaleur de sa peau.

Son visage, d’ailleurs, a des traits fins et narquois qui correspondent aisément aux critères de ce qui est considéré dans l'Empire de Mijak comme la singulière beauté braavienne, ce charme exotique que l'on prête à un robuste mariage génétique entre le peuple insulaire local et les Viscarions continentaux. Ovale et finement étirée, habillée d'une élégance féroce, sa face exprime une harmonie délicate où chaque trait semble dessiné pour retenir le regard juste un peu trop longtemps. Ses yeux dorés, larges et régulièrement mi-clos, sont comme alourdis d'une langueur maîtrisée pour donner à leur forme amandine une expression à la fois lasse et invitante. Ils sont parfois cerclés d'une douceur mélancolique, soulignée par des sourcils arqués et plus épais qu'on ne s'y attendrait, mais toujours parfaitement dessinés, accentuant cette impression de calme sensuel, voire indolent. Son nez, délicat et légèrement arrondi, surmonte une paire de lèvres qui attirent immanquablement l'attention. Pleines mais sans excès, ourlées avec grâce, elles dessinent une bouche naturellement expressive, dont chaque sourire semble calculé pour marquer la mémoire.

D'un autre côté, pourtant, Kalima est aussi atypique qu'une bourgeoise issue de Terra puisse possiblement l'être. Impossible, en effet, de cacher ses origines métissées pour le moins extraordinaires - pas parce qu'elles sont nées d'une quelconque impossibilité physique, génétique ou culturelle, notons-le, mais bien parce que leur seule existence est aussi improbable pour certains qu'elle n'est immorale pour les autres. En effet, le père de la demoiselle s'avère être un Démon de Mijak, dont la lignée origine du Cercle de l'Orgueil, exilée depuis maintes générations sur Terra à la suite du Grand Conflit ; et sa mère est elle-même née d'un mariage pour le moins exceptionnel entre un riche banquier humain de Braavos et l'une des rares basses-elfes que l'on peut encore trouver dans l'Empire.

Ce bagage héréditaire particulier confère à Kalima des qualités physiques que l'on associe aux démons, d'autres aux elfes, et d'autres encore qui lui sont tout bonnement uniques. Dans ce premier camp, il y a notamment ses cornes ondulées et élégantes, dont la couleur brunâtre plutôt que noire témoigne d'une certaine dilution sanguine, surmontant ses tempes telles deux sculptures ornementales s'élevant une bonne quinzaine de centimètres au-dessus de sa tête.
Si Kalima ne possède pas d'ailes naturelles, on ne peut certainement pas manquer de remarquer une longue queue noire, fine et souple, qui prolonge naturellement sa colonne vertébrale, se terminant en un appendice aux nombreuses terminaisons nerveuses, dont la forme évoque un as, ou un cœur renversé. Celle-ci se meut généralement avec une lenteur languide, comme une extension de ses émotions ou de son humeur ; tantôt relâchée, tantôt animée d'un balancement nerveux, elle trahit ce que son visage choisit parfois de dissimuler, ajoutant à sa gestuelle une certaine sensualité instinctive, animalière. Également, ses ongles naturellement noirs, aussi bien aux doigts qu'aux pieds, peuvent s'allonger et se rétracter, telles les griffes d'un animal de proie. D'ailleurs, les pupilles fines et ovales qui trônent au centre de ses yeux ambrés ne sont pas sans évoquer elles aussi celles d'un prédateur, y compris dans la manière particulière qu’elles ont de réagir à la lumière, s'élargissant en son absence ou devenant singulièrement étroites en plein soleil.

Ses origines elfiques, quant à elles, sont bien visibles dans ses oreilles longues et effilées. Élégamment étirées vers l'arrière, avec une base douce parfaitement intégrée à la courbe de sa mâchoire, elles prolongent harmonieusement la ligne de son visage. Selon son humeur ou l'attention qu'elle accorde à ce qui l'entoure, ces oreilles peuvent réagir subtilement : un léger redressement, peut-être, ou au contraire, un affaissement presque imperceptible dans leur port, trahissant sa curiosité ou sa vigilance.
On retrouve également des traces de cette ascendance dans sa silhouette élancée, dessinée par des lignes souples et des courbes assumées. Kalima porte son corps comme une parure ; droite sans être raide et fluide même dans le calme. Ses épaules fines et délicatement inclinées offrent une transition harmonieuse vers un buste maintenu avec une élégance calculée dont la poitrine, plus généreuse que sa finesse pourrait le laisser présager, est régulièrement mise de l'avant par le port stratégique d'un corset. Pareillement, sa taille est marquée, dessinant une courbe gracieuse avant de s'épanouir vers des hanches avenantes, qui donnent à ses mouvements, lorsque l'envie lui prend de charmer, une lenteur presque dansée. Ses jambes, longues et bien proportionnées, apportent à sa démarche une allure féline, leste et assurée, accentuée par une posture qui suggère autant la vénusté que la domination tranquille. Même immobile, Kalima semble prête à se mouvoir avec agilité, comme si son corps refusait naturellement toute rigidité.

Enfin, il est impossible de manquer l'une des caractéristiques les plus inusitées de ce corps particulier, c'est-à-dire la présence de petites formations rocailleuses, légèrement plus foncées que sa peau, trônant sur ses joues comme le feraient des points de beauté chez une dame autrement plus ordinaire. Kalima revêt ces proéminences exotiques, évocatrices d'écailles, avec fierté, ne cherchant jamais à les dissimuler malgré leur caractère fortement inhabituel ; elle a tout de même généralement la décence, cela dit, de cacher celles qui entourent également ses mamelons, à l'insu du grand public.
Dans son ensemble, le corps de Kalima est tel une invitation silencieuse, une euphonie de formes et de mouvements s'alliant à une agilité et une souplesse étonnantes, dont la clé de la sensualité réside dans cette manière assumée d'exister pleinement et confortablement dans sa chair en tout temps. On pourrait résumer l'attitude corporelle de cette jeune dame en ces quelques termes : elle est consciente de sa beauté et parfaitement à l'aise avec le pouvoir qu'elle en tire.

Personnalité :

De nature enjouée et expressive, Kalima peut de prime abord paraître comme une jeune femme innocente, voire enfantine. Cette apparente immaturité cache en fait une noirceur insoupçonnée, qu’elle ne laisse sortir volontairement que lorsque cela lui sied. Chaotique et imprévisible, elle n’éprouve généralement aucun remord à manipuler ou même tuer les autres pour arriver à ses fins. Elle déteste également obéir aux instructions d’autrui et n’en fait généralement qu’à sa tête, surtout si elle a l’intuition que cela peut servir ses intérêts, même aux dépens de ceux de ses alliés.

Kalima peut exprimer de la frustration quand les choses ne vont pas dans la direction qu’elle privilégie, mais elle passe généralement rapidement à autre chose, du moins en apparence, et enterre ses émotions négatives sous plusieurs couches de faux-semblants. Paradoxalement, elle déteste les gens qu’elle juge volontairement hypocrites, appréciant la sincérité chez les autres bien qu’elle ait elle-même tendance à éviter les réalités qui lui déplaisent.
Cette difficulté à se livrer la pousse à jouer des rôles, à se façonner des masques successifs qu’elle enfile et abandonne avec une facilité déconcertante. Kalima se montre rarement complètement telle qu’elle est réellement, non par calcul conscient, mais parce qu’elle ne sait plus très bien où s’arrête le jeu et où commence la vérité.

Joueuse et taquine, Kalima ne manque pas de mordant et n’hésite pas à user de son charme pour flirter avec les autres. Ces attentions sont cependant généralement temporaires et superficielles, puisqu’elle a tendance à se désintéresser rapidement, la majorité des gens étant simplement trop normaux pour la suivre dans sa longueur d’ondes très particulière. Seules les personnes avec des côtés insoupçonnés et des personnalités qu’elle juge intrigantes peuvent garder son intérêt sur le long terme, surtout si elles semblent à même de pouvoir tolérer ses propres côtés sombres. Inconsciemment, on pourrait dire qu’elle est attirée par les gens brisés comme elle.

Si elle craint l’abandon, elle le provoque parfois elle-même, par défi ou par lassitude, comme pour reprendre le contrôle d’une blessure qu’elle redoute de revivre. Elle préfère être rejetée pour ce qu’elle choisit de montrer plutôt que d’être trahie après s’être dévoilée. Cette ambivalence nourrit une forme de solitude qu’elle nie farouchement, la recouvrant d’excès, de rires et de provocations.

Qui plus est, la curiosité de Kalima est vorace, presque maladive. Vis-à-vis du monde, elle se traduit par une recherche constante de l'aventure et de la nouveauté, un besoin primordial de renouveau dans toutes les sphères de sa vie. Vis-à-vis des autres, elle s'accompagne d'un sadisme à demi dévoilé. En effet, Kalima ne se contente jamais de ce que les gens montrent volontairement : elle veut voir ce qui se cache derrière, ce qui fait honte ou envie. Les secrets l’attirent plus sûrement que les promesses, et elle éprouve un plaisir certain à pousser les autres hors de leurs zones de confort, simplement pour observer ce qui émerge une fois les masques fissurés. Ce n’est d'ailleurs pas toujours par cruauté. Souvent, c’est plutôt par fascination sincère pour la complexité des gens ; une fascination qui, chez elle, frôle dangereusement l’obsession.
Cette curiosité nourrit une perversité à la fois frontale et subtile. Kalima aime jouer avec les limites, tester les réactions, ainsi que provoquer des situations ambiguës dont elle garde toujours le contrôle apparent. Elle observe attentivement les failles émotionnelles, les désirs inavoués, les contradictions internes, et s’en amuse avec une légèreté trompeuse, laissant aux autres la responsabilité de leurs propres glissements tout en savourant d’en être à l’origine.

Malgré tout, elle peut être d’une douceur étonnante et comprend mieux les gens qu’elle ne le laisse paraître. Elle a généralement une bonne intuition vis-à-vis des goûts, des qualités et des vices cachés d’autrui, et utilise ce savoir de nombreuses façons, positives comme négatives – pour plaire, pour manipuler, pour faire plaisir ou pour torturer. Notamment, elle adore gâter les personnes qu’elle apprécie et exprime ouvertement son affection, au grand dam de certains.
En effet, Kalima possède un sens aigu de la loyauté envers ceux qu’elle considère comme siens. Lorsqu’elle s’attache réellement, elle peut se montrer farouchement protectrice, voire possessive, quitte à employer des méthodes discutables pour préserver ce lien. Cette loyauté n’est généralement ni adorable ni rassurante ; elle est intense, brûlante, et souvent dangereuse, à l’image de tout ce qu’elle ressent sincèrement.

On ne peut d'ailleurs pas décemment parler du caractère de Kalima sans toucher au rapport instinctif et presque vital qu'elle entretient avec la domination. Dans ses relations personnelles comme charnelles, elle cherche naturellement à prendre l’ascendant : imposer son rythme, dicter les règles implicites, guider l’autre là où elle le souhaite. Elle aime sentir l’influence qu’elle exerce, mesurer l’effet de ses paroles, de ses gestes et de sa présence.
Pourtant, cette domination n’est jamais figée. Kalima est tout autant masochiste, non dans la soumission aveugle, mais dans la recherche d’un contrepoids à sa propre nature dévorante. Elle éprouve une fascination sincère pour la perte de contrôle choisie, pour l’idée qu’une volonté suffisamment forte puisse lui tenir tête et la contraindre, voire même la contenir. En fait, elle adore même l’idée d’être « remise à sa place », mais cette place, elle ne la concède qu’à contrecœur, et uniquement à ceux qu’elle juge dignes. Toute tentative maladroite ou autoritaire ne suscite chez elle que mépris ou amusement cruel. En revanche, une domination exercée avec intelligence, fermeté et lucidité a sur elle un effet profondément troublant. Face à une telle figure, Kalima peut accepter, ne serait-ce qu’un instant, de laisser la balance pencher de l'autre côté, précisément parce que cela devient un choix, et non une défaite.

Ce va-et-vient constant entre domination et abandon nourrit des relations intenses, conflictuelles et passionnées, où le pouvoir circule comme une tension permanente. Kalima ne cherche pas l’équilibre : elle cherche la friction, l’épreuve de force, l'impact entre deux volontés qui pourraient se briser l'une l'autre. Elle ne veut ni dominer un pantin, ni se soumettre à un tyran : elle cherche un égal capable de la contraindre, sans jamais l’éteindre.

Au plus profond d’elle-même, vous l’aurez peut-être saisi, Kalima est en vérité très autodestructrice. Malgré son apparente fierté qui lui donne parfois des airs de supériorité, elle se met régulièrement en danger, non seulement parce qu’elle aime les sensations fortes, mais aussi parce qu’elle accorde inconsciemment peu d’importance à sa propre vie.
Ayant été élevée principalement par des précepteurs et des servants qui n’avaient que peu d’affection ou de véritable intérêt pour elle, Kalima ne sait simplement pas comment bâtir une relation durable et saine, et cherche inconsciemment, mais aussi parfois désespérément, quelqu’un qui puisse véritablement la comprendre - tout en se permettant rarement de se montrer vulnérable avec les autres.

Ainsi, derrière l’imprévisibilité et la légèreté apparente, Kalima est animée par un besoin profond d’être comprise sans être domestiquée. Elle avance dans le monde comme on danse au bord d’un précipice : avec un sourire aux lèvres, une étincelle dans le regard, et la certitude tranquille que la chute, si elle survient, fera au moins partie du jeu.

Histoire :

Impossible de parler de Kalima sans toucher un mot ou deux sur ses parents, qui sont à l’origine de son bagage héréditaire, culturel et monétaire fort particulier. Sa mère, une certaine Thalima Maestre, est une demi-elfe, le résultat d’un mariage atypique entre un Braavien humain, un fonctionnaire haut-placé de la Banque de Fer, et l’une des rares basses-elfes évoluant encore dans l’Empire. Il faut croire que cet amour rare a laissé sa marque jusque dans la destinée de leur fille, car celle-ci, une fois devenue adulte, tomba elle-même amoureuse d’un Démon, et pas n’importe lequel : il s’agissait d’Amias, un noble de Mijak (la ville, cette fois-ci), faisant couramment affaire à Braavos pour des raisons généralement gardées sous couvert.

Le mot« amoureuse » est ici utilisé avec de larges pincettes. Il faut comprendre que Thalima était une personne particulière, affligée dès son plus jeune âge par plusieurs conditions de nature psychique que les médecins de Terra, même ceux qu’un riche père Braavien peut se permettre de consulter, ne sont pas à même de savoir comment traiter. Fragile, dissociative et d’humeur aussi variable que la météo de sa ville natale, Thalima n’aurait peut-être jamais pu rencontrer Amias si elle n’avait pas eu tendance à fuir le manoir familial à la moindre opportunité.
De son côté, Amias était un fier Démon, dont les racines familiales remontent jusqu’au Cercle de l’Orgueil en Enfer, et à l’instar de beaucoup de ses comparses, la liste de ses qualités ne se comparait même pas au dixième de celle de ses défauts. Froid, hautain, distant, et célibataire depuis plusieurs siècles, il ne sembla guère être le genre de personne à s’attirer l’affection d’une jeune dame de la bourgeoisie insulaire. Et pourtant !

Qui sait si cet amour fut réellement réciproque ? Difficile à dire, lorsqu’une partie de cette étrange équation vit majoritairement dans sa propre tête, et que l’autre a l’intelligence émotionnelle d’une mouche estropiée. D’autant, dans l’entourage d’Amias, présumèrent, peut-être avec raison, que ce mariage en était un de pure opportunité, car un lien avec la famille Maestre, pour un noble de son acabit, était un avantage direct envers sa concurrence.

Amour réel ou simple arrangement, toujours fut-il que les années s’écoulèrent paisiblement pour Amias et Thalima. L’un était rarement physiquement présent au manoir qu’ils se firent construire à Braavos quelques lunes après leur mariage, et l’autre était tout aussi rarement mentalement présente ; mais les conflits étaient rares entre eux, et leur relation demeura aussi solide qu’elle pouvait l’être dans de telles conditions. Il faut même croire que ce mariage fut consommé au moins à quelques reprises, car bientôt, Thalima tomba enceinte.
Et c’est là, chers lecteurs, que les choses commencèrent à se compliquer drastiquement.

Savez-vous ce qui arrive quand un corps de demi-elfe porte en son sein un être doté non seulement d’une queue à l’appendice pointu, mais de cornes ? Fermez les yeux, et imaginez ce qui se produit quand ce dit être décide enfin que l’heure de sortir au grand jour est arrivée.
Le spectacle n’est pas bien agréable, n’est-ce pas ? Alors, prenez cette douleur que vous imaginez sans doute, et multipliez-la par dix. Peut-être, à ce moment-là, arrivez-vous à la cheville de la douleur que ressentit Thalima au bout de ces longs et pénibles neuf mois.

L’événement fut traumatique pour la pauvre femme déjà fragilisée par les aléas de son esprit divaguant, et s’il n’y avait pas eu les ressources combinées de ces deux familles nanties, il aurait sans doute été mortel de surcroît. Il lui fallut des mois pour s’en remettre physiquement, mais son esprit, quant à lui… Eh bien, disons que sa guérison était une toute autre paire de manches.
Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que, dans les années suivantes, ce mariage ne fut plus très souvent consommé, pour ne pas dire pas du tout.

Mais cessons de tergiverser sur la relation entre Amias et Thalima, et penchons-nous maintenant sur le résultat de cet horrible petit miracle de la nature, une jeune fille à l’apparence aussi inhabituelle que ses origines, qu’ils décidèrent de nommer Kalima.

Votre narrateur aimerait pouvoir dire que la naissance de sa fille changea quelque chose au sein d’Amias. Qu’il découvrit comment aimer, comment chérir, comment devenir une personne chaleureuse et protectrice envers son engeance. Votre narrateur adorerait également pouvoir vous déclarer que le traumatisme de Thalima ne fut que temporaire, que sa santé mentale s’améliora, et qu’elle fut une mère exemplaire à son tour.
Malheureusement, vous n’avez pas ici affaire à l’un de ces narrateurs indignes de confiance que l’on retrouve parfois dans les œuvres post-modernes ; ce narrateur-ci ne se plaît pas aux mensonges, et il ne vous cachera donc pas qu’il n’en fut rien.
Amias demeura un être froid et distant, et Thalima demeura une femme à l’esprit brisé.

Kalima grandit donc dans un contexte étrange et contradictoire. Fille de nobles, elle ne manqua évidemment de rien en termes purement matériels, et son éducation fut, dès son plus jeune âge, de la plus grande qualité. Néanmoins, son père ne s’intéressa pas à elle une seule fois de toutes ses quinze premières années - Kalima étant trop jeune pour lui servir de pion politique efficace. Quant à sa mère, ses nombreux troubles psychologiques firent en sorte qu’elle associa, bien malgré elle, sa propre fille à ses tourments les plus sévères. Elle ne la détestait pas, non, bien au contraire : elle cherchait à l’aimer, désespérément, douloureusement. Elle souhaitait plus que tout en être capable, et parfois, en de rares et sporadiques occasions, elle se jura presque qu’elle y parvenait…
Mais il suffisait d’un geste ou d’une parole maladroite de la part de la pauvre petite Kalima pour que tout le poids de ses traumatismes ne s’abatte soudainement sur les épaules de sa génitrice, et dès lors, sa présence devenait le catalyste d’une nouvelle crise. Il s’écoulait alors de plusieurs jours à plusieurs mois avant que Thalima ne trouve de nouveau le courage d’essayer d’être une mère - et tout allait bien jusqu’à ce que Kalima crie un peu trop fort en jouant, ou ne tire sur sa robe d’une certaine façon, ou ne se déplace de façon à ce que ses cornes s’approchent un peu trop de son ventre… Et ainsi, la boucle recommençait, encore et encore, inlassablement.

Bien sûr, Kalima eut au moins droit à des enseignants et précepteurs de la plus haute qualité, et ce, dès qu’elle fut en âge de marcher. Par ailleurs, elle fut entourée d’une panoplie de servantes et d’intendants dès sa naissance, et elle ne fut par conséquent jamais complètement négligée. Quelqu’un s’assura de lui donner du lait lorsque sa mère s’en trouvait incapable ; quelqu’un s’assura qu’elle ne s’étouffe pas dans son sommeil comme le font de nombreux bébés lorsque son père dédaigna de la surveiller ; quelqu’un s’assura qu’elle mangeait convenablement, qu’elle jouait sans se blesser ou, le cas échéant, qu’elle fut soignée au plus vite.
Mais jamais le lait ne fut chauffé avec l’attention délicate d’une nourrice investie ; jamais on ne vint la border avec amour et lui lire une histoire pour l’aider à s’endormir ; jamais on n’accompagna le pansement d’un petit becqué-bobo magique afin qu’elle sèche ses larmes d’enfant plus vite. Les servantes autant que les précepteurs maintenaient avec elle une distance froide et professionnelle, évitant de s’attacher à la gamine afin de ne pas s’attirer les foudres d’Amias ; et même dans les rares cas où l’un des adultes s’attendrit inévitablement pour la gamine aussi mignonne que solitaire, un renouvellement constant du personnel du manoir Maestre s’assura que Kalima ne connaisse jamais la présence rassurante et durable d’un adulte aimant dans sa jeunesse.

D’autres enfants en auraient souffert jusqu’à en devenir dysfonctionnels, grandissant sous la forme de jeunes adultes froids et distants à leur tour, impersonnels, dissociés de leur propre vie intérieure. Et Kalima, vous vous en douterez, chers lecteurs, ne fut pas une exception en termes de souffrances psychologiques et émotionnelles.
Mais peut-être serez-vous rassurés d’apprendre qu’elle ne devint pas une jeune femme absente et glaciale, réunissant le pire de ses deux parents.

Non, bien au contraire, de gamine calme et effacée, Kalima devint, presque inexplicablement, une enfant turbulente et pleine de vie. Loin d’être distante vis-à-vis de sa vie intérieure, elle se découvrit une fibre philosophique qui lui sauva peut-être la vie : le savoir instinctif que, puisqu’elle fut laissée à son propre sort, elle était en fait aussi libre qu’on puisse possiblement l’être en tant qu’être doté de conscience et d’émotions, car elle ne devait absolument rien à personne. Peut-être était-elle une espèce de génie précoce, ou peut-être était-elle simplement bien trop amère et cynique pour son âge, mais d’une manière ou d’une autre, Kalima découvrit que de s’apitoyer sur son propre sort n’accomplissait absolument rien, et qu’il était bien plus productif pour elle de prendre les rênes de sa propre vie. Malgré l’absence d’amour et d’attention parentale, ou peut-être justement grâce à celle-ci, la jeune métisse développa un caractère qui lui fut propre, une unicité qui l’empêcha de sombrer dans les affres de la torpeur et de la résignation.

Véritable petite tempête dans son manoir, Kalima échappa souvent à ses leçons, désobéissant aux ordres de son père afin d’explorer sa ville natale et de forger d’elle-même les liens qu’on lui refusait dans son antre. Lors de ces escapades, elle laissa régulièrement derrière elle un chaos caractéristique ; c’est que vous ne serez certainement pas étonnés d’apprendre, chers lecteurs, que dans de telles conditions, la jeune métisse n’était pas dotée d’une bien grande fibre morale ou éthique. Profiter de sa taille moindre et de ses allures innocentes pour voler à l’étalage ne fut que l’un de ses nombreux crimes. S’associer aux voyous des quartiers pauvres pour vandaliser des lieux de culte en fut un autre. Rencontrer un garçon de son âge, s’en faire un ami pour une durée indéterminée, puis décider de le laisser complètement en plan sans plus jamais lui donner de nouvelles fut… eh bien, pas tout à fait un crime au sens légal du terme, mais en des termes moraux, ce n’était certainement pas très gentil. Kalima, cependant, n’en avait cure, et chaque désobéissance, civile aussi bien que parentale, était une preuve supplémentaire qu’elle avait le contrôle de sa propre vie, qu’elle pouvait s’élever elle-même, bref, qu’elle n’avait simplement pas besoin de ces adultes ennuyants et insignifiants qui ne lui apportèrent jamais rien d’autre que des devoirs, des obligations et des sermons devant lesquels elle parvenait difficilement à ne pas s’endormir debout.

C’est lors de ces escapades, par ailleurs, que la jeune fille se procura des romans fantaisistes ou à l’eau-de-rose qui lui étaient normalement interdits, et c’est notamment grâce à ceux-ci qu’elle découvrit bien d’autres choses qui lui étaient aussi implicitement interdites. Elle compléta son savoir en observant de nombreux couples à leur insu, ou en expérimentant avec d’autres enfants issus de plus basses classes sociales, apprenant à socialiser à sa propre manière, transformant ces amitiés temporaires en balbutiements de romance, puis les jetant complètement par la fenêtre à la seconde où elle s’en lassait. Vous vous douterez dès lors, chers lecteurs, que Kalima avait en réalité développé une peur, profondément ancrée dans son inconscient, de se faire rejeter ou, pire encore, ignorer - et qu’en réponse, elle élabora, en guise de mécanisme de défense, l’habitude de mettre fin à ses relations selon ses propres termes, ne risquant pas, par conséquent, d’être blessée par les décisions des autres. Il s’agissait là, chers lecteurs, d’une parcelle de sagesse qui épargna à Kalima bien des maux de tête - et bien des apprentissages qui, bien que douloureux, auraient pu lui être précieux sur le long terme.
Mais qui pourrait reprocher à une jeune dame s’étant essentiellement élevée elle-même d’avoir développé une vision du monde où elle ne devait rendre de comptes à personne, et où rien n’avait le droit de l’empêcher de transformer ses désirs en réalité par tous les moyens qui lui chantaient ? Certainement pas votre narrateur qui, rappelons-le, n’est pas du genre à mentir.

Un certain changement se produisit cependant à l’aube de ses 17 ans. Et par changement, votre narrateur ne parle pas d’une légère fluctuations, ni même de ces nombreuses et parfois troublantes évolutions auxquelles peut faire face toute adolescente, mais bien d’un bouleversement d’ampleur tectonique.
Ce changement, ce fut une décision que prit subitement Amias à son égard : le désir d’enfin la rendre utile, le premier véritable signe d’intérêt qu’il démontra jamais envers sa propre fille. Peut-être que d’autres auraient été ravies de faire confiance à ce père distant dans l’espoir confus de s’attirer, pour une fois, une parcelle de son affection, une toute petite part de sincère sollicitude de sa part, mais ce ne fut certainement pas le cas de Kalima qui, comme nous l’avons bien établi plus tôt, n’avait en elle aucun désir de correspondre aux attentes d’autrui, et surtout pas à celles de son géniteur.

Alors, quand Amias décida de la marier à un noble quelconque issu de l’une des nombreuses familles démoniaques composant l’aristocratie de l’Empire, la nouvelle ne fut pas digérée comme il l’entendait. En fait, elle ne fut pas digérée du tout. Là où le Démon attendait une obéissance complète et sans objection, il se frotta plutôt à une colère noire et à une marée d’insultes auxquelles il n’était certainement pas préparé. Car, oui, vous l’aurez compris, une jeune fille telle que Kalima ne lui aurait même pas obéi s’il lui avait demandé de préparer son petit-déjeuner, alors pour un mariage… Il aurait tout aussi bien pu essayer de marier un mur de briques et une poule. (Votre narrateur est fort habile en matière de comparaisons, vous l’avez sans doute remarqué.)

S’en suivit la plus longue et ardue dispute de la vie d’Amias, une pénible série de joutes vocales qui perdura sur de nombreux jours, puis sur de nombreuses semaines, et qui se termina seulement au moment où, las et colérique à son tour, le Démon leva la main sur sa propre fille.
Votre narrateur vous épargnera tout un paragraphe d’explications sur l’effet que ces gifles parentales eurent sur la psyché de Kalima. Car, chers lecteurs, à ce stade de votre lecture, vous aurez certainement compris que cette jeune fille n’était pas du genre à accepter aisément l’autorité, et encore moins quand celle-ci décide de s’imposer par la violence.

Votre narrateur vous décrira donc plutôt l’effet que cette attaque eut sur le corps de Kalima - et avant que vous ne fuyez par peur de devoir faire face à un autre paragraphe décrivant pour sa part la profondeur du rouge écarlate qui teignit ses joues, soyez rassurés, ce n’est pas vers là que cette histoire se dirige. Car cette histoire développe les origines de cette brave et chère Kalima, et il serait bien maladroit de la part de votre narrateur de déblatérer celles-ci sans détailler la naissance de sa magie.

Marquons ce moment par un bref interlude, afin de vous raviver l’esprit. Vous savez sans doute, chers lecteurs, que chez de nombreuses personnes, la magie n’est pas une science innée, mais acquise, comme toute autre, par des années d’études, de dévotion et de sacrifices. Ces gens-là, nous les nommons couramment des mages ou, si l’envie nous prend de les frustrer un peu, des magiciens. En opposition à ceux-ci, nous trouvons les sorciers - ces rares élus qui, par un mécanisme de la nature ou par caprice divin, développent un pouvoir magique presque par accident. Ceux-là, on les associe souvent au désastre, au traumatisme et aux tumultueuses épreuves, et pour cause : leur magie a la fâcheuse tendance à se présenter au pire moment possible, causant mort et destruction, peine et rage. Ce n’est pas pour rien, chers lecteurs, que vous associez sans doute le mot « mage » à une espèce de vieillard barbu, sage et bienveillant, alors que le mot « sorcière », lui, évoque l’image d’une femme déformée et malfaisante, s’amusant à propager malédictions et maladies en tous genres sur son passage.
Votre narrateur aimerait vous dire qu’encore une fois, Kalima fut une exception à la règle, qu’elle vécut, comme durant le reste de son enfance, des conditions différentes de la norme, qui l’entraînèrent vers un résultat tout autre. Mais, nous le répétons une dernière fois, votre narrateur n’apprécie guère les mensonges.

C’est pourquoi il nous faudra avouer que Kalima éveilla sa magie en bonne et due forme : c’est-à-dire en provoquant un désastre. Plus que le cramoisi sur ses joues, c’est la luminescence dorée qui prit soudainement naissance dans ses yeux qu’il nous faudrait décrire - le premier signe d’une magie latente, qui ne demandait qu’à sortir. En effet, ses orifices oculaires se mirent à briller presque littéralement de mille feux, ce qui aurait pu être un spectacle fort magnifique en d’autres circonstances. Mais, de toute évidence, Amias, qui n’avait pas l’habitude d’écouter l’avis d’autrui, n’écouta pas non plus ce signe, et continua d’attaquer là où il aurait dû fuir.
Quelques instants plus tard, il mourut, transpercé de toutes parts par une myriade d’épées formées d’une énergie ambrée, correspondant aux yeux incandescents de sa fille. Et pour cause : elles provenaient d’elle, bien que la violence de cette contre-attaque fut complètement involontaire.

Les lames magiques disparurent bien vite, mais les nombreux trous qu’elles avaient laissé dans le corps du Démon, eux, n’en firent pas autant. Choquée, Kalima vit le corps inerte de son père s’effondrer devant elle, en plein milieu d’un des longs couloirs qui ornent l’ample intérieur de son manoir natal. Ses pensées s’arrêtèrent un instant, figées dans ce moment qu’elle ne savait pas interpréter. Amias était bel et bien mort, cela, elle ne l’avait pas halluciné. Était-ce de sa faute ? Qu’avait-elle fait, au juste ? Que devrait-elle ressentir ? Une horreur abjecte, une tristesse monumentale, un regret amer, une peur terrible, un dégoût viscéral ?
Non, rien de tout cela ne lui vint. Tout ce qu’elle ressentit, dans l’instant, fut la surprise, le choc de se découvrir capable de telles choses. Car, à cet instant, Kalima ne fit pas que découvrir qu’elle était une sorcière, visiblement capable de conjurer des épées magiques - et, elle le découvrit plus tard par l’expérimentation, bien d’autres choses encore - mais également qu’elle était capable de tuer. Et, en toute franchise, c’était bien plus facile qu’elle ne l’aurait cru.

Mais elle n’avait pas le temps de s’attarder sur de telles choses. Car, voyez-vous, bien qu’elle eut la chance d’être seule avec son père durant cette dispute fatidique, un intendant ne tarderait sans doute pas à se présenter, alerté, peut-être, par la fin abrupte du vacarme ; ou pour l’une des nombreuses autres raisons pour lesquelles un serviteur pourrait parcourir les couloirs du manoir dans lequel il travaille.

Kalima devait donc agir. Et agir, elle fit. Avec un calme détaché qui aurait fait honneur à feu son père s’il n’était pas si occupé à rejoindre ses semblables en Enfer, elle se dirigea vers la fenêtre la plus près, l’ouvrit à grands volets, puis inspira un bon coup avant de pousser le plus long et puissant hurlement de toute sa vie jusque-là.
Le temps qu’un intendant se présente, elle s’était déjà effondrée sur son derrière, le visage couvert de larmes et le corps tremblotant comme les branches d’un arbre mort sous une tempête automnale. Offrant son meilleur jeu d’actrice, elle offrit un discours tout juste assez incohérent pour sembler réaliste, expliquant que quelqu’un s’était infiltré dans le manoir pour violemment éliminer son père devant ses propres yeux, avant de fuir la scène en la laissant là, traumatisée et impuissante. Fort heureusement, Kalima avait, à ce moment-là, déjà écoulé plusieurs années à mentir entre ses dents sans cesse pour justifier ses absences, couvrir un crime, cacher l’un de ses nombreux secrets, ou simplement pour le plaisir de savoir qu’elle en était capable. Si elle tenait ses cornes de son ascendance démoniaque, elle n’en avait assurément pas retenu le mépris du mensonge qui la caractérise tant.

Son histoire était-elle entièrement vraisemblable ? Souffrait-elle de nombreux défauts, de ce qu’une âme cynique appellerait sans aucun doute des trous scénaristiques, des faux raccords, des longueurs inutiles ou des mauvais dialogues ? Bien sûr. Mais elle restait bien plus crédible que la seule autre possibilité, soit que Kalima, à seulement 17 ans, du haut de toute son inexpérience de vie, avait non seulement tué son propre père, mais avait de surcroît réussi à le faire en le poignardant de toutes parts, un nombre franchement impressionnant de fois, le tout en un temps record, avant de faire semblant d’être terrifiée et d’inventer toute une histoire pour excuser son crime, sans une pointe de honte ni de remord.
Évidemment, vous autres, chers lecteurs, savez que, parfois, l’impossible n’est pas impossible, mais seulement improbable, et cet épisode-ci en fut l’énième preuve.

Vous aurez donc deviné que la jeune métisse se sortit entièrement, et à vrai dire assez cruellement, indemne de cette histoire, complètement lavée de son blâme, puisque personne ne la savait capable de meurtre, et encore moins de magie. L’adage selon lequel la justice est aveugle ne veut généralement pas dire qu’elle est carrément incapable de voir l’évidence placée sous ses yeux, mais en l’occurrence, il en fut tout à fait autrement.

Tout cela ne veut pas dire que Kalima dormait confortablement sur ses deux oreilles suite à cet épisode. Même une adolescente brisée comme elle demeurait une adolescente, et bientôt, un certain sentiment de culpabilité, même très feint et indistinct, se glissa en elle. Cependant, celle-ci était bien moindre face à une réalisation autrement plus importante : elle venait accidentellement de s’accorder la liberté ultime. La mort de son père laissant son empire financier en désarroi, celui-ci revenait de droit à sa mère qui, dévastée, ne savait pas comment le gérer - et, compte tenu de sa psyché particulière, n’en aurait de toute façon jamais été capable, même en d’autres circonstances. Kalima était donc, en pratique, la seule véritable héritière de cette richesse, puisque son père n’avait pas de famille directe - à vrai dire, elle ne savait même pas si elle avait des grands-parents paternels, ou si Amias était simplement par lui-même à partir du néant. La famille de sa mère, elle, était somme toute assez riche pour se désintéresser des histoires morbides de ceux qu’elle considérait déjà comme les moutons noirs de la bande, et quand son grand-père humain se présenta au manoir pour offrir ses condoléances et lui expliquer quelques notions hâtives de créances et de capital, l’adolescente réalisa d’ailleurs que c’était peut-être la troisième ou quatrième fois, tout au plus, qu’elle lui parlait de toute sa vie, et que leurs échanges précédents s’étaient eux-mêmes résumés à trois ou quatre mots.

Tout ce que Kalima retint de cet échange-là, cependant, fut que gérer un empire financier tel que celui des Maestre demandait énormément de travail, et qu’elle n’avait absolument aucun intérêt envers une telle chose. Elle aimait se mêler aux enfants des basses classes, mais le travail était une notion qu’elle préférait leur laisser complètement, la délaissant pour sa part au profit de la simple chasse au plaisir.
Les mois s’écoulèrent, et les propositions de mariage, d’abord timides et accompagnées de fausses condoléances, se firent de plus en plus nombreuses. Ses grands-parents n’en avaient peut-être rien à faire de la richesse de leur petite famille décomposée (en partie, assez littéralement), mais les autres nobles et bourgeois de Braavos, eux, ne laisseraient pas échapper cette occasion en or d’y tremper leurs pattes. Même sa mère reçut un nombre faramineux de lettres à cet effet, qu’elle laissa s’empiler sur son bureau sans jamais les ouvrir, occupée comme elle l’était à contempler maladivement l’extérieur depuis la fenêtre du salon, comme si elle s’attendait à voir Amias y apparaître à nouveau.

Cela aurait pu être très triste, si ce n’était pas, en réalité, une chose vraisemblable. Improbable, peut-être, mais pas impossible, comme nous l’avons déterminé un peu plus tôt, chers lecteurs. Car Amias, avant d’être un mauvais père, était un Démon, et quand un Démon meurt, il ne meurt pas vraiment - pas complètement. En fait, il se réincarne en Enfer, par un procédé mystérieux qui peut prendre de quelques heures à quelques années, et à partir de là, son nouveau corps retrouve ses vieux souvenirs, comme si sa vie ne s’était jamais interrompue. Ce qui voulait donc dire, Kalima en était très consciente, qu’il existait un monde où son géniteur fuirait de nouveau les Enfers pour retrouver sa vie et sa fortune terrestres, quand bien même cet acte fut-il devenu fort difficile après le Grand Conflit. Et si ce moment arrivait, chercherait-il à se venger ? Dénoncerait-il sa propre fille qui, malgré sa magie naissante, n’avait absolument aucune chance de faire face à l’entièreté des forces de l’ordre de Braavos, celles-ci détenant leur propre lot de mages de toutes sortes ?

Kalima était curieuse de nature, mais cela, elle n’était pas particulièrement pressée de le découvrir. Son temps était limité, elle en prit rapidement conscience, en ce sens qu’il pourrait s’écouler plus d’une décennie avant qu’Amias ne refasse son apparition - ou seulement quelques mois. À moins qu’il ne réapparaisse jamais. Mais comment s’assurer de cela ? L’adolescente n’en avait certes pas les moyens.
Mais d’autres moyens, néanmoins, elle ne manquait pas, surtout pas de moyens financiers. Ignorant donc toutes ces demandes en mariage, et ignorant doublement la notion qu’il lui faudrait travailler pour voir s’agrandir une fortune qui était déjà amplement suffisante pour lui assurer une vie de luxe et de déchéance, Kalima s’empressa de vendre ce qui appartenait à son père, préférant s’en débarrasser que d’avoir à le gérer. Elle le fit avec une désinvolture déroutante, offrant ses esclaves, ses demeures, ses entreprises, ses parts de la Banque de Fer, tout ce qu’il avait travaillé si fort à bâtir durant des siècles, à des prix que d’aucuns jugèrent tout bonnement dérisoires - en ce sens qu’ils étaient ridiculement bas.

Nous l’avons dit, chers lecteurs, Kalima se considérait déjà assez riche pour mener une vie d’opulence, et elle n’avait pas tort à ce sujet. Si la très grande majorité des bourgeois et des nobles tirent un plaisir quasi sexuel à voir leur fortune indécente s’agrandir encore et encore, atteignant des sommes qu’ils ne pourraient jamais possiblement dépenser même en de multiples existences, tels des dragons obsédés par leurs piles d’or, la métisse, elle, n’en avait que faire de ces balivernes. Ce qu’elle désirait plus que tout, c’était de pouvoir quitter ce manoir en ayant complètement détruit l'œuvre de son père, afin de joindre l’insulte au désagréable, les poches pleines d’or et le cœur allégé de toutes ses responsabilités.

Et c’est bien ce qu’elle finit par faire. Elle avait 20 ans le jour où, ayant complètement couvert le nom Maestre de honte et de scandales, elle se déclara fin prête à quitter le gîte familial. Elle embrassa une dernière fois Thalima sur le front, la laissant entre les mains de son majordome le plus fidèle, les autres servants ayant été libérés depuis un moment, et abandonna une partie de sa fortune avec eux, histoire de s’assurer que sa mère, aussi dissociative et difficile fut-elle à vivre, ne soit pas complètement délaissée - car, oui, il existait en cette adolescente meurtrière un petit fond d’amour envers cette femme, qu’elle n’avait jamais vraiment pu tenir coupable de son esprit défaillant. Pour sa part, Kalima s’arma de son havre-sac, de ses nombreuses affaires, de son or et surtout de son sourire, et partit conquérir le monde.

Libre, et surtout, seule. Comme elle l’avait toujours été.
Mais pas effrayée, ça, non. Pas le moins du monde. Car au-delà d’une magie dans laquelle elle se sentait désormais confiante, au-delà de ses ressources conséquentes, au-delà même de son insouciante certitude que le monde par-delà les murs de Braavos lui réservait d’innombrables surprises, toutes plus magnifiques et passionnantes les unes que les autres, Kalima était accompagnée d’un savoir ultime, libérateur.
Celui que son histoire ne faisait que commencer, et que peu importe comment elle se terminerait, ce serait avec panache et brio.

Cette fin vous satisfait-elle, chers lecteurs ? Non ? Vous la trouvez un peu trop hâtive ? Vous voulez savoir ce qu’il est advenu d’Amias en Enfer, ou si Thalima réussira un jour à se sortir de sa torpeur, ou comment Kalima a appris à mieux maîtriser son pouvoir, ou comment elle a mis la main sur un fichtre de havre-sac, ou simplement pourquoi, au juste, elle a des petites protubérances rocailleuses au visage alors que ce n’est pas un trait des Démons, ni des elfes, et encore moins des humains ?
Eh bien, tout cela, vous le découvrirez peut-être en continuant de lire ses aventures, ou mieux encore, en y participant. Après tout, cette fin n’en est pas vraiment une. Ce n’est qu’un nouveau départ, comme nous venons tout juste de le déclarer. Le début d’une pièce dont Kalima est l’héroïne, et vous êtes tous invités à la rejoindre, en la mesure de vos capacités et de vos ambitions. Personnages secondaires, deutéragonistes, antagonistes ou intérêts romantiques ; qui sait quel rôle l’avenir vous réservera ?

Pas votre narrateur, en tout cas. Celui-ci, après tout, ne saurait vous mentir.

Pouvoir :

Kalima est dotée d'un pouvoir de conjuration, c'est-à-dire la capacité de faire apparaître des objets de « lumière solide » dans un espace de 25 mètres autour d'elle. Ces créations sont temporaires et opèrent de la même façon que leur équivalent réel, s'il y en a un. Leurs caractéristiques, telles que leur qualité, leur dureté, leur solidité, leur volume et leur poids dépendent toutes de l'imagination et de la compréhension de leur créatrice.

Kalima peut manipuler plusieurs objets à la fois, les faisant même léviter dans les airs sans qu'elle n'ait besoin d'être en contact avec eux. La quantité d'objets qu'elle peut créer et manipuler en même temps dépend de sa concentration et de sa volonté sur le moment, mais est généralement limitée entre 5 et 10, selon leur complexité. Dans les moments de haut stress, de panique ou de rage aveugle, cependant, ils peuvent atteindre un nombre bien plus élevé de manière très temporaire.
Ces objets ne peuvent produire d'autres éléments que dans la mesure où cela reste cohérent. Ainsi, un violon créé magiquement pourra tout à fait produire de la musique ; un gigantesque ventilateur pourra produire du vent, tant qu'elle y met l'énergie nécessaire pour en faire tourner les palmes ; mais un lance-flammes, pour sa part, aurait besoin d'une source de carburant afin de produire de véritables flammes. L'exception à cette règle est l'eau, que Kalima peut imiter jusqu'à un certain degré, mais celle-ci demeure factice : un liquide magique qui n'a aucune propriété hydratante, et qui ne peut être produit que dans un volume limité à la fois. Cette eau « mouille » bel et bien, mais quand elle disparaît, toute forme d'humidité ainsi provoquée disparaît à son tour.

Bien que ce ne soit pas obligatoire, Kalima a appris à mieux maîtriser son pouvoir en bougeant des mains et des doigts, comme si ces objets étaient liés à elle par des fils de marionnettiste invisibles. En réalité, ce besoin est purement psychologique, et ces objets peuvent se mouvoir par la simple force de sa pensée ; cependant, en conséquence de cette habitude, toute forme d'immobilité ou de ralentissement de son corps peut entraver sa capacité à bien utiliser son pouvoir.

Au-delà de cette limite de 25 mètres, ces objets continuent d'exister, mais perdent toute forme de tangibilité. Ils deviennent ainsi, fonctionnellement, de simples illusions. Cependant, dans cet état, leur existence demande bien moins d'énergie et de concentration à Kalima, qui peut donc en créer beaucoup plus, allant jusqu'à composer, si elle le désire, de véritables paysages entiers, plongeant les témoins dans un monde immersif à l'image de ses désirs.

Compétences particulières :
  • Les yeux ambrés de Kalima, aux pupilles minces et allongées, ne lui donnent pas seulement un air de prédatrice, mais lui permettent également de percer la noirceur avec facilité. Autre fait notable, ils deviennent luminescents lorsque celle-ci utilise sa magie.
  • Ses ongles noirs sont en fait des griffes rétractables, variant d'une longueur « normale » à échelle humaine jusqu'à un bon 5 centimètres.
  • La queue de Kalima est terminée par un appendice aux nombreuses et complexes terminaisons nerveuses qui, en plus d'être dotée d'un sens du toucher insoupçonné, lui permet de sentir des variations subtiles dans l'air, qu'elles soient de sources physiques ou magiques. En pratique, cela lui permet d'avoir un certain « sixième sens », accentuant ses instincts de manière à la prévenir quand les intentions d'un interlocuteur deviennent dangereuses, ou quand on essaie de l'approcher par derrière.
  • À l'instar de ses ancêtres elfiques, Kalima détient un sens de l'ouïe plus poussé que celui d'un humain moyen. Ces belles oreilles effilées ne sont pas que de la décoration !
  • Malgré la finesse de son corps, Kalima est dotée d'une force insoupçonnée qui, bien que loin d'être surhumaine, lui permet notamment d'avoir une agilité et une souplesse étonnantes, et de se déplacer avec une rapidité trompeuse lorsque l'envie lui en prend. En effet, elle est une véritable acrobate et contorsionniste de naissance, et des actes comme faire le drapeau ou marcher sur ses mains sont aussi aisés que de respirer pour elle.
Possessions notables :
  • Le havre-sac : Cette création magique a l'apparence d'un simple sac à main, mais vaut en réalité plus cher qu'un manoir à elle seule, et pour une bonne raison ! Ensorcelée par des mains expertes dans un rituel qui demande des ressources innombrables, une énergie monumentale et un temps fou, cette simple sacoche d'apparence détient en fait, en son sein, sa propre dimension de poche. En pratique, cela veut dire qu'elle peut contenir un volume environ 10²² plus élevé que sa taille ne le suggère. Autant dire que Kalima ne manque pas d'espace pour ranger toutes ses affaires ; elle pourrait même vivre dans ce sac, et le fait d'ailleurs parfois par occasion, comme en témoignent le salon et la chambre qu'elle y a emménagés. Comble du luxe, ce havre-sac est lié à elle de façon à ce qu'il sache toujours ce qu'elle cherche quand elle y plonge la main, et son ouverture de taille modeste peut inexplicablement avaler, ou recracher, des objets d'un volume largement plus conséquent, comme un lit ou un sofa complets. Il arrive même à ce sac de sembler être doté de sa propre volonté - et il peut en fait se montrer très opiniâtre. Il refuse, par exemple, de contenir en son sein quelque chose qui le salirait trop, ou pourrait abîmer sa fabrique, et si l'on cherche à le voler, il n'est pas exclu qu'il crache une chaise ou un divan sur son agresseur avant de s'enfuir dans le chaos engendré pour retrouver sa maîtresse. Il est donc à l'image de Kalima : complètement inusité et littéralement rempli de surprises.
  • Beaucoup d'or : Soyons francs, une bonne partie de la richesse que Kalima a volée à son père s'est envolée lorsqu'elle a fait l'achat de son havre-sac, mais ce qui reste demeure une fortune conséquente. La métisse n'a jamais vraiment pris la peine de la calculer dans son entièreté, mais de toute évidence, elle lui suffira à mener une vie d'aventures et de plaisir sans vraiment avoir à s'inquiéter d'un manque de fonds, tant qu'elle fait preuve d'un tout petit peu de réserve.
Note HRP :
Coucou ! Désolé pour cette présentation extrêmement longue ; Kalima est mon bébé, mon tout premier et préféré OC, alors je me devais de lui rendre justice sous tous ses aspects ! J'espère que toute personne assez courageuse pour lire la fiche jusqu'ici me pardonnera cette série de pavés.
Pour ma part, je suis un Québécois millénial, déjà âgé dans la trentaine (aïe) et qui fait du roleplay depuis plus de 20 ans (double aïe). J'ai découvert ce forum par l'entremise de Ryanne, et il me tarde de me joindre à vous dans cet univers, que dis-je, ce multivers d'aventures, de drames et de dépravations !
À ce sujet, justement, je tenais à préciser une certaine chose ! Bien que je sois conscient que ce forum se prête aisément aux RPs sexuels, je ne suis pour ma part pas spécialement attiré par ceux-ci. Attention ! Je ne veux pas dire par là que j'ai peur d'aborder le sujet. Vous aurez certainement compris en lisant cette fiche, surtout lorsqu'il est question de domination ou de terminaisons nerveuses, que Kalima n'est pas étrangère aux activités de la chair, et moi non plus. Je ne vais donc pas fuir complètement la chose ; j'entends plutôt que je ne suis pas particulièrement intéressé à tergiverser longuement là-dessus. Le flirt, la romance, les avances, les tensions sexuelles ou autres, les touchers coquins, voire même les préliminaires ne me dérangent pas, mais vis-à-vis de l'acte lui-même, je préfère l'ellipser en le sous-entendant de manière poétique, qui laisse deviner ce qui se produit sans que l'on ait à s'éterniser à le décrire pour autant.
J'espère que cela conviendra à ceux qui se risqueront à RP avec moi ! Sur ce, je vous dis à bientôt, et au plaisir de vous faire découvrir ma chère Kalima plus en détails dans le feu de l'aventure ! :jvccoeur:
Modifié en dernier par Kalima Maestre le 31 janv. 2026 00:21, modifié 1 fois.

Re: Kalima Maestre, votre plus délicieux désastre en devenir

Message par Observateur »

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Demande de RP
Bienvenue sur le forum !

Comme dirait l'autre, la famille, c'est compliqué.

Ta fiche est bonne, tu es donc VALIDÉE !

N'hésite pas à aller faire ta demande de RP dans la section "Hall des Rencontres" !

Par ailleurs, pour ta précision finale sur les types de RPs, tu es libre d'inclure dans tes RPs des composantes sexuelles ou non, nous avons quelques membres ici qui ont fait voeu de chasteté, donc ce n'est pas rédhibitoire.

Mais ce n'est pas le cas de Ryanne.
Compte-fondateur du forum.

Pour toute question relative au forum ou aux RPs, vous pouvez me contacter :
  • Soit en postant dans le topic "Foire aux Questions",
  • Soit en me contactant par MP,
  • Soit en me contactant sur le Discord.
Pour un RP, je vous invite à me contacter via ce compte, et non ceux de mes DC, que je consulte moins.

Vous trouverez également sur ce topic l'ensemble de mes personnages, fan-arts liés à ceux-ci, etc...

Re: Kalima Maestre, votre plus délicieux désastre en devenir [Valiobservée !]

Message par Kalima Maestre »

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Kalima Maestre
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