La surprise de Korë amusa Aphrodite.
«
Oui, les humains ont découvert sur Terre des technologies qui ont entraîné des évolutions majeures en un court laps de temps. Je pense que l’humanité a plus évolué en deux siècles qu’en deux millénaires. Ils ont appris à utiliser l’électricité comme un moyen d’énergie, cette même électricité que mon père Zeus utilise… »
Comme quoi, les Dieux avaient toujours montré la voie aux humains. Le cœur même du
rock’n’roll, derrière les multiples déclinaisons, était l’utilisation d’une guitare électrique. Les Terriens réfléchissaient et expérimentaient sur l’électricité depuis l’Antiquité. Aphrodite se souvenait que Thalès avait relevé qu’en frottant un morceau d’ambre, il pouvait créer des étincelles ou attirer des objets. Il était ainsi le premier penseur historique à avoir découvert les effets de l’électricité. La preuve en était que le mot «
électricité » venait du mot «
êlektron », qui signifie «
ambre jaune », soit une référence directe aux recherches de Thalès. Il faudra ensuite attendre la Renaissance pour que les recherches sur l’électricité reprennent et s’intensifient, notamment à partir des recherches en astronomie et du développement de la science comme discipline autonome, non liée à la religion. Aphrodite se fit la réflexion que, si elle devait tout expliquer à Korë, il y en aurait pour des heures. Elle tâcha donc d’effacer son esprit cartésien au profit de la beauté du moment, ce qui n’était pas pour déplaire à une Déesse.
Elle avait appris à danser le rock. Il existait là aussi plusieurs formes de danses en lien avec le rock : le
boogie woogie, le
madison, le
bebop… La danse la plus classique était la danse à deux, qu’on appelait
rock à six temps, une variation du
swing, consistant pour l’essentiel à faire des pas de danse avec son partenaire, puis à ce que l’homme fasse tournoyer la femme. Avec sa robe, celle-ci tournoyait avec elle, donnant des mouvements harmonieux. Aphrodite se fit la réflexion qu’expliquer tout cela à Korë n’allait pas être simple non plus…
*
Apollon serait furieux s’il m’entendait penser ainsi…*
Dieu de la musique, Apollon avait appris à Aphrodite à danser, en lui disant que la danse était avant tout une forme de passion, qu’il fallait exprimer à travers le corps les sensations que la musique prodiguait.
Aphrodite décida d’accompagner Korë, et s’amusa à la faire tournoyer. Elle constata vite que la jeune Wyvérienne se laissait vite aller. Il fallait bien avouer que
Layla avait un rythme qui se prêtait très bien à la danse. Servaney n’avait pas la voix de Clapton, mais son fils s’en sortait tout de même plutôt bien… Ou peut-être que Aphrodite, par ses yeux maternels, avait naturellement tendance à trouver ses enfants merveilleux. Aphrodite sourit doucement à Korë.
«
Tu as le rythme dans la peau, ma chérie ! Apollon aurait fait de toi sa muse s’il te voyait danser ainsi. »
Après
Layla, les fils d’Aphrodite continuèrent le concert, restant sur des musiques plutôt « douces ». Le
hard rock serait sans doute de trop pour des oreilles inhabituelles, comme Marty en avait fait l’expérience dans
Retour vers le futur (Aphrodite connaissait ses classiques !). Ce fut Gareth qui remplaça Servaney au chant, et opta pour un autre classique intemporel dans la grande histoire du rock : «
Walf of Life », des Dire Straits.
«
Cette chanson a été écrite par ses auteurs originaux en hommage à un immense acteur. Nous, nous aimerions la décider à une immense personne, qui est notre mère. Vous nous pardonnerez donc d’avoir légèrement réarrangé les paroles, mais, après tout, nous sommes tous réunis pour célébrer la Déesse Aphrodite. »
Sur la scène de concert, un orgue apparut, et les cinq frères enclenchèrent la longue et merveilleuse introduction de «
Walk of Life », une introduction musicale de presque une minute, après tout, et en remplaçant les références à Johnny Cash par des références à Aphrodite, qu’ils surnommèrent dans la chanson «
Aphry », les frères faisant le chœur quand cela était nécessaire.
Here comes Aphry singing oldies, goldies
"Be-Bop-A-Lula", "Baby What I Say"
Here comes Aphry singing, "I Got a Woman"
Down in the tunnels, trying to make it pay
She got the action, She got the motion
Oh, yeah, the girl can play
Dedication, devotion
Turning all the night time into the day