Arthur était un homme. Ambitieux, prêt à bien des sacrifices pour mener ses projets à bien, mais un homme tout de même. Et face à tout ce sexe, tout ce stupre, cette orgie incroyable, il ne restait pas de marbre. Qui l’aurait pu ? Même Valeria y était sensible. Mais elle parvenait à penser à autre chose. Lui ne pensait qu’à son cul.
Et c’était très bien ainsi, parce qu’elle avait envie de le sentir se répandre en elle une nouvelle fois. A peine l’eut-elle inséré là où il rêvait d’aller, il commença son œuvre, avec une maîtrise certes humaine mais bien affûtée. Il savait ce qu’il faisait et le faisait bien. Ses baisers et ses caresses augmentaient nettement le plaisir qu’il lui offrait en allant et venant en elle. Son pieu de chair la transperçait puissamment, leur position lui demandant un effort supplémentaire pour coulisser ainsi alors que les muscles et parois étaient resserrés.
Il s’abandonnait, le plaisir le submergeait petit à petit. C’était tout à fait normal et il fallait en passer par là pour pouvoir passer à l’étape supérieure. Quand il se serait vidé, il pourrait faire preuve de plus de clairvoyance… jusqu’à la prochaine manifestation de son désir.
« Pu-Putain, quel pied, hmm… Combien d’hommes se sont déjà damnés pour avoir le droit i-immense… De te p-prendre comme ça ? »
Valeria sourit, lui caressant la nuque. Elle ne répondit pas. La question n’appelait pas vraiment de réponse en fait. Et elle l’aurait voulu qu’elle aurait été incapable de donner le vrai chiffre. Plusieurs centaines, au moins. Elle sourit. Son corps avait de tout temps été son vaisseau vers le pouvoir. Il lui avait permis de soumettre bien des hommes – des femmes aussi – à bien des époques.
Un peu comme Camille qui soumettait le Général Markov avec une grâce et une efficacité absolues. L’homme venait de jouir, elle se leva gracieusement, laissa un amas de foutre s’écraser au sol puis se retourna pour le chevaucher sur son siège avec un naturel confondant. Bien empalée sur lui, il était évident qu’elle était la maîtresse. Elle le dominait tant physiquement que psychiquement, le regard éperdu qu’il levait sur elle n’avait plus rien de celui de l’homme implacable qu’on connaissait. Elle lui dit quelque chose, il acquiesça, confirma d’un mot clairement audible. Elle glissa la main dans ses cheveux, tira sa tête en arrière, lui faisant ouvrir la bouche pour qu’elle y laisse couler un crachat filamenteux.
Il se crispa, empoigna ses fesses, jouit sans plus aucun contrôle, le corps secoué de spasmes brutaux. Son regard rougeoya puis devint totalement noir et ne reprit sa teinte normale quand le plaisir se tarit. C’était fini. Markov était leur, il venait d’offrir son âme à Camille.
Une douce chaleur envahit les entrailles de Valeria alors qu’Arthur succombait lui aussi au plaisir. Elle le sentit se raidir et respirer lourdement à son oreille, les mains crispées sur ses seins pendant que sa semence réchauffait ses entrailles.
Elle le laissa redescendre. Jouir au creux des reins d’une succube était une expérience euphorisante et il ne servait à rien de la lui gâcher en lui demandant un retour précipité à la lucidité.
« Maintenant, regarde mon bel étalon. Pas avec tes yeux, avec tes sens. Ouvre-toi à la magie du stupre et repère les énergies. Les filaments de différentes teintes, roses, rouges, violets, plus ou moins clairs ou foncés. Tu les vois ? Ce sont les lignes de pouvoir, les émanations de plaisir. »
Elle en saisit une au hasard, la tira à elle, jouant délicatement avec elle en la tournant et retournant entre ses doigts. Non loin, un homme, un serveur d’après sa tenue, tomba au sol et se cambra. En fonction de ses gestes, il réagissait, haletant, gouverné par quelque chose qu’il ne comprenait pas, le regard stupéfait, apeuré et incroyablement gorgé de plaisir.
« Tu peux tout obtenir en manipulant correctement ces flux. »
Elle fit grimper l’homme dans les tours, l’amena au bord de l’explosion dans des cris et gémissements intenses, puis le stoppa brusquement.
Il resta là, tendu, crispé, incroyablement frustré mais totalement soumis sans savoir pourquoi ni ce qui lui arrivait.
« Il est possible de transformer ces flux en essence. Tu le vois maintenant ? »
D’un geste négligent, elle termina l’homme qui s’abîma dans un plaisir tel qu’il n’en avait jamais connu.
« Tu peux aller jusqu’où tu veux. Gentil, puissant, extrême… mortel. »
Un autre geste, l’homme se mit à convulser alors que sa semence giclait follement. Une écume se mit à sortir de sa bouche tandis que son regard se révulsait, que son corps se crispait dans d’étranges positions. Il retomba enfin, dans l’indifférence générale, au milieu des orgasmes et des cris de plaisir, pour ne plus jamais bouger.
« C’est ta nouvelle tâche. Je te confie une partie de notre avenir. Un projet qui pourrait sceller une victoire éclatante sans aucune effusion de sang. Prends un fil, montre-moi comment tu fais. »