
Nom : Cléa Néveron.
Surnom/titre : La Peintresse de Cauchemar.
Univers d'affiliation : Terra.

Particularités physiques :
¤ Une longue chevelure brune, coiffée d'un serre-tête, qui lui descend jusqu'aux fesses.
¤ Un air sérieux, qui a parfois tendance à doucement virer vers la mélancolie.
¤ Un regard gris acier, qui témoigne de sa dureté naturelle.
¤ Une silhouette svelte, élancée, dont les respectables proportions dépendent d'un entretien simple et régulier plutôt qu'un entraînement spartiate.
¤ Elle se balade pieds nus, la plupart du temps. De très jolis pieds, d'ailleurs !
¤ Affectionne le port de la robe, qu'elle préfère longue et ample. Même s'il lui arrive de porter des chemises, notamment quand elle peint ses sinistres créations.

Caractère :
¤ Une intelligence cruelle, voire mortelle.
¤ Ambitieuse, elle aspire à la domination et à la conquête.
¤ Peut se montrer EXCESSIVEMENT vindicative.
¤ Apprécie qu'on lui baise les pieds, qu'on la sert comme il se doit de l'être ; elle déteste que l'on vienne marcher sur ses plates bandes.
¤ Personnalité autoritaire et intimidante.
¤ Peu encline à la rigolade. C'est une femme sérieuse et réaliste que les pertes de temps et les niaiseries ont vite fait d'irriter.
¤ « Tout détruire pour mieux reconstruire ». Cet axiome vaut, de son point de vue, aussi bien pour les gens que pour le matériel. Ses sujets ont tout intérêt à savoir se démarquer s'ils ne veulent pas faire office d'éternel meuble mexicain.
¤ Artiste dans l'âme dont l'esprit est empoisonné par des pensées aussi sinistres que morbides.
¤ Très casanière, elle n’hésite pas, quant les moyens s'y prêtent, à envoyer ses sbires faire le sale boulot à sa place.

Histoire :
Son coup de pinceau était certes indéniablement bon - inimitable même - mais son style apparaissait, auprès du grand public, aussi sombre que dérangeant. L'Eldoise de l'époque n'en avait cure. De toute façon, pétrie d'orgueil et de supériorité, elle ne cherchait aucunement à plaire au monde ; elle avait le sien, plus étroit mais autrement plus agréable que celui qui aurait dû la regarder d'en-bas.
Cléa n'appréciait pas ses congénères. C'était tout juste si la noble pouvait encadrer sa petite sœur - bien moins douée qu'elle. Même ses parents, parfois, lui donnaient des envies de meurtre. Cléa avait songé à passer à l'acte lors de ses longues journées de solitude et d'ennui, mais même sa folie - passagère - avait ses limites. Pour les refouler, l'artiste peignait en exploitant son don. Ses dessins s'animaient et prenaient vie. Uniquement sur la toile, en revanche. Il lui était impossible de les en arracher pour la simple et bonne raison que sa faculté ne comprenait pas cette fonction.
C'était dommage mais pas pour autant déprimant...
Un beau jour, lors d'une coûteuse exposition à laquelle elle avait daigné participer par simple caprice, Cléa fit la rencontre de Randall Flagg. Un homme de qualité, plus connu sous le nom de Marten Largecape au sein de la cour eldoise, qui, contrairement aux autres benêts d'un rang inférieur au sien, appréciait ses œuvres à leur juste valeur. Le conseiller magique du roi Steven Deschain, qui ne s'était pas encore présenté en tant que tel, ne tarissait pas d'éloges à son sujet. Il adorait le côté sinistre de ses peintures ; les jeux de lumière qui, paradoxalement, renforçaient l'obscurité et la menace inhérentes à ses représentations. Cléa s'attacha à ce curieux phénomène en grande partie parce qu'il imposait le respect et que ce respect, justement, l'inspirait. Elle fut secrètement heureuse de peindre pour lui - surtout quand il la rémunérait grassement. Sans doute le plus beau passage de son existence... scellé par la remise de cet objet singulier : une pierre ovoïdale, barrée d'une longue cicatrice, dont les yeux et la bouche étaient, pour une obscure raison, totalement clos. Ce présent, disait le grand homme, assurerait un jour son salut.
Il s'agissait une béhérit. Bien qu'endommagée, elle était blanche comme la neige la plus pure. Et froide comme un cadavre entre les mains de l'élue d'un noir destin.
Ce n'est pas exactement la Chute en elle-même qui eut raison de son quotidien, mais bien l'Eldoise dont l'humeur avait fini par totalement basculer. Personne ne comprit jamais l'origine de son trouble évolutif, la sombre peintre ayant pris soin de dissimuler son cadeau à tout le monde, même aux yeux de ses plus proches parents. Son trésor qui lui était lié et qui était supposé, comme tous les autres artefact en son genre, réagir au contact du sang de son élu(e), ne fonctionnait pas exactement de la même manière. De cette étrange béhérit blanche émanait des voix qu'elle seule était en mesure d'entendre. Des chuchotements qui s'étaient fait de plus en plus intrusifs, envahissants et... pour finir assourdissants. Des jours et des nuits entiers, Cléa luttait farouchement contre l'insidieuse folie. Ses toiles se garnissant de nouvelles horreurs sans-visage que son esprit seul n'aurait jamais pu engendrer. Elle continuait à peindre dans cet état, dissimulant ses cernes grasses sous une épaisse couche de peinture. Elle combattait son mal sans jamais pouvoir rejeter la faute sur la drôle de pierre, pourtant bel et bien à l'origine de ses maux. Pierre qui tomba de ses doigts fébriles avant qu'elle-même ne s'effondre, les mains plaquées de chaque côté de son crâne bourdonnant. Quand le sang se mit à couler de ses oreilles et qu'il éclaboussa la béhérit, le monde insipide dans lequel elle n'avait jamais fait que survivre s'effaça au bénéfice d'un enfer outrageusement coloré et aux profondeurs insondables.
Avant que le chaos dans lequel la ville entière s'était perdu n'éclate sous une éclipse improbable, Cléa, revenue à elle, fit la rencontre d'entités surpuissantes qui défiaient la logique. Elles exigeaient un sacrifice à la hauteur de ses ambitions personnelles et l'Eldoise, qui s'attendait à perdre la vie en cas de refus, offrit aux innombrables monstres anthropophages tout ce qui se trouvait à l'horizon. Le sanglant banquet emporta à jamais les reliquats de son humanité ! Cet effroyable carnage transcenda son être de façon radicale, dépouillant son enveloppe physique de ses couleurs.
L'ancienne humaine, qui avait connu la beauté artistique du mana, découvrit une toute nouvelle source d'énergie qui lui était propre : la Chroma. Cette dernière se renouvelait périodiquement, si bien qu'il lui était nécessaire, pour ne pas avoir à s'en priver, d'en absorber l'essence auprès des autres sources de vie environnantes avant de la raffiner. Sa ville morte n'en comptant plus une seule, il lui fallait donc aller voir ailleurs... trouver de nouvelles victimes. Pour continuer à peindre, à se purger, à se renouveler. L'extension territoriale de sa dévorante folie ! Une conquête monstrueuse, qu'elle n'entama pas toute seule ; les Néverons, qu'elle était dés lors en mesure d'arracher à ses toiles, contribuaient à son insatiable destruction. Mais plus il y en avait debout, plus les contrôler s'avérait énergivore. Cléa, prisonnière de sa forme d'Apôtre, le vécut de plus en plus mal... jusqu'à devenir ingérable. Y compris auprès de celui qu'elle avait eu la bêtise de prendre pour son bienfaiteur avec ce cadeau empoisonné.
Randall Flagg, qu’elle avait fini par retrouver, dut faire face à sa colère ! Malheureusement, ce sentiment n'était pas assez grand avec un tel client. Son armée inhumaine et imparfaite complètement défaite, Cléa connut la plus humiliante défaite de sa nouvelle existence ; elle fut enfermée dans son manoir, les portes de ce dernier scellées pour les quelques décennies à venir, et, pour faire bonne figure, projetée dans une de ses propres toiles. Le bâtiment lui-même fut arraché à la terre et expédié dans le ciel, à travers les dimensions...
Personne n'entendit plus jamais parler de la dangereuse Peintresse et de ses impitoyables Néverons. La Chute, qui avait eu lieu juste après son explosion de violence, étouffant leur brève et laborieuse légende. Eld était devenu ruines, mais pas la prisonnière sur qui le temps et les besoins physiologiques n'avaient plus aucune emprise. Un manoir, perdu au milieu de nulle part, qu'une force, encore plus obscure que celle qu'il abritait, finit hélas par visiter. Le Cauchemar appréciait fortement l'odeur qui s'en dégageait ; elle était à son goût, mais il avait d'ores et déjà pris conscience qu’elle appartenait à une créature si tourmentée qu'il lui faudrait avant toute chose la soumettre, la rendre plus... malléable.
Et pour mater une invocatrice corrompue, quoi de mieux qu'une puissante sorcière du même acabit ? L’émissaire du Cauchemar valait bien mieux que cela ; elle en était presque devenue la maîtresse, la décisionnaire. Du moins le croyait-elle dur comme fer alors qu'elle n'était qu'un jouet entre les mains d'un pouvoir incroyablement pervers. Enfin bref ! Cette sorcière, volontairement anonyme, forte des protections nécessaires à ce qu’elle savait qui allait avoir lieu, arracha la terne araignée à sa toile avant de se confronter sévèrement à son envahissante folie. L'ancienne Eldoise, grandement affaiblie, connut ainsi sa seconde défaite. Néanmoins, elle cachait quelque chose d'infiniment plus flatteur que la première. Un marché, oui ; en échange d'une plus grande maîtrise de son défaillant pouvoir, la vainqueur lui proposait de se mettre au service du Cauchemar.
Cette force aussi abyssale qu'infernale contre laquelle elle n'avait rien pu faire méritait bien son attention, n'est-ce pas ?
Cléa accepta de vendre son âme au diable pour la seconde fois, devenant ainsi, de façon officielle, ce qu'elle aurait toujours du être : un agent du Chaos. Elle reçut, en guise de cadeaux de bienvenue, un pinceau lié à son âme décatie ainsi qu'une graine - grosse comme une noisette - qu'elle dut ingérer. Ce dernier produit lui rendit instantanément des couleurs. Et son apparence humaine, dont elle n'allait pas tarder à avoir besoin pour se fondre dans le décor... parmi ses proies potentielles. Une humaine, au départ, transcendée en Apôtre. Puis une Apôtre, pervertie en Cauchemar Éveillé. Cléa n'avait pas fini de peindre la Mort ; cette dernière allait en avoir, du travail.

Compétences clés :
- Marquage Chromatique : Méfiez-vous de son coup de pinceau - même quand il n'est pas destiné à effleurer la toile ! Si son trait vient à vous barrer, dites adieu à vos défenses et bonjour à votre vulnérabilité ; pour vous, ce n'est que le début de la fin.
- Isolement Chromatique : Peindre des machines à tuer n'est pas sa seule activité. Il arrive à notre chère Peintresse de projeter ses victimes affaiblies dans ses toiles pour leur faire vivre un enfer de sa conception. Essayez d'être sage, d'accord ? Même si cela ne changera pas grand chose à votre destin...
- Invocation de Néverons : Elle possède le don (perverti) de matérialiser dans la toile de la réalité ses créations picturales. Il en existe plusieurs sortes : des sinistres (ses préférés), des lanceurs de sorts, des agiles, des élémentaires, des puissants... Sachant qu'il lui arrive, sur un coup de tête, de les améliorer.
- Réminiscences Néveroniques : Une fois n'est pas coutume ? Avec Cléa, c'est tout l'inverse ; quand une de ses créations voit le jour, la Peintresse l’intègre automatiquement à sa mémoire afin de pouvoir la reproduire à loisir... c'est à dire, en fonction de ses réserves de Chroma.
- Barrière Chromatique : Une protection de Chroma surpuissante qui l'entoure intégralement. Elle s'étiole quand on abîme ses Néverons mais, à l'inverse, se renforce si ces dernier parviennent à blesser leur(s) adversaire(s).
- Projections Chromatiques : Dépourvu d'élément et donc lié au néant, sa Chroma peut tout aussi bien lui servir à harceler directement ses proies avec, entre autres, de violentes ondes, des décharges ou même des boules plus grosses que ses poings. Vous auriez grand tort de la croire incapable sans le soutien de ses créations.
- Apôtre Chromatique Cauchemardesque : Cléa est une Peintresse corrompue et, en ces termes, n'est plus ce que l'on peut appeler à proprement parler une humaine. Elle possède donc trois formes. La première, celle de la Parodie, destinée à tromper/séduire son monde, à se fondre dans la masse ; la seconde, celle de l'Imparfaite, tout de suite plus troublante, qui lui confère l'apparence d'une femme peinte, presque morbide, de couleurs majoritairement ternes ; la troisième, celle de la Prodige, non moins gaie mais avec des fils dorés qui lui sortent des doigts, déborde d'une puissance telle qu'elle en devient pesante même pour son esprit.
Chaque stade de transformation lui confère une plus grande maîtrise de la Chroma au point de pouvoir invoquer et contrôler un plus important nombre de Néverons en même temps. Néanmoins, un tel afflux de pouvoir à tendance à jouer sur sa santé mentale... et à conséquemment la dégrader. D'où sa très notable absence d'empathie.

Possessions :
Cléâtre, la brosse de l'Imparfaite : Son pinceau fétiche, imprégné d'une magie impie grâce à la collaboration d'une certaine sorcière. Il lui est surtout nécessaire pour concevoir une créature pour la première fois, mais en aucun cas pour la répliquer.
Béhérit balafrée : Un « cadeau » de la part d'un « fan » de haute renommée. Un artefact blanc comme la craie, mais tristement endommagé au point d'en être devenu défectueux. Cléa le conserve sur elle, bien qu'il l'ait fait souffrir du temps de sa seconde vie. Il incarne un puissant souvenir qu'elle rêve d'effacer en infligeant la mort à celui qui le lui a remis.



