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Les Enfants de Lilith [Valac & Amy]

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Amylithéa
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"Mais ... Il va se noyer!!!"

"Euh oui, surement ..."


"Mais vous devez intervenir! Vous n'allez rien faire?"

"Non, je ne crois pas. Je ne sais pas nager."

"Comment ça? Vous n'êtes pas sauveteuse en mer?"

"Moi? Ah mais pas du tout. J'aime bien leur maillot rouge c'est tout; il me va bien hein ? ... Et du haut de cette chaise de garde on peut admirer l'ensemble de la plage."

L'homme qui venait de se précipiter vers Amy pour lui signaler la détresse d'un nageur au loin la regarda, éberlué. La jeune femme lui adressa un sourire adorable et descendit prudemment de la chaise haute en faisant attention de ne pas manquer un barreau. Elle avait bien vu que quelqu'un avait besoin d'assistance mais comme elle avait "consommé" le véritable maitre nageur un peu plus tôt, et bien ... il allait y avoir un nouveau drame. Ah la la ... quelle imprudence que de vouloir aller nager si loin. Elle fit quelques pas qui laissèrent une empreinte légère dans le sable de la plage, s'étira en baillant, puis s'éloigna, tandis que le type en panique rameutait qui pouvait.

C'était une belle journée, le soleil rayonnait sur la côte Ouest des États-Unis et les plages de Malibu ne désemplissaient pas. Les foules accumulées sur les plages généraient une pagaille permanente et la vigilance des équipes de surveillance et de sauvetage était de tout instant.

Amy adorait jouer avec ces adeptes de la crème solaire et de l'exhibition. Ils étaient si faciles à berner que cela en était risible. Il suffisait de peu pour les distraire et provoquer ou le chaos, ou quelques morts accidentelles. Personne ne voulait résister au charme de la jeune femme et de toute manière, personne ne pouvait s'opposer au magnétisme de la succube. Ces endroits bondés étaient ses terrains de jeux favoris. Là, elle pouvait s'adonner à ses plaisirs, c'est à dire assumer le sens de son existence en tant que démone, et faire le plein d'énergie en vidant de leur substance maitresse les beaux mâles que l'humanité avait à lui offrir. Bien sûr, il n'y avait aucune cruauté, c'est ce dont elle se persuadait; c'était tout simplement les aléas de l'existence.

La démone vivait à Malibu depuis une petite année. Avant cela, elle était passée par de nombreuses destinations. Elle bougeait assez fréquemment puisque son "passage" entrainait nécessairement des décès bizarres et plus nombreux sur la période. Bien sûr, rien ne permettait vraiment de remonter à elle mais dans le doute ... mieux valait rester prudente. Cette prudence se heurtait quand même à la nature profonde de la démone, c'est à dire, provoquer le chaos, se sustenter selon les spécificités du statut de succube et inciter massivement à la désobéissance.

Et puis, il ne fallait pas oublier qu'Amy était normalement morte, c'est ce qu'on croyait aux Enfers, et que les démons des 7 arpentaient toujours la Terre, relevant les pics d'activité inhabituels. Il serait dommage qu'elle soit retrouvé par hasard et passablement exécutée ou pire, traduite devant les maitres démoniaques. L'histoire tragique de sa "famille" restait dans les mémoires et ses origines faisaient d'elle une cible permanente.

Amy quitta la plage, après avoir attendu un peu l'intervention inutile des vrais secouristes, et retourna à l'appartement sympa qu'elle occupait (avec l'accord sexuel de son propriétaire trop heureux) en remontant Sunset Boulevard. Elle avait passé un petit short en jean bien comme il faut, seul ajout à sa tenue sulfureuse. On tournait la tête à son passage, on commentait, des couples s'engueulaient par la suite ...

Et puis, il y eut dans l'air cette écrasante vibration qu'elle seule ressentit. Amy se figea, tétanisée, et seul son visage se leva vers le ciel, comme attiré par un magnétisme absolu. Elle était tendue à se briser, et le dos creusé, elle se hissa sur la pointe des pieds comme si on l'arrachait au sol. Le vent amena le murmure d'un appel irrésistible, porté dans une langue si ancienne et lourde de pouvoir qu'Amy en eut la chair de poule. Les passants prirent peur en la voyant ainsi figée et vibrante, et un pompier en repos se précipita croyant qu'elle faisait une crise d'épilepsie. Il brisa le charme en la touchant et Amy s'effondra à genoux, le souffle coupé. Elle n'eut pas besoin de jouer de son émotion et répondit aux questions de l'homme avant de le rassurer et de quitter les lieux précipitamment.

De retour chez elle, elle fit aussitôt ses bagages. L'appel avait aussi été porteur d'un message, renseignant sur une destination ... Mère appelait ses Enfants.


OoOoOoOoOoO



Bucarest n'avait pas le charme ensoleillé de Malibu ... Amy trouvait cette ville "lourde" malgré ses sites touristiques reconnus. Elle était arrivée à la capitale roumaine deux jours plus tôt et avait pris une chambre dans un bel hôtel du centre. Ici, il n'était pas question de s'amuser donc elle ne se prêtait pas à ses manèges habituels. Elle portait un jean juste comme il faut et un croptop juste comme il faut, recouvert par une veste courte juste comme il faut, en plus d'une casquette et d'une paire de lunettes au verres sombres pour tenter de cacher l'éclat de ses iris démoniaques. Le message de l'appel se déclinait au pluriel donc il était probable qu'elle ne soit pas la seule en vie. Depuis sa fuite, elle avait pris soin de ne surtout pas se mêler des affaires des Enfers ni de chercher à retrouver les siens. On le lui reprocherait peut être ... Parmi ses frères et sœurs, elle en haïssait beaucoup et en tolérait d'autres. Les relations entre démons étaient généralement conflictuelles ou soumises à subordination. Elle n'aimait ni l'une ni l'autre, espérant juste ne pas tomber sur l'un des rejetons de Lilith les plus désagréables, ou plusieurs ...

L'appel indiquait Bucarest mais sans véritable lieu de retrouvailles. Qu'importe ... elle saurait.
Amy marchait les mains dans les poches, dans une rue proche du centre, ses pas la portant sans qu'elle ai à réfléchir. Elle bifurqua dans une impasse au bout de laquelle un étroit passage piéton sombre s'insinuait entre deux hauts immeubles en briques rouges usées par le temps. Elle s'arrêta sous une ampoule crépitante, seul point lumineux de l'endroit. Elle n'était pas seule mais la présence spéciale n'était pas celle d'un touriste en quête de putes locales ni celle d'un malfrat mal intentionné ...
Amy sourit. De tous, elle n'aurait pas cru qu'il puisse s'en sortir, lui, le chouchou ...
Modifié en dernier par Amylithéa le 01 avr. 2026 20:34, modifié 1 fois.
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Re: Les Enfants de Lilith [Valac & Amy]

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Valac n’avait pas levé les yeux au ciel lorsque l’appel l’avait frappé. Il n’en avait pas eu besoin. La voix ne venait ni des airs, ni des profondeurs, ni d’un point précis de l’espace. Elle s’était imposée directement dans la substance même de son être, comme si une main antique s’était refermée sur le noyau de son âme pour lui rappeler, avec une douceur monstrueuse, qu’aucun enfant de Lilith ne cessait jamais tout à fait d’appartenir à sa mère.

Il se souvenait encore de l’instant exact.

Une chambre étroite, quelque part en Europe centrale. Un bureau de fortune couvert de papiers, de faux noms, de cartes, de schémas et de notes prises dans plusieurs langues. Une lampe jaunâtre. Le tic-tac d’une horloge minable. Et puis cette onde. Ce frisson noir. Cette vibration si vaste qu’elle avait semblé suspendre le monde, figer la poussière dans l’air, arrêter jusqu’au rythme naturel de sa respiration. Ce n’était pas simplement un appel. C’était une convocation. Une vérité plus ancienne que la peur, plus absolue que la prudence. Lilith.

Là où d’autres auraient cédé à la panique, Valac était resté parfaitement immobile, les mains posées sur le bois du bureau, les yeux baissés sur ses propres notes, tandis qu’au fond de lui quelque chose d’enfoui remuait avec la violence d’un tombeau qu’on rouvre. Sa mère appelait ses enfants. Cela ne signifiait jamais rien de simple. Encore moins rien de bon.

Il avait fermé les yeux alors, non par émotion, mais pour mieux isoler le message dissimulé sous la puissance brute de l’injonction. Bucarest. Une destination. Un fil. Une balise jetée dans le monde profane comme un hameçon plongé dans des eaux infestées. Cela suffisait. Lilith n’avait jamais eu besoin d’en dire davantage à ceux de sa lignée. Surtout pas à lui.

Le démon avait quitté sa planque dans l’heure, ne prenant avec lui que le strict nécessaire : de quoi changer d’identité encore une fois, quelques objets ésotériques soigneusement dissimulés, des armes choisies avec une rigueur presque maniaque, et cette discipline glacée qui l’avait maintenu en vie là où tant d’autres rejetons infernaux avaient fini dépecés, asservis ou oubliés. Les survivants de la Goëtia n’étaient pas des survivants par chance. Ils l’étaient parce qu’ils avaient appris à flairer la trahison avant même qu’elle n’entre dans une pièce.

Le voyage jusqu’à Bucarest fut silencieux. Valac observa les visages humains, les foules pressées, les gares, les halls impersonnels, les vitrines éclairées, les caméras, les policiers, les mendiants, les couples, les touristes, toute cette comédie mortelle qui s’imaginait encore vivre dans un monde à peu près rationnel. Il n’éprouvait pour elle ni mépris véritable, ni fascination, seulement cette distance souveraine qu’il avait toujours cultivée. Les humains étaient utiles. Malléables. Touchants parfois dans leur obstination à ignorer l’abîme. Mais ils n’étaient pas le sujet. Pas cette fois.

Cette fois, il y avait Mère.

Et peut-être d’autres.

Cette simple idée suffisait à tendre en lui une corde invisible. Les souvenirs de la Goëtia ne venaient jamais seuls. Ils charroyaient avec eux les visages des disparus, les serments brisés, les purges, les odeurs de chair brûlée, les regards calculateurs de frères et sœurs qui, même dans les meilleurs jours, n’avaient jamais cessé d’être des prédateurs mutuels. Parmi les enfants de Lilith, l’amour n’excluait ni la rivalité, ni la morsure. Surtout pas lorsque la survie avait remplacé depuis longtemps toute illusion de famille.

Bucarest l’accueillit avec son vieux souffle de pierre, ses artères sombres, ses façades fatiguées, son charme mélancolique de ville qui avait vu passer trop d’empires, trop de guerres, trop de nuits pour croire encore aux promesses du jour. Valac s’y déplaça comme une ombre instruite, sans empressement, mais avec cette certitude intérieure de celui qui sait reconnaître une piste lorsqu’une puissance supérieure la place sous ses pas. Il n’eut besoin d’aucune adresse. L’appel continuait de vibrer en lui, ténu mais constant, comme une pulsation venue d’un autre âge.

Ses pas le menèrent finalement vers une rue plus étroite, puis vers une impasse où la ville semblait se resserrer sur elle-même. Deux hauts immeubles de briques rouges y dressaient leurs silhouettes usées, formant un corridor de pénombre où l’air lui-même paraissait plus dense. Une ampoule crépitait plus loin, pauvre astre électrique suspendu au-dessus d’un passage piéton trop étroit, comme si la modernité s’était hasardée là sans vraiment réussir à profaner l’ancien pouvoir des lieux.

Valac ralentit.

Il l’avait sentie avant de la voir.

Une présence féminine, démoniaque, singulière, impossible à confondre avec la moindre émanation humaine. Pas simplement une succube ordinaire, ni une créature infernale quelconque venue flairer l’appel. Non. Il y avait dans cette empreinte une note connue, une vibration du sang, quelque chose d’intolérablement familier sous les couches de temps, de fuite, de solitude et de métamorphoses. Une survivante. Une vraie.

Amilithéa.

Un nom ancien remonta à sa mémoire comme une lame qu’on tire lentement de son fourreau. Amy, aujourd’hui, pour les hommes qu’elle amusait, trompait, vidait et abandonnait derrière elle comme des enveloppes creuses. Mais pour lui, sous les masques, les pseudonymes et les siècles d’errance, elle restait cela : une sœur. Une enfant de Lilith. Une rescapée de la boucherie.

Le démon s’arrêta à l’entrée du passage, sans se montrer tout à fait d’abord. Sa silhouette demeura un instant découpée par la lumière plus pâle de la rue, grande, sobre, presque élégante dans sa retenue, mais traversée de cette autorité calme qui n’avait jamais eu besoin d’effets pour s’imposer. Son regard, lui, brillait déjà dans l’ombre avec cette lucidité dangereuse, cette intelligence froide et patiente qui avait fait de lui bien plus qu’un simple survivant. Il observa la jeune femme sous l’ampoule tremblante, sa posture, son immobilité, le détail de ses vêtements, la manière dont elle occupait l’espace, comme on lit une page codée que l’on croyait perdue.

Aucune émotion grossière ne passa sur son visage. Ni attendrissement, ni joie naïve. Seulement ce très léger pli au coin de la bouche, ambigu, presque moqueur, qui chez lui pouvait aussi bien annoncer une tendresse rarissime qu’une cruauté raffinée.

Tant d’années. Tant de silence. Et pourtant, en cet instant, il comprit une chose avec une netteté parfaite : malgré les cadavres semés derrière eux, malgré la chute de la Goëtia, malgré la traque, malgré les mensonges et les métamorphoses nécessaires à leur survie, quelque chose de leur lignée persistait encore. Quelque chose qu’aucun maître infernal, aucune purge, aucune fuite n’avait réussi à réduire au néant.

Alors Valac avança enfin d’un pas mesuré dans la ruelle, laissant la lumière malade accrocher à peine les lignes de son visage, et sa voix s’éleva, basse, maîtrisée, avec cette ironie feutrée qui lui était propre.

« De tous ceux que Mère pouvait rappeler à elle… te revoir ici est presque une surprise agréable. »

Il marqua une très brève pause, son regard ne quittant pas le sien.

« Presque. »

Re: Les Enfants de Lilith [Valac & Amy]

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Amylithéa
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Il n'y eut pas de salutations sincères ni de retrouvailles exubérantes. Il ne fallait pas espérer de deux démons qu'ils se laissent aller à des effusions très humaines qui en réalité, ne servaient à rien d'autres qu'exacerber de faux-semblants. La démone ne cilla pas quand le timbre de la voix de son frère résonna dans la ruelle. Elle s'en souvenait très bien, comme s'ils ne s'étaient quittés que quelques temps auparavant. Valac avait une voix persuasive, c'était l'une de ses forces : un charmeur né. Contrairement à bon nombre de ses frères, il avait toujours usé de subtilité pour arriver à ses fins. Dans ce sens, Amy et lui se ressemblaient beaucoup car la démone ne comptait pas sur sa force physique pour arriver à ses fins. Dans ce domaine, elle était d'ailleurs assez faible mais une succube n'avait pas pour vocation de jouer les gros bras.

On ne pouvait pas comparer l'évolution d'un démon à celle d'un humain. Ils ne suivaient pas un chemin les menant de nouveau-nés à vénérable sage. On ne les regroupaient pas dans des crèches infernales et ils ne suivaient pas ensemble une scolarité programmée. Ils ne s'invitaient pas à leurs anniversaires ni ne se chamaillaient pour telle ou telle babiole. Non, quand un démon voyait le jour, il était déjà pion et acteur sur un échiquier dédié à la survie tout en accumulant un maximum de pouvoirs. Amy n'avait jamais joué aux cubes avec Valac et elle ne lui avait jamais demandé de la complimenter sur sa dernière robe offerte par maman. Sous l'autorité de Lilith, ils s'étaient chacun appliqués à être de bons enfants, dignes de leur mère et de sa confiance. Il aurait pu y avoir un semblant d'esprit familial mais l'essence d'un démon, même issu d'une lignée aussi spéciale que celle de la Grande Putain des démons, ne pouvait permettre une quelconque forme d'attachement sentimental.

Il y avait bien quelque chose cependant, une sorte de lien d'appartenance à la meute. L'isolationnisme ne fonctionnait que quand il n'en restait plus qu'un. Durant toutes ces longues années, Amy ne s'était jamais sentie bien, ou sereine. Mère se taisait mais ses héritiers éparpillés dans les mondes étaient comme une partie d'elle même qui lui manquait.

D'avoir Valac en face d'elle comblait l'un de ses vides. Comblait juste car ce rapprochement n'excluait pas toute forme de danger.

"Quel dommage. Et moi qui croyait que tu serais heureux de retrouver la plus belle création de Mère ... Es tu toujours aussi oisif que tu ne l'étais jadis ?"

La distance qui les séparait ne représentait rien. S'ils devaient s'affronter, des yeux humains n'arriveraient pas à suivre leur rapidité d’exécution. Amy ne savait pas ce que Valac avait fait durant toutes ces années. Même si l'Appel ne Mère ne pouvait être corrompu, rien ne pouvait certifier que Valac était resté noble de cœur, fidèle à la Goëtia. Peut être aurait il pu changer de camp, rejoindre les pourfendeurs de la Famille., trahir … Et sa présence ici pourrait signifier l'arrêt de mort d'Amy si les puissants seigneurs infernaux lui mettaient la main dessus.

Les paroles d'Amy étaient de miel mais elle savait très bien à qui elle s'adressait. Valac avait reçu les mêmes enseignements qu'elle et il n'était pas moins doué que sa sœur.

"Tu m'as l'air en forme, et toujours aussi plaisant à regarder. On dirait que les souffrances t'ont épargné. Où t'es tu terré pour réussir à survivre ?"

Bien qu'ils ne bougent pas, une vigilance accrue s'était installée entre les deux êtres. Amy bouillait d'une sensibilité presque douloureuse tant elle cherchait à capter dans leur environnement immédiat toute forme de menace. Mais rien ne devait l'alerter, aucune aura noire meurtrière ni même celle d'un autre rejeton de Lilith. Elle se détendit un peu et murmura enfin.

"Seulement nous deux … Aucun autre … Quelle tragédie cela sera pour Mère quand elle l'apprendra."

Amy ne restait jamais sérieuse très longtemps.

"Ton … 'presque' … me peine mais tu vas devoir faire avec. Et je suis certaine que tu mens. Tu devrais avoir honte. Il faut être sincère avec moi, qui suit la meilleure sœur que tu pourrais avoir. J'attends que Valac me cajole et se soucie de mon bien être. Moi, je n'ai pas eu une vie facile depuis notre séparation."

La démone cessa son cinéma quand une impulsion brutale la saisit. Elle crut à un piège mais vit que son frère était tout aussi tendu. L'écho de Lilith les sondait et expurgeait de leurs esprits toute forme de doute et de suspicion. La magistrate de la Goëtia et matriarche retrouvait ses enfants et rétablissait le lien ancestral qui les unissait. La puissance de la transmission fit vaciller Amy qui fit un pas de côté pour prendre appui contre le mur humide le plus proche. Elle sourit néanmoins car la vitalité du message indiquait un retour en force de Lilith. Et si Lilith revenait, c'est qu'elle était prête à l'affrontement.

"Je crois bien qu'il va falloir aiguiser nos lames … mais avant cela, si nous quittions ce cloaque qui fait honte à ma condition. J'ai faim et je veux fêter nos retrouvailles comme il se doit. Arriveras-tu à être moins … rouge ?"

Sous le poids de l'esprit de Mère, leurs déguisements s'étaient évaporés. Si pour Amy, seules ses oreilles et sa queue de succube (facilement dissimulables) pouvaient dévoiler sa nature réelle ; Valac, lui, luisait d'une superbe peau carmin dans laquelle elle adorerait de nouveau planter ses dents.
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