Duché autonome et indépendant, Innistrad est une région maudite, dangereuse, peuplée de monstres, de légendes terribles. Gare aux voyageurs qui s'y aventureraient imprudemment !
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Alice, follow the white rabbit [ Arlinn Kord]

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Dans les chroniques perdues des temps oubliés, il existe un lieu dont même les plus anciens grimoires n'osent prononcer le nom qu'à voix basse. Un sanctuaire enfoui si profondément sous les racines du monde que la lumière du jour n'y a jamais pénétré, où le temps lui-même semble suspendu dans un éternel crépuscule. Les légendes murmurent qu'en ces lieux maudits gît un tombeau que les siècles n'ont jamais osé profaner, gardé par des forces plus anciennes que la mémoire des hommes.

La forêt qui menait à cette abomination s'étendait comme une cicatrice purulente sur la face de la terre. Les arbres, tordus par une souffrance millénaire, dressaient leurs branches squelettiques vers un ciel qui semblait fuir leur contact. Leurs troncs noirs suintaient une sève poisseuse qui empestait la putréfaction et l'ancien, tandis que leurs racines noueuses émergeaient du sol tel des serpents pétrifiés. Nulle feuille ne bruissait plus dans cette désolation. Nul oiseau n'osait troubler ce silence de mort de son chant. Même les insectes, créatures pourtant habituées aux recoins les plus sombres, avaient déserté ces terres maudites.

Seule une brise fantomatique, froide comme l'haleine d'un cadavre, effleurait parfois les cimes décharnées. Elle portait avec elle des murmures incompréhensibles, des lambeaux de voix d'époques révolues qui semblaient supplier qu'on les laisse reposer en paix. La nature entière paraissait retenir son souffle, comme si elle pressentait l'imminence d'un réveil qui bouleverserait l'ordre du monde.

Le sanctuaire n'avait rien de grandiose ni d'orné, et c'était précisément cette simplicité qui le rendait si terrifiant. Contrairement aux tombes des pharaons ou aux mausolées des rois, ce lieu n'affichait aucune prétention à la grandeur. Il était fonctionnel, pratique, conçu non pour impressionner mais pour contenir. Les murs de pierre brute, polis par le temps jusqu'à devenir lisses comme du verre, reflétaient une lumière qui ne semblait provenir d'aucune source identifiable.

Au centre de cette chambre circulaire, un autel d'obsidienne se dressait dans l'obscurité absolue. La pierre volcanique, d'un noir si profond qu'elle semblait absorber la lumière plutôt que la réfléchir, avait été taillée avec une précision qui défiant l'entendement. Chaque arête était parfaite, chaque angle calculé au degré près. La surface de l'autel était recouverte de veines argentées qui pulsaient faiblement, comme si du sang métallique coulait dans ses artères de pierre.
Et reposant dessus, tel un joyau sombre enchâssé dans son écrin de ténèbres...

Un cercueil.
Mais pas n'importe lequel. La pierre noire dont il était façonné ne ressemblait à aucun matériau terrestre. Elle semblait respirer d'une vie propre, se gonflant et se contractant selon un rythme hypnotique qui rappelait celui d'un sommeil profond. Sa surface, sombre comme le néant primordial, luisait d'un éclat glacial et douloureux à regarder, comme si elle captait et concentrait toute la souffrance du monde.

Chaque gravure qui ornait le sarcophage pulsait d'un murmure ancestral, visible à l'œil nu sous forme de vaguelettes de lumière dorée qui parcouraient les reliefs sculptés. Ces inscriptions semblaient vivantes, se déplaçant lentement le long de la surface comme des serpents de lumière. Elles racontaient une histoire de gloire et de chute, d'amour filial transformé en devoir tragique, de sang versé au nom de la justice. On y voyait la silhouette d'un homme aux longs cheveux tenant une épée, face à une créature aux ailes déployées. On y lisait des mots dans une langue incompréhensible pour le commun des mortels: sacrifice, rédemption, sommeil éternel.

Et puis il y’avait Dark Symphony.
Transpercent le cercueil tel une épée d'Excalibur fichée dans son rocher, mais en version maudite, la lame noire s'enfonçait profondément dans le marbre de l'autel. La garde, forgée dans un métal qui semblait absorber la lumière, était ornée de motifs complexes représentant des roses épanouies et des ronces entrelacées. La poignée, enveloppée d'un cuir si ancien qu'il avait pris la teinte de l'obsidienne, portait encore les traces des mains qui l'avaient serrée lors de son dernier combat.

Cette lame était légendaire même parmi les légendes. Forgée dans les flammes de l'enfer lui-même par des démons-forgerons au service de Dracula, elle avait été destinée à être l'arme ultime du Roi des Vampires. Mais le destin en avait décidé autrement. C'était avec cette même épée qu'Alucard avait transpercé le cœur de son père, mettant fin au règne de terreur du Prince des Ténèbres. Et maintenant, elle servait de verrou à sa propre prison, symbole éternel du sacrifice qu'il avait consenti pour protéger l'humanité de sa propre nature vampirique.

Une seconde protection, plus subtile mais tout aussi redoutable, était visible : Un cercle complexe de glyphes était gravé dans le marbre noir de l'autel, entourant la base de Dark Symphony d'un réseau de symboles interconnectés qui formaient un sceau magique d'une puissance inouïe. Ces marques n'étaient pas simplement gravées dans la pierre : elles en faisaient partie intégrante, comme si elles avaient poussé naturellement à partir du matériau lui-même.

Chaque glyphe brillait d'une lumière argentée différente, créant un arc-en-ciel de teintes métalliques qui dansaient sur la surface de l'autel. Ils empêchaient quiconque de retirer la lame maudite, garantissait ainsi que nulle âme ne serait en mesure de profaner le cercueil ou sommeillait le vampire. Un système ingénieux créé par Alucard lui-même avant de s'endormir, garantie absolue que nul ne pourrait le réveiller contre sa volonté.

À moins que...
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Pour une fois, je vais en Stensie. Y’en a qui demanderont ce que je vais faire chez les nobliaux à dents pointues. C’est une bonne question, avec une réponse simple : aller en chercher quelques un pour les massacrer. Tovolar pense qu’avoir une hurlemeute puissante dissuadera les vampires d’attaquer ; moi, je dis qu’on peut aller de temps en temps les titiller directement sur leur territoire. Et arrogants comme ils sont, aucun problème pour en trouver rapidement. Faut dire, pouvoir devenir un loup-garou à volonté, ça aide pour tendre des pièges aux dents-longues. C’est assez drôle d’ailleurs, je recommande.

Enfin bon. Voilà que je passe la Passe de Getander, le chemin à travers les montagnes entre Kessig et la Stensie. Une fois sortie au bout de deux bonnes heures, je passe par Somberwald, la dernière forêt avant les suceurs de sang. Quitte à tendre un piège, autant éviter de se faire voir par le gibier avant. Je continue donc un peu dans les bois avant d’abandonner ma forme lupine, et je change de vêtements grâce à Patience. On sait jamais, des fois que j’ai été vue... Je fais vite fait le changement, puis j’avance plus lentement, la faute à ma forme humaine. C’est qu’on va moins vite, mine de. Je campe vite fait pour dormir un peu le temps que le jour se lève, la route a été longue. C’est qu’on a un duché qui est bien grand, on n’en fait pas le tour en un jour.


Quelques heures plus tard, Arlinn reprit sa route vers la Passe de Hofsaddel, pour aller chercher du côté des domaines vampires qu’elle n’allait pas inspecter d’habitude. Les Voldaren avaient renforcé leur emprise sur le nord de la Stensie dernièrement, et les patrouilles s’étaient accrues. C’était donc une zone que la lycan éviterait, du moins jusqu’à ce que, comme il était de coutume, les dents-longues aillent faire un raid sur la Gavonie et ne se heurtent aux Cathars. Elle avança donc prudemment, et vit une zone étrange, comme si la vie elle-même cherchait à fuir une caverne qu’elle voyait depuis relativement loin.

Elle décida d’aller inspecter. Cette forêt des plus étranges n’était pas naturelle, et même les vampires ou les couvains de sorcière n’utilisaient pas de magie de ce type, du moins à sa connaissance. Elle utilisa un peu de sa magie pour tenter de voir comment se comportait la nature via les quelques arbres morbides encore debout, et fut surprise de ne trouver que la mort. Pas de vie, juste une terre désolée. Intriguée, la louve rousse décida de poursuivre vers la caverne. Plus elle avançait, plus la désolation était marquée. Au bout de quelques dizaines de minutes à avancer prudemment, Arlinn se retrouva devant la caverne.

Patience, attends là,dis-je à l’attention de ma partenaire. On n’est sûrs de rien ici, surtout en Stensie. J’entre dans la caverne, et je me rends compte assez vite que ce n’est pas une caverne naturelle. Des murs polis, un autel noir avec une grosse boîte... Je jurerais que c’est un cercueil, j’en suis persuadée. Ce qui est étrange, c’est qu’une épée est plantée dedans comme pour l’empêcher de s’ouvrir. Qu’est-ce que c’est encore que ce bordel... Je m’approche doucement quand même. Après tout, je ne pense pas qu’il va y avoir quelqu’un par ici. Sinon, j’aurais déjà été attaquée comme un sanglier près d’une maison de trappeurs.

Mmh. Des glyphes de partout : sur l’autel, le cercueil, et à la base de l’épée. Et le pire, c’est que j’en reconnaît. Je les avait vus en cours, à Havengul. Je tente donc de les déchiffrer, mais j’ai dû faire une bourde et quelques-uns ont changé. À moins que... Ces glyphes peuvent être défaits ? Je dirais bien que c’est improbable, mais on peut essayer. On va commencer par les glyphes de l’autel, des fois que ça soit le moins puissant des sceaux. Je me concentre donc comme on m’a appris à l’Église, et on va d’abord essayer de les lire, ces trucs-là.


Arlinn passa ainsi de longues, très longues minutes à tenter de les déchiffrer. Puis, une fois qu’elle se sentit prête, elle commença à incanter. Elle n’était pas sûre que sa magie verte puisse faire grand chose, ni les rudiments de la magie d’Avacyn qu’on lui avait enseigné. Pour autant, certains glyphes vacillèrent. Puis, un disparu, et la caverne trembla. La lycanthrope resta sur ses gardes, mais poursuivit le rituels. Les glyphes disparurent lentement, avant qu’il n’en reste plus aucun. À bout de forces, Arlinn s’octroya une pause. Il ne restait que les sceaux à la base de l’épée, qui renfermait plus d’un mystère pour la rousse.

Eh beh, c’est que c’est pas simple ! Je me demande comment ils font, les prêtres d’Avacyn, franchement. Ou alors je suis juste pas douée ? Possible, le fait d’être une loup-garou doit pas aider non plus, en vrai. Je prends un peu d’eau de ma gourde, puis on s’y remet. Les mots défilent dans ma bouche et entrent en résonance avec les glyphes, qui s’effritent au fur et à mesure. J’en ai vu des choses étranges, mais ça, c’est nouveau. Après un très long moment, le dernier des sceaux disparaît, et je m’assoie par terre, à bout de souffle. Purée, on dirait que j’ai fait les récoltes à Lambholt tellement je suis crevée là. Mais bon, reste plus qu’à déloger cette lame et voir ce qu’il y a.

Après tout, je pourrais peut-être voir dedans ce qui tue la nature aux alentours, hein. Après avoir récupéré un peu, je vais pour enfin retirer cette épée travaillée. Au moins, ça n’a pas l’air d’être de l’argent, c’est toujours ça. Mine de rien, ça brûle cette chose-là. Elle est étonnamment lourde, mais rien d’insurmontable, surtout depuis que les glyphes sont plus là. J’arrive à la retirer délicatement avant de la poser sur l’autel, puis je tente d’ouvrir la boîte à morts, comme on dit par chez nous. Et là, une surprise de taille m’attend, car la personne dedans...


Sorin Markov...!?fis-je en reculant d’un pas, puis de deux. Mais qu’est-ce qu’il fait ici !? Il était sensé avoir quitté Innistrad...!

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Alucard
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Dans l'instant où les doigts de Arlinn se refermèrent sur la poignée de Dark Symphony, le monde sembla retenir son souffle. Un silence assourdissant s'abattit sur le sanctuaire, plus profond que la mort elle-même, comme si l'univers entier avait cessé d'exister l'espace d'un battement de cœur. Puis, lentement, inexorablement, la lame commença à coulisser hors de sa prison de pierre.

Le métal grinça contre l'obsidienne avec un son qui n'appartenait à aucun monde terrestre – un hurlement métallique qui résonnait dans les os, dans l'âme, dans les recoins les plus sombres de la mémoire ancestrale. Chaque centimètre d'acier libéré libérait avec lui des siècles de puissance contenue, une énergie si dense qu'elle déformait l'air autour de la lame comme un mirage de chaleur inversé.

Les runes brisées au sol se mirent à saigner une lumière dorée, leurs fragments éparpillés pulsant d'une agonie lumineuse avant de s'éteindre définitivement. Le sceau millénaire venait d'être rompu par une volonté plus forte que la peur, plus têtue que la prudence.

Et au moment précis où Dark Symphony fut entièrement extraite de son fourreau de pierre...

Le couvercle du sarcophage trembla.

D'abord imperceptiblement, comme un frémissement à peine perceptible dans la roche noire. Puis plus violemment, jusqu'à ce qu'un craquement sourd retentisse dans les profondeurs du sanctuaire.

L'air lui-même changea de nature. La température chuta brutalement, transformant chaque expiration de Arlinn en un nuage de vapeur glacée. Une odeur indéfinissable emplit l'atmosphère – quelque chose entre le cuivre ancien, les roses fanées et cette fragrance particulière qui précède l'orage. Mais sous ces effluves familiers se cachait autre chose : l'arôme du temps lui-même, des siècles écoulés concentrés en une essence presque tangible.

Un souffle.

Faible d'abord, à peine audible, comme le soupir d'un mourant qui retrouve la vie. Puis plus fort, plus régulier, jusqu'à devenir une respiration profonde et mesurée. Dans le sarcophage, quelque chose revenait à la conscience après un sommeil qui avait duré des éternités.

Les fissures dorées s'élargissaient maintenant, révélant par intermittence des éclats de ce qui gisait à l'intérieur. Un reflet d'or pâle – des cheveux peut-être. Un éclair de tissu sombre, riche et ouvragé. Et parfois, l'espace d'un instant, quelque chose qui ressemblait à de la peau d'une pâleur surnaturelle.

Le couvercle du cercueil se souleva lentement, comme poussé par une main invisible d'une force incommensurable. Il ne tomba pas – il glissa avec la grâce fluide d'une caresse, révélant centimètre par centimètre l'occupant de cette prison volontaire.

D'abord apparurent les cheveux : une cascade d'or blanc qui coulait comme de la soie liquide, intacte malgré les siècles, brillant d'un éclat qui semblait venir de l'intérieur même des mèches. Puis le visage se dévoila – des traits d'une beauté si parfaite qu'elle en devenait douloureuse à contempler, sculptée dans un marbre vivant que le temps n'avait jamais osé flétrir.

Les paupières s'ouvrirent avec une lenteur calculée, révélant des yeux d'un doré liquide qui semblaient contenir toute la sagesse et toute la mélancolie du monde. Ce regard se posa sur Arlinn avec une intensité qui la transperça jusqu'à l'âme.

« Qui ose troubler mon sommeil ? »

Alucard se redressa avec la fluidité d'une ombre qui prend forme, ses mouvements d'une grâce si parfaite qu'ils défiaient les lois de la physique. Son corps, vêtu d'un long manteau noir aux dorures fanées, ne portait aucune trace des siècles écoulés. Il était exactement tel qu'au moment où il s'était couché dans ce tombeau : éternellement jeune, éternellement beau, éternellement maudit.

Il lévita dans les airs, son corps porté par le savoir des plus grands mages, avant de se poser au sol, faisant face à celle qui avait osé le tirer de sa torpeur. Ses yeux plongés dans les siens, il remarqua que cette dernière semblait le confondre avec une autre personne.

« Sorin Markov. »

Un nom qui ne lui évoquait rien.

« Tu te trompes, femme. »


Sa voix n'avait pas monté d'un seul ton, mais elle avait pris une texture différente — quelque chose de tranchant, de définitif, comme de l'acier qu'on pose sur une gorge sans se presser.

Il descendit du sarcophage en un mouvement fluide et s'avança vers elle, ignorant totalement la lame qu'elle tenait encore dans sa main. Ses yeux dorés ne cillaient pas. Ne déviaient pas.

« Je ne suis pas ce nom que vous crachez devant moi comme si vous saviez de quoi vous parliez. »


Un pas de plus. La distance entre eux se réduisait avec la même inexorabilité que la marée.

« Je suis Alucard, fils de Dracula. Et tu as intérêt à avoir une bonne raison de m’avoir réveillé de siècles de sommeil. »
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Arlinn ne s’attendait pas à trouver un cercueil dans cette contrée désolée. Même si les aristocrates stensiens avaient des goûts étranges en matière de décoration, jamais elle n’était tombée sur un cercueil occupé par un vampire tout ce qu’il y avait de plus vivant. Cette diablerie la déconcertait. Le vampire, car elle était persuadée qu’il s’agissait de Markov, se réveilla et se dressa comme un fluide qui glissait pour s’adapter à la gravité. Pas un mouvement superflu, pas un bruit, même avec ce long manteau. Arlinn recula d’un pas, puis de deux, et se tint en position, prête à montrer les crocs et à adopter sa forme lupine.

Mais pour l’heure, un vampire l’aurait déjà attaquée. Depuis la Guerre du Célestus, les vampires et les loup-garous ne s’entendaient pas, et de ce que la rousse avait compris, les stensiens savaient différencier les changepeaux des humains lambda. Pas d’agression cependant pour le moment, juste un vampire visiblement dérangé dans un long sommeil. Et ce qui est vraiment étrange, c’est cette isolation, visiblement volontaire, contraire au comportement des aristocrates innistradis. Mais il fallait reconnaître que ce dents-longues avait meilleure mine que les stensiens qu’elle chassait habituellement.

C’est vrai que pour le coup, lui, il a du style. Plus que les autres péteux qui se la joue trop. Des pourris, quoi. Mais là, on a un gars relativement beau. Après, j’ai jamais vu Sorin Markov, donc bon... On découvre quoi... Ah, visiblement non, ce n’est pas Sorin. Le voilà qu’il arrive doucement, sans avoir peur. J’ai encore l’épée, mais bon, j’imagine que ça ne me servira à rien. Déjà, je sais pas manier ce genre de trucs, jamais eu besoin. Une bêche, là oui, on parle. Une faux pour les semences, ok, je saurais manier... Mais une épée ? Ouais, on va pas essayer.

Il continue à avancer, visiblement blessé que l’on ai confondu monsieur avec un duc. Eh beh, ça se sent pas chez les suceurs de sang ! Même Tovolar a moins d’égo ! Donc, Alucard, fils de Dracula visiblement. Pas des noms communs en Stensie, ni même en Kessig. D’où il sort alors ce gus ?
Tu veux une raison ? La nature qui dépérit dehors parce que monsieur ici là d’vant moi tape son meilleur sommeil. Du moins, c’est ce que je me dis. À moins qu’Alucard dans sa boîte à morts ait une meilleure explication ? Je suis toute ouïe !, fis-je, bien décidée à qu’on ne me marche pas sur les pattes. En parlant de pattes, pas question de se transformer tout de suite. Voyons voir ce que fait le beau blond avant de se jeter en mêlée.

Arlinn se plaça bien devant le vampire, soutenant son regard sans sourciller. L’épée en main, elle la plaça de façon à avoir la pointe au sol, les mains reposant nonchalamment sur les quillons de la garde. C’était une façon comme une autre de montrer qu’on ne voulait pas s’en servir, c’est du moins ce que se disait la kessig. “Ah au fait, je suis Arlinn Kord, fille de... de personne de noble. Bref. Bon sinon, on va passer aux question franches : pourquoi t’es dans un coffre ? Les dents-longues, ça vit pas dedans. Du moins, ceux qu’on croise par ici,” dit-elle en omettant volontairement de donner des informations supplémentaires sur là où ils se trouvaient. Peut-être qu’il était là avant Innistrad ? Fort peu probable, les vampires étaient nés avec le grand-père de Sorin Markov.

Il fallait donc jouer sur l’orgueil naturel des vampires et le laisser parler pour avoir des renseignements. Et si Arlinn avait bien apprit quelque chose, c’est que les vampires aiment bien parler d’eux. Donc la chose la plus logique : grappiller du temps pour savoir à qui elle avait à faire en ce moment. Parce que pour qu’un buveur de sang soit enfermé dans un coin reculé, il devait bien y avoir une raison... Et s’il fallait s’en inquiéter, alors il faudrait savoir vite à quoi elle devait faire face.

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Alucard
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Intéressant.

Pas de tremblements dans les mains. Pas de déglutition forcée, pas de regard qui fuit vers la sortie. La posture était celle de quelqu'un qui avait appris à se tenir debout face à des choses qui le dépassaient, et qui avait survécu assez longtemps pour en faire une habitude. Elle n'était pas courageuse au sens où les hommes entendent ce mot — le courage des hommes sentait toujours la peur dessous, comme du bois mouillé sous un vernis. Non. Elle était simplement... indifférente.

Il avait dormi des siècles et la première créature à ouvrir son tombeau n'avait pas peur de lui.
Boîte à morts. Monsieur dans sa boîte.

« La nature qui dépérit. »

Il répéta ses mots lentement, les retournant dans sa bouche comme on retourne une pièce ancienne pour en examiner le relief. Puis il laissa le silence s'installer une fraction de seconde de trop — juste assez pour signifier qu'il n'avait pas apprécié le registre.

« Ce que tu observes dehors n'est pas une conséquence de mon sommeil. C'est la condition de ma prison. Le prix payé pour que rien ne s'approche de ce lieu. »


Sa voix ne portait aucune chaleur. Aucune invitation à la complicité.

« Les plaisanteries de villageois ne te seront d'aucune utilité ici. Quant à la raison de mon sommeil, cela ne te regarde pas, femme »


Ses yeux glissèrent alors vers ses mains. Vers Dark Symphony.
Ce qui traversa son regard ne ressemblait à rien de lisible — pas de la colère, pas du chagrin, quelque chose de bien plus vieux que les deux réunis. Cette lame avait été forgée pour son père. Elle avait tué son père. Et pendant tout ce temps qu'il avait passé à dormir, elle était restée plantée dans sa propre poitrine comme un rappel de ce qu'il était capable de faire au nom de ce qu'il aimait.
Il tendit la main.
Pas vers Arlinn. Vers l'épée.

L'air entre eux se contracta imperceptiblement, une tension invisible qui n'avait rien à voir avec la chaleur ni avec le froid. Dark Symphony frémit dans les mains de la femme — d'abord comme un frisson, puis avec une insistance croissante, comme si quelque chose tirait sur elle depuis l'autre côté du monde. La lame quitta les mains d'Arlinn avec la fluidité d'une chose qui rentrait chez elle, traversa l'espace entre eux en une seconde silencieuse, et vint se loger dans la paume d'Alucard sans qu'il ait bougé d'un pas.
Il la tint un instant, les yeux baissés sur elle.

Puis il la fit disparaître dans les plis de son manteau avec la désinvolture de quelqu'un qui range une lettre qu'il a déjà lue trop de fois.
Il fit alors un pas de côté, lent, délibéré — et c'est là que quelque chose changea dans son expression. Imperceptiblement. Une légère contraction des narines. Un recalibrage du regard. Ses sens, rendus à eux-mêmes après des siècles d'hibernation, commençaient à lire le monde autour de lui avec une précision croissante — et ce qu'ils lui disaient à propos de cette femme ne correspondait à aucune des catégories qu'il avait rangées dans sa mémoire sous l'étiquette humain.

L'odeur était là. Sous la sueur du voyage, sous la poussière des routes de montagne, sous le cuir et l'eau de gourde. Quelque chose d'animal et d'ancien. Quelque chose qui dormait dans son sang comme une vieille connaissance qu'on ne s'attendait plus à croiser.
Il s'arrêta.
Le regarda d'un œil différent maintenant — plus froid, plus attentif, traversé d'une curiosité qui n'avait plus rien de condescendant.

« Tu n’es pas une humaine. Tu es une loup-garou »

Ce n'était pas une question. C'était le constat d'un homme qui vient de trouver quelque chose qu'il croyait avoir vu disparaître.

« Ton espèce est donc toujours vivante ? »


Il laissa la phrase exister seule un moment, sans l'habiller d'explications. Puis, lentement, il croisa les bras — les manches de son manteau glissant avec la fluidité d'une encre versée dans l'eau sombre.

« Je pose la question sans malice , précisa-t-il, et quelque chose dans sa voix indiquait que la précision était sincère. La dernière fois que j'étais éveillé, tes semblables n'étaient rien d'autre que ce que mon père avait voulu qu'ils soient. Des instruments. Des chiens de guerre qu'on dressait, des esclaves en somme. »

Son regard ne dévia pas.

« Voir l'une d'entre vous marcher librement, sans collier et sans maître, en territoire hostile… »


Une pause.

« ...c'est soit que les choses ont considérablement changé depuis que je me suis enfermé ici. Soit que tu es une anomalie remarquable. »
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Re: Alice, follow the white rabbit [ Arlinn Kord]

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Arlinn Kord
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J’ai pas à avoir peur de ce suceur de sang en manteau de cuir. J’en ai vu d’autres, et ils sont tous à se croire plus puissants les uns que les autres jusqu’à ce qu’une gueule et des griffes les démembrent. À partir de là, la façade tombe et ça geint comme un petit nobliau qui s’est griffé. Il sont pitoyables par moment, les vampire. Mais bon, celui-là a l’air moins pompeux que les autres. Toujours bon à savoir, au moins je sais qu’il faudra agir différemment qu’avec les autres. Ou pas. Voilà que ça reprend mes mots pour bien me faire comprendre qu’on parle pas le même patois lui et moi. Tant pis hein, si ça le chante d’utiliser des beaux mots pour séduire, qu’il fasse. Mais ça prendra pas sur moi, oh ça non.

Donc, il est bien à l’origine de la forêt malade. Bon, un mystère de moins sur la liste, hein. Maintenant, on va pouvoir tailler le bout de gras pour comprendre le pourquoi... Ah bah non, môssieur a décidé que non. Qu’il m’insulte de villageoise, oui, techniquement c’est pas faux. Mais bon, il doit avouer que pioncer dans un cercueil, c’est pas commun. Puis, il tend sa main vers l’épée, qui vient à lui toute seule, me privant de l’appui sur lequel j’étais. Non pas que je suis tombée, mais je m’attendais pas à celle-là tiens. Pourquoi tout ce cérémoniel si au final il pouvait la ranger comme ça ?


Arlinn n’avait pas eu tord sur un point cependant : ce fameux Alucard avait bien sentit qu’elle n’était pas tout à fait humaine. Son expression se durcit quand il demanda si son espèce était toujours vivante. “Fais un tour en Kessig et tu verras, le dents-longues,” rétorqua-t-elle, irritée. Il expliqua par la suite que la dernière fois qu’il n’était pas dans son cercueil, les lycans étaient aux ordres de son père, comme des chiens dressés pour les battues. “Mouais. J’veux bien croire qu’on est pas les plus organisés, mais nan, on n’est pas des esclaves. Donc j’comprends pas,” ajout-elle.

Alucard continua en disant que pour qu’elle n’ait ni collier, ni maître, c’est que les temps avaient changé. Arlinn arqua un sourcil en posant sa main droite sur sa hanche. “D’aussi loin que je le sais, on est libres depuis toujours en Ulvenwald. Par contre, toi tu m’intéresse : tu dates de quand, Alucard ? Nan parce que si on était les esclaves de ton père, faut que tu m’explique. Les vampires ont pas régné sur les loup-garous ici,” expliqua-t-elle. “On s’est juste fait une petite guerre dans la forêt, quand les tiens ont voulu envahir Kessig. Tu comprendras donc que j’aimerais deux-trois renseignements là.

Il est bien gentil le coco, mais y’a des trucs que je pige pas. Donc, on va attendre gentiment qu’il donne des réponses. Et même s’il ne pense pas à mal, on va lui laisser le bénéfice du doute, j’apprécie moyen la remarque sur le collier. J’ai tenu tête à Tovolar bordel, alors moi ? Esclave ? Très peu pour moi ! Donc il va me donner les renseignements que je veux, de gré ou de force ! Plus loin, j’entends des pas feutrés. Patience, sûrement, qui doit venir voir ce qu’il se passe. Si ça dégénère, je pourrais compter sur elle... Si jamais c’est comme avec les autres suceurs de sang. J’ai jamais vu l’un des leurs manipuler une épée à distance.

Même les Voldaren ne sont pas aussi doués que ça. Donc, prudence. Je balaye mes cheveux dans mon dos, prête à agir au cas où. Espérons que pour le moment, ça sera juste pipelette. Oh tiens, y’a un truc qui me taraude...
C’était qui ton père tiens d’ailleurs ? Puisque apparemment, on est sensé être ses escalves, j’aimerais bien savoir à qui j’ai à faire là. D’autant que bon, Dracula, c’est pas très stensien comme nom...C’est vrai quoi, plus ça va, moins je me dis que cet Alucard a quelque chose en comment avec mes aristos décadents habituels...

Re: Alice, follow the white rabbit [ Arlinn Kord]

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Alucard
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Alucard ne répondit pas immédiatement.

Ce n'était pas de l'hésitation. L'hésitation supposait un doute, une faiblesse, quelque chose qu'on cherchait à dissimuler. Ce qu'il y avait dans ce silence était d'une nature différente — plus lourd, plus ancien. Comme si le simple fait de prononcer ce nom à voix haute nécessitait quelque chose qu'on ne pouvait pas se permettre de gaspiller.

Ses yeux dorés se posèrent sur elle avec une fixité absolue.

« Dracula. »

Un mot. Sec. Sans ornement.

« Mon père s'appelait Dracula. »

Il n'y avait aucune fierté dans sa voix. Aucune honte non plus, ce qui était peut-être plus surprenant encore. Juste ce détachement chirurgical, comme s'il énonçait un fait géographique — la hauteur d'une montagne, la profondeur d'un fleuve.

« Et si ce nom ne te dit rien, c'est que tu as eu de la chance. »

Son regard dériva brièvement vers l'entrée de la caverne, là où les pas feutrés s'étaient arrêtés — il les avait entendus bien avant qu'Arlinn n'y pense — puis revint sur elle sans hâte.

« Il n'était pas stensien. Il n'était pas de ce monde. Ce que tu connais des vampires d'ici — » il marqua une pause infime, « — n'est qu'une ombre de ce qu'il était. Mon père était le Prince des Ténèbres. Le Fléau de la Transylvanie. Celui dont le nom faisait trembler les rois et pâlir les saints. Il régnait sur un royaume de cauchemar, où les humains n'étaient que du bétail, où les créatures de la nuit dansaient sur les ruines de la foi. »

Il se retourna brusquement vers elle et, dans ses yeux, quelque chose avait changé — une lueur sombre qui n'était pas de la colère, mais quelque chose de bien plus complexe.

« Mais son règne a pris fin. Par ma main. »

Il laissa ces mots planer un instant, comme une lame suspendue dans les airs, attendant de tomber.

« J'ai tué mon propre père pour mettre fin à sa tyrannie. Non pas parce que je détestais ce qu'il était, mais parce que je comprenais ce qu'il deviendrait. C'est pour cela que je suis ici, dans cette tombe de pierre et d'oubli. J'ai scellé Dark Symphony dans ce cercueil — dans ma propre poitrine — pour m'assurer que jamais je ne succomberais à ce qu'il aurait voulu que je devienne. »

Il marqua une pause, son regard s'adoucissant imperceptiblement.

« Alors, quand tu parles de "tes semblables" qui ne furent jamais esclaves, je veux bien te croire. Mais sache que, dans mon monde, dans mon temps, les tiens l'étaient. »

« Tu voulais savoir à qui tu avais affaire. »

Son ton ne changea pas. Mais quelque chose dans l'air de la caverne se fit légèrement plus dense.

« Maintenant, tu sais. »

Il fit un pas vers elle, son aura se chargeant d'une menace palpable. Ses souvenirs affluaient avec une clarté cristalline : les précautions qu'il avait prises, les sortilèges qu'il avait tissés, la sorcière qu'il avait engagée pour parfaire son emprisonnement volontaire.

Comment a-t-elle pu briser des sceaux conçus pour résister au temps lui-même ?

« Cependant, il y a quelque chose que je souhaite savoir. » continua-t-il, ses yeux se plissant dangereusement. « Comment as-tu fait pour ouvrir mon cercueil ? J'ai engagé la plus puissante sorcière de l'époque pour le sceller de l'intérieur avec moi. Yennefer de Vengerberg... Je l'ai payée avec mon propre sang, assez pour qu'elle puisse concocter des centaines de potions et s'enrichir au-delà de ses rêves les plus fous. En échange, elle devait s'assurer que nul ne pourrait jamais briser ces sceaux sans posséder une parcelle de mon essence vampirique. »

Son expression se fit glaciale, une colère sourde grondant dans sa voix.

« Seul quelqu'un portant mon sang, ou ayant accès à mes secrets les plus intimes, aurait pu accomplir ce que tu viens de faire. Alors dis-moi... comment as-tu pu accomplir un tel exploit ?»
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Re: Alice, follow the white rabbit [ Arlinn Kord]

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Arlinn Kord
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Demande de RP
Le vampire inhabituel resta un instant sans prononcer le moindre mot, comme si prononcer ce simple nom était quelque chose qui en disait bien long. Quelque chose qui rappelait des souvenirs, et au vu de son expression, il ne s’agissait pas de souvenirs heureux. Ou du moins, rien qui ne pouvait le tirer de ce mélange étrange entre apathie et mélancolie. Comme s’il s’agissait d’un être qui en avait tellement vu, tellement eu de mal, qu’il avait tout simplement cessé de ressentir. Arlinn n’eut qu’une pointe de compassion temporaire alors qu’Alucard lui confia que si le nom de Dracula ne lui disait rien, alors c’est qu’il s’agissait somme toute d’une bonne chose.

Car visiblement, il ne s’agissait pas d’un stensien, ni même quelqu’un venant d’Innistrad, et encore moins de ce monde. Cela ne fit que lever un sourcil interrogateur chez Arlinn, qui ne savait pas trop quoi faire de cette information. Il s’agissait d’un être de terreur et de pouvoir, qui avait établit un règne sans partage sur une région nommé Transylvanie. Soit. Arlinn croisa les bras et regarda le vampire, pensive. Ceux ayant trahit avec Edgar Markov aimaient beaucoup mentir, et ils étaient doués dans ce domaine. Mais un des avantages de la lycanthropie, c’est que des petits signes de mensonges devenaient perceptible grâce aux sens devenus plus affûtés, même en forme humaine.

Mais là, rien. Que dalle. Deux possibilités : soit il me dit vrai, soit il est vraiment doué pour mettre du miel pour que ça passe tout seul. Euh, pardon, heureusement que cette pensée n’a pas quitté ma bouche, tiens. Et donc, il a tué son paternel avant d’aller bouder dans sa boîte à morts. Bon, en théorie ça pourrait passer comme histoire. En théorie. Je suis peut-être pas la plus intelligente, mais je pense quand même que ça manque de détails, et que ça peut juste être une bonne histoire à raconter comme ça. Et dans ce cas, il pourrait peut-être se faire une place chez les aristos du coin.

Alucard me demande ensuite comment j’ai fait pour casser le cercueil, pour vaincre ses sceaux.
Je pourrais te dire que c’était facile. Mais j’ai bien galéré. Vraiment, j’en ai bavé,dis-je au tac-à-tac. Ah, parlé trop vite. Donc comme ça, il y a eu une sorcière dans l’affaire, et donc il fallait avoir une partie de son essence... Donc comme quoi ? Bizarre son histoire... Enfin bref ! Il fallait avoir un lien avec lui pour pouvoir démêler les noeuds et le libérer. En soi, ce n’était pas bête, et s’il voulait vraiment être enfermé, ça pouvait marcher. Cela dit, il y avait un pépin, et pas des moindres : je l’ai fait sortir, le dents-longues.Je pourrais te mentir en disant que c’est le cas, que je connais des gens qui descendent de ta Yennefer. Mais j’en vois pas l’intérêt. Mentir ça sert à rien,dis-je en balayant devant moi comme pour chasser l’idée.

Patience finit par rejoindre sa partenaire, prudemment, les yeux ambres toujours fixés sur le vampire. Arlinn la gratta derrière les oreilles pour la calmer. “Pour faire simple, j’ai essayé de déchiffrer les glyphes, puis de les défaire avec la magie que j’ai apprise chez les Cathars à Havengul. Si ce nom te dit rien, pas grave, c’est une ville dans la région,” dit-elle avant de manifester une étincelle de magie verte avec sa main libre, étincelle devenant un globe vert produisant de l’odeur de sève de pin. “Comme cette magie, entre autres. C’était vraiment pas simple, je vais pas te mentir, et là j’ai presque plus de forces. Je te le dis, car si t’arrives à faire bouger ton épée par la pensée, je me doute que je ferais pas long feu de base,” poursuivit la rousse.

Et je ne saurais pas te dire pourquoi ça a marché. Les Cathars utilisent surtout de la magie de lumière parce que ça vient de leur foi en Avacyn, une ange, mais j’ai appris la magie de la nature. Pas de Yennefer, pas d’essence bizarre, rien. Donc si tu as des pistes... On peut être deux à chercher. Néanmoins, si jamais tu veux te balader, fais attention. Les suceurs de sang sont mal vus en Innistrad... Comme les lycans, tu me diras,” termina-t-elle en haussant les épaules, avant de s’étirer et de s’asseoir, jugeant que rester debout pour discuter n’était pas une si bonne idée. Patience vint se placer entre Arlinn et Alucard, prête à bondir pour défendre en cas de besoin. Après quelques instants passés à réfléchir, Arlinn reprit la parole : “Je me demande un truc... C’est où, ta Transylvanie ? Parce que j’ai exploré un peu quelques territoires en dehors d’Innistrad, mais ça me dit rien. Et tu as dit que ce n’était pas de ce monde... Donc... Comment t’as fait pour arriver ici ?
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