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Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 10 janv. 2026 10:59
par Braënox Agdranath
Elle a survécu, oui. Pas tout à fait en forme mais la faucheuse d'âmes, de corps toujours aussi sublime quoiqu'abîmé, n'a pas été réduite en une pulpe sanglante. La machine émet toutes sortes de bruits de protestation alors que la faux plantée en travers de son dos la tire vers l'arrière. Ma coéquipière du moment lutte contre mon frère indigne, ses pieds raclant contre le sol meurtri. Elle tient bon mais à quel prix ? Qu'elle soit capable de se régénérer ou non, ses blessures doivent la tirer, elle aussi.
Quelque chose me dit que notre lendemain à tous les deux sera pareil à un lendemain de cuite...
A force de faire opposition à la faucheuse, le monstre d'acier et de chair démoniaque se fait sectionner de précieux câbles et bascule en avant.

- Cette fois-ci, je le défonce.

Mes pieds s'enfoncent dans le sol. D'une impulsion, j'intercepte notre adversaire, lui enfonçant une griffe noire en travers de ce qui lui tient lieu de thorax. Je ne lui passe pas au travers ; j'arrache à pleine poignée de nouveaux câbles pour me reculer et réitérer l'exploit. Une fois, deux fois, trois fois ! Autour du robot hybride, l'air vibre de mes offensives. La cible s'agite, secouée dans tous les sens. Elle ne peut plus me suivre avec ses capteurs et, lorsque je réapparais face à elle, il est déjà trop tard. Suite aux mouvements rapides de mes nombreuses lames, mon attaque à retardement s'enclenche. Des zébrures rouges et noires barrent sa carcasse à des zones sensibles - les articulations. Les bras lui en tombent. Une jambe entière ne tarde pas à suivre le même chemin. La machine s'écrase sur le dos.
Je lui saute dessus tel un animal enragé, car c'est effectivement à ça que je ressemble lors de la mise à mort. Ma griffe droite se referme sur ce crâne minuscule encadré par des connexions grosses comme mes doigts.

- Et ça, c'est le bouquet final !

Bien que je tire dessus, je ne me contente pas de l'arracher comme je l'ai fait avec le reste. J'y infuse de mon énergie démoniaque et cauchemardesque, la propageant à travers tous ses circuits. Le monstre d'acier et de chair s'illumine de partout. Presque à l'état de cul-de-jatte, il s'agite nerveusement dans l'espoir de me désarçonner. Je tiens bon et... c'est l'explosion en chaîne !
Le Noir et le Rouge s'entremêlent dans une cacophonie infernale.
La faucheuse d'âmes doit s'en tenir éloignée au risque de récolter de sérieuses brulures, voire de perdre un morceau.
Moi ? Et bien, en l'absence d'une base solide à laquelle m'agripper, je décolle à toute vitesse vers le plafond ! Ce dernier a beau être très haut que je me le prends avec rudesse. Aucun cri ne m'échappe. Rien si ce n'est le bruit de mes chairs qui se compressent violemment et celui de mes os qui craquent douloureusement. En contrebas, les explosions se sont estompées. La poussière drue se dissipe, révélant plusieurs cratères au milieu desquels je m'écrase lourdement, bras et jambes en croix.
Mon corps fume de partout. Une vapeur carmine striée de noir s'échappe de mes chairs à vif.
Et je crois que je ne sens plus grand-chose.
Il faut dire que cette attaque explosive à bout portant est à double tranchant.
Mais ce n'est pas grave : je vais guérir tout seul, comme un grand, d'ici une ou deux minutes.
...Ou peut-être trois, tout compte fait.
J'ai toujours ce sourire horrible de placardé sur le visage.
Un vrai prince charmant !
Dans mon état, je ne peux m'en gausser qu'intérieurement.
Mes yeux infernaux roulent en direction de la faucheuse.

- Ne reste pas plantée là, je croasse. L'autre marionnettiste de pacotille... ne va pas tarder à... Oh ! Ça y est : ça commence à me piquer de partout.

Alors que je m'exclame avec positivité, mon rictus a forcément dû s'adoucir.
Mais ce n'est pas ce dont doit se préoccuper mon alliée de fortune.
Elle a une vengeance à accomplir. Un rendez-vous auquel je ne pense pas pouvoir m'inviter pour une raison évidente.
En parallèle, ma jambe transformée se l'est bien donné avec le Vermillon. En plus de l'avoir bien occupé, elle l'a fatigué. Le démon est blessé, je le sais. Tout en claudiquant, il s'apprête à quitter son poste de soi-disant dirigeant non sans me maudire, moi, le Bâtard Cauchemardesque, au passage.

Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 11 janv. 2026 21:26
par Nebethysia
À force de tirer sur ma lame plantée dans le dos du monstre, un câble finit par se couper. C’est à ce moment-là que j’entends le môme dire que c’est à son tour d’en finir. Je retire ma lame et le laisse donc faire. Je me tourne pour le voir arracher des câbles à plusieurs reprises. Il a l’air vraiment en forme pour quelqu’un qui doit pourtant avoir des blessures sûrement importantes.

Je recule automatiquement lorsque je vois la machine commencer à s’effondrer, tombant morceau par morceau sur le sol. Il y a aussi le fait que j’entends parler de bouquet final, et je n’ai pas envie de me prendre une balle perdue. Du coup, je m’éloigne le plus possible dans la pièce.

Je vois le gamin rester collé à la machine, puis une sorte d’explosion se produit. Je suis heureuse d’avoir reculé assez loin pour ne pas me prendre de débris. Déjà que ma jambe est assez blessée par des griffures, elle a un peu de mal à cicatriser pour le moment.

Par la suite, je vois le môme tomber du plafond pour atterrir sur le sol, là où se trouvent plusieurs cratères formés lors de la dernière attaque. Une fois tout terminé, je décide de me diriger vers lui pour voir si je peux l’aider, mais il m’arrête dans mon élan en me parlant. Il me dit de ne pas rester là, car l’autre marionnettiste n’allait pas tarder à partir — du moins, je pense que c’est ce qu’il voulait dire — avant de lâcher que « ça pique de partout ».

— Bouge pas, je le ramène. Je suppose que tu veux voir le spectacle que je lui réserve.

Je pars donc en direction de la porte pour retrouver mon ancien bourreau, qui est dans un sale état à cause de la jambe du môme. J’affiche un sourire sinistre, car pour lui, une lente torture l’attend. Voyant qu’il essaie de filer, plus rapide que lui, je me retrouve devant lui et lui bloque le passage. Je plante ma lame dans son épaule jusqu’à toucher l’os, ce qui le fait crier de douleur. J’avais dit que je ne serais pas douce avec lui, et il va très vite le comprendre. Et je vais le faire devant le môme, qui a aussi besoin d’une petite leçon pour son comportement.

Pour être sûre qu’il me suive, je retire ma lame et l’attrape par le pied afin de commencer à le traîner derrière moi. On ne dirait pas comme ça, mais j’ai une certaine force que je cache et que je n’utilise qu’au combat. Je le sens essayer de se défaire de ma prise, mais cela ne fonctionne absolument pas. Je brise même sa cheville sur le trajet avant d’arriver dans la pièce de départ et de le jeter devant le môme.

— Je crois que ma vengeance a besoin d’un spectateur.

Je tourne la tête vers le gamin en lui expliquant que c’est aussi pour lui montrer ce que ça fait d’énerver une Déesse. On peut entendre l’homme commencer à me maudire, puis il finit même par me supplier pour que ce soit rapide. S’il savait ce que je lui prépare, il se ferait dessus… à moins qu’il ne l’ait déjà fait.

— Je vais t’apprendre ce que ça fait de vouloir contrôler une divinité. Tout ça pour un môme, et surtout pour avoir osé piller mon temple.

Je pose ma faux contre le mur le plus proche avant de me placer au-dessus de l’homme. Je sais que mes parents ne vont pas apprécier ce qui va arriver, mais je ne peux pas laisser passer ça. Ma longue robe glisse sur son corps pendant que je pose mes deux pieds sur son torse, puis je lui saute dessus en utilisant toute ma force. À l’atterrissage, on peut entendre le bruit de plusieurs côtes qui se brisent, ce qui le fait hurler encore plus fort.

Une fois une bonne partie de ses côtes cassées, je me dirige vers son bras droit, marchant sur lui comme s’il était le sol. Je m’apprête à sauter une nouvelle fois lorsque je sens sa main gauche serrer ma cheville tout en me suppliant. Je l’ignore totalement, libère ma jambe, puis saute de nouveau sur son bras, brisant les os une fois encore. Je ne vais pas mentir : j’y prends un certain plaisir. Mon visage le trahit, car je n’arrive pas à le cacher.

— Le môme, prends note, car on aura une discussion plus tard. Je dois te parler.

Une fois son bras détruit, je descends et me dirige vers ma lame. Je la récupère et m’avance vers lui en la faisant racler sur le sol.

— Une jambe pour une jambe.


J’abats ma faux sur l’une de ses jambes, la tranchant net, comme celle du gamin lorsque je n’étais pas maître de mes actions. Le sang gicle de partout, couvrant ceux qui se trouvent trop près. Je ne pensais pas prendre plaisir à torturer quelqu’un, mais il m’a mise dans une telle colère que je ne peux pas le laisser s’en tirer ainsi.

— Dis-toi aussi, gamin, que ça va te servir de leçon. Avec tous les meurtres que tu fais, j’ai l’impression de jouer au Petit Poucet, et ça ne me plaît pas. Il faudrait que tu ralentisses. Mais on en reparlera après, je termine avec l’autre.

Alors que je finis de parler avec le môme, je retourne vers l’homme, qui s’est fait dessus avec toutes les blessures que je lui ai infligées. Ma lame glisse lentement sur sa joue, y laissant une entaille. Je ne suis plus maître de mes émotions : la colère a pris le dessus, et je sais que j’aurai du mal à m’arrêter.

Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 16 janv. 2026 20:19
par Braënox Agdranath
C'était... vraiment trop aimable de sa part ? La faucheuse envisage de torturer notre grand ami sous mes yeux ! Honnêtement, je ne sais pas trop si c'est un cadeau ou bien un avertissement. Dans tous les cas, il ne m'est pas possible, en l'état, de me rebiffer. Par conséquent, autant jouer silencieusement le jeu et attendre patiemment la livraison.

Et ça ne traîne pas ! Bien amoché, le Vermillon a drastiquement perdu de sa superbe et s'écrase non loin de ma position. Il ne fait plus du tout attention à moi, trop occupé comme il est à supplier sa tortionnaire et, très probablement, exécutrice en devenir.

- Mon gars, avec ta stratégie à deux balles, j'ai comme l'impression que tu as fait une belle connerie...

La faucheuse ne compte pas le laisser souffler. Et pour cause, elle lui saute à pieds joints sur la poitrine, lui broyant les côtes sur le coup ! Démon ou pas, notre homme hurle de douleur autant qu'il lui est possible de le faire.

- Et béh ! Les sacrilèges, ça ne pardonne pas.

Si cela m'écœure ? Non, pas spécialement. Je suis un démon cauchemardesque, après tout ; subir la peur n'est pas vraiment de mon ressort. Même si j'éprouve beaucoup plus de plaisir à l'infliger plutôt qu'à observer sa propagation à travers la main d'une divinité.

- Si je peux me permettre... je tiens tout de même à dire que tes pieds sont très jolis.

Oui : je n'ai pas pu m'empêcher de mater. Et non : je ne suis pas aussi fétichiste que j'en ai l'air. Reste qu'un fait est un fait : la faucheuse d'âmes possède de très jolies pieds, point. Celle-ci en profite d'ailleurs pour bondir à nouveau sur sa victime, lui brisant le bras droit puis le bras gauche. C'est de la barbarie mais, de la part d'une femme, je trouve cela limite aguichant. A en voir son visage barré d'un sourire sadique, la divinité semble d'ailleurs y prendre un pied d'enfer... littéralement.
Hé ! Mine de rien, il y a tout de même pas mal de pieds, dans cette affaire.
Je souris aussi joliment que possible à l'attention du bourreau qui me dit m'avoir réservé une modeste partie de son temps libre.

- Tu as vraiment de la chance : d'habitude, je ne reçois les autres que sur rendez-vous.

La faucheuse n'en a pas assez. Elle s'en va récupérer sa faux pour amputer une jambe de notre ennemi qui n'en mérite même plus le nom. Le chef des fanatiques n'est plus que râles et gémissements de souffrance. Il en ferait presque peine à voir, dites donc ! Dommage pour lui que mon cœur soit aussi froid que mon estomac est bien accroché.
Toujours cloué au sol et en pleine régénération, je pousse un soupir désabusé.
Elle vient de me mettre en garde par rapport à mon zèle de la journée. Trop de morts ; trop de travail pour elle.
Heureusement que je ne suis pas celui qui, dans cette pièce, l'a irritée le plus.

- Dans l'état dans lequel tu l'as mis, il ne m'avouera plus grand-chose, tu sais ?

Elle est probablement trop énervée pour en avoir quelque chose à foutre. Enfin bon ! Au moins, j'aurai accompli ma mission en tuant ce salaud qui, selon toute vraisemblance, est un subordonné de mon père... voire de l'un de ses proches. Je me demande quand même si son contact a lui aussi élu domicile sur Terre ou bien s'il commandait depuis les enfers ?
C'est alors que je me souviens de Scarlet, sa seconde.
Une pensée qui m'arrache un nouveau sourire.
Je vais me servir d'elle, à l'occasion.
Ha ! J'avais déjà prévu de l'utiliser d'une manière ou d'une autre.
Je ne peux m'empêcher d'en rire. Un rire qui a tendance à virer en toux. Je me permets malgré tout d'insister alors que la faucheuse s'apprête à poursuivre ses chaleureuses représailles.

- Tu devrais songer à te débarrasser de lui sans trop traînasser. Je vois bien que sa stupide existence te tape sur le système. Aussi, cette colère qui t'anime te ride ; tu es beaucoup plus désirable en te montrant aussi froide qu'une porte de prison.

Entretenir son image, c'est important. Pas seulement en société. Cette femme est une divinité, rappelons-le ! Elle est donc plusieurs crans au-dessus de cet imbécile qui a eu la mauvaise idée de l'exploiter. A-t-elle au moins conscience de se rabaisser en se défoulant ainsi sur sa carcasse ?
Personnellement, je m'en fiche pas mal mais...
Ah ! Ça y est : je peux enfin de me redresser.
Je le fais tout en douceur, mes oreilles remplies par les gémissements de ma cible agonisante.
Ma forme cauchemardesque se dissipe lentement au bénéfice d'une silhouette trompeusement humaine. Je me retrouve donc torse nu, avec des muscles entraînés comme neufs. Je serre et desserre les poings, testant la réactivité de mes membres encore un peu engourdi.

- Il va falloir que je me trouve de nouvelles fringues, je pense à voix haute.

Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 19 janv. 2026 17:51
par Nebethysia
Alors que je viens de sauter sur le torse de l’homme, j’entends le môme me dire que j’ai tout de même de jolis pieds. Il cherche à me flatter avant que je ne passe à lui. Par la suite, je l’entends me dire que d’habitude il reçoit les gens sur rendez-vous, ce qui me fait rire. Aujourd’hui, il n’y aura pas de rendez-vous à prendre, car je l’ai sous la main.

— De toute façon, rendez-vous ou pas, je t’aurais retrouvé, crois-moi.

Alors que je viens de découper la jambe de mon ancien bourreau, le gamin remet ça sur le tapis, comme quoi il doit l’interroger. Comment dire… je n’étais pas au courant, moi. Il devra donc faire avec ce qu’il reste de lui. J’avais dit que je me vengerais avec une certaine puissance que peu de personnes ont connue. Je me tourne vers le gamin pour lui répondre que je dois me dépêcher de me débarrasser de lui, car il me tape sur les nerfs, et aussi parce que la colère ne me convient pas : je suis bien plus désirable lorsque je suis froide comme une porte de prison.

— Tu es sûr ? Car si tu voulais quelque chose, il aurait fallu me le dire avant. Maintenant que tu me dis d’en finir avec lui, c’est parfait : j’en ai un peu marre de jouer et j’ai hâte d’en finir.

Je souris une dernière fois tandis que l’homme me supplie, promettant de me donner tout ce que je veux si je le laisse en vie. Je hausse les épaules, l’air de rien, avant de lever ma lame et de lui trancher la gorge, l’envoyant dans le monde des morts pour son jugement. Je pense qu’il n’ira pas au paradis, mais plutôt en enfer, là où est sa place à mes yeux. Son corps rend son dernier souffle avant que je ne me tourne vers le môme, qui a réussi à se redresser. Il doit se sentir mieux maintenant.

— Maintenant, à toi. Pour les fringues, bouge pas.

Je prends mon voile, qui a subi bien des catastrophes, et le jette sur le gamin. Celui-ci prend forme pour cacher un peu son corps afin qu’il ne soit pas entièrement nu. Même si je ne vais pas mentir, on peut voir qu’il est plutôt bien musclé, chose qui pourrait me faire saliver plus que tout… sauf que je le trouve un peu jeune sous cette forme humaine. Je fais disparaître ma faux, qui devient une boucle d’oreille à mon oreille droite, puis je me dirige vers lui. Pour être à sa hauteur, je me mets à genoux devant lui et le regarde.

— À présent, on va avoir une petite conversation. Car là, aujourd’hui, tu m’as fait le Petit Poucet avec tous ces morts, et je n’ai pas fini de faucher toutes les âmes qui se trouvent dans le bâtiment. Pourquoi tu fais ça ? J’ai l’impression que je récupère beaucoup de morts en ce moment, et je voudrais savoir si cela vient de toi ou de quelqu’un d’autre. Parce qu’il y en a qui aimeraient se reposer de temps en temps.

Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 22 janv. 2026 18:48
par Braënox Agdranath
Et fatalement, la lame en croissant s'abat sur le cou de l'impudent ! Le corps de feu le Vermillon s'agite de quelques spasmes avant de s'immobiliser à jamais. Ça y est ! Le démon n'est plus, et c'est tant mieux. Je pousse un soupir d'aise tandis que la faucheuse me darde de ses yeux noirs. Par chance, je n'y lis pas l'ombre d'une intention meurtrière. Je pense que ça lui a fait du bien de se défouler sur l'autre trou du cul. Parfait. Je ne suis pas vraiment en position de demander plus. Pourtant, c'est ce qu'elle me donne en recyclant son voile qui vient me coller à la peau. Une peau neuve qu'elle a choisi de couvrir pudiquement.

- Trop aimable. Merci, princesse mortuaire.

Sa faux disparait en même temps que se matérialise une boucle stylisée à son oreille. Je devine sans mal que les deux accessoires sont liés. Je dois bien avouer que la disparition de cette arme au doux pouvoir de décomposition me rassure un peu. Je n'aurais pas aimé me faire mordre à nouveau par cet outil caustique. Surtout pas maintenant alors que mes organes internes continuent de se régénérer.
Et c'est là, un peu confus, que je remarque qu'elle me dépasse en taille.
...Qu'est-ce que j'ai foutu avec mon corps ? Est-ce qu'il est plus petit que d'habitude ?
J'ai probablement dû me foirer et perdre quelques centimètres d'autorité en me faisant repousser malhabilement la jambe.
Tu m'étonnes que je paraisse pour un môme à ses yeux !
Quelle plaie...
Elle profite de sa hauteur pour me sermonner gentiment, se plaignant de cette étouffante charge de travail que je lui ai donnée, ces derniers temps.
Je grimace un chouïa, produisant un léger bruit de salive par accident.
Malhabile, je vous dis !
A moi de recoller les morceaux, maintenant.

- Alors, pour tous les dégénérés de ce bâtiment, j'ai une très bonne excuse, dis-je avec un demi sourire qui en appelle à la plaisanterie. La légitime défense. Car, comme tu as pu le constater pendant que l'autre te manipulait, ce sont ses marionnettes qui m'ont agressé ; je n'ai fait que me défendre. Par ailleurs, je crois même en avoir laissé s'échapper une bonne poignée. Mais rassure toi : je ne compte pas les découper de sitôt. Ce qui nous laissera le temps de nous reposer... et peut-être de causer plus librement, autour d'un verre, quand je me serai fait pousser quelques nouveaux centimètres.

Effectivement, j'en ai la capacité. N'étant pas un simple démon, il m'est possible, en plus de me régénérer, de modifier mon apparence. Ce qui ne me prend pas si souvent que ça dans la mesure où mon corps de lycéen sportif attire déjà son grâcieux lot de brebis en jupette.
La femme qui me prend de haut, en revanche, leur est d'une gamme bien supérieure...
Je pense que je vais avoir un petit peu de mal à l'attendrir.

- Tu sais, ce n'est pas parce que beaucoup de gens meurent dans cette ville que c'est forcément de mon fait. Alors certes, je suis un démon assez particulier, avec quelques rares pulsions meurtrières que j'étouffe comme je le peux... mais je persiste à dire qu'en tant qu'assassin, je ne fais pas couramment dans le zèle.

Bon ! maintenant, il va falloir que je lui propose quelque chose pour acter de ma bonne foi...
Je claque mentalement des doigts ; une idée vient d'éclore comme une fleur un beau jour d'été~

- Que dirais-tu si nous enquêtions ensemble ? Parce qu'après tout, j'ai peut-être bien ma part de responsabilité dans toute cette histoire. Pas en tant que tueur : plutôt en tant que victime. Quelqu'un - ou même un groupe - tue à outrance et je me retrouve miraculeusement en train de tailler le bout de gras avec une incarnation de la Mort. Je trouve ça ballot, pas toi ?

Et un petit sourire charmeur pour ponctuer cette laborieuse argumentation, un !
J'espère ne pas voir cette faux réapparaitre tout de suite. Ça, ce serait vraiment ballot.

Re: Le Grand Poucet aux âmes perturbées [PV Nebethysia]

Posté : 31 janv. 2026 20:29
par Nebethysia
Je suis à la hauteur du môme tout en lui demandant des explications sur certaines choses, notamment le fait qu’il joue au Petit Poucet avec les morts. Et voilà qu’il me dit avoir une très bonne excuse pour se défendre, celle qu’il appelle la légitime défense. Je ne serais pas si contrariée par les événements d’aujourd’hui, j’aurais même ri à sa réponse, mais ce n’était pas le cas à l’état actuel.

Il m’explique en gros que tous ceux qui y sont passés plus tôt l’ont été soit parce qu’il avait été manipulé comme une marionnette, soit parce qu’il ne faisait que se défendre. Certes, il a raison, mais il existe d’autres moyens pour calmer un culte à mes yeux, pas besoin de tous les tuer simplement au nom de la légitime défense.

Je soupire et passe une main sur mon visage, comme si j’étais fatiguée par les événements d’aujourd’hui — ce qui est un peu le cas. Mais le pire, c’est qu’il m’annonce qu’il ne va pas les découper de sitôt, pour citer : « nous laisser nous reposer, parler autour d’un verre », surtout quand il aura repris quelques centimètres.

— Tu penses vraiment que je vais aller boire un verre dans l’état où je suis ? J’ai du sang partout, et toi tu es nu, même si mon voile cache un peu ton corps. Donc, en gros, tu veux qu’on aille boire un verre une fois que tu seras en forme.

Ce n’est même pas une question, mais une constatation pour qu’il réalise ce qu’il vient de dire. Discuter, oui. Boire un verre, avec plaisir. Mais je suis recouverte de sang et ma tunique est en lambeaux. Je ne sais que dire à ce moment-là, car je suis, à vrai dire, exaspérée par la situation.

Je me redresse et le regarde de toute ma hauteur, tandis qu’il m’explique aussi qu’il a peut-être des pulsions meurtrières et qu’il est un assassin, mais que tous les morts ne sont pas de lui. J’ai l’impression qu’à ce moment-là, il me prend pour une conne, car avec ces deux mots, il réduit considérablement mes recherches. La plupart sont de lui, et il ne s’en rend même pas compte.

— Dans le zèle ou non, tu en fais quand même partie. Bref, le temps que tu finisses de « grandir », je vais faucher mes âmes, mais tu resteras sous surveillance.

Je fais un signe de la main et un portail s’ouvre, laissant passer un rottweiler qui grogne. Je lui caresse la tête pour le saluer avant de lui donner les consignes par la pensée. J’ai tellement l’habitude d’utiliser ce moyen pour communiquer avec mes animaux que j’oublie que les autres ne peuvent pas entendre.

— Mon chien va te surveiller. De plus, il a le droit d’attaquer si tu essaies de t’échapper. Sache qu’il est immortel, donc tu ne pourras pas le tuer.

Au moins, les choses sont claires. Alors que je m’apprête à partir pour faucher les membres du culte morts, je m’arrête lorsqu’il me parle à nouveau. Le gamin me propose d’enquêter pour trouver le coupable et comprendre ce qui est réellement arrivé. Apparemment, passer du temps avec la faucheuse a l’air de lui plaire. Un autre soupir m’échappe.

Je vous promets que, quand les gens sont trop jeunes, cela peut être « effrayant » de voir leur façon de penser. Mais son idée n’est pas si mauvaise que ça, d’un certain point de vue. Pourquoi ne pas essayer ? Mais avant tout, le travail m’appelle.

— On en reparle dans dix minutes. Interdiction de bouger, sinon Chamallow attaquera, et je ne rigole pas. Ah, et je m’appelle Nebethysia, pas “la Mort” ou autre.

Je le préviens une dernière fois avant de partir par une porte et d’arpenter tout l’immeuble pour trouver tous les corps morts, que je fauche rapidement. Vu qu’ils m’ont invoquée de force, ils n’auront pas la chance de connaître une autre vie de servitude auprès de moi.

Je fais au plus vite avant de remonter les escaliers pour rejoindre le môme et voir s’il a été sage avec mon chien. J’espère qu’il n’a pas essayé de bouger ou de quitter le bâtiment pendant mon absence.