Paradisio Hotel
SHIZUKA SHUNYA
Le
Paradisio Hotel était l’une des scènes favorites des romans d’Alexia Novae, l’héroïne littéraire de Shizuka Shunya. C’était un hôtel richissime, très connu à Uatis, et qui abritait des Sénatrices ou de puissantes femmes d’affaires. Shizuka n’arrivait pas à croire qu’elle se trouvait dans l’une des suites présidentielles, l’un des salons VIP de l’hôtel. Situé dans les derniers étages, leur chambre était une grande pièce avec une grosse terrasse donnant sur tout l’Archipel. Novac était un vaste réseau d’îles et d’îlots, un ensemble très touristique, avec quantité d’activités nautiques. Entre les yachts et les croisières paradisiaques, il y avait des explorations océaniques, des zoos sous-marins… Shizuka était impressionnée de tout ce planning, ainsi que de tout ce que le
Paradisio pouvait offrir.
Le grand hôtel était une véritable ville, avec, en son centre, des grottes au sein d’une montagne. On y trouvait des boutiques, des arènes de jeux, des piscines luxueuses, des salles d’arcades, des salles de sport… C’était incroyable, et à la démesure de toute la technologie novaquienne, une véritable technologie uatéenne de pointe. Shizuka était perdue à chaque fois qu’elle s’y rendait. Rien à voir avec Edoras, qui avait un style beaucoup plus classique, et beaucoup plus traditionnel. La guérisseuse se tenait avec sa chérie, et s’observait devant un miroir holographique, permettant de la voir sous toutes les coutures.
Elle portait un
bikini violet, et rougissait devant sa tenue. Elle était belle, oui, mais elle la trouvait aussi un peu indécente… Néanmoins, elle était contente du choix de couleur, qui se mariait assez bien avec ses cheveux, et avec son corps. Il fallait bien avouer que, pour Shizuka, c’était un grand bouleversement. Elle était mariée. Mariée ! Quand elle l’avait annoncé à ses parents… Ohlàlà ! Sur le coup, elle avait bien cru que son père allait faire une crise cardiaque quand il avait vu la Princesse débarquer dans son salon. Leur cérémonie de mariage avait attiré énormément d’Edorassiens, ainsi que des faire-parts de félicitations venant de bien des endroits. Elena Ivory, la Reine de Lumen, avait fait le déplacement en personne. Shizuka, elle, avait cru défaillir. Elle avait porté une magnifique robe de mariée, choisie par sa mère, avec sa grande sœur, et, quand elle avait entendu tous les gens l’applaudir, la félicite,r vu les enfants jeter des fleurs et des roses… Ohlàlà ! Shizuka n’en avait pas dormi pendant plusieurs jours, et, pour le coup, elle avait bien rattrapé son retard sexuel !
Sa main caressa rêveusement son ventre. Elle avait une surprise pour Hinata… Une surprise qu’elle ne lui avait pas encore dit, attendant le moment propice pour le faire… Et ce voyage de noces au
Paradisio semblait être la bonne occasion de le faire.
Shizuka attrapa la main d’Hinata, et sortit avec elle. Elle portait quelques vêtements pour recouvrir son corps, mais dont elle se débarrassa rapidement en arrivant sur l’une des plages du
Paradisio. Il y avait énormément de monde, beaucoup de familles, majoritairement des femmes. Des enfants jouaient à faire des châteaux de sables, mais Shizuka vit aussi des hommes, qui n’avaient pas l’air malheureux. Il n’y avait pas que des Uatéennes ici, mais aussi des Lumeniens, voire des Mijakiens, ou encore des individus venant d’autres pays. La guérisseuse savait que les Vaporéens, par exemple, pouvaient parfois s’y rendre. Novac était une destination touristique mondiale.
La question de sa bien-aimée la fit sourire, et Shizuka, espiègle, répondit de manière taquine :
«
Nous n’avons qu’à aller dans l’eau, et je te montrerais, ma belle… »
Évidemment qu’elle savait nager ! Ses parents l’avaient inscrit à la piscine municipale quand elle avait environ six ans, et elle avait appris à nager ainsi… Elle aimait bien barboter dans l’eau, nageant comme un marsouin. Et la perspective de le faire avec sa chérie… Aaaahh ! Nora suggéra alors de se mettre de la crème solaire, et Shizuka acquiesça, avant d’embrasser sa bien-aimée.
«
Ça, je peux te la mettre sur ton corps, mon cœur… Le parcourir avec mes mains des pieds à la tête… En ne négligeant aucune partie… »
Devenait-elle un peu plus délurée ? Hey ! Elles étaient avec Tsukasa et Ryouka… Comment ne pas sombrer dans la perversion avec ces deux-là ?!
MÉLINDA WARREN
On aurait pu croire qu’une vampire aurait fui à toute allure la lumière du jour. De fait, il existait bien des familles vampiriques ne supportant pas la lumière du jour. Mélinda le savait, et, avec sa peau toute pâle, elle semblait en faire partie… Mais c’était, en réalité, un teint de peau naturel, hérité de sa famille. En réalité, la vampire ne craignait pas du tout le soleil, et, même, l’appréciait. Sa peau pouvait tout naturellement bronzer, et c’était bien ce qui allait lui arriver en ce moment.
Portant un séduisant
trikini noir et des lunettes de soleil, Mélinda se rapprocha d’un coin de la plage. Il y avait déjà Ai, qui bandait sous son maillot de bain, Harmony, qui, en servante docile, préparait sa serviette, et d’autres esclaves… Mélinda reconnaissait notamment
Ayumi, une esclave de longue durée, qu’Ai connaissait de réputation. Ayumi Nasegawa était en effet la «
Sirène de Mishima », une nageuse qui était en train de suivre des compétitions sportives au Japon, et qui, en réalité, était l’esclave de Mélinda. Une esclave obéissante et très perverse. Elle était moins excitée qu’Ai, mais Mélinda sentait son désir perler. La vampire souriait lentement, et s’installa sur la grande serviette, en retirant ses lunettes de soleil. Harmony avait retiré le moindre grain de sable, et se tenait face à elle, dans une séduisante tenue noire.
«
Tout est presque bon, ma belle… »
Certes, elle ne craignait pas la lumière du soleil, mais, avec sa peau pâle, les coups de soleil arrivaient vite… Or, à Novac, le soleil tapait fort, surtout cette semaine très estivale. Mélinda avait récemment décidé de célébrer l’ouverture de son nouvel harem, dirigé par les Jumelles Karistal, et avait donc cassé sa tirelire pour organiser un voyage de groupe vers le
Paradisio Hotel. Elle avait amené avec elle une quinzaine d’esclaves, et avait réservé une grande suite. Toutes n’étaient pas sorties, bien sûr, et, comme on pouvait s’y attendre, cette grande suite était devenue un baisodrome ambulant. C’était tout naturellement que Mélinda avait invité Ai Aihara, ainsi que sa désormais nouvelle secrétaire, Harmony. Après avoir réussi à soigner Harmony, au terme d’une opération magique longue et difficile, cette dernière s’était mise à son service, et compensait par son énergie et ses tâches polyvalentes son absence d’investissement sexuel dans le harem.
Mélinda avait aussi ramené dans son sillage la Princesse de Sylvandell, mais elle ignorait où elle se trouvait… Pour l’heure, elle laissa l’une de ses esclaves,
Tallulah, qui était seins nus, sortir une crème solaire.
«
Désirez-vous que je vous en mette, Maîtresse ? »
Mélinda réfléchit un peu. Tout était pour elle un jeu sexuel, et elle avait noté qu’Ai était en manque, ce que cette dernière ne tarda pas à confirmer. Ai demanda en effet à retourner dans la chambre, ce qui fit sourire Mélinda. Elle avait un plan pour ça…
«
Sors un autre tube, Tallulah… Harmony se chargera de me protéger les jambes, et Ai le reste de mon corps… »
Tallulah acquiesça, et, tandis qu’elle offrait les tubes, Mélinda lui glissa quelques mots. Un léger sourire perla sur les lèvres de Tallulah, qui hocha la tête. Mélinda laissa ensuite Ai s’approcher d’elle, et, alors que ses mains commençaient à caresser ses épaules, Tallulah se glissa dans son dos, et sa main vint masturber son sexe à travers la combinaison.
«
Là, ma belle Ai… Tu ne remonteras pas si rapidement dans la chambre… Mais, rassure-toi, j’ai pensé à ton appétit sexuel, ma chérie… Voilà pourquoi Ayumi va te glisser un petit objet dans les fesses… Et te fera jouir. Elle aime bien masturber de belles queues comme la tienne. »
Ai étant penchée vers Mélinda, les gens ne pouvaient pas trop voir ce qui se passait, et ce d’autant plus que Tallulah avait bougé un parasol pour les couvrir. Elle masturbait donc tendrement la femme, et Ayumi, de son côté, récupéra dans leurs affaires un
plug anal, puis se dirigea vers Ai, afin de le glisser… Dans son petit fondement.
Oui, ses vacances commençaient très bien !
LUNA EARTHWELL

Pour Luna, la boucle était bouclée. Partie d’Edoras, elle avait rejoint les profondeurs d’Mijak après un voyage sur une bonne partie de Terra. Le voyage avait duré des mois, et elle avait bien cru n’en voir jamais le bout, jusqu’à se retrouver dans l’élégant et somptueux manoir des Jumelles Karistal, ses nouvelles Maîtresses. Dès la première minute, Luna avait été follement heureuse de les avoir, convaincue de tomber sur les meilleurs Maîtresses qui puissent être. Elles étaient belles, mais, surtout, elles sentaient terriblement bons. Leur manoir était un paradis pour nekos, et Luna avait très rapidement su s’adapter à ce qui se passait ici. Elle était rapidement devenue la petite chouchoute des Maîtresses Karistal, dormant avec elles, mangeant beaucoup de sucreries et de chocolats (ce qui nécessitait beaucoup de sport pour brûler ses calories), et, contrairement à ce qu’elle aurait pu craindre, les autres nekos étaient également très gentils. Comme elle, les autres esclaves des Maîtresses voyaient les Maîtresses comme une magnifique bénédiction, un moyen leur permettant de vivre sereinement et en toute tranquillité. Elles avaient de quoi dormir, un pâturage sur lequel s’oxygéner, et, surtout, ne manquaient vraiment pas d’amour et d’affection. Luna recevait quotidiennement énormément de câlins, et, si la question de l’ouverture d’un harem lui passait bien au-dessus de la tête, elle était bien contente d’être avec ses Maîtresses ici.
Ainsi, après son long voyage, elle était revenue au point de départ, sans même s’en rendre compte, car Novac n’était, fondamentalement, pas très éloignée d’Edoras. Les deux États se trouvaient dans la même zone géographique, et, en voyant cette étendue d’eau, Luna avait eu un peu peur… Elle n’en avait rien montré à ses Maîtresses, bien sûr, mais elle n’avait effectivement jamais vu d’eau… Ou, du moins, rien de plus que des lacs. Il y avait un lac dans la forêt entourant le manoir de ses Maîtresses, et elle y avait déjà trempé une patte… Avant de rapidement la replier, tant l’eau était froide ! Maintenant, Luna se tenait entre ses deux Maîtresses, après avoir mangé du chocolat, et elle était, tout simplement, la neko la plus heureuse du monde… La plus heureuse, oui ! Ses Maîtresses étaient magnifiquement belles, délicieusement magnifiques, et elles avaient aidé Luna à enfiler une tenue.
Luna portait ainsi un
court bikini rose pastel, et elle se trouvait très bien dedans. En sentant ses Maîtresses à gauche et à droite d’elle, la couvant comme un gros bébé, Luna ronronnait furieusement.
«
Nyuuuu… !! »
Si ça lui plaisait ?! Huhu, quelle question !
«
Luna est la plus heureuse de toutes les nekos de la planète ! s’exclama-t-elle, enthousiaste.
Luna est heureuse d’être avec ses Maîtresses !! »
Son ton enthousiaste ne faisait aucun doute. Pour elles, elle était même prête à affronter sa peur de l’eau ! Signe de sa servitude, elle portait un discret petit collier autour du cou, dont elle avait tenu à ne pas se séparer. Sans lui, elle se sentait nue, comme si c’était une partie d’elle-même qui était au loin. Le collier comprenait une petite marque, om il était écrit : «
KARISTAL ». C’était le signe béni que Luna avait une
propriétaire… Ou, plutôt,
deux propriétaires… DEUX ! Quelle neko chanceuse !
Les Maîtresses proposaient à Luna de la protéger du soleil, et elle acquiesça, son regard filant de gauche à droite, entre les deux jumelles, si similaires, si belles, si magnifiques, si
parfaites.
«
Luna est prête à vous mettre de la crème solaire partout, partout, partout !! »
Elle ronronnait encore un peu, et, pour elle, elle ne voyait aucun problème à leur faire l’amour en public… Ses Maîtresses étaient tellement belles ! Tellement magnifiques, tellement superbes ! Comment ne pas les adorer instantanément ? Comment ne pas les envier immédiatement ?
Néanmoins… Par souci d’honnêteté, elle rajouta, en baissant un peu les yeux, et en semblant se ratatiner sur place :
«
Par contre… Luna a… Elle a peur de… Elle a peur de l’eau… »
Tout en le disant, elle devenait cramoisie, et se tapotait les doigts. Elle avait très peur de décevoir ses Maîtresses, mais leur mentir serait un crime encore plus grave ! Ce n’est pas qu’elle ne voulait pas essayer, non… Mais elle avait peur !
«
Mais… Luna veut bien se… Se baigner avec ses Maîtresses… Luna ferait tout pour elles, absolument tout !! »
Oh oui, tout, tout, tout !! Pour Luna, il n’y aurait aucune limite possible sur ce qu’il était possible de faire ! Aucune !
SUPERGIRL
Le monde allait-il pouvoir se passer de Supergirl quelques jours ? Après avoir éteint un incendie ravageant une grande forêt en Afrique, et avoir empêché un avion de s’écraser en le soulevant, c’était à espérer, car Kara prenait des congés ! Supergirl avait réussi à obtenir un voyage à Novac, avec un séjour au
Paradisio Hotel. L’hôtel de luxe de Novac était une immense structure, et, si Kara ne se trouvait pas dans le bâtiment le plus riche, elle était au moins dans un endroit assez agréable. Elle avait choisi de venir avec Tessoiu et Kyoko, ce qui n’avait pas été sans mal. Outre son travail, Tessou était inquiète à l’idée d’aller ailleurs, et Kara avait dû s’y prendre à plusieurs reprises pour lui expliquer que la Terre était reliée à un autre monde, à une autre dimension, et que Yoake était le point d’ancrage de Portails dimensionnels menant à Terra. Si Tessou n’avait pas vu Kara voler et résister aux balles, elle l’aurait très certainement prise pour une folle furieuse en train de lui raconter n’importe quoi. Tessou avait cependant fini par abdiquer, en estimant que des vacances feraient à Kyoko le plus grand bien.
C’est ainsi qu’elles se retrouvaient ici, loin de Yoake, dans un endroit agréable et chaleureux. Kara avait trouvé
un maillot de bain bleu 2 pièces qu’elle venait de s’enfiler. Le maillot de bains moulait plutôt bien ses seins… C’était embêtant. Elle l’avait acheté à une boutique du
Paradisio, et la vendeuse, non sans en profiter pour lui palper le corps, lui avait assuré que cette tenue lui irait à ravir. Kara la trouvait néanmoins un peu indécente, ce qui faisait qu’elle rougissait un peu.
Elle venait de préparer Kyoko et leurs affaires, puis observait la mer, et toutes les femmes alentour. Il y avait quantité de jeunes enfants, occupés à jouer ensemble, ou à faire des châteaux de sable avec leurs seaux et leurs pelles.
*
Dieu, que ça me manquait…*
Chez elle, dans sa dimension d’origine, son cousin avait interdit les plages, en estimant que ces endroits encourageaient la débauche et les viols. Kara n’avait jamais été à la plage depuis… Et bien, depuis des années, en fait ! À Yoake, elle n’arrêtait pas, voyageant d’un bout à l’autre du monde, et elle était donc bien contente de prendre un peu de vacances… Même s’il avait fallu que le SHIELD la pousse, dans la mesure où Supergirl était toujours sur la brèche pour protéger le monde des injustices. De fait, elle se sentait aussi coupable que Tessou, mais le simple fait de voir le visage ravi de Kyoko lui faisait plaisir, et ôtait tous ses doutes. Tessou avait beaucoup souffert dernièrement, car, maintenant, Kara savait ce qu’elle avait vécu avec la Duchesse. L’évocation des traumatismes de la policière avait donné envie à Kara de la protéger davantage, et elle venait la voir presque tous les soirs, mangeant ainsi continuellement avec Tessou et Kyoko, tout en protégeant le quartier. Il y a encore quelques jours, elle avait ainsi été chez un voisin, pour arrêter un homme qui battait sa femme quand il buvait trop. Elle avait été porter la femme aux urgences, en lui conseillant de porter plainte, tout en menaçant l’homme. Pour cela, il lui avait suffi de le prendre par le cou, et de s’envoler au Burj Khalifa. Là, elle l’avait balancé dans le vide, et l’avait ensuite rattrapé, puis lui avait dit que, s’il recommençait à la battre, elle l’enverrait sur un glacier au Pôle Nord.
Un message bien plus efficace que cinquante visites policières.
Maintenant, elle espérait pouvoir se reposer, et être juste Kara Zor-El, et non Supergirl. Elle voyait Tessou tenir Kyoko dans ses bras. Kara n’avait évidemment pas besoin de crème solaire. Le soleil jaune était ce qui donnait aux Kryptoniens leurs mutations exceptionnelles, et elle n’avait donc pas à s’en protéger.
Tessou lui demanda alors si elle ne pensait pas que l’eau était pollué.
«
Tu es bien une Japonaise, toi, Tessou… »
Kara sourit gentiment, et se rapprocha d’elle, venant caresser les cheveux de Kyoko. La fille de Tessou se faisait de plus en plus à la présence de Kara, à tel point que, quand elle n’était pas là, il lui arrivait de pleurer ou de faire une crise en la réclamant. Kara trouvait ça… Extrêmement touchant. Ses mains caressèrent donc les joues de Tessou, et elle l’embrassa sur le front.
«
Cette eau est extrêmement saine… C’est une eau purifiée et traitée par les Novaquiennes. Et puis, regarde Kyoko. Tout ce qu’elle a envie, c’est de s’y plonger, pas vrai ? »
Kyoko ne devait pas non plus avoir l’occasion d’aller dans l’eau. Or, la mer était relativement calme, avec des flaques menant ensuite à l’eau, résultant de creusement de sable. Elles faisaient ainsi office de petits bains pour les enfants, et, en réalité, Kara pouvait voir que beaucoup de femmes y faisaient tremper leur progéniture.
«
On y va ? » proposa-t-elle.
SHA
Voir Sha ici pouvait être surprenant… Elle n’était guère adepte du tourisme, et encore moins de Uatis. Cette civilisation, qui voyait la magie comme une donnée scientifique exploitable, enlevait à la magie tout son caractère mystique, et, pour ainsi dire,
sacré. Elles étaient dangereuses, mais elles l’étaient moins que les fanatiques malades de l’Ordre Immaculé, qui voyaient Sha comme une monstruosité abominable à supprimer, et qui lui rappelaient continuellement l’Inquisition de l’Église catholique, dont les méthodes redoutables l’avaient une fois détruit. Plutôt que Lumen, elle avait donc décidé d’offrir à Kiriko son cadeau au
Paradisio Hotel, un hôtel de luxe novaquien. Ce choix n’était pas totalement anodin. Kiriko était à la base une Celkhane, soit une femme venant de la région uatéenne. L’amener ici était donc une manière de renouer avec ses origines. Certes, Sha aurait pu organiser un voyage vers Caelestis, mais l’Archipel volant était assez mal vu et plus éloigné… Et, de fait, elle ne voulait pas non plus que Kiriko se rappelle trop de son passé. Il n’y avait aucun risque que la Celkhane se rebelle contre elle, mais Sha préférait prendre ses précautions.
Ce séjour ici était avant tout un cadeau pour Kiriko, une récompense suite aux Douze Épreuves de Wallündrill. La Celkhane s’était surpassée là-bas, et, même si Sha avait une autre mission, très importante, à lui confier, elle voulait que la Celkhane se repose. C’était d’autant plus important que son ventre hébergeait maintenant la vie. Kiriko était enceinte, un beau petit bébé en gestation dans son ventre, une belle fille qui, d’ici neuf mois, viendrait pousser. Il fallait lui laisser le temps d’encaisser le choc avant de l’emmener dans un autre bout du monde. Sha connaissait suffisamment sa sorcière pour savoir sa fierté, pour savoir qu’elle ne se risquait à rien, et elle savait aussi que la fierté de Kiriko, très forte, l’empêchait de montrer ses faiblesses. Ce faisant, Sha savait que cette grossesse l’inquiétait. L’Ombre estimait que la femme avait besoin d’un petit temps d’adaptation pour se faire à cette vie qui germait en elle. Dans ces conditions, il n’y avait rien de mieux qu’une petite semaine de repos. Sha elle-même en profitait, car, suite à Wallündrill, elle avait maintenant beaucoup de choses en tête : la grossesse de Kiriko, son alliance avec le culte de Lust…
Elles étaient venues toutes les deux au
Paradisio Hotel, avec une troisième personne :
Luxuria. La redoutable Homoncule avait été l’adversaire de Kiriko à Wallündrill, avant de finir par la rejoindre. Sha avait réalisé que Luxuria avait un lien de famille distant avec Kiriko. Le corps qui avait été utilisé par les scientifiques pour créer Luxuria était celui de l’une des deux filles de l’ancienne réincarnation de Kiriko, Misha. Elle s’appelait alors Nausicaa. Tout ce que Kiriko voulait, maintenant, c’était des informations sur Jasmine, l’autre fille de Misha… Et ça, Sha en avait, mais elle ne voulait pas les dévoiler maintenant.
Pour l’heure, il fallait avant tout que Kiriko, sa belle et forte sorcière, se repose.
Voilà donc pourquoi elle se tenait sur la plage, dans un séduisant bikini noir, son corps magnifique attirant bien des regards. Sha, quant à elle, la suivait, dans sa
forme humaine. Elles étaient assises toutes les deux, près de la mer. La Déesse portait un
maillot de bain noir au
dos coupé. Une tenue qu’elle avait acheté ici, dans les boutiques de l’Hôtel. Elle avait choisi de dissimuler sa véritable nature, consciente qu’être une Déesse ne permettait pas beaucoup d’intimité. De fait, elle s’amusait du caractère cocasse de la situation : elle, une Déesse, à la plage… En compagnie de tout un tas de bouseux et de péquenauds. Là, elle voyait des enfants faire avec leur père un château de sable. Là, d’autres jouaient au
beach volley.
Quant à Luxuria elle ne tarda pas à les rejoindre, s’installant sur la gauche de Kiriko, Sha sur la droite. Son maillot de bain se forma instantanément quand sa robe noire, faite en Slime, se replia, formant ainsi un bikini noir. Elle conserva les gants, et se tourna vers Kiriko, venant caresser son ventre avec une main, puis alla l’embrasser.
«
Tu es si belle, Maman… J’ai dû compter au moins quinze personnes qui t’ont maté.. Et seulement les cinq dernières minutes ! »
La beauté était-elle héréditaire ? Misha avait aussi été une femme d’une grande beauté, pour le peu que Sha se souvenait… Kiriko, elle, en avait profité pour poser une question sur le bronzage de Sha, ce qui fit sourire cette dernière. Sha se tourna vers elle, et l’embrassa à son tour, guère gênée de le faire à proximité d’enfants. Un baiser, ce n’était pas grand-chose, après tout.
«
Je suis une Déesse, mais ce corps est un corps humain, comme le tien. Il bronze, et il saigne. Alors, ai-je fondamentalement besoin de bronzer ? Non… Mais toi, tu as besoin de te reposer, Kiriko. Tu es toujours sur tous les fronts, mais je sais que les Épreuves de Wallündrill t’ont épuisé. Tu mérites bien de te relaxer un peu, de te détendre… Et c’est tout ce que je te souhaite. »
Elle l’embrassa à nouveau, avant de lui sourire gentiment. Oui, Kiriko devait se reposer, c’était aussi simple que ça.
Toutefois, Sha se pencha vers son oreille, et susurra dans cette dernière :
«
Mais, bien sûr, rien ne nous empêche de faire des folies quand nous serons dans l’eau… »
Sha trouvait aussi Kiriko très excitante… Et elle avait le sentiment que, peu importe ce que Kiriko mettait, elle était toujours très excitante. Même dans une bure ou une
burqa, elle donnerait envie qu’on la baise, c’était dire !
CRYSTAL
Le maillot de bain de Crystal était composé de son armure dragonique. C’était, de fait,
sa tenue normale, Crystal se refusant à porter des vêtements synthétiques ou artificiels. Elle avait choisi de céder à une demande de Neferia. Les deux femmes se trouvaient en effet bien loin des montagnes où Crystal entraînait Neferia à maîtriser le Thu’um, ainsi que, de manière plus générale, ses capacités dragoniques. Neferia avait lu une brochure du
Paradisio Hotel, et Crystal avait vu dans ce voyage un bon moyen de voir si Neferia était capable d’utiliser ses ailes ou non. L’argent n’était franchement pas une chose difficile à trouver pour une femme comme Crystal. Il lui suffisait d’aller voir un seigneur médiéval extorquant ses paysans, de manger quelques-uns de ses gardes, ou encore de faire cela avec les esclavagistes. C’était d’ailleurs ce qu’elle avait fait en compagnie de Neferia. Crystal avait attaqué un château-fort, et avait obtenu, pour son départ, quelques milliers de pièces d’or. Elle an avait utilisé une partie pour acheter un séjour au
Paradisio Hotel, et, dans la foulée, elles avaient déposé Tigra auprès d’un temple de personnes vénérant les dragons. Elle leur avait dit de veiller sur cette petite créature, ou Crystal les tuerait. Les moines avaient acquiescé, et, pour leur peine, Crystal leur avait offert une partie de son trésor.
Ensuite, les deux femmes avaient traversé une bonne partie de l’hémisphère, se reposant de temps en temps. Neferia avait encore du mal à voler à très grande vitesse, ou à voler haut dans l’atmosphère. L’oxygène était moins présent, et c’était un élément dont il fallait tenir compte. Elle tombait fréquemment, ou se fatiguait vite, nécessitant ainsi des séances de repos, où Crystal la maternait de plus en plus. C’était curieux à dire, et encore plus à constater pour Crystal, mais elle s’attachait de plus en plus à cette petite créature. Neferia était une femme arrogante, extrêmement orgueilleuse et présomptueuse, mais… Et bien, Crystal s’y attachait. Neferia avait aussi soif d’apprendre, et, même malgré tout son orgueil, elle était humble en ce qu’elle se savait très inférieure face à Crystal. Elle était soucieuse de bien faire, et ne supportait pas l’injustice, surtout quand on s’en prenait à des animaux ou à des enfants en bas-âge. Sans s’en rendre compte, Neferia avait amené Crystal à réfléchir sur elle-même, à se poser des questions sur sa nature profonde. Les deux dragonnes avaient maintenant pris l’habitude de dormir ensemble, et, pour une fois, les rêves de Crystal n’étaient pas focalisées que sur Xygga et sur le Magicien. Elle pensait aussi à Neferia. N’était-ce pas cela, en fin de compte, l’apprentissage ? L’élève apprenait du maître, mais le maître aussi apprenait de l’élève…
Crystal se trouvait donc sur l’une des plages du
Paradisio Hotel. Imaginer deux dragonnes marcher dans les couloirs de l’hôtel était surprenant, mais les couloirs étaient larges. De fait, il y avait très peu de gens surpris, car Terra, de base, était une pépinière d’espèces variables. Les humains y étaient majoritaires, mais on trouvait aussi des elfes, des Terranides poilus, des nains… Tout ce petit monde venait aussi au
Paradisio Hotel, preuve du succès de cet hôtel de luxe. Si Crystal préférait la belle étoile, elle savait que Neferia aimait bien le luxe, et le sentiment de richesse. Se trouver ici, dans cet endroit, était donc pour elle une aubaine, et c’était pour ça que Crystal avait choisi de louer l’une des suites de luxe, aux derniers étages du
Paradisio. Crystal, elle, aurait très bien pu dormir dans la forêt.
Elles se tenaient dans un coin un peu moins rempli de la plage, le long de transats et de cabanes de plage. Il y avait des vendeurs ambulants distribuant des glaces, des bonbons, des beignets, quelques pêcheurs en herbe… Parfois, les enfants regardaient les ailes de Crystal et de Neferia avec curiosité. Pour Crystal, il n’y avait aucun risque, ce qu’elle se répéta au moins vingt bonne fois… Aucun risque de tomber sur un humain armé d’une fourche qui voudrait la planter. Elle se retourna finalement vers Neferia, qui bronzait sur un transat, exposant son dos au soleil.
Face à la question de Neferia, Crystal esquissa un léger sourire. Elle s’assit sur le sable, et sa main vint caresser le dos de la femme, glissant volontiers sur ses fesses.
«
Oui, Neferia… Je dois avouer que le charme tropical m’avait manqué… »
En tant que dragonne de Glace préférentiellement, elle préférait les monts escarpés et les plaines de givre, mais, pour être entièrement honnête, elle n’avait rien contre les beautés des îles tropicales. Jadis, elle s’était elle-même réfugiée sur des îles de ce genre. Elle fouillait les fonds marins à la recherche d’artefacts magiques, ou de trésors, et chassait les pirates tentant de venir prendre possession de ses îles.
La main de Crystal pinça alors l’une des fesses de Neferia, comme pour la réveiller.
«
Mais ne pense pas que nous ne ferons que de la détente ici… L’assiduité est la clef de la victoire, et nous ferons encore un peu d’entraînement… Mais pas tout de suite. »
Elle déposa ensuite un bref baiser sur les fesses de Neferia, puis continua ensuite à lui caresser tendrement le dos, affectueusement.
POISON IVY
Dans son séduisant
corset vert végétal, Pamela faisait déjà tourner la tête des hommes, ce qui lui rappelait une savoureuse anecdote datant de l’époque où elle était incarcérée à l’asile d’Arkham. Avant que la sécurité ne l’isole dans une prison haute sécurité, où ses phéromones n’impactaient sur personne, elle avait, une fois, fait un concours avec Harley… Celle qui embrasserait le plus de gardes. Ivy n’avait eu besoin que d’une fois. Elle avait embrassé un garde en usant de ses phéromones, et ces dernières étaient restées sur ses lèvres, attirant tous les autres gardes. L’ensemble s’était terminé en une savoureuse orgie.
Quel était le rapport avec la situation actuelle ? À chaque fois qu’Ivy marchait sur la plage, quantité de regards se tournaient vers elle. Les femmes n’étaient pas insensibles à ses phéromones, mais il fallait bien reconnaître qu’ils étaient toujours plus efficaces sur les hommes. Un père de famille en train de faire un château de sables avec deux de ses enfants releva ainsi la tête sur le passage de Pamela. Tenant dans sa main celle d’Harley, elle tourna à nouveau la tête vers elle, et soupira. Harley venait de demander ce qu’elles allaient faire, et, sans attendre sa réponse, Pamela lui ôta son tuba.
«
Retire-moi donc tout ça, Harley… Sauf ta bouée. »
Elle lui ôta son tuba, et se pencha vers elle pour l’embrasser, son corps se serrant au sien. L’une de ses mains caressa la tête de canard sur sa bouée. Quand le SHIELD avait décidé d’organiser un séjour de voyage vers le
Paradisio Hotel, Pamela s’y était inscrite. Le séminaire était normalement réservé aux agents du SHIELD, mais, avec un peu de phéromones, on obtenait toujours ce qu’on voulait. Le SHIELD n’y avait, de plus, opposé aucune objection, car c’était pour eux un bon moyen de surveiller Poison Ivy, et Harley Quinn. Le SHIELD n’ignorait pas qui était Harley, et Pamela savait que les hauts-gradés de l’organisation s’étaient réunis pour discuter de son cas. Fallait-il l’incarcérer, ou lui laisser une seconde chance ? Le gouvernement et le SHIELD n’étaient jamais contre la réhabilitation des prisonniers. Que ce soit le programme Suicide Squad ou les Thunderbolts, les super-vilains étaient souvent utilisés par l’armée pour accomplir des missions risquées, celles dont personne ne voulait. Harley devait ainsi rejoindre le Suicide Squad que le SHIELD était en train de mettre en place à Yoake, et c’était en argumentant autour de cela que Pamela avait réussi à la réhabiliter aux yeux du SHIELD. Une réhabilitation discrète, mais le SHIELD lui avait offert une fausse identité, et de quoi pouvoir travailler, sans que son passé criminel ne ressorte. Une sorte d’ultime chance, motivée par le fait que revenir à Arkham et à Gotham n’aurait que pour effet d’amener Harleen Quinzel à redevenir Harley Quinn. Le Joker était introuvable, et il était également à craindre que, tôt ou tard, il ne cherche à récupérer sa poupée. Mieux valait donc que le SHIELD ait Harley sous le nez, car le Joker, même s’il n’avait aucun super-pouvoir, était l’une des cibles prioritaires de l’organisation.
Quoiqu’il en soit, Harley et Pamela se reposaient donc à Novac, et, si Ivy avait cherché à y aller, ce n’était pas tant pour la plage que pour voir ce que ces femmes avaient fait de la Nature ici. Avant d’être une île paradisiaque sur lequel on avait dressé le
Paradisio Hotel, cette île avait été un endroit assez rocailleux et sec. Or, une magnifique forêt avait poussé, et Pamela savait que les Novaquiennes avaient terraformé cette région. Sa visite ici avait donc, non seulement des objectifs touristiques, mais aussi éducationnelles.
Elle retira donc à Harley son tuba, et en profita pour l’embrasser tendrement. C’était bien elle, sa petite Harley, et, tout, en l’embrassant, elle caressait ses cheveux. Il n’y avait qu’Harley pour s’habiller ainsi…
«
Avant d’aller nous baigner, nous allons voir cette forêt… »
Près de la plage, il y avait l’entrée d’une jungle. S’écartant du reste du groupe, tenant toujours Harley par la main, le couple car c’était clairement l’image qu’elles donnaiient) s’approchèrent de la jungle. Il y avait de multiples palmiers, des insectes, des arbres, des buissons… Tout ce qui faisait une forêt, mais Pamela sentait quelque chose d’autre. Comme si la forêt était trop belle pour être vraie… Pamela relâcha les doigts d’Harley, puis explora les arbustes, et trouva finalement, après avoir écarté une feuille, une sorte de tube cylindré sortant du sol.
«
Hum… »
Si seulement cette technologie pouvait aussi s’utiliser sur Terre… Sur ce point, les Novaquiennes avaient vraiment une belle longueur d’avance. Leur technologie avait modifié la flore et la faune. Elles avaient dû ramener des insectes ici, dans un environnement propice, et avaient ensuite laissé la Nature faire son œuvre. Cette forêt n’avait rien d’artificielle, même Pamela s’y trompait… Et, pourtant, le lien qu’elle partageait avec la Nature était très fort. Très fort… Pamela sourit donc, heureuse, et se redressa, caressant l’un des arbres.
Elle se retourna finalement vers Harley, un sourire sur le coin des lèvres.
«
Ma chérie, je sens que nous allons beaucoup nous plaire ici… »
Et Pamela en profiterait sûrement pour essayer d’obtenir des informations sur le fonctionnement de cette technologie. La terraformation était, sur Terre, quelque chose d’encore très théorique. Ici, les Novaquiennes avaient commencé à l’utiliser, et elle voyait tout à fait cette technologie être utilisée sur Terre, comme à Gotham City, afin de lutter efficacement contre la pollution.
Poison Ivy, heureuse, se rapprocha à nouveau d’Harley, et l’embrassa encore, venant la plaquer contre un arbre, enfonçant volontiers sa langue dans sa bouche.
FÉLICIA HARDY
Dans un
monokini noir élégant, Félicia avait bien du mal à ne pas regarder les fesses d’Aoki. Il fallait dire que sa belle avait fait fort, optant pour un bikini rouge vif très court, qui moulait à la perfection ses formes de belle Japonaise. Sa Aoki était somptueuse, et, pour le coup, la féline Chatte Noire avait bien envie de la conserver pour elle. Elles suivaient Harley et Pamela, dans un autre monde. La relation de ce quatuor était assez curieuse, surtout pour Aoki. Félicia savait que, à Gotham, Harley et Ivy avaient formé, avec Catwoman, un trio, les Sirènes de Gotham City, et elle avait cru comprendre qu’Ivy voulait reformer, à Yoake, ce trio… Cependant, Selina Kyle n’était pas à Yoake (ou, si elle y était, Félicia ignorait où), et, de plus, Pamela n’avait qu’une confiance modérée envers elle. Selina avait rejoint les Sirènes de Gotham City en tant qu’agent de Batman, afin de surveiller Poison Ivy et Harley Quinn… Une telle vision des choses était tronquée, dans la mesure où Pamela et Harley avaient, à l’époque, accepté Catwoman, afin qu’elle dise qui se cachait sous le masque… Mais, quoi qu’il en soit, le fait est que les deux femmes préféraient Félicia comme troisième partenaire, et Félicia, elle, y voyait un bon moyen de surveiller ces deux femmes… Et aussi de s’amuser. Elle savait également qu’Harley appréciait Aoki. Fréquemment, les deux femmes étaient surprises dans des positions très indécentes… Et, souvent, Félicia ne les retirait pas tout de suite, ou venait les rejoindre.
Autant dire qu’Harley était une véritable tornade dans la vie de la Chatte Noire. Quand Félicia avait appris que le SHIELD comptait organiser une semaine de vacances au
Paradisio Hotel, Félicia avait réussi à se faire inscrire. Elle avait argué du fait qu’elle avait également souffert dans la lutte que le SHIELD avait mené contre l’HYDRA. Laura l’avait envoyé à l’hôpital, et elle avait également argué du fait que des vacances feraient du bien à Laura Kinney, et que Félicia était sa responsable. De fait, Laura était aussi un autre souci majeur pour la belle Félicia. Elle vivait maintenant chez elle, mais Laura… Et bien, c’était Laura. Elle était belle, mais aussi totalement asociale.
En bref, Félicia avait beaucoup de soucis qui lui traversaient la tête, et tous ces éléments faisaient qu’elle n’était pas contre l’idée de passer un peu de vacances, afin de se ressourcer. Elle ne mentait pas quand elle disait qu’affronter l’HYDRA avait été épuisant… Et elle savait que la guerre contre l’organisation secrète n’était pas terminée. Mieux valait donc en profiter avant qu’elle ne devienne définitivement folle.
Aoki, elle, était un peu perturbée par tant de changement. Sa petite vie tranquille de manager pour jeunes artistes avait totalement explosé, et elle était donc larguée. Harley, Poison Ivy, Laura, l’HYDRA, le SHIELD… Elle avait les épaules plus solides que ce que Félicia avait cru, car elle n’avait pas fui en courant à brides abattues… Au lieu de ça, elle s’accrochait, et leur relation ne s’en trouvait que plus renforcée… Même si le lit conjugal était partagé par beaucoup de monde. Aoki observait tout ce monde autour d’elle, et finit par poser une question à Félicia.
Cette dernière lui sourit, et l’embrassa tendrement, en caressant ses cheveux.
«
Ne t’inquiète pas, je te protègerai contre quiconque voudra te faire du mal… »
Entre-temps, Harley et Poison Ivy avaient filé près de l’une des forêts qui bordaient la plage, et Félicia, tenant la main d’Aoki, se rapprocha d’un coin tranquille, laissant Laura en compagnie de Magie. Ainsi, Félicia et Aoki pouvaient goûter à un moment de tranquillité, et Félicia alla déplier une serviette sur le sable. C’était une serviette noire avec des motifs de chat, et elle s’assit, face à l’eau, en profitant pour retirer ses lunettes de soleil.
Ne disait-on pas que les chats craignaient l’eau ? Ce n’était pas qu’une légende, mais, sur ce point, la Chatte Noire allait faire une exception. Elle avait pris une grande serviette, et invita ainsi Aoki à s’installer dessus, leurs deux corps venant ainsi se blottir l’un à côté de l’autre, l’une des mains de Félicia se posant sur le bas du dos de sa bien-aimée, près de ses fesses.
«
Pour être honnête, je ne sais pas grand-chose sur Magie… Mais ce n’est pas important. La seule chose qui importe, c’est nous… Et ton initiation à la mer. »
Qu’Aoki n’ait jamais été à la plage était surprenant. Le Japon était pourtant une île… Félicia elle-même s’était souvent rendue aux plages de Coney Island quand elle était encore une adolescente. Elle passait son après-midi à la plage, puis se rendait ensuite à Astroland, faisant un tour sur le
Cyclone, rentrant tard le soir. Coney Island, pour ça, était un endroit fantastique, qu’elle n’avait retrouvé nulle part ailleurs… Rien que pour ça, d’ailleurs, elle avait envie de retourner à New York avec Aoki. Mais, pour l’heure, elles étaient à Novac, et Félicia caressait la jour d’Aoki, tendrement, avec une affection extrême. C’était Aoki, sa petite Aoki, une belle poupée et adorable… Une femme qui avait été mise à l’épreuve dernièrement.
«
Tu veux aller te baigner maintenant, ou bronzer ? Je ne te cache pas que nous risquons la déshydratation, si on ne saute pas se réfugier vite dans l’eau… Et, même si les chats n’aiment pas l’eau, pour toi, je suis prête à faire une exception à cette règle… »
Elle l’embrassa sur le front, et rajouta ensuite, espiègle et coquine :
«
Et puis… Rien ne vaut le corps trempé d’une belle femme pour attirer les regards des mecs… »
…Ou le sien. Félicia se disait qu’Aoki faisait inconsciemment une sorte de crise de jalousie. Face à Harley Quinn, face à Poison Ivy, face à Magie, face à Miss Marvel, face à toutes ces belles femmes, Aoki n’avait pas grand-chose pour elle… Aucun super-pouvoir, et le sentiment oppressant et écrasant d’être au milieu de multiples personnes en étant la seule à être normale, et donc inintéressante. Félicia était évidemment contre ce point de vue, mais elle pouvait comprendre qu’Aoki puisse le ressentir ainsi, et ceic avait pour effet qu’Aoki cherchait à se rapprocher d’elle.
Et ce n’était nullement pour déranger la Chatte Noire.
LAURA KINNEY
Laura portait aujourd’hui une
tenue civile moins austère que sa combinaison de combat, sous laquelle elle portait un maillot de bain offert par Félicia, un
bikini marron extrêmement sexy, et dans lequel Laura avait des sentiments ambivalents. Le sexe était pour elle quelque chose qui lui était totalement inconnu, comme la plage. Voir tant de monde ici avait surtout tendance à l’inquiéter. Comment protéger son groupe avec tant de personnes étrangères ? Combien de tueurs potentiels se dissimulaient sur cette plage ? Impossible de tout compter ! Pour Laura, c’était un véritable sac de nœuds.
X-23 faisait partie des sujets sensibles de l’Index du SHIELD. L’Index, c’était le nom donné à un répertoire spécial, recensant toutes les personnes dotées de facultés paranormales. Les Avengers, les X-Men, la X-Factor, la Ligue des Justiciers, les Thunderbolts, les super-vilains… Tous avaient leur place dans l’Index, mais on trouvait aussi quantité de civils. Beaucoup avaient des problèmes psychologiques ou d’insertion sociale, et étaient suivis par un agent de probation du SHIELD, ou par des psychologues. Laura figurait aussi dans l’Index, et faisait partie des gens bénéficiant d’une étroite surveillance. Elle ne leur en voulait pas. De fait, elle aurait trouvé idiot et complètement inconscient de ne pas la surveiller, au vu de son lourd passif. Elle avait donc rejoint ce programme de vacances, en compagnie de personnes qu’elle ne connaissait pas. Charles Xavier avait voulu y inscrire plusieurs de ses X-Men, notamment Laura, qu’il continuait à surveiller régulièrement.
Il fallait dire que les choses avaient évolué de manière dramatique chez les X-Men, ce que Laura avait réalisé en se renseignant sur eux. Elle s’était en effet demandée si elle n’allait pas les rejoindre, mais elle avait appris que ce groupe était disloqué, et aux abois. Xavier s’en était retiré depuis des années, et, pendant de nombreuses années, l’Institut Xavier avait été dirigé par Scott Summers et par Emma Frost. Les choses avaient évolué suite au M-Day, un jour maudit où d’innombrables mutants avaient perdu, du jour au lendemain, toutes leurs facultés. Les X-Men avaient à peine eu le temps de s’en remettre qu’ils avaient été attaqués par des fanatiques extrémistes. Ces derniers avaient détruit un bus rapatriant chez eux des X-Men ayant perdu leurs pouvoirs. Plus d’une trentaine de personnes avaient été tuées le même jour, un sordide attentat qui avait ensuite lancé les X-Men dans un conflit épuisant et douloureux contre un ennemi redoutable, Bastion. Cet homme était une machine, une Sentinelle venue du futur, qui avait évolué, et avait constitué autour d’elle un réseau composé d’ennemis des mutants, comme le Révérend Stryker. Bastion avait affronté les X-Men, et avait été vaincu. Cependant, les X-Men, tout comme les mutants, étaient aux abois. Suite au M-Day, plus aucun nouveau-né mutant n’était né… Jusqu’à ce qu’une mutante naisse. Cristallisant les espoirs des mutants, elle avait été traquée par les fanatiques et par Bastion, ainsi que par tous les mutants encore en activité. Finalement, ce bébé, Hope, avait été éduquée par Cable, qui avait fui dans le temps pour la protéger, notamment de Bishop, un ancien X-Men venu du futur, qui était convaincu que la mort de Hope était la seule chose qui permettrait de sauver les mutants d’un futur apocalyptique.
Le combat pour Hope avait amené les X-Men à affronter Bishop et Bastion à de multiples reprises, jusqu’à ce que Hope, le Messie, ne parvienne à déclencher ses pouvoirs. Elle avait annihilé Bastion, et, suite à cela, le gène-X avait commencé de nouveau à émerger sur le monde, offrant aux X-Men une nouvelle lueur d’espoir. Le SHIELD avait consigné tout cela dans ses rapports, même si ces derniers étaient éparses, car ces évènements dataient de l’époque où Norman Osborn s’était emparé du SHIELD, et avait constitué le HAMMER, qu’il avait utilisé pour chasser les X-Men, les faisant passer pour des terroristes notoires aux yeux de l’opinion publique. Osborn avait ainsi créé de faux rapports indiquant qu’Utopia, le refuge des X-Men à San Fransisco après la destruction de l’Insitut Xavier, était une place-forte militaire visant à envahir San Fransisco.
L’histoire compliquée des X-Men avait connu une scission entre Wolverine et Cyclope. Cyclope, touché par les évènements de ces dernières années, avait décidé de devenir beaucoup plus dur à l’égard des humains, voyant les mutants, non pas comme des élèves, mais comme des soldats. Logan, de son côté, avait cessé de faire le jeu de Cyclope, notamment en dirigeant X-Force (une unité d’assaut constituée par Cyclope à l’époque du conflit contre Bastion), et avait voulu rester fidèle à la ligne de Xavier. Tout avait évolué quand le Phénix était revenu sur Terre, amenant les Avengers et les X-Men à se battre autour de l’importance du Phénix Noir, les premiers la voyant comme une menace, les seconds comme le seul moyen de sauver leur race de l’extinction. En définitive, les X-Men étaient actuellement divisés entre ceux qui s’étaient réfugiés dans l’ancienne école de Charles, renommée «
Jean Grey School For Higher Learning », et ceux qui suivaient Cyclope, qui avaient fondé une autre école, «
The New Xavier School Secret Campus ». Autant dire que tout cela était très compliqué, et Laura avait donc préféré rester à Yoake.
Après ses déboires avec le SHIELD, elle était maintenant inscrite au lycée Mishima, essayant de mener une vie normale, sous la surveillance de Félicia Hardy. La Chatte Noire était apparue comme le meilleur choix pour essayer d’offrir à Laura une vie normale, tout en continuant à la surveiller. Laura Kinney était dangereuse, elle avait tué des centaines d’hommes et de femmes… Il fallait donc la surveiller, mais, d’un autre côté, le SHIELD savait que l’enfermer ne servirait à rien. Laura n’était pas responsable pour les meurtres qu’elle avait commis. Plutôt que de l’enfermer, il avait été jugé plus utile d’essayer de lui offrir la chance d’avoir une nouvelle vie. C’était ce à quoi Laura s’appliquait en ce moment.
X-23 suivait donc le groupe, jusqu’à ce que Magie, une belle femme qui n’avait presque rien sur le corps, ne se mette à demander ce qu’elles allaient faire.
La réponse ne tarda pas à venir quand Poison Ivy et Harley Quinn filèrent vers la forêt. Félicia, quant à elle, se retourna vers Laura, et lui indiqua de rester avec Magie, avant qu’elle-même ne file avec Aoki. Power Girl fila avec Miss Marvel, et Laura et Magie se retrouvèrent donc seules, face-à-face.
En clignant des yeux, Laura ne tarda pas à lui parler :
«
Je te préviens, j’ignore ce qu’il faut faire dans une plage… Et je préfère que nous trouvions un endroit isolé. Ici, il y a trop de gens qui pourraient nous attaquer sans que je ne les repère. »
Elle rajouta alors, regardant autour d’elle :
«
Et puis, je pense que le mieux est de faire le tour du périmètre, afin de s’assurer qu’il n’y a aucune menace quelconque ici… »
Les vacances… Laura avait bien du mal avec ce concept !
MISS MARVEL
Carol était charge de superviser tout ce troupeau de femmes. Que ce soit Pamela Isley ou Félicia Hardy, aucune des deux n’avait vraiment la tête sur les épaules. Et puis, il y avait aussi Harley Quinn, Magie, ou encore Laura Kinney… Un ensemble de bombes à retardements. Fort heureusement, Nathan était resté à Yoake, ce qui évitait le problème de devoir gérer, en prime, un symbiote extraterrestre. Pour l’accompagner, Carol était avec Power Girl, une autre femme très puissante, dont le nom civil était Karen Starr. De ce que Carol avait cru comprendre, elle était une Kryptonienne venant d’une autre planète… Une autre Kara, mais en plus mâture qu’elle. Très curieusement, les agents du SHIELD imaginaient bien Miss Marvel et Power Girl ensemble. Elles étaient les poids lourds du SHIELD, deux guerrières très puissantes. Power Girl avait aussi pour tâche de surveiller tout ce beau monde.
Toutefois, Carol ne comptait pas faire que la chaperonne. Elle avait rarement l’occasion de prendre des vacances, et, maintenant qu’elle commençait à se sevrer au niveau de sa consommation d’alcool, comme les autres, elle espérait bien à un peu de repos. Miss Marvel avait affronté l’HYDRA sur bien des fronts, que ce soit à Yoake, ou encore en Europe de l’Est… Elle avait affronté les alliés récents de l’HYDRA, comme la Latvérie, et s’était même retrouvée sur Terra, où elle avait retrouvé Ayane, un autre élément à problèmes du SHIELD, ainsi que Wonder Woman. Plus généralement, elle savait que l’HYDRA était engagée dans un vaste projet, quelque chose d’énorme, qui impliquait à la fois la Terre et Terra, et leurs récents combats contre eux n’étaient que les prémices de quelque chose de beaucoup plus gros. Si Rachel était restée sur Terre afin de continuer à exploiter toutes leurs pistes pour mettre fin aux agissements de l’HYDRA, Carol, elle, avait choisi de se détendre un coup. De fait, c’était elle qui avait suggéré un séminaire au
Paradisio Hotel, dans le but de resserrer les liens de l’équipe, et aussi de se rapprocher des Terrans, notamment des Novaquiennes et des super-héros localisés sur Terra. Il ne faisait aucun doute, aux yeux de Carol, que, pour vaincre l’HYDRA et ses alliés, il faudrait un assaut simultané, non seulement sur les forces ennemies localisées sur Terre, mais aussi sur celles se situant à Terra.
Cet air frais et chaud ne la changeait pas beaucoup du Japon, mais Carol l’appréciait. Son maillot de bain se composait de son
costume, car il convenait en beaucoup de situations. Ce faisant, elle avançait dans cette tenue, et, comme sur Terre, beaucoup de gens léchaient sur son postérieur. Carol ne s’en sentait guère gênée, car elle savait pertinemment que cette tenue était très moulante. Elle restait en compagnie de Karen, qui portait également une tenue particulièrement indécente.
*
Nous sommes en vacances, après tout… Autant en profiter !*
Elle se voyait bien boire des cocktails auprès de certaines parties de l’île. Elle avait vu des bars aquatiques le long des piscines, et avait eu le temps de fouiller un peu le
Paradisio Hotel, ou encore de consulter leur site Internet. C’était Carol qui était venue composter leurs billets dans la réception magnifique et luxuriante de l’hôtel de luxe, et elle avait vu leur suite, un grand ensemble avec plusieurs chambres et un salon commun… Rien qu’à imaginer dans la même pièce la Chatte Noire, Magie, X-23, Harley Quinn, Poison Ivy, elle-même, et Power Girl… Elles auraient de la chance, si tout n’était pas détruit !
Supergirl, au moins, avait été plus intelligente, car elle s’était isolée avec Tessou. Magie demanda alors ce qu’elles allaient faire, et, rapidement, des groupes se constituèrent.
«
Nous allons vous faire confiance… Karen et moi devons nous assurer que l’endroit est sûr, et que vous ne risquez rien. »
C’était ce qu’on appelle une belle excuse, et qui permettait surtout à Karen et Carol de rester ensemble. Carol se retourna ainsi vers Power Girl. La femme avait récemment rejoint le Programme Initiative du SHIELD, qui consistait à attribuer, par État, une équipe active de super-héros. Power Girl en faisait tout naturellement partie, tout comme Carol, qui avait progressivement pris des galons à l’intérieur.
Tout en étant seule avec elle, elle posa une main sur ses hanches, et se rapprocha de son oreille, venant murmurer quelques mots dans le creux de son oreille :
«
Et puis, j’ai repéré un bar aquatique de l’autre côté de l’île… Je pense qu’on peut faire confiance aux filles pendant une petite heure… Elles sont en vacances, après tout. »
Autrement dit, il ne fallait pas les oppresser en restant continuellement sur leur dos. Carol voulait leur lâcher un peu la grappe, car elle estimait que c’était, pour elles, le meilleur moyen de prendre confiance en elles, et en leur capacité d’insertion sociale.
Et puis, d’un point de vue plus personnel… Karen était foutrement sexy dans son bikini !
MIRANDA FORGE
Comme à chaque fois qu’elle se rendait à Novac, généralement pour des voyages d’affaires, Miranda faisait une halte au
Paradisio Hotel. Généralement, elle hésitait entre le
Paradisio Hotel ou le
Novac Tower, deux super-structures novaquiennes qui étaient très prisées par le tourisme. Le
Novac Tower avait aussi son charme, et, cette fois, Miranda avait opté pour l’hôtel de luxe. Elle se trouvait sur un transat, avec un cocktail qu’elle sirotait, dans un
maillot de bains aussi court que sexy. Elle portait ainsi un string mettant bien en valeur ses fesses, l’ensemble n’ayant que pour but de satisfaire partiellement à ses pulsions exhibitionnistes. Ici, elle se maîtrisait, car il y avait des enfants, et elle ne voulait tout de même pas risquer l’attentat à la pudeur.
Miranda avait offert à Hannah, sa domestique, une journée de détente au sein du
Paradisio, et en profitait pour parler du bon vieux temps avec une amie d’enfance,
Kaleena. Kaleena était une femme importante pour Miranda, car c’était avec elle que Miranda avait perdu sa virginité. Elles s’étaient perdues de vue pendant des années, avant que Miranda n’entende à nouveau parler de Kaleena. Elle lui avait proposé un poste au sein de la GWC, et Kaleena l’avait accepté. Si Miranda avait opté pour le
Paradisio Hotel, c’était aussi parce qu’elle savait qu’elle y retrouverait cette belle femme à la peau bronzée, et que ce serait l’occasion de discuter avec elle.
Portant un classique maillot de bain bleu, Kaleena était allongée à côté d’elle.
«
Je n’aurais jamais pu imaginer que tu deviendrais une femme aussi puissante, Miranda… Enfin, j’ai toujours su que tu étais très intelligente, bien sûr, mais, de là à t’imaginer à la tête de la GeoWeapon Corp…
-
C’est ainsi que l’héritage fonctionne, chez les Forge… Nous dirigeons la firme, non par droit, mais parce que nous la méritons avant tout. J’ai gagné cet héritage.
-
Et je ne prétendrais jamais le contraire… Grâce à toi, j’ai un salaire mirobolant, et j’ai pu m’acheter plusieurs esclaves… Ainsi que des traitements esthétiques de premier choix. »
Miranda prenait soin de ses amies, et elle sourit à Kaleena. Pour elle, ce n’était qu’une broutille. Sa firme dégageait chaque année une rentabilité exceptionnelle, avec un chiffre d’affaires qui écrabouillait le PIB de plusieurs petits États terrans. GeoWeapon Corp. était une immense firme, colossale, employant des milliers et des milliers de personnes… Qui irait se soucier de la belle Kaleena, et du fait qu’elle n’avait nullement les compétences requises ? Elle avait été nommée à un poste où elle n’avait rien d’autre à aire que lire les rapports de ses collaborateurs, signer, et baiser le reste de la journée. Miranda se demandait même si elle n’allait pas la faire monter en grade, et en faire l’une de ses concubines. Qu’est-ce qui l’en empêcherait ? Le conseil d’administration ne l’embêterait pas là-dessus…
Kaleena était, comme elle, une perverse, et, tandis que les deux femmes se reposaient sur leurs transats, après avoir baisé comme des hyènes pendant la nuit, elle regardait toutes les personnes défilant sous son nez, cherchant des proies à amener chez elles pour les baiser ce soir. C’est ainsi que son regard finit par se poser sur un couple de deux Terranides occupées entre elles. Une Terranide chauve-souris et une Terranide cheval, avec une corne de licorne fluorescente sur la tête.
«
Tu en penses quoi, de ces deux-là ? »
Miranda sourit, en tournant la tête vers elles.
«
Tu ne t’arrêtes jamais, toi… »
Jamais, en effet. Kaleena sourit, puis se releva alors. Elle avait trouvé ses proies. Sur ce point, la belle femme était comme un radar aux sens aiguisés, ne s’arrêtant devant rien. Miranda avait pu observer cela, et c’était d’autant plus amusant qu’elle-même s’amusait à faire ça avec Hannah, ou avec d’autres femmes, comme sa fille, Kara. Quand elles voyaient en ville une belle femme, Miranda demandait au chauffeur d’arrêter la voiture, et elles embarquaient ladite femme, lui faisant joyeusement l’amour. Miranda ne se refusait à rien. Pourquoi l’aurait-elle fait ? Elle était Miranda Forge, la PDG de la mégocorporation GeoWeapon Corp. ! Elle discutait avec des Sénatrices, couchait avec des Générales haut-gradées de l’armée uatéenne… Elle n’avait rien à craindre, et son égo était sans limites !
Elle observa donc les deux cibles, et trouva effectivement ces deux Terranides très mignonnes.
«
Je vais que ce poney me butine le cul pendant que je prendrais le cul de sa copine… »
Kaleena se faisait déjà un film dans sa tête, et Miranda acquiesça, avec un léger sourire sur le coin des lèvres.
«
Et bien… Tu n’as qu’à y aller… » l’encouragea-t-elle, avec un sourire mutin sur le coin des lèvres.
La femme acquiesça de la tête, puis marcha vers les deux femmes, en roulant volontiers des hanches. Kaleena n’avait aucune gêne, et elle se rapprocha donc d’elles, avant de leur parler :
«
Hey ! Salut, les filles ! Je m’appelle Kaleena… Vous avez quelque chose de prévu ce soir ou pas ? »
Inutile de perdre du temps avec les familiarités d’usage, c’était ainsi que Kaleena draguait…
RYOUKA

Son sexe tressauta à nouveau, et un épais filament de sperme s’échappa de sa virilité en érection, venant se perdre dans les tréfonds du corps de la belle Tsukasa. En soupirant longuement, Ryouka resta couchée au milieu du grand lit, dans une chambre qui puait un mélange incroyable de sexe et de sueur. C’était à croire qu’elles étaient toutes les deux restées enfermées dans cette pièce pendant des jours, alors que, en réalité, elles n’y étaient que depuis quelques heures… Ryouka était convaincue que la Reine Hinata savait que Ryouka n’était pas la cousine de Tsukasa, mais elle n’avait rien dit… Sans aucun doute parce qu’elle connaissait Tsukasa, et qu’elle savait de quoi cette dernière était capable. Et puis, Ryouka restait une femme de bonne compagnie, non ? Elle avait offert à la femme de la Reine, la petite Shunya, une créature toute douce que Ryouka s’imaginait déjà recouverte de tout son sperme, quelques éditions spéciales d’Alexia Novae, et elle estimait que cette offrande lui avait permis de rejoindre leur suite… De la suite, Ryouka n’avait vu que la chambre qu’elle partageait avec Tsukasa, chambre qui, fort heureusement, était insonorisé. Et c’était bien, oui, vu les hurlements que les deux femmes poussaient.
En temps normal, Ryouka, alias «
Brainstorm », officiait au sein du groupe T.H.T. (
Terra Hero Team), un groupe de mercenaires indépendantes ayant leur repaire dans un bunker désaffecté des Badlands. Ryouka était la spécialiste informatique de l’équipe, récoltant des informations, piratant des sites Internet, ou faisant office d’agent de soutien. Elle était aussi une spécialiste en arts martiaux, même si elle avait rarement l’occasion de s’entraîner ailleurs que dans les simulations informatiques. En tout état de cause, Ryouka était aussi une grande
geek, et, surtout, une incorrigible perverse. Elle avait rencontré Tsukasa sur un jeu érotique en ligne, où l’idée était de coucher avec le plus grand nombre de personnes. Le jeu se voulait très réaliste, par le biais de multiples capteurs, et de lunettes virtuelles. C’est ainsi que Ryouka avait rencontré Tsukasa, et, peu à peu, les deux femmes avaient sympathisé, en se promettant qu’elles se rencontreraient… Or, elles avaient enfin des congés simultanés, et Tsukasa lui avait proposé de venir au
Paradisio Hotel. La belle Héroïne avait réussi à s’enfuir pour une petite semaine. De toute manière, l’activité des Héroïnes était relativement stable en ce moment. Il n’y avait pas grand-chose à faire, et la moitié de l’équipe n’était pas là. Nika était retournée à Uatis city, Tifa s’amusait sur Terre, Angel et Lorenza étaient parties chasser les raiders, et Elena était partie dans la Bibliothèque de Lumen, afin de se renseigner et de s’instruire… Rozalia, elle, était chez Les Amazones, et Isabelle Desforges était entre les Cieux et le bunker.
Ryouka avait donc pu aller voir Tsukasa. Elles avaient fait l’amour dès qu’elles s’étaient dit «
Bonjour », dans les toilettes du
Paradisio… Puis dans l’ascenseur… Puis contre la porte d’entrée. C’était plus fort qu’elle, Ryouka avait une sorte d’envie perpétuelle de baiser dès qu’elle voyait Tsukasa, dès qu’elle reniflait son parfum, ou dès qu’elle songeait à tout ce qu’elles avaient fait ensemble sur Internet… Des choses qui défiaient clairement la morale ! Oh oui, elles étaient de grosses cochonnes entre elles… Ça, même Ryouka l’admettait. Le repos n’était qu’une période de pause entre deux séances de sexe, et la belle Héroïne était épuisée.
«
Haaa… Tu es si bonne, Tsukasa… »
La belle Edorassienne était à la hauteur des attentes de Ryouka : une femme forte, endurante, persévérante, qui avait toutes les qualités du monde pour plaire. Cependant, comme Tsukasa l’avait relevé, en forniquant sans arrêt, elles passaient à côté du
Paradisio Hotel. Or, vu le prix des chambres ici, il était dommage de rester enfermée continuellement… Surtout pour Ryouka, qui passait l’essentiel de son temps dans une pièce sans fenêtres, entourée d’ordinateurs, d’écrans d’ordinateurs, et de machines qui bourdonnaient autour d’elle. Il fallait donc se motiver à sortir… Pour pouvoir faire l’amour dehors.
Tsukasa lui offrit le choix entre deux tenues possibles. Ryouka était allongée dans le lit, au milieu des draps défaits, toute nue. Elle avait fait l’amour une bonne dizaine de fois avec sa combinaison, avant de progressivement la retirer, tant cette dernière lui collait. Allongée donc dans le lit, elle observa la tenue, puis finit par se redresser.
La belle Héroïne s’extirpa ainsi du lit, et se rapprocha de Tsukasa. Ses mains caressèrent ses hanches, elle se blottit contre son corps, et l’embrassa tendrement.
«
Le choix ne se pose pas, ma belle… C’est la noire… Avec tes cordes, je pourrais t’agripper pour t’empêcher de partir… »
Ryouka lui sourit à nouveau et se dépêcha de s’écarter. Entant que Futanari, elle avait rangé son sexe masculin, mais elle le sentait encore pointer en elle, menaçant de sortir à n’importe quel moment.
«
Je crois qu’il est temps que je te montre la mienne, Tsukasa-chérie… »
Il était en effet temps, et elle alla ouvrir un placard. Il y avait quantité de tenues BDSM à l’intérieur, abritant aussi bien les affaires de Tsukasa que les siennes. Elle trouva rapidement sa tenue, et se retourna vers Tsukasa, en se mordillant les lèvres. Cette tenue faisait partie de celle qu’elle achetait régulièrement au bunker, les faisant arriver à un village à côté, où elle se rendait régulièrement pour récupérer ses colis.
C’était un
maillot de bain doré et très sexy, avec un petit string cachant la moitié de ses fesses, et qui se composait également de multiples cordes. Il fallait croire que les cordes étaient un fantasme de Ryouka… Après tout, n’était-elle pas venue ici avec un jeu de cordes ? Elles n’avaient pas encore eu l’occasion d’expérimenter le bondage, mais Ryouka comptait bien en faire une démonstration… Elle s’était entraînée auprès de maîtres du bondage. Ryouka savait que les Edorassiens avaient des experts en
kinbaku (ou
shibari), un véritable art, à Edoras, qui consistait à jouer avec les cordes. C’était un art sensuel consistant à attacher les corps de telle manière qu’il y avait
des poses artistiques et exotiques sur ces derniers. Ryouka avait appris cela avec le temps, et elle avait très envie de l’utiliser avec Tsukasa…
…Mais, pour l’heure, il était temps d’aller prendre un bain ensemble, et de faire l’amour au milieu des vagues ! Rien qu’à s’imaginer dans sa tenue, et d’imaginer Tsukasa dans la sienne, Ryouka en avait des frissons partout…
Ahlàlà, que ces vacances allaient passer vite !
SAMARA
«
Il est temps d’aller se baigner...
-
Comme vous voulez, Maîtresse... »
Kazuha, l’esclave de Samara, était toujours prête à satisfaire cette dernière, sans le moindre problème. Quand Samara avait acheté un billet pour une suite présidentielle au
Paradisio Deluxe, Kazuha avait été enchantée à l’idée de la suivre. C’était un hôtel de luxe, et elle s’était renseignée sur cet hôtel en consultant une brochure touristique... Quel endroit fantastique ! Kazuha n’avait jamais été à Uatis, et elle n’avait jamais osé avouer à sa Maîtresse qu’elle adorerait s’y rendre. Samara, elle, s’y rendait assez peu. Elle avait entendu parler des Uatéennes et des expériences scientifiques auxquelles elles se livraient sur les espèces non-humaines... Mais, d’un autre côté, Uatis proposait aussi tout un marché à exploiter, et c’était dans cette optique que Samara avait envisagé, progressivement, de s’y rendre.
Elle voulait étendre son influence, et elle savait qu’Mijak était un État puissant, et qui effrayait les Uatéennes, tout en pouvant aussi leur offrir un certain nombre de possibilités. L’inconvénient des technologies uatéennes était qu’elles avaient besoin de matière première pour fonctionner, de combustibles et d’énergie pour alimenter leurs centrales et leurs usines. Samara le savait, et elle savait aussi que les Mijakiens disposaient de riches gisements naturels. Autrement dit, Samara escomptait pouvoir, sur le long terme, négocier la vente de matières premières pour les Uatéennes. Ces dernières manquaient de plus en plus de ressources et de gisements, et Samara était sûre que le Sénat devait rechercher de nouveaux gisements. Il y en avait à Lumen, mais la cité-État était tellement corrompue qu’elle ne représentait pas un grand intérêt. Autrement dit, les Uatéennes ne tarderaient pas à s’intéresser à Mijak, et Samara préférait anticiper, en passant par Novac. L’Archipel était un État pro-tekhan avancé, et, si Samara arrivait à avoir de bonnes relations avec cet État, elle arriverait à en avoir avec Uatis, et, de plus, elle renforcerait sa position à l’égard des Impériaux.
Pour cette raison, Samara s’était rendue au
Paradisio, afin de se renseigner sur Novac, et peut-être même voir la Baronne. Elle se tenait devant une grande baie vitrée, observant l’horizon. La mer s’étendait à perte de vue, avec une succession d’îlots et de bateaux filant le long d’une mer bleue azur. C’était une atmosphère paradisiaque, et même Samara, qui était une démone, était capable de l’apprécier. Elle se retourna vers Kazuha, et vit que cette dernière continuait à caresser les cuisses de Sya, assise sur l’un des canapés du
living room.
Sya était maintenant la « fille » de Samara, mais elle ne vivait pas avec elle... Cependant, pour l’occasion, Samara avait envoyé un message à Caelestis, où Sya résidait, afin de lui demander de venir. Si Sya voulait être sa fille, il fallait bien qu’elle vienne de temps en temps, afin d’honorer leurs relations. Fort heureusement, l’Ange de la Luxure avait fini par venir, et Kazuha était en train de lui souhaiter la bienvenue en la doigtant. Sya était assise sur ses genoux, et Kazuha, d’une main, caressait son front, et, de l’autre, elle enfonçait ses doigts dans son intimité, remuant deux doigts dans sa moule, faisant ensuite boire à Sya sa mouille. Kazuha comptait sortir avec sa tenue d’esclave, et Sya portait une tenue blanche très légère, qui convenait tout à fait. Autrement dit, il ne restait plus que Samara, mais cette dernière se voyait bien y aller tout simplement avec son corset en cuir.
Elle se rapprocha donc des deux femmes, descendant les marches menant à leur salon, et s’assit sur le fauteuil, à côté de Sya et de Kazuha. Sa main vint alors caresser l’une des joues de Sya, et elle se pencha vers elle, venant doucement l’embrasser.
«
Je suis très heureuse de te revoir, Sya... »
Elles s’étaient beaucoup amusées ensemble il y a quelques semaines, au manoir de Mélinda. Pour Samara, c’était un excellent souvenir, la preuve que les Anges et les Démons étaient capables de s’entendre et de vivre ensemble. Samara avait maintenant envie de profiter davantage de Sya, et en profita donc pour continuer à l’embrasser, enfonçant sa langue dans sa bouche, en souriant gentiment et malicieusement.
«
Tu as envie de sortir à la mer, Sya ? Ou de jouer avec Maman ? »
Samara était une mère gentille, lui laissant volontiers le choix de choisir ce qu’elle voulait...
ALICE KORVANDER
Alice s’observait devant l’un des miroirs de la vaste suite de Mélinda. Son
maillot de bain blanc une pièce était très élégant, elle ne disait pas le contraire. Elle caressa les cordes faisant office de décolleté, en se disant que, décidément, Mélinda adorait les décolletés plongeants. C’était elle qui lui avait offert cette tenue, ainsi que la perspective de se rendre au
Paradisio Hotel, en faisant partie de sa suite. Alice avait hésité. En tant que pure montagnarde, l’eau était un élément qui l’effrayait un peu. Elle savait nager, oui, mais ce n’était pas pour autant qu’elle abordait sereinement le fait de se retrouver à barboter dans l’eau avec les poissons. Néanmoins, elle ne voulait pas attrister Mélinda, et, de plus, Novac était un pays très intéressant. Alice avait, sur ce point, un raisonnement relativement similaire à celui d’Mijak. Récemment, des archéologues avaient révélé la présence de gisements souterrains dans les montagnes de Sylvandell. Ces gisements intéressaient notamment les Vaporéens, car on pensait y trouver des puits de Solsticium. Cependant, il y avait aussi du gaz naturel, et des minerais que les Uatéennes utiliseraient volontiers pour exploiter leurs usines. La visite d’Alice avait donc aussi un caractère officiel, car elle devait rencontrer d’ici quelques jours la Baronne de Novac. Milwën avait réservé la suite royale du
Paradisio Hotel, et Alice avait reçu une invitation à venir chez elle, éventuellement en compagnie d’amies ou de connaissances, afin de l’aider à se détendre, et de pouvoir envisager de futures relations commerciales.
L’occasion était trop belle pour la laisser passer. Tôt ou tard, Alice supplanterait à son père à la gestion du royaume, et elle avait sa propre conception de la façon dont elle dirigerait Sylvandell. Elle préférait faciliter le
soft power que le
hard power, soit encourager la diplomatie et les négociations commerciales, plutôt que la guerre et les pillages. C’était particulièrement osé à Sylvandell, qui avait une longue tradition belliciste, mais Alice s’inspirait des nouveaux courants idéologiques traversant les écoles de pensée militaires mijakiennes. Face au blocage persistant dans le conflit opposant Lumen à Mijak, beaucoup de théoriciens et de philosophes envisageaient de développer le concept de «
soft power » à Mijak. Alice avait lu avec grande attention toutes ces théories. La
soft power reposait sur l’utilisation de tactiques non militaires pour assurer l’hégémonie et la suprématie d’une civilisation : la culture, l’art, le commerce, l’économie, le savoir-faire diplomatique... Autant de notions rentrant dans ce grand ensemble très méconnu des Mijakiens, et qu’on appelait la «
soft power ». C’était là la spécialité de Lumen, qui bénéficiait d’un riche rayonnement culturel, et d’une emprise économique sur le monde. La Princesse, elle, voyait dans ces théories un écho sur Terre, en ce qui avait concerné l’affrontement entre l’URSS et les États-Unis. D’un côté, un bloc soutenant l’usage de la force armée pour résoudre les problèmes ; de l’autre, un bloc soutenant des méthodes alternatives et plus souples. Finalement, c’était bien le second bloc qui avait survécu. Ce scénario était tout à fait envisageable sur Terra aussi, car, même si Lumen connaissait une crise économique, Alice était suffisamment proche du pouvoir politique pour être au courant de l’état catastrophique des finances impériales.
Pour toutes ces raisons, la Princesse se trouvait donc au
Paradisio Hotel, et, tout contre elle, collée à son dos,
Ayumi l’observait et la complimentait.
«
Vous êtes somptueuse, Princesse... »
Ayumi ne se privait pas de caresser ses épaules, ses mains glissant le long de son corps, pour aller jusqu’à presser ses seins. Ayumi était une esclave assez entreprenante de Mélinda, une hermaphrodite qui n’avait pas hésité à faire l’amour à Alice à plusieurs reprises.
«
Tu... Tu trouves ?
-
Hum-hum... Maîtresse a toujours été très douée pour ce qui concerne des vêtements, et de leur adéquation avec leurs porteuses. Elle savait dès le début que cette tenue vous irait à ravir, et elle ne s’est pas trompée... »
Alice rougit un peu plus. Ayumi et elle avaient déjà fait l’amour à plusieurs reprises. Mélinda savait qu’Alice avait besoin d’un peu de temps pour s’encourager à aller dans l’eau, et elle lui avait donc laissé le temps d’y réfléchir, partant avec un groupe, constitué notamment d’Ai et d’Harmony. La Princesse, elle, prenait son courage à deux mains, et Ayumi était restée pour l’accompagner... Et pour sentir les belles lèvres d’Alice sucer sa verge quand Ayumi avait ses pulsions.
«
En effet... Je me sens... Spéciale là-dedans...
-
Mais attirante, c’est l’essentiel... »
Alice acquiesça, et Ayumi tourna sa tête, venant tendrement l’embrasser. Leurs lèvres se décollèrent rapidement, et Alice soupira, reprenant son souffle, se mordillant les lèvres. Il allait falloir qu’elle y aille, il allait falloir qu’elle affronte l’eau.
*
Allez, Alice, sois forte, tu peux le faire !*
Oh, bien sûr qu’elle pouvait le faire ! Elle avait foi en elle !
«
On y va, Majesté ? »
La manière dont Ayumi prononçait ce mot, «
Majesté », avait un soupçon d’ironie... Comme si elle rigolait des hésitations et des doutes d’Alice. Ce n’était pas très gentil, mais la Princesse ne pouvait guère le lui reprocher, vu ses hésitations actuelles. Elle hocha la tête, de haut en bas, confirmant. Oui... Oui, elle était prête à rejoindre Mélinda. Elle était la Princesse des Dragons dorés...
Ce n’était pas un petit peu d’eau qui allait l’effrayer, tout de même !
JESSICA DREW
Carol avait beau être une mère très stricte, il fallait aussi reconnaître que, grâce à son métier, elle avait parfois droit à des séminaires très intéressants... Comme un séjour au
Paradisio Hotel. De ce que Jessica savait, Maman Carol travaillait au sein d’une grosse compagnie, et cette dernière organisait un séminaire à Novac, en vue de conduire des tractations commerciales avec Novac. Carol étant cadre et partiellement responsable du dossier, elle faisait partie de ce séminaire, et la société dans laquelle elle travaillait avait autorisé les cadres à inviter leur famille, le tout aux frais de la princesse. Autant dire que
Maman Kelly et Jess’ avaient sauté sur l’occasion pour s’y rendre. Jessica y voyait une excellente façon de se reposer, tout comme Kelly... Même si les objectifs de Kelly étaient plus poussés. Kelly espérait en effet profiter de ce moment pour pouvoir se réconcilier avec sa fille, qui s’était écartée de ses mères depuis plusieurs mois. Elle passait trop de temps dehors, et Kelly savait que Jessica lui cachait quelque chose. Elle redoutait le pire, comme toute mère inquiète de sa progéniture : la drogue ? La prostitution ? Quand est-ce que Jessica, sa petite Jessica, reviendrait à la maison, avec des menottes autour des poignets ? Oui, Kelly s’inquiétait beaucoup, mais c’était normal, car c’était son rôle. Et Carol aussi s’inquiétait, mais Carol avait toujours eu plus de mal à communiquer avec Jessica que Kelly.
Quant à Jessica... Et bien, elle ne pouvait pas dire à ses mères qu’elle était maintenant dotée de super-pouvoirs et qu’elle voyageait la nuit dans les cieux de Uatis city, afin de défendre la veuve et l’orphelin dans une combinaison jauge et rouge qu’elle avait acheté sur Internet. Elle en portait d’ailleurs un exemplaire dans ses valises, juste au cas où... Elle savait que Maman Kelly se doutait de quelque chose, et elle se triturait la tête pour trouver quoi pouvoir lui dire, afin que son radar se retire d’elle.
*
Tout le problème étant que je n’ai jamais réussi à lui mentir...*
Comme si sa mère avait une sorte de sixième sens, dès que Jessica envisageait de lui raconter une histoire, Maman Kelly le découvrait instantanément. Autrement dit, Jessica allait vraiment devoir se forcer. Elle savait qu’elle était fréquemment absente depuis ces quelques derniers mois, mais ce n’était pas parce qu’elle avait rejoint un gang, mais parce qu’elle sortait la nuit en Spider-Woman. Cependant, comment le dire à Kelly ? Elle savait que Carol avait en horreur cette nouvelle mode de justicières costumées, trouvant ces personnes inconscientes et futiles, des individus voulant juste faire leur intéressant, mais qui ne servaient à rien, si ce n’est à déranger le travail de la police. Tôt ou tard, Jessica savait qu’elle aurait une conversation avec elles, que les trois femmes s’affronteraient, et qu’elle devrait leur tenir la tête... Mais ce jour n’était pas encore arrivé.
Pour l’heure, leur bateau les avait largués sur le port du
Paradisio Hotel, et elles venaient de rejoindre leur chambre, une chambre louée par l’entreprise de Carol. Ce n’était pas une suite présidentielle, juste une chambre standard... Mais, au
Paradisio, le terme «
standard » avait une signification bien particulière.
La chambre était magnifique, avec une place centrale, et deux chambres. Jessica écarquilla les yeux. Elle vivait dans une belle maison d’un quartier résidentiel de Uatis city, bâti le long d’un lac, mais ça... C’était vraiment une toute autre ampleur, une toute autre perspective ! Médusée, Jessica s’avança lentement, sans rien dire.
«
Et ben... Nous sommes logées comme des Reines ! s’exclama Kelly.
-
Voilà qui change de nos vacances à Lumen, hein ? lâcha Carol, en embrassant Kelly.
-
Ouais, acquiesça lentement Jessica.
J’avoue que c’est... La classe. »
Rompant son baiser, Kelly caressa les longs cheveux bruns de Jessica, et apposa sa tête contre la sienne.
«
Tu vas voir, Jess’, on sera super bien ici ! »
Super bien... C’était tout ce que Jessica souhaitait, et elle se pinça les lèvres. Elle se disait aussi que, dans un tel endroit, elle n’aurait aucune échappatoire face à ses mères. Mais, au moins, comme il n’y avait normalement aucune raison que Spider-Woman sorte, elle allait pouvoir faire la fille-modèle, et ainsi montrer à ses mères que, non, leur petite Jess’ ne se droguait pas. C’était sa stratégie, car, même si Jessica était grande, elle tenait encore un peu à ses mamans... Du moins, surtout à Kelly. Avec Carol, les choses avaient toujours été plus compliquées.
Elle déposa ses affaires dans sa chambre, s’assit sur le lit, puis, étant maintenant sûre d’être seule, elle ouvrit son sac, et vit, au milieu de ses affaires, sa combinaison. Jessica soupira lentement.
*
Pourquoi me suis-je sentie obligée de l’amener ?*
Jessica, à la maison, l’avait emprunté comme elle prenait des vêtements classiques, et, maintenant qu’elle était enfin arrivée à destination, après un voyage en avion jusqu’à Novac City, puis en bateau jusqu’au
Paradisio Hotel, elle se tâtait. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Qu’est-ce qui avait bien pu lui traverser la tête pour qu’elle se décide à conserver sa combinaison ? Elle se pinça les lèvres, en observant cette tenue. C’était sa combinaison... Et, avec le temps, elle avait fini par ressentir quelque chose de fort avec cette tenue. C’était la sienne... Tout simplement.
Elle finit par la sortir, et la dissimula dans le placard, en espérant que Kelly n’irait pas fouiller... Même si c’était peu probable. Sa mère était tellement gentille... Elle tenait au respect de la vie privée et des affaires de sa fille, car elle lui faisait confiance. Et Jessica avait envie de se montrer digne de cette confiance. Il était donc temps pour elle de délaisser sa combinaison, et, à défaut, elle observa son maillot de bain. Jessica se déshabilla, et l’enfila, puis s’observa dans le miroir. Que ce soit
de face ou
de dos, ce maillot de bain noir 1 pièce était très réussi, moulant ses formes à la perfection.
«
Jeeeesss’... ??! l’appela alors Kelly.
-
Oui, Maman ? »
Elle sortit de sa chambre, débarquant dans le salon en maillot de bain, et ses deux mères l’observèrent, avant de sourire, en se regardant mutuellement.
«
J’étais sûre que cette tenue t’irait comme un gant, la complimenta Kelly, en faisant rougir Jessica.
-
Nous comptions aller à la piscine, mais, vu ta tenue, je pense que tu dois vouloir chasser des filles...
-
MAMAN ! » s’exclama Jessica, extrêmement gênée.
Venant de Carol, elle ne s’attendait pas du tout à ça... Ce n’était clairement pas le genre de la maison ! Kelly rajouta alors :
«
Je voulais aller à la plage, mais Carol espère trouver des amies du boulot à la piscine... Alors, tu fais comme tu veux, Jess’... De toute manière, je compte bien profiter de la plage, maintenant que nous sommes là. »
Jessica hocha la tête, et leur répondit rapidement :
«
O-Oui... On a qu’à commencer par la piscine... »
Comme elle l’avait dit, elle voulait leur montrer qu’elle était toujours une bonne petite fille... Même si les vacances avaient l’air de donner à Maman Carol de drôles de pensées, ce qui, pour être honnête, effrayait légèrement Jessica.
Qu’est-ce que ses mères lui avaient encore prévu ?
ELENA IVORY
«
Tu... Tu es sûre que ça m’ira ?
-
Ce n’est pas mon genre de me tromper sur ton corps et sur ta taille, ma petite Reine... »
Elena hocha la tête, et continua à s’observer devant le miroir. Adamante lui avait offert un
trikini noir, et Elena se regardait avec devant un grand miroir. Elle avait l’impression que cette tenue était un peu indécente, et, venant d’Adamante, Elena avait tendance à se méfier d’elle. Sa magicienne était sa plus grande amie, mais elle était aussi bien plus coquine que ce qu’Elena pensait. La Mélisaine se rapprocha d’elle, et caressa ses hanches, frottant sa peau nue, remontant lentement ses mains pour caresser son maillot, près de ses seins.
«
Tu t’égares, Adamante...
-
Hum... Vraiment ? »
Rigolant doucement, Adamante l’embrassa dans le creux du cou, et sentit Elena faiblement se débattre, juste pour la forme. Elle ne cherchait pas vraiment à s’échapper de son étreinte. Adamante agissait depuis des semaines pour encourager la vie sexuelle d’Elena, et c’était même elle qui lui avait ôté sa féminité. La magicienne retourna ainsi le visage d’Elena, et elles s’embrassèrent doucement. La belle Reine sentait contre son dos les seins d’Adamante, et soupira faiblement. De base, venir au
Paradisio Hotel n’avait nullement été son idée. Elle n’y avait été que parce que c’était nécessaire. La Baronne de Novac s’y trouvait, et les Lumeniens devaient la voir pour un rendez-vous annuel, afin d’étudier les mesures prises par les forces novaquiennes sur le territoire lumenien pour lutter contre les tentatives d’infection formiennes.
Le Conseil avait donc eu droit à une invitation de Novac au sein du
Paradisio Hotel. Il était naturellement préférable que la Reine s’y rende, car les relations internationales étaient très importantes pour un État. C’était l’expression de leur souveraineté nationale, et la Reine, en tant que dépositaire de la Couronne de Lumen, se devait d’y aller... Et donc d’affronter sa phobie de l’eau. Fort heureusement, le voyage sur mer s’était extrêmement bien passé, réconciliant un peu Elena avec la mer. Maintenant, le duo se trouvait donc dans l’une des chambres du vaste
Paradisio. Elena avait entendu parler de cet hôtel de luxe, et il était à la hauteur de ce qu’on en disait. Les riches aristocrates et bourgeois lumeniens s’y rendaient fréquemment pour leurs vacances.
Adamante, elle, portait sa classique tenue violette, avec un léger châle blanc.
«
En tout cas, ça te va bien...
-
Oui... Oui, je trouve aussi...
-
Les Novaquiennes te connaissent moins que chez nous, Elena. Je pense que nous pourrons aller nous baigner sans problème. »
Ou sans trop de problèmes, en tout cas... Et puis, Adamante était là pour assurer la sécurité de la Reine. Elle vit Elena se pincer les lèvres, guère rassurée à l’idée de sortir se mélanger aux gens, et, surtout, surtout, se retrouver dans l’eau. La mer novaquienne n’était pas très houleuse, avec un climat très tropical, une eau transparente et azur. Inversement, Lumen était au bord de l’océan, et affrontait souvent de fortes vagues de vent. Pour Adamante, les plages du
Paradisio étaient donc l’endroit parfait pour une initiation à la mer.
«
Oui, mais...
-
Et puis, de cette manière, je pourrais enfin t’apprendre à nager... Que diraient les gens, s’ils apprenaient que la Reine de Lumen en personne ne sait pas nager, hein ?! »
Elena rougit un peu. C’était le point faible, la corde à tirer pour mettre fin à la mauvaise volonté d’Elena. La Reine estimait qu’il était impératif pour elle de savoir nager, car, qu’elle le veuille ou non, elle allait se retrouver de plus en plus sur des bateaux, vu l’importance capitale que la Marine avait au sein de l’armée lumenienne.
«
Tu... Tu as raison, Adamante... »
Alors, il était temps d’y aller !
MILWËN NOVAC
L’eau heurtait les chevilles de Milwën, qui voyait l’horizon au loin. Le soleil se dressait bien haut dans le firmament, et, près d’elle,
Ève courait le long de l’eau. Milwën n’était pas vraiment une femme au visage méconnu, et, fréquemment, des baigneurs la saluaient. Ceci expliquait pourquoi elle s’était rendue sur une partie assez isolée du
Paradisio Hotel. En fait, la Baronne se trouvait sur une petite île privée à proximité du
Paradisio, où, mis à part les courageux traversant la mer à la nage, elle ne risquait pas d’être importunée. Ainsi, elle pouvait passer du temps avec Ève, qu’elle considérait comme étant sa fille, et ce même si elle n’avait pas de père ou d’autre mère. Ève, ou Projet EX-001, avait été conçue dans le cadre d’une expérience scientifique délicate, consistant à mélanger du sperme récupéré sur un donneur et de la cyprine pour former un fœtus
in vitro, avant de le transférer dans son corps. L’embryon du fœtus avait fini en elle, et, neuf mois après, Ève était née. La grossesse s’était déroulée à la perfection, malgré les inquiétudes initiales des chercheurs, car le sperme utilisé pour féconder Ève était celui de Milwën. Sur le long terme, Milwën espérait, à partir du succès d’Ève, véritablement réussir à éradiquer les différences sexuelles au sein de Uatis, afin d’aboutir à un sexe unique et autoreproducteur, comme certaines espèces animales. Quand ceci serait accompli, l’Humanité aurait enfin franchi une grande étape de son évolution, et la Baronne était fière d’en faire partie.
Novac était en grande partie son œuvre. L’Archipel avait certes été acquis par MERCATEL, mais c’était le savoir-faire de Milwën qui avait permis de le faire fructifier, de développer les nanomachines, attirant ainsi quantité de migrants et d’investisseurs voyant dans Novac ce qu’elle était : un nouvel eldorado économique et scientifique. Novac menait quantité de projets scientifiques expérimentaux. Les nanomachines en étaient le centre dur, mais, tout autour des Gen, il y avait quantité d’autres projets... Comme Ève, ou encore comme la terraformation de la planète. Des forêts artificielles avaient poussé à partir des nanomachines et de l’implantation de multiples espèces insectoïdes. Les Novaquiennes avaient joué à la Déesse, et elles avaient été récompensées de leur effort, en parvenant à créer un écosystème parfait et tempéré, similaire à ce que la Nature faisait. Ce faisant, les désordres biologiques engendrés par les infestations formiennes pouvaient désormais être soignées. Les forêts contaminés par le Creep formien pouvaient être purgées de tout ce virus, et ce n’était qu’un début. Novac, parti de rien, était maintenant le fleuron de MERCATEL, et, grâce à Novac, la firme pouvait désormais rivaliser avec d’autres mégacorporations, comme GeoWeapon Corp., ou encore BIOGENIX.
Milwën songeait à tout cela, tandis qu’Ève barbotait au milieu des vagues, se prenant des rafales qui la renversait sur le sol, la faisant dériver le long du sable. Elle gloussait joyeusement, le cœur léger, faisant rêveusement sourire sa mère. Qui y avait-il de plus beau que le sourire de son enfant ? Que les rires de ce dernier ? Ève était suffisamment grande pour avoir des relations sexuelles maintenant, mais Milwën avait du mal à le voir. Pour elle, Ève était encore ce petit bout de chou qu’elle avait tenu entre ses bras, ce petit bébé replet au corps chaud.
«
L’eau est bonne, Maman !
-
Ne t’éloigne pas trop, il y a des baïnes ! »
Ces trous dans le sol étaient parfois traîtres, et, même si le climat était clément, il y avait tout de même du courant. Tout ce qu’Ève voulait, c’était être dans de grandes vagues, et, par endroits, il y avait de jolis rouleaux. Le
Paradisio Hotel avait aussi droit à des surfeurs, après tout, car, par endroits, les appareils sismiques tekhans provoquaient des vibrations sismiques légères, mais qui permettaient d’avoir de belles vagues. Novac était la preuve que Technologie et Nature pouvaient coopérer harmonieusement. Au-delà de ça, c’était aussi la preuve que l’Homme, au sens racial du terme, n’était pas l’ennemi de la Nature, mais bien son meilleur enfant, capable d’améliorer et de perfectionner sa mère. Les tribus primitives l’avaient compris, en régulant les troupeaux par la chasse, et, maintenant, les Novaquiennes appliquaient ce principe ancestral à plus grande échelle. Milwën savait d’ores et déjà que, grâce à son génie, elle figurerait dans les livres d’Histoire. C’était une femme orgueilleuse et arrogante, mais elle aurait pu l’être bien plus.
Et elle savait que les jours prochains allaient être tendus. Entre la délégation lumenienne et Miranda Forge, elle allait avoir de quoi s’occuper... Le
Paradisio Hotel accueillait régulièrement du beau monde, mais, cette semaine, elle avait le sentiment qu’il y avait vraiment du haut gratin qui était arrivé. Si les résidents ne s’en rendaient pas compte, la sécurité avait été sensiblement renforcée. Milwën ne tolérerait pas le moindre impair. Son Archipel était paradisiaque, mais avait aussi son lot de détracteurs et d’activistes politiques, des militants n’hésitant pas à protester dans les rues de Novac City.
*
Je ne peux pas me permettre un impair...*
Avec les Lumeniens, elle avait une tâche importante, qui était celle de renouveler les mesures décidées dans le cadre du pacte de protection contre les Formiens. C’était donc extrêmement important, autant d’un point de vue économique qu’au regard de la sécurité de la Nation. Et, concernant GeoWeapon Corp., il était question de programmes scientifiques communs. La firme de Miranda avait développé ses propres nanomachines, mais les chercheurs de la mégacorporation uatéenne était moins talentueuses que les Novaquiennes. Il y avait des intérêts mutuels, et Milwën sentait que les négociations allaient durer des jours, et risquaient d’être tendues. Miranda et Milwën étaient deux femmes d’affaires ambitieuses et fières, ce qui faisait que les négociations allaient être explosives.
En conséquence de quoi, Milwën se détendait un peu en compagnie de sa fille... Mais, même là, elle ne cessait de penser aux affaires.
*
Sors-toi toute cette histoire de la tête, bon sang !*
Ève était une véritable surdouée. Les estimations de son QI tournaient autour de 200, et elle était tout à fait désignée pour succéder à Milwën un jour. Même malgré son jeune âge, elle appréhendait des notions scientifiques extrêmement complexes, et manifestait un grand intérêt pour les nanomachines, ou la terraformation. Des sujets tellement complexes que les questions de l’algèbre ou de la géométrie avaient été évacuées très rapidement. Dans sa tête, les nanomachines amélioraient ses capacités cérébrales et mémorielles. Sa fille était à l’aube d’une nouvelle espèce, Milwën en était convaincue, des individus dont le corps serait instinctivement baigné dans les nanomachines. Si cela effrayait les conservateurs et les traditionnalistes, Milwën, elle, y voyait l’évolution de la race humaine.
Et elle commençait avec sa belle Ève, qui, toute intelligente qu’elle soit, adorait se recevoir des vagues d’eau. Milwën l’entendait rire aux éclats en agitant des bras, et un gros rouleau emporta sa fille comme une fusée. Elle roula en boule, filant à toute allure, puis atterrit contre les jambes de Milwën, renversant sa mère. La Baronne tomba dans l’eau, et rigola avec sa fille, heureuse et insouciante.
Les miracles de la Science s’exprimaient à travers leurs yeux rieurs et heureux.
SARAH PEZZINI
Les vacances étaient un concept inconnu pour Sarah Pezzini. Croire que la femme arpentait les coursives du
Paradisio Hotel en étant en vacances, c’était mal la connaître. Portant d’élégantes lunettes de soleil, et, surtout,
une infernale robe rouge en latex avec gants et collants, elle était une bombe sexuelle sur pattes. Ce rouge vif, aussi vif que la tenue du Petit Chaperon Rouge, attirait sur elle tous les regards. C’était l’objectif recherché, qu’on pense qu’elle était une groupie en manque de sexe et de drogue., et non pas une policière menant à Novac une enquête. Elle avançait ainsi, loin de la plage, dans le cœur du
Paradisio, au sein de la montagne. Il y avait, là, des étages circulaires avec quantité de boutiques et de galeries commerciales. C’était un ensemble incroyable, avec des écrans plats un peu partout, des drones, des hologrammes, et quantité de gens.
«
...Température océanique clémente aujourd’hui...
-
...Le Yacht Caravazzano dispose encore de places pour sa croisière qui l’amènera le long des ruines de la cité antique d’Yllin...
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...La boutique LeatherSweetS organise des promotions exceptionnelles sur une grande partie de son catalogue... »
Il y avait des annonces publicitaires partout, des ondes électroniques dans tous les sens, de quoi vous donner des migraines carabinées. Pezzini avançait tranquillement, en suivant sa piste. Elle avait bien conscience d’être en-dehors de sa juridiction, mais elle s’en moquait. Pez’ n’avait jamais été connue pour respecter la loi, si la loi servait d’écran pour protéger les criminels. En l’espèce, elle remontait la piste d’une organisation criminelle versée dans le trafic de techno-stupéfiants.
Les techno-drogues étaient un nouveau terme pour désigner l’usage de nouveaux stupéfiants visant à utiliser des stupéfiants classiques avec des instruments technologiques. L’inconvénient des techno-drogues était qu’elles provoquaient souvent des overdoses, ou des rejets virulents de l’organisme, entraînant souvent le décès. L’enquête de Pezzini et des autres policières leur avait permis d’apprendre que ces techno-drogues abritaient des résidus de Gen désaffectés... Or, les Gen venaient de Novac. Le trafic prenait donc sa source sur l’Archipel, et la police novaquienne avait assuré les services de police qu’elle ferait l’essentiel pour couper la source d’approvisionnement. Cependant, Sarah savait que la police novaquienne était une police privée, répondant à MERCATEL, et elle n’avait aucune confiance envers les mégacorporations. Impossible à arrêter, elle avait donc décidé de s’y rendre en personne.
Sarah se trouvait donc ici, avançant le long des coursives, en suivant sa piste. Son enquête sur Uatis lui avait permis de découvrir qu’une franchise de magasins, Grocery’N’Corp, servait de couverture pour le trafic de techno-drogues. Or, Grocery’N’Corp avait une filiale au
Paradisio Hotel. Pez’ comptait donc mener son enquête, en se faisant passer pour une cliente, et en y allant au culot... Elle avait très souvent pu remarquer combien les gens étaient plus enclins à vous faire confiance et à se montrer sympathiques quand on leur mettait sous le nez une paire de seins enroulées dans du latex. C’était vrai sur Terre, et ça l’était encore plus à Uatis. Or, sur ce point, Pez’ n’avait aucune hésitation à utiliser son corps. Sur Terre, elle avait déjà utilisé cette robe pour infiltrer une planque de drogués à New York, ce qui avait entraîné la désapprobation de ses collègues, et avait failli conduire à une mise à pied disciplinaire. Ici, sur Uatis, quand sa supérieure la voyait dans sa robe rouge, elle avait envie de lui faire l’amour. Une autre culture...
*
Reste concentrée, Pez’, les choses sont sérieuses !*
Elle n’arrivait pas à effacer de sa tête les visages cadavériques de ces toxicos ravagés par la drogue. Une sorte de salive épaisse et gluante coulait de leurs bouches exsangues, comme le sang qu’émettait l’androïde Ash, dans
Alien, quand il se mettait à saigner. Des corps en strangulation, qui avaient eu des bouffées hallucinogènes pendant des heures. Des adolescentes tuées, droguées en soirée jusqu’à faire des overdoses, avant d’être sauvagement violées, et laissées pour morte dans des caniveaux... Sarah se devait de faire quelque chose, et tant pis si ça emmerdait une connasse de juge.
La policière était résolue à mettre fin à ce trafic...
...Et elle n’était clairement pas là pour bronzer ou pour se reposer.
RAYNE
Le croassement d’une mouette la réveilla, ainsi que le bruissement de l’eau sur son corps.
«
Hunn... »
Dans un gémissement, Rayne tenta d’ouvrir les yeux, et un soleil aveuglant manqua lui dessécher la cornée, l’amenant à fermer les yeux à nouveau... Et, tandis que ses sens revenaient, la douleur commença aussi à exploser dans tout son corps. Ses cheveux roux flottaient dans l’eau, sa combinaison était partiellement déchirée par endroit, notamment à hauteur de son pantalon... Et, surtout, une douleur énorme explosait dans son abdomen, là où la balle avait réussi à l’atteindre. Ses souvenirs étaient épars et fragmentés. Où était-elle ? Que fabriquait-elle ici ? Une croûte de sang séché ornait son visage, et elle sentait plusieurs de ses os en miettes. Elle n’allait pas pouvoir retrouver rapidement la pleine efficacité de son corps et l’ensemble de ses performances...
Des hurlements... Des lumières éblouissantes dansant dans la nuit, des bruits de pas... Un bateau. Oui, voilà... Elle se trouvait sur un bateau, dans une cabine... Mais que faisait-elle dans un bateau ? La Dhampir gémit en sentant une pointe de douleur la traverser, et réussit à utiliser sa main gauche, venant tâter sa plaie. Son corps avait des facultés régénératrices beaucoup plus développées que chez les humains normaux, mais la balle ne l’avait pas loupé... Ainsi que le reste. Terra... Voilà ce dont elle était sûre. Elle n’était pas sur Terre, mais à Terra. Elle traquait Kagan, son père, l’homme qui avait tué sa mère, incendié son village, et l’avait laissé dans la nature, en espérant que sa fille retournerait à lui. Un calcul risqué qui s’était finalement retourné contre lui. Rayne avait empêché son père de dominer le monde en contrecarrant ses plans mégalomaniaques. Il avait eu pour projet d’empoisonner le monde entier avec un nuage sanguin, qui aurait eu pour fonction de recouvrir le ciel, masquant la lumière du soleil, renforçant les pouvoirs des vampires. Il avait envahi une ville, mais son dispositif avait été détruit, sa famille mise en pièces, et lui s’était enfui.
Elle l’avait poursuivi jusqu’ici... Dans un yacht. Elle s’était infiltrée, avait tué plusieurs gardes, jusqu’à rejoindre une cabine.. .Elle avait vu des esclaves, des corps exsangues, sacrifiés pour un rituel sacrificiel particulièrement sordide. La Dhampir s’était rapprochée de lui, mais était tombée dans un piège. On lui avait tiré dessus... Plusieurs balles l’avaient effleuré, elle avait sorti ses lames, et... Ses lames ! Où étaient-elles ?! C’est en y pensant que Rayne réussit enfin à ouvrir les yeux, et à s’acclimater à la lueur pesante du Soleil. Des oiseaux croassaient lentement, il y avait des palmiers devant elle, ainsi que des récifs.
Son corps avait flotté dans l’eau, soufflée par les courants marins, avant de s’échouer contre cette île isolée. Elle avait atterri sur la plage, après être tombée par-dessus bord.
*
Tu parles d’une déveine...*
La belle rouquine avait joué, et elle avait perdu. Elle s’était blessée au front, ce qui expliquait assurément son amnésie passagère. Le yacht, lui, était parti, avec sa mystérieuse cargaison, qu’elle pistait depuis Lumen. Un beau soleil trônait dans le ciel, indiquant que la journée était bien avancée. Couverte de poussière et de traînées de sang, Rayne réussit lentement à se retourner. Elle se coucha ainsi sur le ventre, et, entre plusieurs soupirs, elle vit, au loin, de l’autre côté de la mer, des tours métalliques s’élevant dans le ciel, ainsi que plusieurs petits bateaux de plaisance filant le long d’une mer turquoise.
Le
Paradisio Hotel se dressait loin, face à elle...