Cette grande région située au sud de l'Empire constitue un ancien Empire qui s'opposa jadis à Mijak, et qui est aujourd'hui l'une de ses plus riches et puissantes provinces.
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L'art de voler un artefact sans se soucier des conséquences [Ft. Ryanne]

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Kalima Maestre
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Non loin d'Aebor, ancienne capitale des Viscarii, se situent de nombreux petits villages presque anonymes, valant à peine d'être inscrits sur une carte. Le genre de villages qui n'abritent que quelques centaines d'âmes, tout au plus, et dont les habitants mènent des vies répétitives mais paisibles, alternant entre la chasse, la bûche, ou la culture de plantes médicinales. La guerre incessante entre Mijak et Lumen ne touche guère ces vies calmes et honnêtes, qui semblent figés dans le temps, rarement affectés par les événements extérieurs ou les changements incessants qui secouent Terra. À moins d'une apocalypse majeure, après tout, le monde aura toujours besoin de bois fraîchement coupé, de viande dûment chassée, ou d'herbes médicinales cueillies avec soin. Ces choses ne changent, pour ainsi dire, jamais. Ou presque.

Au grand malheur de Kalima, qui, pour sa part, adore le changement, le mouvement et les bouleversements majeurs. Oui, pour cette ancienne bourgeoise de Braavos, il n'existe rien qui puisse importer davantage que son désir incessant d'expérimenter de nouvelles choses, même, et surtout, au péril de sa propre existence. Là où plusieurs vénèrent un Dieu et obéissent à leurs souverains, Kalima, elle, vénère l'aventure, et n'obéit qu'à ses propres désirs, aussi égoïstes, puérils ou spontanés soient-ils.

Qu'est-ce que cette âme particulièrement portée vers les périples, les odyssées et l'intrigue fait dans cette immense forêt où l'immobilisme règne en maître, alors ? C'est une question très valide, et à laquelle la riche itinérante n'avait pas vraiment de réponse, jusqu'à très récemment. En réalité, elle s'est égarée dans cette région plus par obligation que par réel désir ; Aebor, après tout, se situe en plein milieu du chemin qui mène à Uman, et éventuellement, au désert de Papua. Un pèlerinage que quiconque désire quitter les terres de Viscarion se doit d'emprunter, donc, et Kalima, bien qu'elle n'ait pas d'objectif clair sur le long terme, a bien envie d'explorer le monde qui s'étend au-delà de sa province impériale natale. Cet arrêt, aussi ennuyant soit-il, est à cet effet inévitable.

Il aura au moins eu l'avantage de permettre à Kalima de dormir sur un matelas, dans une taverne quelconque qui empeste la crasse et la sueur de ces fameux "honnêtes citoyens", tous plus ennuyants et ordinaires les uns que les autres, et de manger quelque chose qui s'apparente à de la vraie nourriture, ce que les paysans locaux osent appeler un "ragoût", que la bourgeoise, elle, nommerait plutôt une "soupe aux pommes de terre et à l'eau", agrémentée de quelques morceaux de navet et de carotte, et d'un unique petit bout de viande qui aura réussi le miracle de demeurer coriace et désagréable à mâcher même après avoir mijoté durant des heures.
En toute franchise, Kalima se serait bien passée de cet avantage, en fin de compte, mais soit - voyager seule est parfois encore plus ennuyant que de se mêler au commun des mortels, aussi ignorants, sales et inintéressants soient-ils. Malgré l'absence totale de conversation palpitante ou d'interaction sociale captivante lors de ce bref arrêt, il aura tout de même eu un effet quelque peu revivifiant sur elle, en majeure partie dû au bain tiède qu'elle a pu prendre dans la misérable petite chambre qu'elle a louée à la taverne.

Après cette soirée peu mouvementée, donc, la métisse à la peau basanée s'est empressée de quitter ce village sans nom (ou, du moins, sans nom qui vaille la peine qu'elle le retienne), sûre qu'elle était qu'il ne puisse possiblement receler quoi que ce soit qui soit digne d'intérêt... Du moins, c'est ce qu'elle pensait, jusqu'à ce qu'elle ne tombe, à l'autre extrémité de ce petit village, sur un bâtiment bien singulier, qu'elle n'avait pas pris la peine de considérer la veille.

Situé presque à part du reste du village, ce bâtiment avait une apparence fort différente des petites maisonnées de bois et de crasse qui composaient le reste du hameau. Celui-ci ressemblait plutôt à une structure historique, une espèce de temple ancien, érigé à la gloire d'une quelconque déesse oubliée, et qui, malgré son état quelque peu affecté par les siècles et le manque d'entretien actif, semblait étonnamment habité, ou du moins, emprunté par un groupe quelconque. Car, oui, par les fenêtres aux épaisses meurtrières du temple, Kalima pouvait apercevoir la lueur tremblotante d'une torche, et surtout, l'ombre de quelques vagues silhouettes, qu'elle devinait porter de longues robes à capuches.

Intriguée, Kalima s'est discrètement glissée dans ce bâtiment, usant de son pouvoir illusoire pour éviter de se faire surprendre, en se cachant stratégiquement derrière un mur factice lorsque l'une de ces silhouettes risquait de la voir, profitant de l'architecture intérieure inusitée et labyrinthique de l'endroit. À vrai dire, ce truc un peu stupide n'aurait certainement pas marché si les dites silhouettes n'étaient pas très clairement occupées par autre chose. Une espèce de rituel, à vrai dire, que Kalima a pu observer un petit moment depuis l'ombre d'une alcôve. À quoi donc s'était-elle mêlée ? Un culte, ou une espèce de célébration religieuse étonnamment discrète ? Le mystère demeurait plein, et suffisait à occuper la descendante des Démons pendant un bref instant.

Mais puisque tout cela manquait curieusement de sacrifices, de manifestations magiques ou d'orgies, l'intérêt de Kalima ne fut pas retenu bien longtemps. En fait, elle n'a retenu presque rien de tout ce qu'elle a pu entendre de la part de ces gens étrangement habillés, occupés à murmurer des formules ésotériques quelconques. Bien vite, elle s'est rendue compte que cet endroit, aussi différent du reste du village soit-il, était également ennuyant et crasse, et qu'il n'avait donc pas bien plus de valeur à ses yeux... Jusqu'à ce que ses yeux ambrés, justement, se posent sur ce que le chef apparent de ce petit groupe tenait entre ses mains.

Une espèce de lampe étrange, apparemment faite en or, dotée d'un étrange appendice, une espèce de bec par lequel, peut-être, l'on peut se débarrasser de la cire d'une chandelle une fois qu'elle est complètement fondue. C'est du moins la seule utilité que Kalima pouvait deviner à cette forme étrange, qu'elle n'avait jamais vue par le passé - mais ce n'est ni l'or, ni la forme particulière de la lampe qui a pu retenir son attention. Kalima, après tout, est déjà riche, et son fidèle havre-sac ne manque pas d'or et d'objets à haute valeur. Non, ce qui a retenu son attention, c'est la révérence avec laquelle tous les autres membres du groupe se sont agenouillés quand leur chef a soulevé la lampe devant eux, déblatérant cette fois ses formules ésotériques avec bien plus de force et de vigueur, et l'étrange aura qui s'est ensuite déployée autour de l'objet, comme s'il était habité non pas d'une bougie ordinaire, mais de quelque chose de bien plus mystérieux, et très clairement de nature magique.

Ça, ça devenait déjà bien plus intéressant pour elle. Ses instincts kleptomanes ont rapidement pris le dessus sur toute forme de préservation de soi ou de simple bon sens qui puisse abriter son cerveau - si de telles choses existent véritablement en elle, ce dont elle doute elle-même. Dès lors, elle a attendu avec impatience que le chef de ces silhouettes encapuchonnées dépose sa lampe, visiblement prêt à mener la seconde étape du rituel auquel elles s'adonnaient, et, surgissant de derrière son muret factice, devant leurs regards étonnés et figés d'effroi, elle a employé sa technique de vol la plus efficace.

C'est-à-dire qu'elle a placé un bon coup de genou dans les parties intimes du chef, avant de s'emparer de la lampe sans plus de cérémonie. Là, comme ça, sans prendre la peine de se cacher, ou au moins d'attendre qu'il y ait moins de témoins.

- Et hop !, s'est-elle simplement exclamée tandis que le pauvre homme s'effondrait à côté d'elle, les mains posées sur ses testicules torturés et un gémissement aux lèvres. À moi, maintenant. ~

Certains diront que ce geste était audacieux. D'autres diront qu'il était simplement stupide, puisque Kalima est clairement reconnaissable, avec sa belle robe rouge, ses cornes uniques, sa queue emblématique, et les petites formations rocailleuses qui ornent ses joues. Personne ne ressemble à Kalima sauf Kalima, et elle n'est pas exactement dure à voir même dans une foule, et encore moins parmi les villageois ordinaires qui habitent ces lieux. La dame, donc, aura effectué ce vol spontané sans prendre la simple peine de chercher une quelconque forme d'anonymat.

Évidemment, le petit groupe de cultistes n'est pas resté figé bien longtemps. D'un instinct commun, ils ont tenté de franchir la courte distance qui les séparait de Kalima, mais hélas, c'était sans compter sur son pouvoir de matérialisation et ses propres instincts. Au lieu de la plaquer comme ils l'entendaient, ils se sont plutôt frappés contre un mur de lumière solide, et avant qu'ils ne puissent même penser à le contourner, un autre mur s'est formé sur leur gauche, puis sur leur droite, et finalement derrière eux. Kalima, le bras tendu et un sourire espiègle aux lèvres, venait de les enfermer dans une boîte. Jurons et menaces s'envolaient de toutes parts à son égard, mais elle n'en avait cure. Donnant nonchalamment un autre coup de pied au visage du chef avant qu'il ne puisse se relever, elle a pris quelques instants pour admirer la lampe à la lueur des torches, avant de la fourguer dans son havre-sac comme s'il s'agissait d'un simple bibelot.

- Merci pour tout, les amis ! Sans rancune, hein ?

- Tu vas mourir, sale profane !, s'est exclamée une voix en réponse.

- Tes heures sont comptées !, aura crié une autre.

- SI, AVEC RANCUNE ! AVEC TOUT PLEIN DE RANCUNE !!, a ajouté la voix la plus jeune du groupe.

Cela aura tout juste eu l'effet de faire rire Kalima, qui s'est ensuite enfuie par la fenêtre la plus près, sautant du deuxième étage et atterrissant avec une petite culbute somme toute inutile, mais toujours plaisante à faire lorsqu'on est agile comme elle et qu'on aime se donner en spectacle. Bien sûr, dès qu'elle a franchi une distance de plus de 25 mètres entre le groupe et elle, ses murs d'énergie sont devenus intangibles, libérant les pauvres cultistes désemparés ; mais à ce moment, Kalima était déjà en train de courir en direction de la forêt, hilare, tandis que les membres de ce groupe mystérieux, eux, s'écrasaient misérablement au sol sous l'effet de cette dissipation soudaine, lui accordant quelques secondes supplémentaires pour fuir et disparaître parmi les arbres.

Une des nombreuses qualités de Kalima, outre son flair, son panache et son manque complet de décence humaine, est qu'elle ne manque absolument pas de cardio. Courir sur une longue distance n'est pas bien difficile pour la jeune dame, bien plus agile et rapide que ne le suggère sa jolie robe, qui aura d'ailleurs un peu souffert de ce passage entre les arbres, prise quelques fois dans les branches les plus basses. Et les cultistes, quant à eux, ne sont visiblement pas de bons traqueurs, parce que très bientôt, la bourgeoise itinérante ne les entend plus derrière elle.

Encore un peu plus de distance, rien que pour être sûre de ne pas être dérangée de sitôt, et la métisse trouve enfin une petite clairière, où elle décide de s'arrêter un moment, histoire de reprendre un peu son souffle et, surtout, de plonger la main dans son havre-sac pour en retirer l'artefact et l'admirer de plus près, à la lumière du soleil. C'est là où votre narrateur la rejoint au temps présent, pouvant enfin cesser d'utiliser l'imparfait et le participe passé pour décrire l'action. C'est que ça commençait à devenir un peu lourd, il faut l'avouer.

- Eh bien, eh bien, qu'avons-nous là ?, murmure-t-elle en observant la lampe étrange sous plusieurs angles, parlant à son havre-sac comme elle a pris l'habitude de le faire lorsque personne ne l'observe. Ce n'est certainement pas une chandelle qui brille là-dedans, n'est-ce pas ? Non, ça empeste la magie, pour sûr...

Curieuse, Kalima tente d'ouvrir la lampe, mais elle demeure mystérieusement scellée, comme si une force inconnue aspirait son couvercle de l'intérieur, refusant obstinément de la laisser le soulever. Pas de loquet, de cadenas ou de mécanisme à tourner pour retirer ce satané couvercle ; il devrait, en toute apparence, se soulever aussi aisément que n'importe quel couvercle de lampe, et pourtant, il résiste à ses tentatives répétées, quand bien même elle y met toute sa force et sa volonté.

- Oh, ne joue pas aux timides, je sais que tu ne demandes qu'à me révéler tous tes secrets, murmure-t-elle encore, s'adressant cette fois-ci à la lampe elle-même.

Oui, bon, quand on voyage en solitaire la majorité du temps, et qu'on n'a trouvé personne à qui faire la conversation depuis plusieurs jours, c'est normal de parler aux objets, d'accord ? À qui d'autre parlerait-on, sinon ? Le silence ne fait que rendre la solitude plus lourde et aliénante, alors ne soyez pas surpris que notre protagoniste se mette à discuter avec des objets. C'est ça, ou devenir (encore plus) folle.

Et c'est là, donc, que Kalima écoule quelques minutes à tenter inutilement d'ouvrir cette satanée lampe, tentant d'utiliser un couteau comme levier, avant de la cogner contre un arbre, comme certains sur Terre le feraient avec une télécommande, espérant la faire miraculeusement fonctionner. Ça ne prend pas particulièrement, évidemment, et la pauvre voleuse finit par se lasser de ses tentatives. Avec un soupir, elle se laisse couler contre le même arbre, appuyant son dos sur le tronc tandis qu'elle s'assoit sur l'herbre fraîche, les genoux légèrement relevés et la lampe reposant sur ses cuisses.

- Tu veux faire la difficile ? Très bien. Je suis sûre qu'on trouvera quelqu'un qui saura t'ouvrir, quelque part... Probablement dans une ville civilisée, et pas dans un de ces satanés villages poisseux, cela dit, prononce-t-elle plus posément, avant de pousser un second soupir.

Le vol et la fuite-poursuite auront réussi à l'amuser un petit moment, mais voilà déjà que l'ennui retombe sur elle comme un linceul. Kalima a réussi à voler une lampe magique, rien que pour pimenter sa journée... Et quoi, maintenant ? Le satané machin refuse de s'ouvrir, et elle se trouve de nouveau seule dans la foutue forêt. Peut-être que cogner à la porte du temple et tenter de faire semblant de vouloir rejoindre le culte aurait été un meilleur plan, finalement. Elle en aurait peut-être tiré une forme de conversation décente, au lieu de se faire de nouveaux ennemis. Mais non, elle n'en a fait qu'à sa tête, encore une fois, et qu'en a-t-elle tiré ? Un artefact sans valeur et des déchirures dans une robe qui lui plaisait bien.

Bravo, Kalima. Tu t'es surmenée à nouveau. Et maintenant, tu es encore seule, sans plus rien pour t'occuper l'esprit ou apporter un peu de panache à cette journée qui redevient rapidement fade et sans intérêt.
Si seulement quelqu'un qui ne soit pas un villageois anonyme ou un cultiste idiot pouvait miraculeusement se présenter à elle... Afin qu'elle puisse parler à autre chose qu'à ses possessions, volées ou autrement.

Ou peut-être devrait-elle simplement trouver autre chose à voler, histoire d'avoir un autre petit coup d'adrénaline.

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Ryanne Hilaris
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En Terra, les artefacts, qu'ils soient puissants ou mystérieux (voire les deux à la fois), se veulent nombreux ! Ils représentent à eux seuls une grande source d'intérêt pour les esprits les plus éclairés et aventureux. Mages, sorciers, érudits... tous les convoitent, le plus souvent dans un but parfaitement égoïste ; la science de la magie n'étant qu'un prétexte fallacieux pour accumuler toujours plus de pouvoir.
Ryanne, la Xéno-faë, figurait plus ou moins parmi ces individus avides. A une différence près : c'était la santé de son propre monde qui entrait en ligne de compte ! Faëlya, un territoire perdu dans le néant, invisible pour les non-initiés, qui se situe bien au-delà des cieux connus par la plèbe terrane ; une dimension à part, autrefois resplendissante de féérie, mais aujourd'hui épuisée, fracturée par un cruel isolement...

- Pourquoi entamer ainsi cette nouvelle aventure ? Dans ce que j'appelle un triste élan de fatalité !

- Tu es beaucoup trop joyeuse en ton genre. Aussi, si je ne te rappelle pas l'enjeu de ta mission, tu serais bien capable de l'oublier au bénéfice de ton propre amusement...

- Qu'y a-t-il de mal à chercher constamment à joindre l'utile à l'agréable ? Il faut bien que je me motive comme je le peux étant donné les froides circonstances qui nous accablent !

- Et dire que c'est cet état d'esprit qui fait ta force... Tu as de la chance d'avoir toujours été la plus douée de la Sororité.

- Dois-je comprendre par là que mon enthousiasme aurait tendance à vous inquiéter, chère Mère de toutes les Faës ?

- Plutôt à m'étouffer. Parce que je dois bien avouer me sentir soulagée, dernièrement, lorsque tu quittes notre berceau morcelé.

- Ha ! Vous devez bien être la seule à me trouver aussi envahissante.

- Difficile d'imaginer le contraire dans la mesure où nous ne sommes plus que deux à partager le même fardeau.

- Vous venez de marquer un sacré point !

- Malgré mon infinie sagesse, j'ai cessé de les compter dès l'instant où mon score personnel a atteint le centième chiffre.

- Où en est donc le mien ?

- Je suis en l'absence de regret de t'annoncer qu'il n'a jamais su éveiller mon intérêt.

- Quel égoïsme étourdissant !

- A quoi t'attendais-tu de la part d'une déesse ?

- A une amélioration comportementale - aussi infime puisse-t-elle être. Vous avez perdu une grande partie de vos pouvoirs, alors j'étais en droit de m'attendre à du neuf ! Comme par exemple, une plus grande empathie de votre part ? Une considération un peu plus importante à mon égard ?

- Allons ! Nous autres, Xéno-faës, vivons de fantaisie, mais certainement pas à un tel degré.

- Vous êtes d'une implacable froideur ! Tant et si bien qu'espérer vous changer relève complètement du domaine du mythe.

- Il était grand temps que tu en prennes conscience.

- Au moins, je peux toujours me réjouir de gagner petit à petit en lucidité par l'intermédiaire de votre sagesse détachée.

- Assurément. Mais trêve de palabres, Enfant de Faëlya. Tu as du travail - et il se trouve au cœur de cette forêt obscure...

Le portail aux bords aqueux s'ouvrit sur ledit environnement. Ryanne n'eut pas à plonger dedans car la faille s'élargissait à vue d'œil.
Comme d'habitude, l'envoyée de Faëlya n'avait guère le choix.
Cette absence de perspective la fit doucement sourire.

- L'instrument perverti a déjà été volé par des mains indignes. Il a perdu sa place en ces terres décaties. Pose donc les tiennes dessus, et ramène moi son contenu.

Pour une fois, la Xéno-faë trouvait presque limpide l'intitulé de sa nouvelle mission !
Ryanne ferma les yeux, sentant le transfert se faire. Puis elle les rouvrit sur une clairière plongée dans une demi obscurité avec, pour seule source de lumière, une lune haut perchée au sein d'un voûte étoilée.

- Quel calme ! Et quel fraîcheur !

La Xéno-faë baissa des yeux curieux sur sa tenue du moment. Elle portait une longue robe violette, aux épaules bouffantes et aux manches amples, qui avait l'air davantage adapté à une soirée mondaine qu'à une escapade en milieu forestier.

- Whaow ! Alors ça, c'est ce que j'appelle du costume de qualité taillé sur mesure !

Par endroits, le tissu était bordé de magnifiques dorures ! Un coûteux vêtement, de toute évidence.
Mais toujours cette question demeurait : pourquoi un tel accoutrement ?
Tandis qu'elle se donnait l'air d'y réfléchir, au beau milieu de ce bain d'herbe, la songeuse Envoûteuse leva une main distraite vers sa chevelure sur laquelle pesait un béret en parfait raccord avec sa longue robe de cérémonie.

- Je dois bien admettre qu'elle possède un certain sens du détail...

Piégée dans son analyse, Ryanne ne s'était pas encore rendu compte de sa présence. Celle de la fieffée voleuse, oui, qui elle se trouvait pourtant toute proche. La chapardeuse n'avait effectivement rien loupé de sa miraculeuse apparition. Cette ouverture spatiale et soudaine au-dessus d'une nappe d'herbe fouettée par d'impromptus courants d'air ; cette silhouette féminine, engoncée dans une robe non moins élégante que la sienne, qui s'était matérialisée dans un verdoyant décor illuminé par un halo de lumière mauve.
La Xéno-faë, toujours dans la lune, détonait comme jamais !
Xéno-faë, Fée de l'Etranger, Enfant du Néant, Mystique, Envoûteuse... le choix est là !~
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Re: L'art de voler un artefact sans se soucier des conséquences [Ft. Ryanne]

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Kalima Maestre
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Loin d'être angoissée, voire même simplement légèrement inquiétée par le potentiel d'être retrouvée par les cultistes en position de faiblesse, Kalima, dans son ennui, s'est tout bonnement endormie. Appuyée contre l'arbre, avec son havre-sac comme coussin improvisé et l'herbe fraîche comme matelas, elle s'est laissée bercer par le bruissement des feuilles dans le vent et la douceur du chant des oiseaux. Cette forêt est pleine de monstres, comme l'est l'entièreté de Terra en ce moment, semble-t-il, et pourtant, ça ne l'a pas empêchée de sommeiller avec un calme paisible, comme si rien au monde ne lui importait réellement, pas même sa propre vie.
Bien sûr, si vous connaissez Kalima, vous comprendrez que c'est précisément le cas, mais cela, nous l'explorerons plus en détail plus tard.

Pour l'instant, ce qu'il importe de savoir, c'est que le soleil couchant a été remplacé par la lune, et que la jolie clairière qui lui fait office de chambre extérieure est désormais baignée par sa lumière froide et bleutée. Le vent demeure frais, et le calme de la nature demeure apaisant, si bien que Kalima aurait très bien pu dormir jusqu'au petit matin, si ses oreilles effilées n'avaient pas inconsciemment capté un bruit inhabituel, envoyant à son cerveau le signal d'un réveil forcé - ses instincts aiguisés ne pouvant certainement pas lui laisser le loisir de continuer à rêvasser, quand bien même elle le désirerait.

(Ses rêves étaient d'ailleurs fort agréables, il faut le préciser. Elle se voyait projetée dans une espèce de bal masqué, accompagnée de maintes âmes tout aussi intéressantes que charmantes, et multipliant les plaisirs sensoriels comme charnels avec une allégresse qu'il lui tarde d'éprouver dans la vraie vie. Aaah, si seulement elle pouvait déjà se trouver dans un tel lieu, plutôt que forcée de voyager seule sur la route longue et ennuyante qui mène à la vraie civilisation...)

Ses yeux mi-clos, alourdis par la nature soudaine de son réveil, la métisse voit donc, autant qu'elle entend, cette étrange brèche dimensionnelle s'ouvrir, puis se refermer aussitôt, dans une espèce de bruit de déchirure mouillée. À moins que ce bruit, ainsi que cette vision d'une brèche, n'aient été que la traduction d'un phénomène ésotérique insondable par son esprit sensible à la magie ? Difficile à dire, en l'état. Kalima pourrait tout aussi bien l'avoir rêvé. Ce qu'elle est à peu près sûre de ne pas rêver, cependant, c'est l'apparition d'une curieuse jeune femme.

Vêtue d'une longue robe violette qui semble taillée sur mesure pour mettre en valeur sa taille fine et ses formes délicates, la nouvelle arrivée semble appartenir au même échelon de noblesse que Kalima elle-même, du moins en apparence. Son vêtement aux épaules bouffantes, étrangement similaire au sien, met aisément en valeur la beauté de ses yeux violets, et de sa chevelure pareillement colorée, qui ondule légèrement dans le vent, surmontée d'un mignon petit béret qui complète très bien l'ensemble. Bien que la bourgeoise itinérante soit plus ou moins certaine d'être maintenant complètement éveillée, il faut avouer que cette vision tient à sa propre façon du rêve, d'autant plus que cette dernière est en plus dotée de parole, et que, comme Kalima, elle semble avoir la manie de se parler à elle-même.

- ... Eh bien, il faudra me dire le nom de cette elle, ma curieuse amie, parce que je cherche justement un nouveau tailleur, et celle-ci semble dotée d'un talent certain, prononce doucement la métisse en se relevant, passant la ganse de son havre-sac par-dessus son épaule après y avoir glissé la lampe magique qui trainait encore innocemment sur ses cuisses jusqu’ici.

Elle prend naturellement la peine d'épousseter sa propre robe, qui ne paie pas de mine à l'instant. En son état normal, elle rivaliserait aisément avec celle de la nouvelle venue ; malheureusement, à l'instant présent, elle est quelque peu déchirée par endroits, et légèrement tachée par la terre meuble et l'herbe fraîche au niveau de ses genoux. Tout cela n'empêche pas Kalima de se tenir avec sa prestance habituelle, cependant, et malgré le fait qu'elle vient tout juste de sortir du monde onirique, son sourire habituel se met bientôt à flotter sur ses lèvres, tandis que son esprit s'éveille progressivement, lui faisant réaliser avec un léger décalage que la femme qui se tient devant elle, en plus d'être singulièrement mignonne, dégage un parfum de magie extrêmement puissant. Envoûtant, même, pour le nez délicat de la bourgeoise, dont tous les sens sont quelque peu gâtés par cette dame inusitée.

- Ce n'est pas tous les jours qu'une demoiselle de votre calibre se manifeste ainsi devant moi, poursuit Kalima sur un ton singulièrement calme, compte tenu de la situation, et même un brin espiègle - comme si d'autres demoiselles se manifestaient régulièrement devant elle, ce qui n'est malheureusement pas le cas. Pardonnez mon impudence, mais mon instinct me dit que votre apparition en ce lieu précis n'est pas une coïncidence. Étiez-vous à ma recherche, à tout hasard ?

Une possibilité qui devrait peut-être l'inquiéter, surtout qu'elle se sait avoir un culte à ses trousses, et que comme établi plus tôt, cette inconnue dégage une puissante magie. Mais Kalima, fidèle à elle-même, ne montre pas la moindre parcelle de peur, ni même une seule goutte de stress. S'il lui faut se battre contre cette inconnue, elle le fera, mais pour l'instant, elle est surtout curieuse, et un peu amusée de surcroît.

- Si c'est le cas, vous me surprenez dans un bien piètre état... Je vous assure que je suis habituellement bien plus propre sur moi-même ! Bref, que puis-je faire pour vous, ma chère ? ~

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Ryanne Hilaris
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Une voix féminine, à la fois taquine et charmante, chatouilla ses esgourdes. Ryanne s'arracha aussitôt à sa rêverie, tournant la tête vers ce qui s'apparentait à une bourgeoise fort singulière ! Tandis que la concernée se relevait, ses prunelles d'améthyste étudièrent ce visage avenant, limite coquet, qu'une chevelure blanche et deux cornes tordues sur elles-mêmes surmontaient. Outre ces quelque détails qui contribuaient indubitablement à sa beauté naturelle, l'Envoûteuse remarqua aussi les quelques pierres incrustées dans ses joues. Une distraction qui lui fit presque oublier les paroles sensées de la dite dame dont l'épaisse robe, justement, avait souffert d'une laborieuse escapade forestière.

- Oh ! Alors, navrée de vous décevoir, lady, mais je ne suis pas vraiment sûre que ses services soient à vendre auprès du grand public~

Etait-ce une vanne ? Parce qu'après tout, ainsi vêtue, son interlocutrice n'avait pas l'air d'appartenir à n'importe quelle caste !
Ryanne se fendit d'un léger sourire avant de se mettre à flotter paresseusement au-dessus de l'herbe dense. Elle avait reçu pour ordre de ne pas abuser de son Imagina, qu'il lui fallait économiser en vue d'accomplir sa mission. Mais un tel usage ne faisait jamais qu'égratigner ses réserves encore bien fournies.
Aussi savoura-t-elle dignement le compliment qui lui avait été fait.

- D'aucuns diraient - et vous me pardonnerez la grossièreté de cette expression ! - que vous avez un cul bordé de nouilles.

Puis, sans se détacher de son sourire grandissant, la bonne fée haussa négligemment les épaules.

- Si vous me posez ainsi la question, c'est que vous constituez déjà l'intérêt d'autrui, j'imagine ? Ce qui implique qu'il se pourrait bien que moi aussi, en tant que nouvelle challengeuse, j'eusse été appelée pour vous mettre la main dessus... comme vous avez posé la vôtre sur un objet qui ne vous appartient pas, hm ?

Tout en lui retournant poliment ses doutes, la Xéno-faë avait continué à s'élever dans les airs jusqu'à s'immobiliser à un gentil petit mètre de hauteur. La métisse, apparemment sûre d'elle, émit une brève remarque relative à son accoutrement du moment, avant de l'interroger sur ses intentions la concernant.
Je suis tout à fait en droit de profiter de cette pseudo liberté en dehors de Faëlya, alors pourquoi ne pas m'amuser à faire traîner un petit peu les choses ?~
Ainsi dévoilé au grand jour, son sourire, sur son visage poupin, se fit mutin.

- Avant que je me jette possiblement sur votre magnifique personne et que je chiffonne vos vêtements un peu plus qu'ils ne le sont déjà, j'aimerais vous demander : n'auriez-vous pas, tout récemment, quitté un peu précipitamment un sorte de fête malfamée ?

Ses yeux pétillants tombèrent alors sur son avoir : soit ce sac qui pesait en travers de son épaule, plus menue qu'elle en avait l'air.

- Un « instrument perverti » volé par des mains indignes, récita-t-elle en relevant légèrement le menton. Peut-être que cela vous parle ?

Bien qu'elle n'affichait aucune garde, la Xéno-faë était fin prête à entamer un ballet endiablé ! Ceci dit, comme sa présente interlocutrice l'intriguait Ryanne Hilaris n'était pas pressée à laisser la magie s'exprimer à la place de leurs lèvres espiègles.
Xéno-faë, Fée de l'Etranger, Enfant du Néant, Mystique, Envoûteuse... le choix est là !~
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Re: L'art de voler un artefact sans se soucier des conséquences [Ft. Ryanne]

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Kalima Maestre
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Demande de RP
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Ho ho ho. Cette singulière petite demoiselle, outre son apparence colorée, a visiblement bien des surprises en stock pour elle. Kalima la suit doucement de ses yeux ambrés tandis que celle-ci s'élève progressivement en l'air, son visage n'affichant aucun étonnement ; au contraire, son expression ne fait que devenir plus joyeuse, plus joueuse, plus intéressée. C'est que la bourgeoise apprécie les rencontres inusitées, même quand celles-ci ne semblent pas du tout innocentes, comme c'est le cas présentement. En fait, surtout quand elles ne semblent pas innocentes. Vous l'aurez peut-être compris suite à sa mésaventure avec le culte, mais Kalima n'est pas effrayée par la possibilité de l'adversité, bien au contraire. Et le ton de cette dame flottante lui prête bel et bien un petit air de menace, enterré sous une douceur espiègle. Cela lui plaît, et pour cause : elle se reconnaît tout à fait dans ce genre d'approche.

Ainsi, outre le fait que cette belle inconnue lui ait visiblement refusé les services de sa tailleuse (une véritable honte, mais Kalima s'en remettra), et qu'elle ne soit pas gênée d'employer un brin de vulgarité dans ses expressions, il semble qu'elle se soit présentée dans l'optique de lui « mettre la main dessus ». Un choix de mots qui ne manque pas de faire glousser la métisse.

- Il vous faudra être plus spécifique, je le crains. Puisque vous semblez déjà avoir une idée du genre de geste qu'il me plaît d'accomplir, je ne vous cacherai pas que j'ai dérobé plus d'un objet qui ne m'appartenait pas. Je suis une grande amatrice du partage, vous savez ? ~

Que ce partage soit volontaire ou non, semble-t-il, mais de cela, la Xéno-faë a déjà tous les indices pour se douter. Kalima, pour sa part, ne se gêne pas pour esquisser quelques pas, non pas afin de s'enfuir, mais plutôt pour faire lentement le tour de la clairière, en profitant pour simplement observer la créature que la destinée lui a si subitement offerte sous tous ses angles. Son regard appréciateur s'attarde aussi bien sur ses vêtements que sur le corps qu'ils abritent, usant de son imagination débordante pour combler les vides là où cela s'avère nécessaire. Sous cette robe inusitée se cache donc, elle le devine aisément, une forme délicate mais ne manquant pas de féminité, dotée du genre de hanches bien dessinée sur lesquelles la démone adore promener ses doigts. Il faut dire que le vocabulaire employé par la demoiselle ne manque pas d'ajouter à son inventivité. Se jeter sur moi et chiffonner mes vêtements, mmh ? Est-ce une promesse ou une menace ?

- Eh bien, il semble que vous mentir serait tout à fait inutile, ma curieuse amie. Je serai fort intéressée de savoir comment vous avez pu obtenir autant d'informations sur moi avant même de me rencontrer. La noble itinérante penche légèrement la tête de côté, comme un chat observant un nouveau jouet. Pourtant, je suis à peu près sûre que vous ne savez même pas mon nom.

Elle lève ses mains vides et en montre les paumes, un sourire paisible et taquin flottant toujours sur ses lèvres, ne manquant pas de voir la manière dont ces yeux d'un mauve obsédant dévorent son havre-sac.

- Et mes mains, comme vous pouvez sans doute le constater, sont tout sauf indignes. En fait, vous seriez probablement très agréablement surprise de voir tout ce qu'elles peuvent accomplir.

La dame de haute société cesse de marcher, plaçant une de ses dignes mains sur sa hanche, l'autre venant pensivement frotter son menton, tandis qu'elle considère de nouveau le fin visage de son interlocutrice. Il est important de noter, chers lecteurs, que les instincts de Kalima, malgré sa personnalité embrasée, ne la mènent que très rarement en erreur. En l'occurrence, la métisse est fort consciente que la femme qui lui fait face est dotée de plus d'un pouvoir, et que, si elle devait l'affronter, les chances qu'elle en sorte gagnante sont définitivement moindres que l'inverse. Cependant, comme vous pouvez vous en douter, cela ne suffit pas le moins du monde à éveiller un quelconque sentiment d'effroi ou d'anxiété dans son esprit fort particulier. À l'inverse, il ne serait pas exagéré de dire que cela fait monter en elle une certaine excitation, et ce, de plus d'une façon. Mais avant toute chose, Kalima veut en savoir plus sur elle, et il serait fort dommage que leur rencontre soit abrégée par une danse trop hâtive. Une petite demoiselle exceptionnelle comme celle-ci mérite certainement de figurer un peu plus longtemps dans la grande aventure qu'est sa vie. Peut-être même pourrait-elle y devenir un personnage récurrent ?

- Puisque nous sommes franches l'une envers l'autre, je ne vous cacherai pas non plus que l'idée que vous vous jetiez sur moi me semble plus agréable qu'autrement. Mais il y a un ordre à ces choses. En vérité, je ne tiens pas particulièrement aux objets que j'ai... gentiment empruntés à autrui. Disons que le plaisir de la chasse est plus important pour moi que le prix. En l'occurrence, je suis plus qu'ouverte à me départir de ce qui vous intéresse, dans les bonnes conditions.

Ses yeux se plissent légèrement de bonne humeur narquoise, tandis que son visage pétillant se fait aussi invitant qu'envoûtant. S'il est évident que Kalima est remplie de malice, elle ne semble pas non plus avoir une seule goutte de méchanceté en elle. Du moins, pas à l'instant. Elle est friponne, tout au plus.

- Je suis un brin épuisée, voyez-vous, et j'ai écoulé un peu trop de temps dans la solitude à mon goût. Je vous propose donc de poursuivre cette conversation dans un contexte plus accueillant. Auprès d'un feu, peut-être, où nous pourrions partager quelque chose à manger et à boire ? Après tout, votre mission, s'il en est, ne vous oblige certainement pas à faire de moi une ennemie, n'est-ce pas ? Il y aura toujours le temps de se prêter aux joies d'une danse frénétique et ardente par la suite, si le plaisir de la chasse vous est également essentiel. À ce niveau, j'ai l'intuition que nous partageons quelques similarités, vous et moi. Je peux donc aisément vous promettre que la conclusion de notre rencontre vous sera fort satisfaisante, d'une façon ou d'une autre. ~

Sans plus de préambule, Kalima use de son pouvoir pour former une petite plateforme d'énergie magique devant elle, illuminant légèrement les environs, mêlant son aura dorée au scintillement violet qui accompagne son interlocutrice. Elle pose le pied dessus, juste à temps pour qu'une autre plateforme se matérialise un peu plus loin, accueillant aussitôt son autre pied. Elle poursuit ainsi son court chemin, chaque plateforme laissant place à une suivante avant de s'évaporer doucement derrière elle en une fine poussière ésotérique, se fabriquant ainsi, fonctionnellement, un chemin de dalles volantes qui puisse la mener jusqu'aux côtés de la Xéno-faë, s'immobilisant sur la dernière plateforme en équilibre parfait, flottant paresseusement dans les airs près d'elle, à la même hauteur.

Et une fois arrivée à destination, avec tout le naturel du monde, comme s'il n'y avait absolument aucune tension dans cette situation pour le moins inhabituelle, Kalima attrape gentiment la main de cette nouvelle amie, en un geste lent et dénué de toute agressivité, avant de porter celle-ci à sa bouche, pour en bénir le dos avec le contact de ses lèvres ourlées.

- Je me nomme Kalima Maestre. Enchantée de faire votre connaissance, dame...?
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