Fendant les univers, une âme se faufile. Tel un fil passant miraculeusement à travers des milliards d’aiguilles, elle garde le cap. Au lieu d’être envoyée d’un monde à l’autre, elle parvient, pour la première fois, à ignorer les vents hurlants du destin, pour tracer sa propre voie.
Pour la première fois, le Marchemonde choisit son chemin. Et sa destination n’a jamais été aussi claire dans son cœur.
Un univers parmi tant d’autres
Le Superamas de la Vierge
La Voie Lactée
Le Bras d’Orion
Le Système Sol
La Terre
L’hémisphère Sud
L’Asie
La Thaïlande
La Province de Trat
Roanapur
A travers les rayons multicolores du Multivers, l’âme de Grayle prend de la vitesse, se jouant des démons et autres créatures paranormales qui hantent les recoins des réalités. Sa vision n’est qu’un vague kalédoscope de couleurs plus vives les unes que les autres, se déformant en fractales et en cercles concentriques, puis en forme rectangulaires, certaines impossibles géométriquement. L’atterrissage est brutal, lui donnant la sensation que ses organes sont plaqués contre son dos, alors qu’en face de lui, le monde s’ouvre en deux.
Il « avance », et se retrouve ainsi, au milieu d’une ruelle sombre de Roanapur. Il lève les yeux au ciel. Il est sombre et recouvert d’une multitude d’étoiles. Derrière lui, la faille rougeâtre se referme.
Il ferme les yeux et inspire. L’odeur de la mer, de la clope, de la saleté, du poisson et de l’aventure. Au loin, un coup de feu retentit, puis un autre, et une fusillade se déclenche, ne troublant pas le moins du monde le chant des oiseaux nocturnes et des grillons.
Il n’a pas beaucoup de temps. Il le sait. 10 minutes, tout au plus, avant que sa présence ne soit ramenée de force. Le Marchemonde n’a pas encore l’expérience, ni la capacité de se balader où il le souhaite. Alors, chaque minute compte. Ses pas le mènent naturellement, à la vitesse d’un sprint, vers le bâtiment abritant la Black Lagoon company.
Les ruelles sont vides, le coin n’était pas très animé à cette heure ci. Revy elle-même, pourtant du genre nocturne, dort sûrement. Mais une ou deux personnes se retournent en voyant Grayle.
Voilà plus d’un an qu’il a disparu
.
Alors, il court. Naturellement, le bâtiment est fermé. Il n’a pas la clé. Il saute, bondit même, autour d’un des poteaux devant l’entrée du bâtiment, et l’escalade avec l’agilité d’un chat, avant de sauter et de s’agripper aux volets des fenêtres de la façade. Ses pieds sur la petite rambarde, il navigue alors vers la gauche, jusqu’au balcon. Sur ce dernier, il saute, et s’accroche, et escalade encore, jusqu’au deuxième étage. Sur le balcon qui débouche sur la chambre de Revy.
Il regarde par la fenêtre.
Elle n’est pas là.
Son cœur s’enfonce. Il gémit, et ploie, à genoux.
Merde. Ca lui fait bien plus mal qu’il ne l’aurait admis. Il se met à trembler et perd conscience quelques instants, non pas à cause de la boule qui lui noue l’estomac, mais du dérèglement phasique, la réalité terrienne comprenant que cet intrus arrivé de force n’a rien à faire ici.
Combien de temps lui reste-t-il ? Pas assez. Il se plaque à la fenêtre, ses yeux scrutant l’obscurité de la chambre de Revy et de son lit défait. Où est-elle ? Que fait-elle ? Est-elle encore en vie ? La présence de vie, d’affaires défaites, de livres sur la table le soulage.
Et puis, il cogne contre la fenêtre.
- MERDE !
Il avait réussi à arriver ici, et elle n’était pas là. Ils se rataient, encore.
- FAIT CHIER !
Il avait tant de choses à lui dire. Lui demander. A quoi pensait-elle quand revenait le soir. S’il lui manquait comme elle lui manquait, avec son courage, sa franchise, sa brutalité, son énergie, sa beauté, son énergie, sa sensibilité cachée, enterrée sous quinze ans de traumas et entre quatre murs d’hostilité. Il frappa du poing contre la vitre, puis le mur.
Il n’aurait pas le temps de la retrouver. Il parcourut le balcon, afin de jeter un œil à l’arrière-cour du bâtiment, là où se trouvait normalement le 4x4 de Dutch et la voiture de Benny. Rien. Etaient-ils donc en déplacement ? En mission ?
*Bon, et maintenant tu fais quoi gros nigaud ?*
Il resta planté là, les yeux embués et dans le vague, avant de sourire. Une idée ! Il sauta du balcon, deux étages de chute. Il se réceptionna sans mal sur ses pieds, ses genoux immortels criant temporairement avant de se reconstituer d’eux-mêmes, et il ouvrit son sac, en sortant une bombe à couleur orange, qu’il agita avec frénésie.
Un autre étourdissement le prenait, plus violent cette fois.
Il avança dans l’arrière cour, avant de jeter un œil à la fenêtre de la chambre de Revy. Il se souvenait de son petit rituel, chaque matin, après le lever. Pester, éteindre son réveil, puis ouvrir les volets et la fenêtre, et fumer une clope en regardant l’arrière cour, avant de revenir sur le balcon.
Il enleva le bouchon de la bombe de peinture.
Il pouvait lui laisser un message.
Et il savait quoi lui dire. Et comment. Pendant ses semaines sur Terre, Grayle avait découvert que sa langue natale sur son monde était, par le hasard des choses, très proche du gaëlique ancien du monde de Revy. Elle l’avait déjà entendu parler, chanter dans sa langue natale. Personne d’autres à Roanapur ne connaissait cette langue.
Elle comprendrait qui avait tagué les murs et le sol de la cour qu’elle verrait au petit matin.
Avec application, dans le noir des chaudes nuits de Roanapur, Grayle commença à asperger de liquide à haute pression le béton grisâtre, sourire aux lèvres.
Ne lui faisait-elle pas plus mal que de bien en laissant ce message ? Comprendrais-t-elle ?
C’était complètement stupide. Une action de gamin, poussée par une pulsion, un espoir, alors qu’elle était probablement passée à autre chose.
Mais pas lui. Peu importe ses pérégrinations, le souvenir lancinante de la flingueuse revenait sans cesse.
Personne d’autre ne revit Grayle ce soir. Il avait disparu à peine dix minutes après être arrivé. Ses derniers instants, capturés par une camera mal orientée et en basse definition, montraient son corps se dissipant comme une peinture a l'huile effacée par un artiste peu satisfait. Seules autres traces de son passage, une trace de peinture, en forme de main, plaquée contre la fenêtre de la chambre de Revy donnant sur le balcon.
Et dans l’arrière-cour, un message gigantesque, recouvrant toute la longueur des murs et du sol, signé d’un G.
LATHA DHE NA LAITHEAN, TILLIDH MI FAISG ORT
Il ne lui faudrait pas longtemps pour en comprendre la signification :
UN JOUR, JE SERAIS DE RETOUR PRES DE TOI.
Quand on parle du temps qui passe, c'est souvent avec nostalgie, en se rappelant des moments passés qui souvent font sourire. Il est plus rare de le considérer comme un espoir, en attente d'un évènement qui permettra d'alléger une torture, une souffrance, ... ou un immense vide.
Cela faisait un an, une longue année, que le cours du temps avait changé la vie de Revy. Cela avait commencé comme bien souvent, par une fusillade. Peu d'histoires à Roanapur débutaient idéalement, c'est à dire sans que personne ne se tire dessus.
A ce moment-là, Revy marchait dangereusement au bord d'un gouffre qu'elle n'imaginait même pas. Il en fallait peu pour qu'elle ne sombre dans une psychose meurtrière auto-destructrice, programmée par une vie de violence délivrée sous toutes ses formes.
Elle avait abattu ce soir là l'homme qui deviendrait sa bouée de sauvetage, celui qui rallumerait sa petite flamme étouffée. L'échange avait été caustique, violent, irréel, mais surtout teinté d'une certaine hypocrisie du destin. Rien n'aurait dû rapprocher ses deux âmes si différentes alors. Le patchwork de la vie s'était amusé à tester des possibilités improbables et curieusement, cela avait fonctionné. Il y avait eu une connexion, intense, foudroyante, volcanique. La locomotive de la destinée avait complètement déraillé et dans cet amas de sentiments brisés, de souffrances profondes et d'incompréhensions, Revy et Grayle avaient choisi de s'offrir l'un pour l'autre, l'un à l'autre.
L'ironie de cette histoire résidait dans l'impossibilité de prolonger cette relation plus longtemps qu'ils ne l'auraient voulu. Ce n'était pas la mort qui les avait séparé mais juste une injustice cosmique qu'aucun tribunal ne pouvait lever.
Grayle avait promis de revenir, avant de s'évaporer dans l'immensité de l'univers. Revy avait promis de l'attendre, et elle avait refusé que la dernière vision que Grayle ait d'elle soit un visage en pleurs. Elle s'en voulait. Grayle avait eu la force de lui dire "Je t'aime" avant de partir. Et elle, elle avait tellement mal dans sa poitrine qu'aucun mot n'était parvenu à passer ses lèvres. Elle avait essayé de se rassurer en espérant que son regard aurait parlé pour elle.
Et puis, Grayle avait disparu. Plus rien, plus de poésie, plus de chansons, diffusée la chaleur de son corps, évaporées ses étreintes passionnées. Elle n'avait même pas une photo de lui, la seule prise par Eda s'étant délitée en poussière peu après le départ du Voyageur. Elle ne conservait de lui que ses précieux souvenirs et l'écharpe. Si, quand même, elle n'avait pas tout perdu. Il lui avait laissé son écharpe dans laquelle il lui semblait encore sentir l'odeur de son amour des étoiles. Elle la conservait pieusement dans le tiroir de son chevet et les mauvais jours, elle la prenait contre elle pour s'endormir avec.
Le départ de Grayle avait été suivi d'une période difficile. Il y avait eu des tentatives de vengeance des sud-américains, toutes réprimées dans le sang. Revy avait trouvé là un moyen de tarir sa frustration mais quand il n'y avait eu plus personne à tuer, la mélancolie était revenue. Les missions de la Black Lagoon Company restaient principalement de la livraison. Plus personne à Roanapur ne cherchait de noises à Revy, ils se disaient des histoires terribles à son sujet, et les mafias locales, encore sonnées par le déchainement de violence engendré par la folie des colombiens, avaient passé un pacte de "respectabilité" ...
Ce soir-là, Revy n'était pas au Yellow Flag.
La tueuse avait compris qu'il lui fallait travaillé sur elle-même. Une première fois, elle avait remballé son immense fierté et s'était confiée à la mère supérieure de l’Église de la Violence, Mère Yolanda. Elle lui avait parlé de Grayle durant des heures et cela lui avait fait un bien fou, l'avait ramené à une meilleure condition. Aux autres, le sujet était interdit et personne ne bravait l'éventualité de déclencher une fureur aux effets dévastateurs. Revy avait perdu son crush, ça se savait, et on évitait de verser de l'huile dans le cratère du volcan.
Il était donc tard quand Revy revint du couvent des sœurs, suffisamment pour que la lune soit déjà dans sa phase de remballage. L'humidité de la nuit valait celle du jour et quand elle entra dans sa chambre, elle n'hésita pas une seconde avant de se déshabiller et de repousser les volets branlants de sa fenêtre pour s'accouder au montant de bois. C'était son rituel, sa manière de souhaiter le bonjour ou bonne nuit à celui qui harassait ses pensées. Elle observait les étoiles, s'imaginant voir peut être l'une d'elle se décrocher et la rejoindre enfin.
Une bourrasque de vent marin la prit par surprise et fit voler ses cheveux devant son visage. Elle frissonna, l'air frais hérissant sa peau trempée. D'un geste lent, elle écarta ses mèches humides de ses yeux et baissa enfin le regard sur la normalité de l'arrière cour. Elle n'eut aucune réaction.
Revy resta de marbre. Son corps ne bougea pas d'un millimètre. La sino-américaine n'était plus rien d'autre qu'une statue d'argile, ... une statue d'argile prête à exploser dans son cœur violemment dans sa poitrine. Elle ne parvenait pas à décrocher son regard de la peinture lui étant destinée. Elle ne clignait pas des paupières ne peur qu'elle ne disparaisse. Elle ne respirait pas non plus, toute forme de nécessité élémentaire étant passée au second plan.
Il était là, il avait laissé un message. Il n'y avait aucun doute quant à l'identité de l'artiste de rue. Revy reconnaissait ces lettres, se brulait les yeux à se souvenir de leur exacte prononciation.
Le sang dans son corps, se maintenait sous pression, dans l'attente de l'oxygène qui allait fatalement le faire bouillir.
Alors elle inspira enfin, et ce fut une immense joie qui la saisit. Elle hurla aux étoiles.
"Moi aussi je t'aime !!!!!!!!!!!!!!!!!"
Il n'était plus là, elle le savait. Sinon ils seraient déjà ensemble. Mais il était venu, il avait dû braver l'univers entier pour venir écrire ces quelques mots, message d'espoir effaçant toutes les attentes, les nuits blanches, les doutes et la mélancolie.
Revy parvint à s'arracher à sa fenêtre et sauta dans son short et ses rangers pour se ruer dans l'arrière cour. Elle rit, pleura, rit encore, comme une gosse devant un super dessin. Elle n'avait plus seulement son écharpe, tout revenait, limpide: le rire de Grayle, ses mots doux, ses taquineries, le souvenir de ses mains sur elle. Elle l'attendrait, toujours, elle en avait la force. Jamais rien ne briserait sa confiance.
Cela faisait un an, une longue année, que le cours du temps avait changé la vie de Revy. Cela avait commencé comme bien souvent, par une fusillade. Peu d'histoires à Roanapur débutaient idéalement, c'est à dire sans que personne ne se tire dessus.
A ce moment-là, Revy marchait dangereusement au bord d'un gouffre qu'elle n'imaginait même pas. Il en fallait peu pour qu'elle ne sombre dans une psychose meurtrière auto-destructrice, programmée par une vie de violence délivrée sous toutes ses formes.
Elle avait abattu ce soir là l'homme qui deviendrait sa bouée de sauvetage, celui qui rallumerait sa petite flamme étouffée. L'échange avait été caustique, violent, irréel, mais surtout teinté d'une certaine hypocrisie du destin. Rien n'aurait dû rapprocher ses deux âmes si différentes alors. Le patchwork de la vie s'était amusé à tester des possibilités improbables et curieusement, cela avait fonctionné. Il y avait eu une connexion, intense, foudroyante, volcanique. La locomotive de la destinée avait complètement déraillé et dans cet amas de sentiments brisés, de souffrances profondes et d'incompréhensions, Revy et Grayle avaient choisi de s'offrir l'un pour l'autre, l'un à l'autre.
L'ironie de cette histoire résidait dans l'impossibilité de prolonger cette relation plus longtemps qu'ils ne l'auraient voulu. Ce n'était pas la mort qui les avait séparé mais juste une injustice cosmique qu'aucun tribunal ne pouvait lever.
Grayle avait promis de revenir, avant de s'évaporer dans l'immensité de l'univers. Revy avait promis de l'attendre, et elle avait refusé que la dernière vision que Grayle ait d'elle soit un visage en pleurs. Elle s'en voulait. Grayle avait eu la force de lui dire "Je t'aime" avant de partir. Et elle, elle avait tellement mal dans sa poitrine qu'aucun mot n'était parvenu à passer ses lèvres. Elle avait essayé de se rassurer en espérant que son regard aurait parlé pour elle.
Et puis, Grayle avait disparu. Plus rien, plus de poésie, plus de chansons, diffusée la chaleur de son corps, évaporées ses étreintes passionnées. Elle n'avait même pas une photo de lui, la seule prise par Eda s'étant délitée en poussière peu après le départ du Voyageur. Elle ne conservait de lui que ses précieux souvenirs et l'écharpe. Si, quand même, elle n'avait pas tout perdu. Il lui avait laissé son écharpe dans laquelle il lui semblait encore sentir l'odeur de son amour des étoiles. Elle la conservait pieusement dans le tiroir de son chevet et les mauvais jours, elle la prenait contre elle pour s'endormir avec.
Le départ de Grayle avait été suivi d'une période difficile. Il y avait eu des tentatives de vengeance des sud-américains, toutes réprimées dans le sang. Revy avait trouvé là un moyen de tarir sa frustration mais quand il n'y avait eu plus personne à tuer, la mélancolie était revenue. Les missions de la Black Lagoon Company restaient principalement de la livraison. Plus personne à Roanapur ne cherchait de noises à Revy, ils se disaient des histoires terribles à son sujet, et les mafias locales, encore sonnées par le déchainement de violence engendré par la folie des colombiens, avaient passé un pacte de "respectabilité" ...
OoOoOoOoO
Ce soir-là, Revy n'était pas au Yellow Flag.
La tueuse avait compris qu'il lui fallait travaillé sur elle-même. Une première fois, elle avait remballé son immense fierté et s'était confiée à la mère supérieure de l’Église de la Violence, Mère Yolanda. Elle lui avait parlé de Grayle durant des heures et cela lui avait fait un bien fou, l'avait ramené à une meilleure condition. Aux autres, le sujet était interdit et personne ne bravait l'éventualité de déclencher une fureur aux effets dévastateurs. Revy avait perdu son crush, ça se savait, et on évitait de verser de l'huile dans le cratère du volcan.
Il était donc tard quand Revy revint du couvent des sœurs, suffisamment pour que la lune soit déjà dans sa phase de remballage. L'humidité de la nuit valait celle du jour et quand elle entra dans sa chambre, elle n'hésita pas une seconde avant de se déshabiller et de repousser les volets branlants de sa fenêtre pour s'accouder au montant de bois. C'était son rituel, sa manière de souhaiter le bonjour ou bonne nuit à celui qui harassait ses pensées. Elle observait les étoiles, s'imaginant voir peut être l'une d'elle se décrocher et la rejoindre enfin.
Une bourrasque de vent marin la prit par surprise et fit voler ses cheveux devant son visage. Elle frissonna, l'air frais hérissant sa peau trempée. D'un geste lent, elle écarta ses mèches humides de ses yeux et baissa enfin le regard sur la normalité de l'arrière cour. Elle n'eut aucune réaction.
Revy resta de marbre. Son corps ne bougea pas d'un millimètre. La sino-américaine n'était plus rien d'autre qu'une statue d'argile, ... une statue d'argile prête à exploser dans son cœur violemment dans sa poitrine. Elle ne parvenait pas à décrocher son regard de la peinture lui étant destinée. Elle ne clignait pas des paupières ne peur qu'elle ne disparaisse. Elle ne respirait pas non plus, toute forme de nécessité élémentaire étant passée au second plan.
Il était là, il avait laissé un message. Il n'y avait aucun doute quant à l'identité de l'artiste de rue. Revy reconnaissait ces lettres, se brulait les yeux à se souvenir de leur exacte prononciation.
Le sang dans son corps, se maintenait sous pression, dans l'attente de l'oxygène qui allait fatalement le faire bouillir.
Alors elle inspira enfin, et ce fut une immense joie qui la saisit. Elle hurla aux étoiles.
"Moi aussi je t'aime !!!!!!!!!!!!!!!!!"
Il n'était plus là, elle le savait. Sinon ils seraient déjà ensemble. Mais il était venu, il avait dû braver l'univers entier pour venir écrire ces quelques mots, message d'espoir effaçant toutes les attentes, les nuits blanches, les doutes et la mélancolie.
Revy parvint à s'arracher à sa fenêtre et sauta dans son short et ses rangers pour se ruer dans l'arrière cour. Elle rit, pleura, rit encore, comme une gosse devant un super dessin. Elle n'avait plus seulement son écharpe, tout revenait, limpide: le rire de Grayle, ses mots doux, ses taquineries, le souvenir de ses mains sur elle. Elle l'attendrait, toujours, elle en avait la force. Jamais rien ne briserait sa confiance.
* *
FIN

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